Les Herbes sèches
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Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 janvier 2024
Professeur d’arts plastiques dans un collège perdu de l’est de l’Anatolie où il ronge son frein depuis quatre ans déjà, Samet n’a qu’une idée en tête : obtenir au plus vite sa mutation. Il partage l’appartement et la frustration d’un collègue, Kenan, qui, à la différence de Samet, est originaire de la région, mais rêve comme lui d’en partir. Les deux hommes font la connaissance de Nuray, une professeure d’anglais dans un lycée de la ville voisine, qui a perdu une jambe dans une manifestation anti-gouvernementale. Les deux hommes font l’objet d’une enquête administrative du rectorat suite à la plainte déposée par plusieurs élèves qui leur reprochent leur comportement inapproprié.

Le réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan fait l’objet d’une admiration universelle et révérencieuse qui n’a guère d’équivalent au monde dans le cinéma contemporain sinon peut-être celle qu’inspirent Terrence Malick, Apichatpong Weerasethakul ou Béla Tarr. Il la doit aux nombreuses récompenses glanées dans les plus célèbres festivals (tous ses films depuis "Uzak" en 2002 ont été sélectionnés en compétition officielle à Cannes, "Winter Sleeps" y remportant la Palme d’or en 2014 et Merve Dizdar le prix d’interprétation féminine en mai dernier pour ces Herbes sèches).

Il est donc difficile, sauf à vouloir passer pour un esprit rebelle et anticonformiste – ce qui n’est guère mon style – d’en dire du mal.
Or force m’est d’avouer que je ne prends aucun plaisir à ses films obèses ("Les Herbes sèches" dure plus de trois heures). Pire : je vois dans les louanges qu’on lui adresse une cuistrerie suspecte. J’avais eu la dent très dure pour son film précédent, "Le Poirier sauvage", au sujet duquel j’ai écrit une critique au vitriol conclue par un zéro pointé. Je n’aurai la main guère moins lourde pour celui-ci.

J’ai dû m’y prendre à deux reprises pour en venir à bout. La première fois, le soir de la sortie, j’ai plongé dans un profond sommeil, au bout de quinze minutes à peine, dont je suis ressorti beaucoup trop tard pour m’autoriser à en écrire la critique sans le revoir une seconde fois. C’est chose faite depuis hier, non sans avoir au préalable pris trois cafés pour m’autoriser à dire du mal d’un film dont je n’aurai manqué aucun plan.

Mon masochisme – ou mon honnêteté intellectuelle, c’est selon – fut bien mal payé de retour. Car, j’ai trouvé le temps bien long. C’est, je l’ai dit, une des caractéristiques de l’oeuvre de Nuri Bilge Ceylan qui, après des premiers films d’une durée orthodoxe, tangente dangereusement les trois heures dans ses quatre derniers films sans que rien ne justifie un tel format.
Pourquoi faire durer un film au-delà des limites normales que l’attention – et la vessie – humaine autorise ? Certains motifs sont recevables : raconter une riche histoire aux multiples et incompressibles rebondissements (Christopher Nolan, Damien Chazelle), plonger le spectateur dans un état catatonique (Lav Diaz, Béla Tarr), en donner aux fans pour leur argent (la franchise Marvel et sa ribambelle de super-héros). Je n’en trouve aucun pour justifier la durée de ces Herbes sèches.

De quoi y est-il question ? De la vie ennuyeuse d’un enseignant veule relégué dans une province reculée. La durée du film nous fait-elle plus péniblement ressentir l’inconfort de sa situation ? Pas sûr. Et s’il ne se passe rien, ou du moins pas grand-chose, c’est sans doute moins pour accréditer l’idée, au demeurant tout à fait pertinente, que la vie de Samet est oiseuse (Buzzati, Gracq ou Beckett ont bien écrit trois chefs d’oeuvre qui racontent l’attente et constituent autant de métaphores saisissantes de la condition humaine), que parce que le scénario hésite entre deux sujets.

Le premier, qui occupe la première partie du film, tourne autour des accusations portées contre Samet et Kenan. Elles laissent augurer sinon un suspense haletant (les deux hommes seront-ils ou non blanchis ?), à tout le moins un questionnement très contemporain sur les relations profs-élèves à l’ère #MeToo, la part ambiguë des sentiments qui s’y glissent et la foi donnée dans la parole des victimes.

