Créée en 2004, la série littéraire Les Légendaires, aux 23 volumes et 10 millions d’albums vendus, connaît depuis plus de vingt ans un succès grandissant. Guillaume Ivernel se rappelle : "Quand je suis arrivé sur le projet, cela faisait déjà un an et demi que le scénariste Antoine Schoumsky travaillait sur le texte, j’ai commencé à avancer sur cette base mais le Covid nous a ralenti."
"Lorsque nous avons repris, nous avons senti, avec la productrice Nathalie Gastaldo Godeau qu’il était possible d’aller plus loin. Antoine est reparti en écriture avec Patrick Sobral, le créateur de la BD ainsi qu’avec Hélène Grémillon."
"De nouveaux personnages et de nouvelles directions sont apparus, le rôle d’Ibycellia qu’on avait créé pour le film a été étoffé, le film a pris sa vraie dimension. Parfois, c’est bien de jeter une partie de son travail pour aller de l’avant."
Le film s’approprie des éléments phares des deux premiers tomes mais les personnages diffèrent un peu de la BD. Guillaume Ivernel précise : "C’est une autre porte d’entrée dans cet univers foisonnant. Cela a été l’ambition dès le départ : être respectueux des BD et en même temps avoir une nouvelle offre par rapport à l’univers. Patrick nous a fait confiance et c’est tout à son honneur. Antoine et Hélène ont beaucoup travaillé sur la caractérisation des personnages."
"Razzia est objecteur de conscience, ce qui n’existe pas dans la BD. Danaël devient de son côté, un héros malgré lui. Au début, il est réfractaire à l’idée de repartir à l’aventure. Les Légendaires se reforment malgré eux. Ma référence, c’était Les Sept mercenaires où on les découvre les uns après les autres."
Les Légendaires aborde un sujet important : l’écologie. Dès le début du projet, Guillaume Ivernel et son équipe ont imaginé ce personnage-arbre, Ibycellia, mais étonnamment, ils ne l'ont pas choisi pour parler d’écologie : "Cela s’est imposé assez naturellement, la productrice tenait beaucoup à ce message si important à transmettre aux enfants (comme aux adultes !). Au départ, ce n’était pas du tout le même personnage. Il n’avait d’ailleurs pas été créé par Elysio comme c’est le cas maintenant", se souvient le metteur en scène.
Pour le design des personnages, Guillaume Ivernel a travaillé avec Valérie Hadida, une charadesigneuse et sculptrice qui l’accompagne sur tous ses projets : "Je savais qu’avec elle les personnages auraient une vraie identité de cinéma. Elle sait très bien concevoir ou adapter des personnages et les rendre réalistes. Je lui ai expliqué ce que je voulais et après je l’ai laissée travailler."
"Pour Patrick, cela a été une grande étape, c’était difficile pour lui de se projeter au début sur ce qu’ils allaient donner en 3D. Il avait des inquiétudes mais il a été super. Aujourd’hui, je pense qu’il est très content du résultat."
Guillaume Ivernel travaille depuis une quinzaine d’années avec Les Androïds Associés, une société de prévisualisation : "Avec la prévis, on « termine » le film avant de le commencer et de dépenser beaucoup d’argent. C’est très rassurant pour tout le monde. Tu peux montrer au producteur un document qui est en substance ce que sera le film fini. Tu as déjà toute ta trame, ton montage est fini, tes mouvements de caméra aussi. Tu fais économiser de l’argent en ne fabriquant que de l’utile. Quand tu travailles sur un film de ce budget là, il faut toujours se demander où mettre l’accent pour le spectateur."
En matière de mise en scène, Guillaume Ivernel a avant tout cherché à faire des Légendaires un film d'animation épique : "Une de mes références était les films d’animation japonais. J’ai été élevé à ça. Dès l’âge de 5 ans, je regardais Le Roi Léo avec mon père. La particularité de l’industrie japonaise est qu’elle fait du film d’animation avec une mise en scène proche du cinéma en prise de vues réelles", précise le réalisateur.
Guillaume Ivernel a découvert la compositrice Cécile Corbel sur Arrietty le petit monde des chapardeurs, mis en scène par le Japonais Hiromasa Yonebayashi. Le metteur en scène raconte : "Ça faisait longtemps que je voulais travailler avec elle. Je l’avais déjà proposée, notamment sur Ballerina. Sur Les Légendaires, comme l’histoire se déroule dans plusieurs univers, je voulais quelqu’un qui sache faire de la world music. Ce qui est son cas. Dans la BO, il y a du mystique, du médiéval, de l’oriental. Ça a été un grand plaisir de travailler avec elle, ainsi qu’avec Simon Caby. Elle a composé des morceaux fantastiques."