Le Diable n'existe pas
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ChouX_D
ChouX_D

67 abonnés 35 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 décembre 2021
Sublime film de Mohammad Rasoulof, un des plus beaux films de l'année !
Ces histoires, intimes, sont liées par un regard politique extrêmement fort sur l'Iran d'aujourd'hui.
Jean-Max Pernelet
Jean-Max Pernelet

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 décembre 2021
Une merveille ! 4 histoires qui s'enchevêtrent des images de l'Iran surprenantes, des cadrages, des décors, un scénario bien construit, Ours d'or à Berlin après déjà son Homme intègre, un réalisateur à suivre j'ai adoré.
Jean-luc G
Jean-luc G

89 abonnés 901 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 décembre 2021
On n'enferme pas un esprit inventif et déterminé à créer et peut-être même que la censure sublime sa capacité créative en l'obligeant à aller vers l'essentiel et à épurer l'inutile. Bien sur que Rasoulof nous invite à une réflexion morale sur l'implication des individus dans la mise à exécution des basses œuvres d'une dictature. Le thème est universel et dépasse largement le cadre de l'Iran. L'obligation de faire semblant de tourner des courts métrages a imposé des formes différentes sur un thème commun, d'où probablement un léger manque d'homogénéité de l'ensemble, mais est-ce bien gênant? Le premier tableau est un long faux départ, qui partant d'un récit banal de vie quotidienne, nous fait basculer brutalement dans l'indicible brutalité du régime. Le reste va crescendo en alliant contenu politique et beauté croissante des paysages. Les femmes ont ici toute leur place, belles et résistantes, dans ces quatre récits dans lesquels les hommes sortent groggy et ballotés dans leur virilité et leur certitude. Comment diable a-t-il fait pour trouver de tels cadrages magnifiés par l'écran large, en étant obligé de jouer à cache-cache avec les autorités? C'est décidément l'un des plus beaux films depuis l'été, mais dans un genre très différent des Illusions perdues ( lui il ne les a pas perdues!) mais avec la même forme émotionnelle que Serre moi fort. Cinéma décembre 21
Aubert T.
Aubert T.

143 abonnés 161 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 décembre 2021
Que c'est laborieux.... La quatrième et dernière section sauve le film. Ce qui précède est très long, très didactique, très scolaire. De plus le jeu des acteurs est vraiment très moyen. Beaucoup de plans très beaux mais déjà vus dans 67 autres films iraniens, ceux de Kiarostami notamment. On n'est pas loin du simple cinéma d'illustration, comme L'Evénement, premier prix à Venise uniquement dû à son sujet.
Rudy
Rudy

1 abonné 11 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 décembre 2021
Le diable n’existe pas, film Iranien du réalisateur Mohammad Rasoulof, est une véritable pépite. Ne connaissant ni ce réalisateur, ni le cinéma iranien, je suis allé voir ce film sans aucune attente, étant simplement attiré par le synopsis.

Sheytân vodjoud nadârad, de son titre original est une succession de courts-métrages racontant les tranches de vie d’hommes et femmes de différents milieux sociaux, professionnels, géographiques, et dont le trame de fond est la peine de mort et son application en Iran.

Les histoires se succèdent les unes après les autres, avec une intensité dramatique crescendo. Là où le premier court métrage est une mise en bouche à la chute complètement inattendue, les suivants mettent en place des enjeux dramatiques, dans lesquelles les personnages sont en danger physique ou psychologique.

La composition des plans est une véritable réussite, certains vous resteront gravés dans la rétine comme des tableaux de maître. Le réalisateur alterne brillamment des plans en mouvements et des plans fixe, ceux-ci sont particulièrement léchés, pour certains, il y a jusqu’à trois valeurs de plans à regarder.