Mais "Les Herbes sèches" oublie ce sujet là en cours de chemin pour s’intéresser à un autre : la relation à trois – le trouble trouple si j’ose dire – qui se construit entre Nuray, Samet et Kenan, les deux hommes, on l’aura compris, tombant chacun à sa façon amoureux de la même femme. Là encore, le suspense monte… pour se terminer en queue de poisson, dans un épilogue printanier qui, après deux heures trente hiémales pendant lesquelles la neige est tombée à gros flocons, laisse enfin percer le soleil et nous assène en voix off quelques apophtegmes sentencieux (on aura compris à cette dernière phrase amphigourique lestée d’un vocabulaire pompeux que je me suis lentement mais sûrement laissé contaminer).
rotkif
rotkif

1 abonné 67 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juillet 2023
Un beau film qui prend son temps pour parler du temps qui passe, d'une société turque divisée, aux confins de l'Anatolie.
Kwara
Kwara

15 abonnés 10 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 novembre 2024
Somptueux ! Digne d'un film du Maître Terence Malik ! À voir absolument. Le soin de la photographie est absolu. Du très grand cinéma.
Juan 75
Juan 75

78 abonnés 489 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juillet 2023
Le talent de Ceylan se confirme. La longueur du film sert le sujet ainsi que les paysages, qui reflètent le désespoir du héros, sa complexité, son aridité, sa perversité et aussi sa sauvagerie. Sans doute Ceylan y a-t-il mis de lui-même. L'acteur aurait mérité le prix d'interprétation. Le scénario et la réalisation sont magnifiques. Les personnages se croisent sans vraiment se rencontrer vers un dénouement inexorable. Sans doute une métaphore de la vie.
Benoit (BENZINEMAG / HOP BLOG)
Benoit (BENZINEMAG / HOP BLOG)

42 abonnés 145 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 juillet 2023
Derrière la rudesse de la vie et les êtres bourrus ou cyniques que le film nous montre, se cache parfois la lumière, représentée ici par Nuray (l’actrice Merve Dizdar, prix l’interprétation féminine à Cannes). Elle incarne une professeure, fortement engagée à gauche, amputée d’une jambe suite à un accident, et qui cherche à se reconstruire à travers des rencontres amicales ou amoureuses.
Mais pas question pour autant de légèreté dans ce film très sérieux de bout en bout, où les personnages devisent sans cesse sur la vie, l’avenir, le passé, sur les autres, avec, en fond, les questions du bien du mal, de l’individualisme et du collectivisme.

On pourra regretter toutefois que le film reste assez nébuleux, avec un récit découpé à l’extrême, se révélant parfois frustrant, et qui s’attache avant tout à dresser le portrait de personnages complexes, parfois au détriment de l’histoire.
Reste, comme toujours, les superbes images du réalisateur, que ce soit à travers ses plans séquence ou ses photos d’autochtones prises par le personnage principal du film... et aussi le souvenir d'une scène étonnante, d'un décrochage fictionnel momentané, presque surréaliste, et qui interroge longtemps après le film quant aux raisons de ce choix.
https://www.benzinemag.net/2023/07/30/netflix-cash-un-film-darnaque-du-tonnerre/
Soizic Audrin
Soizic Audrin

1 abonné 11 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 juillet 2023
Presque tout est dit par Christoblog...
Donc peu de choses à ajouter.
Très beau film. Une chose m'a frappée c'est que le silence soit à ce point habité, et habité par l'image,
dans les séquences silencieuses. Les rares séquences musicales disent beaucoup de choses, d'autant plus parce qu'elles sont courtes.
Ce paysage neigeux pourrait être oppressant mais il n'en est rien, et c'est une prouesse du réalisateur à mon avis. On est happés par la beauté des paysages.
On restera dans une certaine question par rapport au personnage principal.
Et une question : la vérité est-elle la vérité ?
Une chose m'a manquée : ne pas savoir ce que devient Nuray... Extrêmement attachante.
Klaus
Klaus

