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GéDéon
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3,5
Publiée le 11 juin 2026
A travers ce long-métrage sorti en 2020, le réalisateur Mohammad Rasoulof livre une réflexion intense contre la peine de mort. Plus qu’un portrait de la société iranienne, il s’agit surtout d’un examen approfondi des cas de conscience vécus chez les personnes chargées d’exécuter des criminels dans un pays où la sentence extrême s’applique toujours. En décrivant le parcours de plusieurs individus martyrisés par la violence d’un système politique radical, le récit présente quatre chapitres d’inégale valeur. Néanmoins, l’ensemble demeure implacable. La lenteur du propos, s’accompagnant d’une très belle photographie, étouffe le spectateur tout en lui permettant de saisir les conflits intérieurs qui dévorent l’esprit de ces protagonistes. Bref, une réflexion dense au service d’une œuvre engagée.
J'avais beaucoup apprécié "Un homme intègre" et c'est donc un plaisir de retrouver le cinéaste iranien Mohammad Rasoulof dans "Le diable n'existe pas". Ce dernier se décompose en quatre segments. Quatre courts-métrages ayant pour dénominateur commun la critique du totalitarisme et interroge plus spécifiquement le devoir d'obéissance à l'injonction de tuer. Des sujets aussi intéressants que sensibles. Traités ici avec ce qu'il faut de sensibilité et d'intelligence quoiqu'assez prévisible dans les développements de ces mini-intrigues. "Le diable n'existe pas" a remporté l'Ours d'Or en 2020 et celui-ci est mérité car, en plus du choix des thématiques, la forme y est très soignée. Une splendide mise en scène soutenue par une tout aussi splendide BO. Très bon film que je conseille sans hésitation.
Encore un film très fort, de Mohammad Rasoulof qui précède le « Figuier sauvage » . On ne peut pas appeler cet opus « film à sketch », tant la thématique est dure, sérieuse, tragique et cruelle, mais il s’agit bien de l’assemblage de 4 histoires sur un thème central similaire : celui du rôle du bourreau dans un régime totalitaire, où les exécutions capitales par pendaison sont légion (et le sujet est complétement d’actualité en 2026 ). . Comment des individus lambda, ordinaire, peuvent devenir les fers de lance, les exécutants de régime autocratique, comme le furent les régimes nazis, stalinien ou cette théocratie des mollahs. Ici les histoires nous parlent de ces bourreaux mais sous des angles indirects, certain font leur petit boulot tranquillement, comme le faisait les gardiens des camps de la mort nazis, d’autre refuseront cette collaboration passive et rentre en résistance, d’autres en deviennent malade, au moment du choix décisif. Une réflexion très intelligente, sur la notion du bien et du mal, du libre arbitre de l’individu, de la capacité à encaisser le mal, et le laisser faire tout en le sachant. Les 4 histoires se complètent, comme un puzzle, et se chevauchent parfois, avec peut -être la palme à la 3eme, la plus fine, la plus complexe. Les acteurs sont tous excellents, mais surtout la réalisation est brillante, somptueuse, quand on pense que ce film a été tourné dans la presque clandestinité, la qualité de l’image, la construction sont une merveille. La séquence naturaliste dans les bois d’une campagne verdoyante est superbe, d’une luminosité presque impressionniste. Scène iconique aussi, de révolte puis de libération individuelle sur la musique de « Bella Ciao » revisitée dans une version persane, plus latino. Oui Rasoulof est vraiment un très grand.
4 moyens métrages pour rappeler que la peine de mort crée bien plus de problèmes qu'elle ne prétend en résoudre, en premier le bouleversement de la vie de ceux appelés à faire le sale boulot. Au passage, une réalisation et des acteurs fabuleux. Décidément le cinéma iranien mérite d'être mieux mis en lumière qu'il ne l'est. Merci à Arte de faire ce travail.
Avec Le Diable n'existe pas, Mohammad Rasoulof explore la responsabilité individuelle face à la peine de mort à travers un récit fragmenté en plusieurs segments. Chaque histoire propose une variation morale, mais l’ensemble peine parfois à trouver une véritable cohésion. Rasoulof privilégie une approche didactique, où la démonstration prend le pas sur la suggestion. La mise en scène, sobre et rigoureuse, sert le propos sans toujours le transcender. Reste un film engagé et nécessaire, mais dont la construction et l’insistance limitent l’impact émotionnel.
J'ai été agréablement surprise par le cinéma iranien que je connaissais absolument pas. On a ici 4 histoires différentes, toutes unies par la politique de l'Iran d'aujourd'hui. On n'a pas l'habitude de voir ce genre de film donc ça peut déstabiliser mais c'est vraiment à voir.
Une œuvre d'une belle justesse, divisée en 4 histoires (pas si) différentes, et où la mise en scène s'adapte à chacune d'entre elles.