La peine de mort est abordée ici dans tous ses aspects, le deuil, le rôle du bourreau, et les conséquences de son application sur les autres. Les histoires nous questionnent sur notre rapport à la loi, à l’obéissance face à une autorité considérée comme légitime aux yeux du grand nombre, à l’héroïsme et ses conséquences néfastes, et à la justice.

Quant aux acteurs, tous arrivent à saisir l’ambiguïté de leurs personnages, jouant leur rôle avec une subtilité rarement égalée. De telles histoires exigeant une direction d’acteur irréprochable, elle est ici particulièrement réussie.

Le premier court-métrage spoiler: est une longue mise en haleine, dans laquelle le protagoniste joue un homme lambda complètement désincarné dans lequel n’importe qui pourrait s’identifier, jusqu’à la chute incroyable nous révélant la nature de sa profession, que le héros pratique sans aucun état d’âme. Sa scène finale est truculente et terrifiante à la fois.


Dans le deuxième court-métrage, (très réussi, au suspense Hitchcockien), spoiler: je m’attendais à une fin tragique dans laquelle les personnages seraient tués, la réalisation de la scène finale me rappelant la fin de Mean Streets de Martin Scorsese. Il n’en est rien, et la douce conclusion de ce court-métrage nous fait le plus grand bien.


La troisième partie est celle m’ayant le plus touché, les performances des acteurs sont fantastiques, l’amour entre les deux protagonistes est évident, et l’on ne peut qu’être déchiré face à la montée croissante des enjeux, et au dilemme face auquel le couple se retrouve confronté. spoiler: Le final est dramatique, avec un ultime plan magnifiquement composé, dans lequel la tenue militaire du jeune homme placé sur un arbre comme un pendu évoque la mort de son innocence, de son couple, et sa mort tout court aux yeux de sa compagne, qui décide de se séparer de lui, ne pouvant oublier son acte.


La quatrième et dernière histoire termine d’aborder toutes les facettes de la question de la peine de mort, ici les conséquences pour la famille sont le résultat de la non-application de celle-ci, par conviction. Le dernier plan nous écrase face à l’immensité du monde, nous réconfortant face à l’insignifiance de nos actes, et nous laissons face à une fin ouverte, douce à mes yeux.

Véritable pièce maîtresse qu’il me tarde de revoir, je ne peux que vous recommander le visionnage de Le diable n’existe pas, qui ne vous laissera pas indemne.
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 748 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2021
Le film de l’iranien Mohammad Rasoulof, « Le Diable n’existe pas » a obtenu l’Ours d’Or à la Berlinade de 2020…depuis son magnifique « Un homme intègre » Mohammad Rasoulof se disait aux aguets, vivant dans la peur des représailles, et le réalisateur n’avait pas tort , l’agacement des autorités iraniennes, probablement décuplé par l’écho rencontré par le film à l’étranger, les ont conduit à accuser Mohammad Rasoulof, de porter atteinte à la sécurité de l’Etat iranien. Après avoir été menacé d’être expulsé du pays, puis avoir été embastillé quelques mois, le réalisateur s’est rangé à l’idée que le meilleur moyen d’échapper à la censure était de réaliser des courts métrages, car plus le tournage est court moins la censure d’y intéresse donc le risque de se faire prendre est plus limité… Ainsi est venue l’idée de faire s’entre croiser quatre histoires qui ont en commun la façon dont on assume la responsabilité de ses actes dans un contexte totalitaire. Bien que tourné dans l’urgence et dans une quasi clandestinité, le film reste d’une rigueur et d’une beauté formelle…les quatre histoires sont reliées entre elles par la problématique de la peine de mort, et ses différentes façons d’y être confronté : être le condamné , l’exécuteur, se taire, s’y résoudre ou s’y opposer… et en définitive c’est bien du choix individuel de chacun face au pouvoir dont il est quatre fois question….quatre histoires irracontables de l’acceptation ou le refus d’ordres inacceptables, de l’objection de conscience , du sang que l’on garde sur les mains….Les deux premiers épisodes du Diable n'existe pas se déroulent dans des espaces clos qui semblent être ceux de l’obéissance, la prison, l’armée… Le deuxième s’achève sur une échappée de la ville et les deux suivants nous révèlent des individus qui, ayant fait le choix de la résistance, en vivant à l’écart de la vie citadine, dans la nature lumineuse ou aride….
Avec ces quatre histoires écrites et mises en scène avec une rare subtilité, Mohammad Rasoulof signe un film implacable, un plaidoyer magnifique et saisissant en faveur de la liberté de conscience et contre la peine de mort et des traumatismes qu’elle entraine, chez les familles des victimes bien évidemment, mais aussi chez les bourreaux et leur entourage… dans l’une des pires dictatures au monde …
islander29

