Le Diable n'existe pas
Note moyenne
4,1
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84 critiques spectateurs

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Cinememories

604 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 janvier 2022
Après « Au Revoir », « Les Manuscrits ne brûlent pas » et « Un homme intègre », on sentait Mohammad Rasoulof prêt à creuser un peu plus dans le portrait de l’Iran, en appuyant justement sur cette plaie morale, qui prive la plupart des habitants de libre-arbitre. Un régime des plus totalitaire, qui gagne à être remis en question, plus encore de nos jours, où l’existence même de ce film répond aux mêmes enjeux qu’il affronte. En une succession de quatre courts-métrages, il sera toujours possible d’y trouver la forme d’une fable, sur des thématiques déjà vues précédemment, mais il s‘agit avant tout d’une contrainte, pour palier à la censure, que le cinéaste aborde ce catalogue à l’empreinte nerveuse. Si l’on sait qu’il n’a pas toujours été au plus proche des tournages, son esprit reste dans chaque idée de mise en scène, qui fait de cette œuvre un témoignage glaçant et nécessaire, qui traversera à un moment les frontières de son pays natal.

Le crime est puni, mais ce n’est pas la loi qui motive la justice, comme elle devrait se concevoir. On joue sur une inversion de rôle intéressant, à travers le regard de plusieurs personnages, qui affrontent cette terreur politique et sociale. Le premier segment reprend alors au mot le titre, en attestant que rien n’est plus imposant que la servitude, dans un pays qui en cultive les nuances, pour la religion ou même le genre. Les femmes sont soumises au voile et sont restreintes par l’autorité patriarcale, que l’on ne cesse de décliner, au-delà même des frontières. Mais c’est avec cette honnête introduction, qui vise à contextualiser l’atmosphère crispante, que le cinéaste parvient à nous faire entrer dans son sujet, d’un simple coup de pression. Nul besoin d’invoquer des spectres ou autres incarnations divines pour décrire l’horreur qui pèse sur les condamnés à mort, le diable réside dans la dégradation de l’esprit, où l’uniformisation triomphe par sa radicalité.

On enchaîne alors avec une intrigue parallèle, où un geôlier se couvre de honte à l’idée d’alimenter la machine de mort, majoritairement légalisée et banalisée par des forces supérieures, que l’on ne rencontrera jamais d’ailleurs, car ce sont davantage les ambassadeurs qui nous intéressent. Eux, qui ont malgré tout le choix d’accepter la fatalité ou de prendre conscience des véritables responsabilités, peuvent craquer à tout moment. La démonstration sera sans doute un poil trop bavard, mais cela vient toutefois mettre de côté, ce silence constant, que l’on pourrait assimiler à de l’inaction ou à de la résignation. Passé ce cap, on passera à un cadre plus familial et à ciel ouvert. En se concentrant un peu plus sur les conséquences des deux possibilités, on y découvre une communauté endeuillée et une famille éparpillée. La mort est proche des protagonistes, les suit et les unit aussi bien qu’il les divise. C’est tout le constat d’une génération, qui perd son identité, son âme et depuis trop longtemps sa dignité.

Quelque part, « Le Diable n’existe pas » (Sheytan vojud nadarad) vient prolonger l’électrochoc enclenché par Saeed Roustayi avec « La Loi de Téhéran », cinq mois plus tôt, où la corruption et un litige judiciaire assumé venaient justifier la fuite des habitants dans la toxicomanie. Ici, ce sera davantage vers la nature sauvage que le refuge idéal permettrait se reconstruire. Rien d’absolu évidemment, mais même loin de l’influence de la violence, les cicatrices demeurent et sont rapidement remplacées par un autre type de douleur, où la communication blesse et que le contact n’est plus une option de réconciliation. C’est une tragédie qui dénonce la cruauté, en marginalisant affectueusement la souffrance de ceux qui résistent, même juste un peu.
Delphine Solange
Delphine Solange

15 abonnés 54 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 janvier 2022
Immense. Inoubliable. Un scénario bouleversant. Et des visages mémorables. Le plus beau film "étranger" de 2021.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 11 janvier 2022
Semi déception que ce film de Mohammad Rasoulof dont j’attendais beaucoup (sans doute trop) et qui se révèle par certains aspects bien décevant. Si la mise en scène et la qualité du jeu des acteurs ou encore la sincérité et la pertinence du propos du réalisateur iranien ne sont pas à mettre en cause, c’est plutôt la qualité des deux derniers récits qui m’incite à modérer mon enthousiasme pour ce film.