3 abonnés 32 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juillet 2023
Quel dommage de ne pas comprendre le turc, car les textes et dialogues sont déjà, avec les sous-titres, merveilleux de profondeur et de sensibilité. Et sans lassitude, malgré la longueur (3h14) qui pourrait dissuader d'aller voir ce film. Ce serait dommage.
Sabine
Sabine

11 abonnés 119 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 juillet 2023
De Nuri Bilge Ceylan je ne connais que quelques films. J'ai eu la chance de voir plusieurs fois "Winter Sleep "et "Il était une fois en Anatolie" et certaines scènes sont gravées dans ma mémoire. Il y a encore de très beaux moments (et de très belles photos !) dans ce nouveau film mais globalement je le trouve moins éblouissant esthétiquement. Par contre son contenu m'a percé le cœur. Je ne saurai exactement expliqué en quoi ce film m'a si profondément bouleversée mais il m'a littéralement fait fondre en larmes et il m'a bien fallu tout le générique pour arriver à arrêter de pleurer. J'ai aimé comment il nous permet de rentrer en profondeur dans la psychologie de chaque personnage, leurs interactions, le portrait de la société turque actuelle qui me semble terriblement juste qui y est fait, la réflexion sur les traditions, la liberté individuelle et collective, la lourdeur du jugement des autres, le manque de perspective, l'écrasement des individus... C'est un film vraiment puissant. A plusieurs moments j'ai pensé à Kiarostami et Farhadi. Il y a beaucoup de similitudes même si le discours n'est pas tout à fait le même.De Nuri Bilge Ceylan je ne connais que quelques films. J'ai eu la chance de voir plusieurs fois "Winter Sleep "et "Il était une fois en Anatolie" et certaines scènes sont gravées dans ma mémoire. Il y a encore de très beaux moments (et de très belles photos !) dans ce nouveau film mais globalement je le trouve moins éblouissant esthétiquement. Par contre son contenu m'a percé le cœur. Je ne saurai exactement expliqué en quoi ce film m'a si profondément bouleversée mais il m'a littéralement fait fondre en larmes et il m'a bien fallu tout le générique pour arriver à arrêter de pleurer. J'ai aimé comment il nous permet de rentrer en profondeur dans la psychologie de chaque personnage, leurs interactions, le portrait de la société turque actuelle qui me semble terriblement juste qui y est fait, la réflexion sur les traditions, la liberté individuelle et collective, la lourdeur du jugement des autres, le manque de perspective, l'écrasement des individus... C'est un film vraiment puissant. A plusieurs moments j'ai pensé à Kiarostami et Farhadi. Il y a beaucoup de similitudes même si le discours n'est pas tout à fait le même.
Abboura S
Abboura S

5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 juillet 2023
À voir mais ne mérite pas autant d'encensement.
Quelques longueurs mais des prises de vue magnifiques.
Fred G.
Fred G.

10 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 27 juillet 2023
Tout le monde est pourri, veule, bête, hypocrite, pervers,inutile... les profs, les gauchistes, les kurdes, les armeniens, les kemalistes, l'armée, les athés feignants, l'armée... tous sauf celui et ceux qui reignent sur ce pays depuis 20 ans. Jamais nommé donc jamais critiqué... étrange après avoir transfiguréce pays en 20 ans... et qui purge toutes les strates de la société nommées plus hauts.

Film comme son personnage... malsain, insidieux, lache, tordu et malfaisant...
selenie

7 446 abonnés 6 656 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 juillet 2023
D'abord une première partie où il ne se passe pas grande chose, les profs boivent du thé, discutent plutôt platement, font cours,... etc... Une partie redondante sans grand intérêt si ce n'est celui d'une immersion dans la société turque loin des clichés habituels. Arrive la seconde partie et la révélation ou plutôt l'accusation qui prend rapidement l'eau... en effet, les faits dénoncés sont logiquement sans conséquences réelles. Ainsi comment comprendre le délire hystérique et paranoïaque des deux profs ?! Par contre, la suspicion, les doutes, les soupçons sont ensuite parfaitement décrit, les relations humaines biaisées enrichissent enfin le récit. Puis arrive une dernière partie, qui occulte bizarrement la première affaire. Une partie galvaudée sur le triangle amoureux qui offre surtout un passage d'environ 20mn qui réunit le meilleur et le pire (scène hors récit comme un cheveu sur la soupe). Un interlude bizarre dont on ne comprend pas franchement le pourquoi du comment, quel est le message ?! Le film réunit tout ce qu'on aime chez le réalisateur (photographie, paysages magnifiques, temps suspendu, caractères de personnage plain d'acuité...) et tout ce qu'on n'aime pas (extrêmement bavard sans avoir rien à dire, nombreux plans inertes, gratuits et/ou sans liens tangibles...). En conclusion un film beaucoup trop long pour ce qu'il a à dire...
Site : Selenie.fr
Valerie Camy
Valerie Camy