1 036 abonnés 2 687 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 décembre 2021
un film magnifique et intense sur la peine de mort en Iran, qui sert de fil rouge à cette partition en quatre volets, on passe d'une histoire à l'autre avec un point commun entre les histoires....Le film dans son style rappelle les grandes fresques turque de Nuri Bilge Ceylan, même densité des dialogues, des images, de la musique et une culture très humaniste du monde...Le décor est planté, chaque chapitre vaut son pesant d'or, avec des chutes inattendues et dramatiques .......Le film évoque la vie d'un homme qui se révolte, contre le système...Le poids politique est évident, mais c'est surtout l'émotion et l'humanisme des personnages qui construit le scénario......c'est souvent magnifique (bis) et le spectateur est intimement convié à cette émotion....La musique est de grande qualité assurément, et les acteurs très attachants....J'aurais facilement attribué une palme d'or à ce qu'il convient d'appeler, une oeuvre cinématographique, le genre de film qu'on oublie pas...Je conseille....
claudiebois
claudiebois

3 abonnés 19 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 décembre 2021
J'ai beaucoup aimé, pas trop long, les 4 sujets sont très intéressants, très originaux et le film a été tourné en semi-clandestinité, c'est assez incroyable.
Fabien N.
Fabien N.

8 abonnés 70 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 décembre 2021
Ne vous fiez surtout pas aux premières minutes du film dont l'apparente banalité contraste avec la vertigineuse plongée dans l'âme humaine qui va suivre.
Obéir? Désobéir? Avec quelles conséquences, pour soi, pour les siens, pour les autres? Quatres récits pour un même questionnement passionnant en fil rouge, qu'on se gardera de dévoiler entièrement ici...
La narration est menée de main de maître, c'est superbement filmé. Un chef d'œuvre à voir absolument.
romain p.
romain p.

11 abonnés 52 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 décembre 2021
Film impressionnant sur la peine de mort en Iran, qui réussit le tour de force de ne l'aborder que par des chemins détournés, la peine de mort restant elle-même hors-champ. Les quatre parties fonctionnent plus ou moins sur le même principe de la chute, celle-ci étant particulièrement efficace dans le premier volet, puis le spectateur comprend le principe et peut s'amuser à percer le mystère des trois parties suivantes. Ce cinéma iranien continue à nous montrer son excellence, et de plus en plus en mêlant son exigence de cinéma d'auteur avec les influences indiennes et le spectacle / violence qui vont avec (cf. La loi de Téhéran, sorti récemment). Les acteurs sont d'une classe indéniable.
titigad
titigad

28 abonnés 16 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 juin 2023
Film primé à Berlin. Amplement mérité.
Fort et poignant avec des paysages magnifiques, on ne sort pas indemne de ce film qui dénonce la peine de mort.
Film engagé à ne pas rater.
Ninideslaux
Ninideslaux