Rien à dire donc sur les deux premiers chapitres qui ouvrent le diable n’existe pas. Le premier nous montre le quotidien d’une famille de tout ce qu’il y a de plus banal, et qui va pourtant se terminer d’une manière très brutale pour ne pas dire choquante. À peine remis du final ce premier court, on entame le second chapitre qui lui se présente sous la forme d’un huis clos carcéral, digne d’une petite pièce de théâtre, dans lequel on s’immerge avec là encore une évolution est une chute assez saisissantes. Les deux derniers chapitres sont plus discutables, car plus didactiques, plus simplistes, plus plan-plan aussi, tournant un peu à la démonstration et n’ont pas en tout cas la pertinence et la force des deux premiers récits.
Reste malgré tout une œuvre pleine d’humanité qui, même si elle se révèle bien trop lisible et pas assez nuancée, a le mérite de nous offrir un beau moment de cinéma.
Cinéphiles 44

1 698 abonnés 4 685 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 janvier 2022
Après “Un homme intègre”, Mohammad Rasoulof pose la question à ses personnages s’ils ont déjà été contraints à faire une chose qui n’était pas juste. Certains diront qu’ils n’ont pas le choix car c’est leurs devoirs, certains craqueront face à ces défis immoraux. Construit en quatre histoires différentes, “Le Diable n’existe pas” aborde la thématique de la peine de mort avec courage. En effet, le réalisateur ne cherche pas à dénoncer par les gestes, mais s’insère dans la conscience de ceux qui interviennent de près comme de loin à supprimer la vie d’autrui. Un film tout aussi ambitieux que bouleversant.
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Chatcaliban
Chatcaliban

47 abonnés 130 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 janvier 2022
C'est tout simplement génial. Un chef d'œuvre. Il est étonnant que le régime iranien ait laissé passer une telle critique de la société mais ce n'est pas la première fois que ça se passe.
Je recommande vivement ce film magnifiquement filmé et joué. Impressionnant de profondeur et de justesse.
Patjob
Patjob

45 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 janvier 2022
Plus qu’un film politique, qui dénonce la peine de mort, sa banalisation et la façon dont elle est pratiquée en Iran, c’est un grand film moral (mais non moralisateur), sur la capacité de chaque homme à dire « non », et à résister au système. La forme choisie par Mohammad Rasoulof, forme qui lui aurait aussi facilité le tournage vis-à-vis des autorités Iraniennes, est celle de quatre courts métrages, intitulés ici épisodes. Il s’agit de quatre histoires distinctes, avec quatre personnages centraux différents (même si un rapprochement entre deux d’entre eux pourrait être imaginé) qui sont ou ont été confrontés à une situation comparable. Et qui n’ont pas eu, face à elle, le même comportement. Et ce qui peut paraître dans un premier temps simplement juxtaposé forme au final un propos d’une grande cohérence ; ainsi le premier épisode, qui paraît presque anodin au premier abord, prend un nouveau relief au visionnage des suivants. Avec, en plus de cette démarche originale, une grande beauté des images (le dernier épisode, rappelant, comme un hommage, l’univers et le style de Kiarostami dans « Le vent nous emportera ») et des scènes d’une densité rare (les échanges et la « négociation » collective des soldats dans leur cellule), on tient là un important moment de cinéma.
AZZZO

366 abonnés 1 018 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 décembre 2021
"Le diable n'existe pas" est incontestablement un film fort sur le sujet de la peine de mort en Iran. C'est un film militant qui dénonce avec raison l'utilisation massive de la pendaison par le régime théocratique. La mise en scène est réfléchie, le jeu des acteurs est subtil et efficace. Un film à voir.
Pour autant, la volonté esthétique du réalisateur nuit parfois au propos en altérant le réalisme, clé d'un traitement efficace du sujet. Certaines scènes sont beaucoup trop longues et d'autres beaucoup trop travaillées, à l'instar de l'improbable auto-noyade du 3e protagoniste (dont les jambes tremblent comme celles d'un pendu) ou du plan sur le renard dans la 4e scène.
De plus, le choix de traiter la question de la peine de mort sous l'angle de l'acceptation par les bourreaux est plutôt surprenant. Si l'on comprend aisément que le thème de la responsabilité personnelle ait eu un fort écho en Allemagne eu égard à leur propre histoire, on pourra toutefois s'étonner que l'attaque soit davantage portée sur les appelés qui sont obligés d'obéir au régime que sur le régime des mollahs lui-même. Cela rend le film de Mohammad Rasoulof plus moralisateur et un peu moins politique que ceux de Saeed Roustayi ou Ashar Farhadi.
Anne-Laure P.
Anne-Laure P.