Quelque part entre le quotidien et la culpabilité, un plaidoyer contre la peine de mort et les lois autoritaires qui habitent la société Iranienne, et un film qui dépeint la volonté de certain.e.s de s'extraire de cette mécanique fataliste et mortifère.
Obéir ou désobéir. Donner la mort ou prendre le risque de (laisser) vivre. 7,5/10.
Ours d’or à la Berlinale 2020, Le diable n’existe pas à été tourné clandestinement, en raison de la censure qui sévit en Iran. Mohammad Rasoulof, son courageux réalisateur, y fait régulièrement des séjours en prison, à l’instar de son complice et compatriote Jafar Panahi. Pour parvenir à ses fins, il a ici tourné quatre courts-métrages d’une quarantaine de minutes chacun, qui sont autant de fables sur la responsabilité individuelle et la possibilité de se révolter dans un pays qui exécute plusieurs centaines de personnes chaque année. Un brin didactique, ce film efficace et rythmé n’en constitue pas moins un formidable acte de résistance au régime théocratique en place depuis 1979.
Ce film est d'une force et d'une intelligence rare. Il a le mérite de poser des questions d'ordre moral et philosophique, telle la notion du libre arbitre et plus généralement de la liberté tout en convoquant des questions politiques. Empêché de faire son travail en Iran où il fut emprisonné, le cinéaste a pu réaliser ce beau film sous le manteau et poser la question de la peine de mort, pratiquée en Iran régulièrement. Mais ce questionnement va jusqu'à l'absurde, convoquant ainsi Camus, l'homme qui préfèrerait tuer plutôt que de faire son travail de bureau où sa liberté est entravée par l'état assassin. Joué avec force et professionnalisme par ses interprètes, Le diable n'existe pas effectue un vrai travail de cinéma. 4 histoires reliées par une même thématique, ce n'était pas évident, le problème des films à différentes histoires étant parfois le manque de cohésion entre les différents segments. Mais ici, la force de ces histoires est telle que le film reste très réussi (le quatrième récit, un peu trop aride et longue est le moins pertinent). 4 lieux : la ville et sa circulation, l'enfermement, un cadre bucolique, où un quasi désert... et à chaque fois des façons différentes de gérer un métier inhumain... Le refoulement, la culpabilité, l'action ou la fuite. Les lieux sont filmés d'une façon magnifique et les dialogues et expressions des acteurs sensationnels. Inoubliable.
Une claque ! La profondeur de ce film tient dans la proximité qu'on peut trouver avec nos sociétés occidentales, la simplicité de certaines des vies exposées ici et pourtant une telle différence du fait du joug politique et militaire. C'est profondément déprimant et beau a la fois.
Un film choc et surtout courageux de mohamed rassoulof qui avec panahavi sont perpétuellement menacé par le régime iranien. Cinéaste très engagé, le diable n existe pas est découpé en petites histoires qui n ont comme thème principal la dénonciation de la peine de mort. Un film coup de poing surtout la première histoire qui jusqu a la dernière scène est tellement dur que l on en se remet pas facilement, même si pour ma part j avais deviné la chute. La troisième histoire est assez rude avec un fin en terme de désespoir. Rassoulof tape bien dans le mille avec une mise en scène approprié et surtout avec des plans magnifiques avec pour chaque histoire un décor particulier. Plus urbain pour la première histoire, plus nature dans la 3ème histoire avec la présence de la forêt qui joue un véritable personnage et le désert iranien dans la dernière. Un très bon film à voir d d'urgence
Un film iranien, en soit, dit tout ce qu’on peut en dire. Celui-ci est particulièrement dur et difficile à regarder. Malgré tout, il faut saluer réalisateur et acteurs pour cet acte de bravoure, que de tourner un tel film. C’est la compilation de quatre court-métrages, qui approchent sous divers angles, la même situation, hautement perverse, de conscrits obligés d’exécuter des peines de mort. Le premier chapitre est assez percutant par sa fin brutale et ahurissante. Le dernier chapitre est, pour moi, totalement absurde, mais bon… Pour le reste… C’est un peu répétitif. Sans doute une métaphore de la répétition des exécutions... Quant au titre du film, évidemment, il est ironique. Le diable existe, nous l’avons rencontré, il est en Iran.
De la pendaison en Iran... De la soumission à un état totalitaire... Obéissance - Désobéissance - oppression en ville - libération hors des villes Quelle force, quelle intensité sont délivrées par ces 4 histoires dramatiques! Ce sont les appelés qui sont amenés à retirer le tabouret sous les pieds des pendus, sous menace de perdre des droits. La dernière séquence de la 1ère histoire transforme totalement tous les récits qui vont suivre, en instillant aux spectateurs une angoisse permanente. Avec des moments de pure insouciance grâce au pouvoir de la musique (BELLA CIAO en langue persane dans la 2ème histoire, danse d'anniversaire dans la 3ème, chanson pour oublier la maladie et le passé dans la 4ème). Magnifique, redoutable et poignant!