106 abonnés 285 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 décembre 2021
Chef d'oeuvre absolu. Quatre chapitres, comme quatre nouvelles réunies dans un livre qui à la fin, vont former une boucle. Autour d'un thème: la peine de mort par pendaison, dont l'Iran use et abuse. Et le fait que c'est un département de l'armée qui est en charge des exécutions capitales. Ce sont donc des appelés qui sont amenés à retirer le tabouret sous les pieds du pendu.... Certains le font sans état d'âme. On leur a dit que, de toutes façons, ce condamné était un sale type qui ne méritait pas de vivre. Exécutions politiques? Ils n'y pensent pas, ou ne veulent pas y penser. Sauf quand ils se retrouvent avec le nez dedans. Il y en a qui se refusent à tuer, mais cela veut dire un avenir de brimade et des mois de service en plus; ils pourraient échanger leur place avec un copain contre de l'argent, si seulement ils en avaient (ce qui, entre autres, serait sacrément hypocrite). On est placés devant cette question: jusqu'à quel point sommes nous prêts à fermer les yeux pour préserver notre petite vie paisible?
La fin de la première séquence, la plus courte je pense, un peu ennuyeuse -on se demande où il veut en venir, le réalisateur, avec cette petite vie quotidienne, nous arrive comme un pain dans la gueule. A partir de là, on est mal, on est mal, on attend la suite avec angoisse, on s'imagine vivre dans ce pays, vivre ces situations....
Et si les deux derniers chapitres se passent dans une nature sublime, paysages secs et dorés où des forêts au feuillage léger se cachent le long des petits torrents, l'angoisse est là, toujours. D'autant plus prégnante que la nature est paix... avec son petit renard roux, symbole de liberté absolue.
Mohammad Rasoulof est un maître du temps. Et son directeur de la photographie, un maitre de l'image! Que dire des monteurs, qui ont réalisé de très poétiques, très fluides passages d'un épisode à l'autre. Et même si Rasoulof respecte les codes -les femmes portent un foulard même seules avec leur mari! la vertu est sauve! on imagine dans quelles conditions apocalyptiques le tournage a du se dérouler... Le découpage est quatre sessions, qui par ailleurs est une réussite, est lié en partie à l'alibi d'un tournage de courts métrages, moins contrôle.. mais que de précautions ont dues être prises pour échapper aux censeurs...
Finalement, la contrainte ne nuit pas au génie. Elle le booste. Si vous ne devez voir qu'un seul film ce mois ci.... choisissez celui là!
Sarah Lags
Sarah Lags

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 décembre 2021
Magnifique film poignant et sublimement bien réalisé. Une montée en puissance progressive pour un coup d'éclat final virtigineux. Un grand moment de cinéma
Lea Lagesse
Lea Lagesse

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 décembre 2021
Magnifique, puissant, engagé. Ce film nous met face à l'abomination qu'est la peine de mort, la violence qu'elle perpétue au sein d'une société, et raconte le courage des personnes qui osent dire non !
Christian.W
Christian.W

1 abonné 3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 décembre 2021
2 décembre. "Le diable n'existe pas"
Le regard du renard.
Il faut courir de toute urgence voir le film de Rasoulof, ours d'or à Berlin.
J'aime l'Iran où j'ai vécu, pour le persan, "on dirait de la poésie" dit une jeune fille qui arrive d'Allemagne. J'aime l'Iran pour ses paysages qui vont du désert doré aux forêts luxuriantes de la Caspienne. Le film a pour cadre ce pays fait pour la poésie et le chant, pays aujourd'hui dominé par les forces de mort.
La mort c'est le thème. La mort que l'on ne décide pas, à laquelle on participe pourtant, comme fonctionnaire ou comme conscrit chargé d'enlever le tabouret sous les pieds du condamné. Quatre histoires, quatre homme devant le même choix, accepter ou refuser d'être le dernier bourreau. Je ne peux révéler les quatre réponses, les chutes bouleversantes du film. Je ne peux qu'évoquer la dernière image, celle d'un renard qui nous regarde face caméra. Il nous dit comme le fameux renard dans le désert du Petit Prince, que contre toute apparence, l'humanité est possible, que contre toute évidence, le diable n'existe pas.
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