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Ciné-13
186 abonnés
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4,0
Publiée le 9 février 2024
De la pendaison en Iran... De la soumission à un état totalitaire... Obéissance - Désobéissance - oppression en ville - libération hors des villes Quelle force, quelle intensité sont délivrées par ces 4 histoires dramatiques! Ce sont les appelés qui sont amenés à retirer le tabouret sous les pieds des pendus, sous menace de perdre des droits. La dernière séquence de la 1ère histoire transforme totalement tous les récits qui vont suivre, en instillant aux spectateurs une angoisse permanente. Avec des moments de pure insouciance grâce au pouvoir de la musique (BELLA CIAO en langue persane dans la 2ème histoire, danse d'anniversaire dans la 3ème, chanson pour oublier la maladie et le passé dans la 4ème). Magnifique, redoutable et poignant!
Le cinéaste Mohammad Rasoulouf est actuellement emprisonné, pour propagande anti-régime, et son dernier film, tourné clandestinement, jamais montré en Iran mais récompensé d’un Ours d’Or à Berlin, y a sans doute joué un rôle non négligeable. Contrairement à ses travaux précédents, ‘Le diable n’existe pas’ se présente sous la forme d’un film à sketches d’une longueur démesurée de deux heures et demie, chaque segment ayant donc la durée d’un moyen-métrage. Le choix de ce format répond aussi à des contraintes particulières puisque Rasoulof était déjà interdit de tournage à cette époque : les demandes d’autorisation de tournage ont donc été déposées pour quatre films réalisés par quatre réalisateurs différents, la censure iranienne s’inquiétant moins des courts et moyens métrages que des longs qui pourraient être visibles dans les cinémas. Ces segments fonctionnent indépendamment les uns des autres sur le plan narratif - les rendre cohérents aurait réclamé une logistique et une liberté de mouvement dont le réalisateur ne disposait pas - mais sont reliés par une thématique commune. On y trouve d’abord le portrait d’un homme tranquille et bienveillant, dans le segment qui donne son titre au film. S’ensuivent “Tu peux le faire” consacré aux manoeuvres d’un soldat pour éviter d’accomplir une certaine tâche et fuir le pays, “Anniversaire”, sur un couple qui va être bouleversé par la découverte qu’ils possèdent involontairement une connaissance commune et ‘Embrasse-moi” qui traite d’une histoire de révélation familiale. Ce qui plane au-dessus de ces quatre récits, c’est l’idée de la Peine capitale qui existe et est toujours fréquemment appliquée en Iran, et les réactions individuelles de citoyens ordinaires lorsqu’ils y sont directement ou indirectement confrontés. Visuellement cohérentes malgré les écueils techniques et logistiques, bénéficiant des dons de conteur qui caractérisent la plupart des auteurs-réalisateurs iraniens, ces histoires, au-delà de l’horreur que ce châtiment définitif inspire de toute évidence à Mohammad Rasoulof, en disent long sur l’enfermement mental qui caractérise la société iranienne, trop angoissée à l’idée de devenir une cible légitime pour le gouvernement autoritaire de la république islamique pour oser laisser parler ses sentiments et son humanisme. Pour le cinéaste, sous couvert de la fable et de la fiction, son ultime réalisation était un plaidoyer pour une société plus juste et plus humaine.
A travers le récit de quatre histoires qui se font écho, un conte moral iranien engagé et puissant, mais un peu trop démonstratif par moment, qui interroge sur la responsabilité personnelle et la liberté de conscience, dire non et risquer sa vie, ou affronter la réalité iranienne contemporaine et « banaliser » le mal selon le concept développé par Hannah Arendt.
qu'est ce qu'on est prêt à faire pour être libre ? qu'est ce qu'on est prêt à faire pour être soi-même dans un pays où la liberté individuelle et/ou collective n'est pas une priorité ?
Ce film iranien, chapitré en plusieurs histoires dont chacune est liée autour de la peine capitale, et récompensé par l'Ours d'or de Berlin, nous parle de choix moral, d'éthique, de culpabilité. Pourtant très long (2H30), lent et austère, la maitrise est totale et chaque geste, chaque silence, chaque suspension scénaristique est à sa place, place le spectateur devant le non-choix de ses personnages anti-héros victime d'un état totalitaire. Dense, un film qui distille sa noirceur au compte goutte.
Le cinéaste iranien Mahmmad Rasoulof nous emmène dans son univers à travers quatre histoires qui vont voir le destin et les actes de ses personnages s'entremêler. Même si le film est déroutant parfois, le cinéaste nous rappelle que la peine de mort est toujours en vigueur en Iran et que, à travers les décisions prises par les protagonistes, cela peut donner lieu à des ricochets et des prises de position qui se recoupent. Les dommages collatéraux sont nombreux dans cette oeuvre qui n'hésite pas à critiquer les lois en vigueur dans le pays. Sa durée pourrait en rebuter certains (2h30) mais cela vaut la peine de vivre cette fresque jusqu'à la scène finale.