3 abonnés 112 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 juillet 2023
Un beau film sur la "lassitude d'espérer" ...des images magnifiques et des interprètes remarquables... pour un récit passionnant.
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 juillet 2023
Ma page ciné insta : fenetre_sur_salle

Les Herbes Sèches est un film exigeant du fait de sa longueur, mais aussi de l'âpreté de ses paysages et de la vie de ses personnages ainsi que de ses longues scènes de dialogues, dont il faut souligner la qualité et la finesse d'écriture.

La complexité des personnages est également à mettre en avant, notamment celle du personnage principal, génial anti-héros pour lequel on se plaît à se demander tout le long du film s'il faut l'aimer ou le détester. Le personnage féminin, pour laquelle l'actrice a gagné un prix d'interprétation au dernier Festival de Cannes, fait preuve d'un engagement et de convictions qui forcent l'admiration. Enfin, le performance de la jeune adolescente est à mettre en avant, dégageant, là encore, beaucoup de complexité et d'ambiguïté.

La mise en scène est impressionnante de précision et de rigueur. La caméra ne bouge pas forcément beaucoup mais elle semble toujours positionnée à l'endroit le plus pertinent pour rendre compte des intentions du réalisateur. L'insertion des très belles photographies qu'il a lui-même prises est également très réussie et apporte au film, très bavard, cette touche d'émotion qui pourrait lui manquer par ailleurs, tout comme la séquence finale, qui développe un lyrisme inattendu.

Enfin que dire de cette séquence, géniale, sidérante, dont on se demande si elle a vraiment existé tant elle est audacieuse et qui, à l'instar du Club Silenzio de David Lynch, fait basculer le film dans une toute autre sphère d'analyse, indiquant au spectateur que ce qu'il voit ne correspond pas autant à la réalité que ce que sa réalisation quasi naturaliste pourrait laisser paraître.

En résumé, un film qui, je pense, aurait pu repartir avec n'importe quel autre prix du Festival, tant il est riche et travaillé.
Julien C.
Julien C.

39 abonnés 66 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 juillet 2023
Ne pas être effrayé par la durée du film : cette plongée dans la blancheur cotonneuse de ce village d'Anatolie se déguste avec lenteur mais sans ennui aucun, tant on se laisse prendre par les dialogues et l'intrigue qui relie les personnages. La mise en scène et la photographie sont splendides.
Antoin3
Antoin3

4 abonnés 32 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 septembre 2023
Woah, ce film mérite bien plus que ce qu'il n'a déjà ( prix d'interprétation féminine )

C'est une histoire un peu particulière qui va aborder beaucoup  de thèmes différents et qui conviendra donc un public très large car on peut se sentir touché(e) par n'importe quel sujet qui est abordé dans le film. Pour moi les trois thèmes forts qui sont revenus le plus dans ce film sont clairement la pédophilie, le temps qui passe ( l'enfance, l'adolescence, la vie d'adulte et la vieillesse ) et enfin le 3 ème theme, le temps qu'il faut pour apprendre à connaître une personne.