42 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 décembre 2021
Réflexion sur la responsabilité et les conséquences de nos actes. Quatre nouvelles reliées par le même thème: Un bon film très bien joué, réalisé avec justesse et sobriété .
alaind7275
alaind7275

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 décembre 2021
un film vertigineux, qui démontre que face au mal absolu de la peine de mort, il ne peut y avoir que des perdants. Outre cette reflexion morale, les deux deniers recits xsont d'une beauté sidérante. Magnifique, pour moi le film de l'année avec "La loi de Téhéran ".
AccordeoNNN
AccordeoNNN

11 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 décembre 2021
Vraiment un excellent film sur la façon d'exécuter la peine de mort en Iran, le plus souvent par des jeunes qui effectuent leur service militaire (21mois). Film qui choque la conscience, amplifié par son côté documentaire... Et tant mieux !
Merci à Mohammad Rasoulof d'avoir usé de créativité pour braver les interdits dans son pays (film en plusieurs récits filmés), afin de nous faire prendre conscience de cette horrible réalité, de ce terrible aspect de la vie des Iraniens.
Évidemment de nombreuses questions et suppositions arrivent sur les conséquences dramatiques dans la vie future de ces jeunes "bourreaux", sans doute voulues par l état iranien.
Je suis sortie de ce film très triste mais aussi avec l espoir de voir ces hommes, aidés par leur femme, braver ces obligations abjectes dans les dictatures.
Ce réalisateur a choisis la liberté de nous informer, au détriment de la sienne, et nous rend tous un peu plus libres et conscients en élargissant notre vision.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 22 décembre 2021
Peut être le film le plus lourd que j'ai déjà vu dans ma vie. Un film d'une lourdeur insupportable, même pour moi qui général aime les films lents (par exemple, j'adore le cinéma japonais très souvent lent ou les films de Fahradi). Ours d'or à Berlin : incompréhensible. Bien sûr ce n'est pas un film nul. Il y a des idées intéressantes mais on a un peu l'impression que c'est la bombe atomique pour tuer le moustique ! Résultat contre productif car à mn avis, seuls des intellos perchés vont apprécier ce film qui pourtant traite d'un sujet universel concernant tout le monde.
norman06

432 abonnés 1 844 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 décembre 2021
Encore un chef-d'œuvre du cinéma iranien. Ces quatre courts métrages qui en forment un long sont un tout cohérent. Un bijou de tension narrative, montage, travail visuel et humanisme.
Dandzfr
Dandzfr

23 abonnés 130 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 décembre 2021
Sujet pas simple à traité. Mais 4 belles histoires dont certaines se rejoignent sur la peine de mort. Certaines images révèlent de beaux paysages de l'Iran. Et des acteurs bien choisis. Cela fait un film à ne pas manquer
HASTENEP
HASTENEP

14 abonnés 86 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 décembre 2021
Superbe photographie , 4 histoires qui reflètent le climat dans ce pays : noir.

A aller voir un jour de soleil en début de journée afin de pouvoir respirer et se reconnecter à la lumière après la projection.
Isabel I.
Isabel I.

50 abonnés 317 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 décembre 2021
4  films  d'une trentaine de minutes qui se passent tous dans l' Iran d'aujourd'hui .
Je vais être volontairement très imprécise dans ma chronique car je ne veux pas divulguer ce qui fait l'essence de ces 4 moyens métrages. Je n'irai donc pas au-delà du synopsis lu sur AlloCiné qui en dit déjà beaucoup.
Déjà une  visite de la ville de Téhéran, visite de la vie quotidienne d'une famille de classe sociale moyenne.
Puis un quasi huit clos dans la cellule d'une caserne de l'armée où des jeunes hommes doivent  subir un service militaire autoritaire de 24 mois pour pouvoir se projeter dans la vie.
Une autre histoire, lors de sa  permission l'amoureux  rend visite à sa fiancée pour son anniversaire, il y a beaucoup d'amour. Sera t'il suffisant pour leur vie future ?
Puis le dernier film , un homme se dit serein,  il y a longtemps il a décidé de sa vie quelqu'en  soient les conséquences.
Chaque film est admirablement bien construit et nous mène chaque fois vers un final saisissant . Les femmes y sont présentes actives, dynamiques , elles peuvent décider, mener leur vie et accompagner les hommes dans leur existence.
4 films pour une seule œuvre cinématographique avec un même  fil conducteur :  il y est question de la peine capitale,  de l'exécution des condamnés à mort... dans un Liban au pouvoir brutal, totalitaire .
Il y a un vrai contraste  entre la beauté et le calme des paysages filmés dans les deux derniers films et la thématique transversale et je revois encore l'image finale si paisible dans l'immensité du désert Iranien.
Il y a surtout la notion du choix . Quel choix ?
Le choix est il possible ?
Mohammad Rasoulof le réalisateur lui a fait le choix de dénoncer ...malgré la censure Iranienne.  " Je me dois de résister " dit il .
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