Des robots humanoïdes très réalistes. Le seul endroit au monde où les trouver, et en tant qu'humain interagir avec eux, c'est la Zone 414 : la cité des robots. On nous montre surtout des femmes-robots objets prêtes à assouvir n'importe quelle perversité masculine. Jane, l'humaine du futur est utilisée pour satisfaire tous ces besoins de fortunés clients. David le détective va s'en servir pour l'aider à retrouver Melissa et accomplir sa mission. Jane est une machine qui pleure, ressent la douleur, la peur et l'angoisse. Elle est suicidaire et possède un spacieux appartement, est-ce bien raisonnable pour un robot, si parfait soit-il ? Enquêter en zone 414, c'est s'attendre à croiser tous les vices qui sont bien humains eux. L'ambiance est glauque entre l'humain se rêvant dieu et l'androïde s'espérant humaine, évoluant das cette zone 414 qui est loin d'être paradisiaque. Ma note sera de 2,77 sur 5. Nous le savons tous, cyborgs, animaux, hybrides, clones, robots, le jour où nous cohabiterons sur Terre, il n'y aura plus de paradis à chercher.
Fanfan la Tulipe, critique aussi enthousiaste que pointilleux, pour « Je fais mon Cinéma » s’est régalé, mais pas pour quelles mêmes raisons ?
Dans Zone 414, Andrew Baird reprend clairement l’esthétique néo-noire popularisée par Blade Runner : ville nocturne, pluie de néons, prostitution technologique, détective usé jusqu’à la corde, humanité décadente. On sent presque l’odeur du métal humide et du whisky tiède dans chaque plan. Le film n’a évidemment ni la puissance philosophique ni la richesse visuelle du monument de Ridley Scott, mais j'apprécie son ambiance poisseuse et mélancolique. Guy Pearce y promène sa lassitude avec élégance, comme un survivant fatigué d’un futur déjà condamné.
J'ai tout de suite pensé à cette série télé suédoise Real Human … Real Humans joue une partition différente, et peut-être plus subtile. La série suédoise quitte les mégapoles dystopiques pour installer les robots dans le quotidien banal : cuisine familiale, travail domestique, solitude affective, sexualité, vieillesse. Là où Zone 414 regarde les machines comme des créatures de marge et de vice, Real Humans les injecte au cœur même du foyer. Et c’est précisément ce qui me trouble: la série montre à quelle vitesse l’humain s’habitue à déléguer l’empathie, le désir ou même la présence.
J'admire particulièrement la froideur scandinave de la mise en scène : pas besoin d’explosions permanentes ni de discours grandiloquents. Une simple hésitation dans le regard d’un hubot suffit parfois à créer un malaise existentiel.
Mais malgré mon affection sincère pour ces deux œuvres, je reviendrais toujours à Blade Runner comme à une obsession fondatrice. Parce que Ridley Scott ne faisait pas seulement un film de science-fiction : il fabriquait un rêve malade, un opéra urbain où chaque image semblait sortir d’un souvenir du futur. Chez Scott, la question “qu’est-ce qu’un être humain ?” devient presque sensorielle. La pluie, les ombres, les regards perdus, la musique de Vangelis, tout participe à cette mélancolie unique.
Pour moi, Zone 414 est un héritier honnête, Real Humans une variation intelligente et intime, mais Blade Runner reste l’œuvre qui regarde encore les autres depuis le sommet des pyramides de Tyrell Corporation.