Avec Les Légendaires, Guillaume Ivernel propose une adaptation ambitieuse et fédératrice de la célèbre bande dessinée créée par Patrick Sobral. Pensé comme une porte d’entrée vers un univers culte de la BD jeunesse, le film s’adresse autant aux lecteurs de la première heure qu’à un public découvrant cet univers pour la première fois. Le choix assumé du reboot permet de s’affranchir d’une transposition littérale, tout en conservant l’âme et les valeurs fondatrices de la saga.
L’intrigue repose sur un groupe de héros autrefois admirés, contraints de se reformer face à une menace qui met en péril l’équilibre de leur monde. Le film prend le parti de les présenter sous un jour plus fragile, plus humain, en insistant davantage sur leurs doutes, leurs contradictions et leurs liens. Cette approche donne naissance à de véritables trajectoires émotionnelles, rarement aussi développées dans une adaptation jeunesse de ce type.
Associé au travail d’écriture et à la réinterprétation de son univers, Patrick Sobral accompagne le projet sans en diriger la mise en scène, laissant au réalisateur et à son équipe une liberté créative assumée. Cette collaboration permet au film d’explorer une fantasy plus large, mêlant aventure, mystique et steampunk, tout en intégrant des thématiques contemporaines comme l’écologie ou l’autorité, sans jamais alourdir le récit.
Visuellement, Les Légendaires impressionne par la richesse de ses décors et la beauté de ses paysages, qui participent pleinement à l’immersion. La musique originale de Cécile Corbel et Simon Caby enveloppe l’ensemble d’une atmosphère onirique et épique, renforçant l’émotion et le souffle du récit. Si le film connaît un léger creux en son milieu, il retrouve rapidement une dynamique sincère, portée par la force du collectif et la cohérence de son univers.
Au-delà du spectacle, le long métrage parle avant tout d’amitié, de solidarité et de reconstruction collective. Sans chercher à tout expliquer ni à tout résoudre, il préfère poser des bases solides et accessibles. Une adaptation imparfaite mais attachante, qui assume ses choix et donne, surtout, une envie immédiate de replonger dans les bandes dessinées originales.