Semi déception que ce film de Mohammad Rasoulof dont j’attendais beaucoup (sans doute trop) et qui se révèle par certains aspects bien décevant. Si la mise en scène et la qualité du jeu des acteurs ou encore la sincérité et la pertinence du propos du réalisateur iranien ne sont pas à mettre en cause, c’est plutôt la qualité des deux derniers récits qui m’incite à modérer mon enthousiasme pour ce film.
Rien à dire donc sur les deux premiers chapitres qui ouvrent le diable n’existe pas. Le premier nous montre le quotidien d’une famille de tout ce qu’il y a de plus banal, et qui va pourtant se terminer d’une manière très brutale pour ne pas dire choquante. À peine remis du final ce premier court, on entame le second chapitre qui lui se présente sous la forme d’un huis clos carcéral, digne d’une petite pièce de théâtre, dans lequel on s’immerge avec là encore une évolution est une chute assez saisissantes. Les deux derniers chapitres sont plus discutables, car plus didactiques, plus simplistes, plus plan-plan aussi, tournant un peu à la démonstration et n’ont pas en tout cas la pertinence et la force des deux premiers récits. Reste malgré tout une œuvre pleine d’humanité qui, même si elle se révèle bien trop lisible et pas assez nuancée, a le mérite de nous offrir un beau moment de cinéma.
Après “Un homme intègre”, Mohammad Rasoulof pose la question à ses personnages s’ils ont déjà été contraints à faire une chose qui n’était pas juste. Certains diront qu’ils n’ont pas le choix car c’est leurs devoirs, certains craqueront face à ces défis immoraux. Construit en quatre histoires différentes, “Le Diable n’existe pas” aborde la thématique de la peine de mort avec courage. En effet, le réalisateur ne cherche pas à dénoncer par les gestes, mais s’insère dans la conscience de ceux qui interviennent de près comme de loin à supprimer la vie d’autrui. Un film tout aussi ambitieux que bouleversant. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
C'est tout simplement génial. Un chef d'œuvre. Il est étonnant que le régime iranien ait laissé passer une telle critique de la société mais ce n'est pas la première fois que ça se passe. Je recommande vivement ce film magnifiquement filmé et joué. Impressionnant de profondeur et de justesse.
Plus qu’un film politique, qui dénonce la peine de mort, sa banalisation et la façon dont elle est pratiquée en Iran, c’est un grand film moral (mais non moralisateur), sur la capacité de chaque homme à dire « non », et à résister au système. La forme choisie par Mohammad Rasoulof, forme qui lui aurait aussi facilité le tournage vis-à-vis des autorités Iraniennes, est celle de quatre courts métrages, intitulés ici épisodes. Il s’agit de quatre histoires distinctes, avec quatre personnages centraux différents (même si un rapprochement entre deux d’entre eux pourrait être imaginé) qui sont ou ont été confrontés à une situation comparable. Et qui n’ont pas eu, face à elle, le même comportement. Et ce qui peut paraître dans un premier temps simplement juxtaposé forme au final un propos d’une grande cohérence ; ainsi le premier épisode, qui paraît presque anodin au premier abord, prend un nouveau relief au visionnage des suivants. Avec, en plus de cette démarche originale, une grande beauté des images (le dernier épisode, rappelant, comme un hommage, l’univers et le style de Kiarostami dans « Le vent nous emportera ») et des scènes d’une densité rare (les échanges et la « négociation » collective des soldats dans leur cellule), on tient là un important moment de cinéma.
"Le diable n'existe pas" est incontestablement un film fort sur le sujet de la peine de mort en Iran. C'est un film militant qui dénonce avec raison l'utilisation massive de la pendaison par le régime théocratique. La mise en scène est réfléchie, le jeu des acteurs est subtil et efficace. Un film à voir. Pour autant, la volonté esthétique du réalisateur nuit parfois au propos en altérant le réalisme, clé d'un traitement efficace du sujet. Certaines scènes sont beaucoup trop longues et d'autres beaucoup trop travaillées, à l'instar de l'improbable auto-noyade du 3e protagoniste (dont les jambes tremblent comme celles d'un pendu) ou du plan sur le renard dans la 4e scène. De plus, le choix de traiter la question de la peine de mort sous l'angle de l'acceptation par les bourreaux est plutôt surprenant. Si l'on comprend aisément que le thème de la responsabilité personnelle ait eu un fort écho en Allemagne eu égard à leur propre histoire, on pourra toutefois s'étonner que l'attaque soit davantage portée sur les appelés qui sont obligés d'obéir au régime que sur le régime des mollahs lui-même. Cela rend le film de Mohammad Rasoulof plus moralisateur et un peu moins politique que ceux de Saeed Roustayi ou Ashar Farhadi.
Réflexion sur la responsabilité et les conséquences de nos actes. Quatre nouvelles reliées par le même thème: Un bon film très bien joué, réalisé avec justesse et sobriété .
un film vertigineux, qui démontre que face au mal absolu de la peine de mort, il ne peut y avoir que des perdants. Outre cette reflexion morale, les deux deniers recits xsont d'une beauté sidérante. Magnifique, pour moi le film de l'année avec "La loi de Téhéran ".