C'est un film très particulier parce qu'on est à la fois dans le regard du personnage principal et à la fois aussi dans le regard du spectateur qui regarde le film, c'est à dire qu'on voit le film d'un avis intérieur et extérieur.
Le personnage principal est difficile à cerner car il n'est pas juste méchant ou juste gentil c'est beaucoup beaucoup plus complexe que ça. Un personnage le dit clairement dans le film :  il faut prendre du temps pour connaître une personne. C'est-à-dire que le personnage paraît très gentil quand il est en train d'enseigner aux élèves mais nous en tant que spectateur on voit aussi comment il agit avec ses proches et avec ses collègues. On va également voir comment il entretien sa relation avec son colocataire ( il va coucher avec la femme de son colocataire ) et donc ces relations hors scolaire ne sont pas tellement positives.
Et le film nous le fait bien comprendre, avant même de l'avoir commencer on sait qu'il va prendre son temps, 3 h 20 de film ça n'est pas rien. 

Tout cet aspect aussi autour du temps qui passe est très très intéressant. Dans ce film on voit de tous les âges c'est à dire qu'on voit des enfants de 5 ans, de 12 ans, des adolescents toute cette chaîne de vie est regroupé dans un même film de 3h20.
Je sais que quand j'étais petit je me disais que quand on serait plus grand il n'y aurait plus de problèmes et cette scène ne fait que renforcer mon idée de moi enfant : le personnage principal qui dit a ses élèves dans les classe " oui vous pouvez venir me voir mais pas si c'est pour me dire qu'intel vous a tapé ", comme si les enfants  étaient les seuls à avoir des problèmes et qu'il fallait régler ça seuls alors qu'en réalité les adultes en ont tout autant ( et ils ont besoins d'en parler )  Et ces scènes de problèmes entre adultes et personnes plus âgées sont montrés au fur et à mesure  ! 

Le troisième theme, qui est la pédophilie, est très  marquant.
Au début il y a cette scène où le personnage principal est très tactile avec  une fille et on apprendra plus tard qu'en fait c'est son élève,  il lui offre aussi des cadeaux, il la convoque dans son bureau etc. Et son collègue ( qui est d'ailleurs aussi son colocataire ) est également un pédophile. Sauf que les enfants ne vont pas se laisser faire ils vont en parler autour d'eux et cela va se savoir, au point où ces deux professeurs vont être convoqués chez le recteur. Ces deux professeurs sont donc mis devant le fait accompli et doivent avouer les gestes qu'ils ont eu avec leurs élèves...bien sûr ils vont nier. 

Il faut parler également de ces longs plan caméra, ces long moment qui ne sont pas couppé de façon ignoble comme on le voit souvent au cinéma. Là ici les acteurs connaissent leur texte, prennent conscience de l'etat psychologique dans lequel est leur personnage et c'est juste ultra impressionnant. Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu ça au cinéma, des scènes si longues, caméra fixe sans jamais que la scène soit coupé c'est juste mémorable. Le changement de visage quand les acteurs apprennent une information, le temps de laisser faire les choses, le temps de laisser réagir, le temps juste de prendre le temps de filmer correctement une scène. 

On peut y voir à la fin quelque chose de très philosophique. Car cette scène de fin ou le personnage principal monte cette coline, voit ce corbeau, les deux être vivants se regardent et l'oiseau s'envole, manière de dire ( en tout cas je l'ai interprété comme ça ), que la fille s'en va pour de bon et que plus jamais ils ne se reverront. Il pensait a elle tout le temps, il l'aimait, il y a une scène où il doit aller éteindre les lumières de l'école et va éteindre les lumières de sa classe et fixer longtemps une table et une chaise, et bien sûr, c'est la table de la jeune fille.

J'avais quelque chose à dire aussi sur une scène qui m'a énormément marqué car c'était très très inattendu. C'est la fameuse scène où le personnage principal couche avec la femme de son colocataire et cette femme va lui demander d'éteindre les lumières qui sont au fond de l'appartement. Il va les éteindre et à un moment donné il va voir cette porte, il va l'ouvrir et là il y a 5 minutes où on est dans le décor du film, dans les coulisses du film c'est à dire qu'on voit des fonds verts, des caméras on voit tout ce que le cinéma nous cache pour faire un film et j'avoue que j'ai pas tellement compris cette scène mais je sais que je l'ai adoré car c'était vraiment original.

C'était juste phenomal et c'est pour ça que j'aime le cinéma. Parler de thèmes souvent peu abordé dans la société, le jeu d'acteur, les plans de paysages à couper le souffle, le montage.

Fin c'est un pur bijoux de cinéma.
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