Trés grand film. Un des meilleurs film de l'année. On suit 4 courts-métrages qui ont un même fil conducteur la peine de mort en Iran. On a des acteurs trés bons, les scénarios sont captivants et les silences du film tiennent le spectateur en haleine. On est sur un film qui a une réalisation excellente avec une dynamique trés fluide, on découvre des histoires de vies qui marquent et qui choquent. Bravo pour ce grand film voir absolument. C'est le film à voir au cinéma de ce premier trimestre 2022 en France.
Le film de 2021 ; point de vue d une profane amatrice !!! Difficile et magnifique ! Dur et humain ! Magistralement filmé ! Un cocktail de laideur et de beauté ! Un cocktail d émotions pendant le film...Un film qui touche et poursuit longtemps après sa fin !
En 2017, Un homme intègre.de l’iranien Mohammad Rasoulof n’était pas passé inaperçu puisqu’il a reçu le prix Un Certain Regard au Festival de Cannes. Cette fois, avec ces 152 minutes, il a mérité l’Ours d’Or à Berlin. Iran, de nos jours. Heshmat est un mari et un père exemplaire mais nul ne sait où il va tous les matins. Pouya, jeune conscrit, ne peut se résoudre à tuer un homme comme on lui ordonne de le faire. Javad, venu demander sa bien-aimée en mariage, est soudain prisonnier d’un dilemme cornélien. Bharam, médecin interdit d’exercer, a enfin décidé de révéler à sa nièce le secret de toute une vie. Quatre récits inexorablement liés, au cœur d’un régime despotique où la peine de mort existe encore, des hommes et des femmes se battent pour affirmer leur liberté. Scénario somptueux et interprétation remarquable. Un très grand film. Décidément, le cinéma iranien est au sommet. Après l’incroyable La loi de Téhéran, voilà 4 histoires qui a priori n’ont rien à voir sauf qu’elles parlent de la peine de mort et surtout du refus de tuer ses semblables dans l’Iran moderne. Mais Rasoulof a l’extrême intelligence de placer le curseur non pas sur l’oppression, mais sur ceux qui communient dans la résistance. Le scénario implacable nous propose une réflexion explosive sur l’insoumission, sur le dilemme moral et la responsabilité individuelle. Tour à tour récit familial, thriller d’action, romance ou tragédie intime, ce plaidoyer est d’autant plus habile qu’il met en scène des bourreaux qui sont des citoyens ordinaires chargés des exécutions des condamnés. Tous appartiennent à un peuple rendu muet et soumis par une des pires dictatures de la planète. Ces quatre contes cruels ne répondent à aucune question mais laissent chacun juge. Bouleversant. Le casting 100 % iranien avec Ehsan Mirhosseini, Shaghayegh Shourian, Kaveh Ahangar, Alireza Rareparast… - la distribution est pléthorique -, est au diapason des ambitions du réalisateur assigné à résidence par le gouvernement des mollahs. Ce chef d’œuvre prouve, s’il en est encore besoin, qu’on n'enferme pas un esprit inventif et déterminé comme celui de Rasoulof. Un film magistral !
Quatre moyens métrages pour traiter et condamner la peine de mort en Iran. Quatre angles différents qui abordent le rôle du bourreau et ses conséquences. L'idée est séduisante mais le rendu est inégal : un épisode est particulièrement faible, le second et le dernier manque de profondeur. C'est dommage.
Très déconcertant et très dur. Mais quelle claque ! J'avoue que je suis sortie de la salle perplexe le film est lent et peu bavard. Il m'a fallu un temps pour digérer ce film un peu austère
...il n'existe pas, mais qu'il est difficile de s'en convaincre. Seul le paysage ou l'isolement offrent l'espace du renoncement serein. Forcément sublime. Un Kieslovski iranien.
Le diable existe, c’est le totalitarisme Le film du cinéaste iranien Mohammad Rasoulof, Le diable n’existe pas, s’empare du problème de la peine de mort. Mais va beaucoup plus loin, dans une réflexion de fond sur le système totalitaire qui tient les gens, les oblige à devenir assassins. Avec des histoires d’une très grande force, il fait exister des personnages pour développer des idées primordiales. Un film polyphonique d’une très grande portée artistique. Lire la suite: https://www.magcentre.fr/221797-le-diable-existe-cest-le-totalitarisme/