Avis : Pacifiction - Tourment sur les îles - Page 10
Pacifiction - Tourment sur les îles
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Président Bird
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2,5
Publiée le 22 décembre 2023
Il y a des qualités. D’abord, qui ne veut pas d’un voyage à Tahiti ?? Il y a des “beaux plans”, comme on dit: des vagues, des ciels, la nature, Benoît Magimel pensif sur la plage, parfois sur des musiques absolument magnifiques. C’est un film qui peut se contempler tel quel.
C’est aussi un film qui peut servir à contempler Magimel, l’entendre parler, vacillant, un peu pâteux, toujours à deux doigts de se prendre les pieds dans le tapis… C’est assez passionnant.
Mais sa prestation n’est pas suffisante pour compenser une mise-en-scène lente par défaut, figée, plate, désespérément stérile. C’est la maladie d’un certain cinéma festivalier européo-asiatique qui sous-découpe sa mise-en-scène par facilité et habitude. Il y a malgré tout quelques idées passionnantes, à ne jamais oublier, ici ou là, une femme cadrée d’une certaine façon sans raison particulière, mais ça fait peu.
Et puis qu’ont-t-ils à raconter vraiment Magimel et les autres de toute façon ? L’histoire est d’un intérêt très discutable. Il est un haut-commissaire de la République qui navigue entre les édiles locaux sur fond de rumeurs de reprise des essais nucléaires dans la région. On a connu plus passionnant.
Errance hypnotique. Sensations de menaces confuses, d'apocalypse imminente. Attente malaisante et vaine, étirée jusqu'à l'abstraction. Fascination ponctuée de réminiscences d'une réalité incertaine.
On s'attend à un film à l'atmosphère durassienne, on attend désespérément qu'il se passe quelque enfin quelque chose, et au final le spectateur a droit à de tristes tropiques
On range derrière l'avis du Figaro " Entre thriller politique à zéro de tension et carte postale sans destinataire, la meilleure blague du dernier Festival de Cannes provoque 2h43 de rire involontaire ou d'ennui abyssal."
Sensation de malaise face à ce vide sidéral. Quelques belles images et démos sonores immersives mais l'ambiance joyeuse Polynésienne que l'on aurait souhaité retrouver fait maladroitement place à un tableau sombre "façon Apocalypse Now" complètement inapproprié. Le Cinéma n'avait vraiment pas besoin de ça !
Hormis la beauté des paysages et la prestation de Benoît Magimel, pour le reste, je trouve que c'est mal filmé, mal cadré - comme des vidéos amateurs - des dos , des fesses ou des plantes masquent les scènes - si c'est l'effet recherché, c'est réussi. Les scènes sont longues, ternes et sans musique. Plus on avance dans le film plus l'intrigue s'efface au profit de scènes inutiles - dommage ça manque cruellement de style, d'effets graphiques.
Sans juger le talent de Benoit Magimel qui reste un très bon acteur, je suis désolé pour ceux qui en font un chef d'œuvre, mais pour moi ce film est 2h45 de vide absolu.
il y a une heure de trop. ce film est indigent, montage complaisant, comédiens improvisant donnant des scènes interminables, le propos du film tiens en pas plus de 15mn. l'étalonnage à dû être payé par l'Office du tourisme. Quand on prend des acteurs non professionnels, on les dirige pour leur éviter de se ridiculiser. Seule la musique sauve les meubles et l'ambiance nocturne des îles.
Pour son huitième long-métrage, Albert Serra redonne vie à l’ambiance suave et lascive qui avait fait la force de son dernier film Liberté. Dans le décor naturel de Tahiti en Polynésie française, Benoît Magimel incarne De Roller, un étrange fonctionnaire omnipotent persuadé d’être dupe d’une mission militaire sur son île organisée par l’État français.
De Roller est tout à la fois magnifique et puant, tout-puissant et vulnérable, à la manière du personnage Kaspar Almayer de Conrad.
Le tour de force réalisé ici par Serra est d’embarquer le spectateur dans la psychose du personnage tout en donnant au film des allures de documentaire politique (on pense ici au Président, documentaire sur Georges Frêche réalisé par Yves Jeuland).
Le tout se révèle excellent grâce, notamment au jeu d’acteur de Benoît Magimel qui tient ici le plus beau rôle de sa carrière. La force naturaliste du jeu de l’ensemble des personnages — faut-il parler d’acteurs ? — donne au film quelque chose de révolutionnaire.