Vraiment un excellent film sur la façon d'exécuter la peine de mort en Iran, le plus souvent par des jeunes qui effectuent leur service militaire (21mois). Film qui choque la conscience, amplifié par son côté documentaire... Et tant mieux ! Merci à Mohammad Rasoulof d'avoir usé de créativité pour braver les interdits dans son pays (film en plusieurs récits filmés), afin de nous faire prendre conscience de cette horrible réalité, de ce terrible aspect de la vie des Iraniens. Évidemment de nombreuses questions et suppositions arrivent sur les conséquences dramatiques dans la vie future de ces jeunes "bourreaux", sans doute voulues par l état iranien. Je suis sortie de ce film très triste mais aussi avec l espoir de voir ces hommes, aidés par leur femme, braver ces obligations abjectes dans les dictatures. Ce réalisateur a choisis la liberté de nous informer, au détriment de la sienne, et nous rend tous un peu plus libres et conscients en élargissant notre vision.
Peut être le film le plus lourd que j'ai déjà vu dans ma vie. Un film d'une lourdeur insupportable, même pour moi qui général aime les films lents (par exemple, j'adore le cinéma japonais très souvent lent ou les films de Fahradi). Ours d'or à Berlin : incompréhensible. Bien sûr ce n'est pas un film nul. Il y a des idées intéressantes mais on a un peu l'impression que c'est la bombe atomique pour tuer le moustique ! Résultat contre productif car à mn avis, seuls des intellos perchés vont apprécier ce film qui pourtant traite d'un sujet universel concernant tout le monde.
Encore un chef-d'œuvre du cinéma iranien. Ces quatre courts métrages qui en forment un long sont un tout cohérent. Un bijou de tension narrative, montage, travail visuel et humanisme.
Sujet pas simple à traité. Mais 4 belles histoires dont certaines se rejoignent sur la peine de mort. Certaines images révèlent de beaux paysages de l'Iran. Et des acteurs bien choisis. Cela fait un film à ne pas manquer
4 films d'une trentaine de minutes qui se passent tous dans l' Iran d'aujourd'hui . Je vais être volontairement très imprécise dans ma chronique car je ne veux pas divulguer ce qui fait l'essence de ces 4 moyens métrages. Je n'irai donc pas au-delà du synopsis lu sur AlloCiné qui en dit déjà beaucoup. Déjà une visite de la ville de Téhéran, visite de la vie quotidienne d'une famille de classe sociale moyenne. Puis un quasi huit clos dans la cellule d'une caserne de l'armée où des jeunes hommes doivent subir un service militaire autoritaire de 24 mois pour pouvoir se projeter dans la vie. Une autre histoire, lors de sa permission l'amoureux rend visite à sa fiancée pour son anniversaire, il y a beaucoup d'amour. Sera t'il suffisant pour leur vie future ? Puis le dernier film , un homme se dit serein, il y a longtemps il a décidé de sa vie quelqu'en soient les conséquences. Chaque film est admirablement bien construit et nous mène chaque fois vers un final saisissant . Les femmes y sont présentes actives, dynamiques , elles peuvent décider, mener leur vie et accompagner les hommes dans leur existence. 4 films pour une seule œuvre cinématographique avec un même fil conducteur : il y est question de la peine capitale, de l'exécution des condamnés à mort... dans un Liban au pouvoir brutal, totalitaire . Il y a un vrai contraste entre la beauté et le calme des paysages filmés dans les deux derniers films et la thématique transversale et je revois encore l'image finale si paisible dans l'immensité du désert Iranien. Il y a surtout la notion du choix . Quel choix ? Le choix est il possible ? Mohammad Rasoulof le réalisateur lui a fait le choix de dénoncer ...malgré la censure Iranienne. " Je me dois de résister " dit il .
Le nouvel opus de Mohammad Rasoulof enfonce des portes ouvertes d'un point de vue moral : la peine de mort c'est mal, demander à des conscrits d'être les bourreaux c'est pas cool, et faire exécuter des opposants politiques par des innocents qui veulent juste une perm, c'est pire.
Les scénarios des quatre histoires complètement indépendantes qui composent ce film avancent comme des chars d'assaut, autour de ces quelques idées édifiantes. Leur effets sont tellement calculés qu'ils en paraissent au pire putassiers façon Michel Franco (le premier segment), au mieux simplement prévisibles et tristement sentimentaux (le troisième et le quatrième).
C'est le second chapitre qui m'a vraiment intéressé : il y a dans le huis clos du dortoir une vraie tension psychologique, puis dans la deuxième partie une effervescence sauvage qui rappelle un peu le très bon La loi de Téhéran, qui lui aussi traite (en partie) de la peine de mort, avec une autre puissance.
Pas le meilleur Rasoulof, loin s'en faut. Un homme intègre et Au revoir possédaient une profondeur psychologique bien supérieure. On peut supposer que l'Ours d'or lui a été donné sur une base plus politique qu'artistique.