"The White Line" raconte les amours contrariés, en Namibie, entre Pieter, un officier de police afrikaner et Sylvia, une domestique noire à la fin des années 1950, dans un climat d'aggravation des tensions liées à la politique d'apartheid, avec de décembre 1959.
Le contexte historique -le massacre d'Old Location de décembre 1959, qui est en arrière plan du récit est considéré comme le début de la lutte effective contre l'appartield- échappe au spectateur non averti, d'autant plus qu'il est peu connu en France, mais l'incite à des recherches (cf note ci-dessous).
La mise en scène est largement inspirée du théâtre, avec notamment une scène de discussion violente entre Pieter et sa sœur, autour d'une table ronde. Le costume très élégant de Sylvia et de ses congénères (une robe longue imprimée à manche longue, une coiffe toute en hauteur) et la raideur des personnages afrikaners participent aussi à cette théâtralisation.
La "distance" créée ainsi entre le l'histoire et le spectateur nous amène à nous interroger sur le réalisme de l'histoire et, c'est clair, des histoires comme celle-là ont dû arriver en nombre significatif, et elles se sont nécessairement passées comme le décrit "The White Line", avec un racisme stupide, prétentieux, et foncièrement méchant.
Visions d'Afrique 2020
NB historique. Après la Première Guerre mondiale, la Société des Nations a confié au Royaume-Uni le mandat de l’"Afrique du Sud-Ouest", la future Namibie, ancienne colonie allemande, qui devient alors, de facto, la cinquième province d’Afrique du Sud, indépendante depuis mai 1910.
Quand, après sa victoire électorale de 1948, le Parti national d'Afrique du Sud introduisit une loi sur l’apartheid, ces lois s’étendirent également à la future Namibie, renforçant une ségrégation, notamment géographique, déjà instaurée par les colons allemands dès 1912.