Encore un film très fort, de Mohammad Rasoulof qui précède le « Figuier sauvage » . On ne peut pas appeler cet opus « film à sketch », tant la thématique est dure, sérieuse, tragique et cruelle, mais il s’agit bien de l’assemblage de 4 histoires sur un thème central similaire : celui du rôle du bourreau dans un régime totalitaire, où les exécutions capitales par pendaison sont légion (et le sujet est complétement d’actualité en 2026 ).
. Comment des individus lambda, ordinaire, peuvent devenir les fers de lance, les exécutants de régime autocratique, comme le furent les régimes nazis, stalinien ou cette théocratie des mollahs.
Ici les histoires nous parlent de ces bourreaux mais sous des angles indirects, certain font leur petit boulot tranquillement, comme le faisait les gardiens des camps de la mort nazis, d’autre refuseront cette collaboration passive et rentre en résistance, d’autres en deviennent malade, au moment du choix décisif.
Une réflexion très intelligente, sur la notion du bien et du mal, du libre arbitre de l’individu, de la capacité à encaisser le mal, et le laisser faire tout en le sachant. Les 4 histoires se complètent, comme un puzzle, et se chevauchent parfois, avec peut -être la palme à la 3eme, la plus fine, la plus complexe.
Les acteurs sont tous excellents, mais surtout la réalisation est brillante, somptueuse, quand on pense que ce film a été tourné dans la presque clandestinité, la qualité de l’image, la construction sont une merveille.
La séquence naturaliste dans les bois d’une campagne verdoyante est superbe, d’une luminosité presque impressionniste.
Scène iconique aussi, de révolte puis de libération individuelle sur la musique de « Bella Ciao » revisitée dans une version persane, plus latino.
Oui Rasoulof est vraiment un très grand.