Thriller même pas, paranoïaque à coup sûr, film à éviter. Dialogues absents ou tellement décousus, que l'on s'interroge Paysages massacrés par la caméra alors qu'ils peuvent être si beaux même sous la pluie, personnages au-delà de la caricature (le haut-commissaire) ou de l'invraisemblance (l'amiral qui n'a même pas les bons insignes d'uniforme, les filles sur un sou-marin, etc) Un sommet d'ennui, en somme
J'en attendais tellement au vue des critiques de la Presse. Mais quel ennui ! C'est trop long, trop lent. Une intrigue qui tourne en rond et même les beaux paysages ne semblent rien n'y pouvoir.
Nul. A mourir d'ennui. A part la séquence de la vague. Scénario plutôt mal écrit en plus. Juste une succession de belles images et un personnage abandonné à son délire.
Dans une Polynésie à la beauté trompeuse, un haut-commissaire navigue entre rumeurs, diplomatie et secrets d’État, prisonnier d’un pouvoir qui se délite. Pacifiction est moins une enquête qu’une immersion dans les eaux troubles du colonialisme contemporain.
Il y a des films qui se vivent plus qu’ils ne se suivent. Pacifiction est de ceux-là. Albert Serra y déroule une odyssée languide où le temps semble se dilater, au cœur d’un décor faussement paradisiaque. On y observe un haut-commissaire évoluer dans un théâtre politique où tout se joue à mots couverts, sous le vernis d’une sérénité trompeuse.
Le film aborde frontalement le colonialisme contemporain et ses mutations. La Polynésie n’est pas montrée comme une carte postale, mais comme un territoire encore modelé par l’héritage français, traversé par les tensions entre indépendance et dépendance économique. Le haut-commissaire est à la fois figure d’autorité et prisonnier d’un système : il doit composer avec les rumeurs, les intrigues locales, et surtout avec la crainte du retour d’essais nucléaires. Ce spectre radioactif agit comme une métaphore de la mémoire collective empoisonnée, un passé qui continue de contaminer le présent.
Serra filme aussi la politique comme performance : tout est échange, sourire, poignée de main… mais rien n’est franc. Le personnage de Magimel parle beaucoup, mais ne dit presque rien. Il flotte dans un monde où l’information est une arme et où l’équilibre repose sur des alliances instables. Cette vacuité verbale devient fascinante : elle montre comment l’action politique peut être paralysée par la peur de rompre l’ordre établi.
Mais la force du film réside aussi dans sa peinture d’un côté sombre et pervers. Derrière les couleurs chaudes et les fêtes nocturnes, Pacifiction révèle une atmosphère trouble : clubs enfumés, corps offerts, séductions intéressées. La drague, l’alcool et la sexualité deviennent des instruments de pouvoir, circulant entre politiciens, militaires et habitants. Cette décadence n’est pas gratuite : elle illustre un visage insidieux du colonialisme, où l’exploitation s’étend aux corps et aux désirs, transformant l’île en un espace à la fois fascinant et corrompu.
Benoît Magimel incarne magistralement cet homme pris dans un réseau de séduction et de méfiance. Lunettes teintées, costumes clairs, démarche nonchalante… Il occupe chaque plan avec un mélange de désinvolture et de tension interne. Ses silences, ses regards, ses hésitations sont aussi parlants que ses longs discours.
La mise en scène adopte une poétique de l’errance : l’intrigue progresse par fragments, laissant le spectateur dans un brouillard semblable à celui du protagoniste. Les rumeurs deviennent moteur narratif : on ne sait jamais ce qui est vrai, exagéré ou inventé.
Ce parti-pris a ses limites : lenteur et durée peuvent décourager, certaines scènes paraissent répétitives. Mais ce rythme hypnotique, proche du documentaire par son authenticité dans les dialogues et les visages, crée une atmosphère unique, entre réalité brute et rêve éveillé.
On en ressort avec l’impression d’avoir assisté à un ballet du pouvoir, où les gestes comptent plus que les actes, et où les îles servent de décor somptueux à un théâtre politique invisible. Un film d’atmosphère, porté par un acteur au sommet de son art.
Le scénario m'a fait penser au roman de Joseph Conrad: Au Cœur des ténèbres. Ici, la sauvagerie absolue n'est plus celle de l'homme quand elle se confond avec la Nature primordiale, il s'agit d'une autre barbarie: celle de l'homme voué à la technologie meurtrière du nucléaire. J'ai retrouvé quelque chose du climat lent, progressivement trouble et menaçant de Apocalypse Now (dont le scénario est inspiré du livre de Conrad). Un climat qui est comme la matière même du film, son intérêt. L’interprétation de Magimel est parfaitement en harmonie avec le rythme et l'ambiance poisseuse. Quant au message politique, je l'ai trouvé un peu bateau et fourgué en vitesse.
Pour ceux qui se nourrissent de contemplation, de photographie, d’ambiance d’un autre monde, de personnages un peu lunaires…. Il faut débrancher son cerveau (et ôter sa montre) et… partir !