Tout s'est bien passé
Note moyenne
3,5
1875 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

206 critiques spectateurs

5
28 critiques
4
66 critiques
3
67 critiques
2
28 critiques
1
14 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Kiberen
Kiberen

27 abonnés 91 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 septembre 2021
Personnel, c'est le mot qui définit dans tous les sens possibles cette nouvelle proposition cinématographique de François Ozon, qui commence à sortir ses films aussi régulièrement que Woody Allen. Personnel, car il s'agit de l'adaptation du roman autobiographique de Emmanuèle Bernheim, racontant la fin de vie de son propre père, ce que beaucoup de gens savent déjà. Personnel également, car Emmanuèle Bernheim a été une proche collaboratrice de François Ozon durant de nombreuses années, cette dernière nous ayant quitté en 2017. Il s'agit donc à fois d'un travail sur le deuil du père de l'auteure, et un travail de deuil de François Ozon envers Emmanuèle Bernheim.

Rien d'étonnant face à tout cela, de se retrouver face à un film qui ne s'embarrasse pas de grands élans émotionnels où de formes de styles très appuyés. "Tout s'est bien passé" traite le sujet de la mort et de l'euthanasie avec une sobriété exemplaire, sans jamais tomber dans le mélo où dans la froideur complètement clinique, dansant sur une ligne très fine, tracée entre ses deux opposés.

Le film ne se résume pas cependant à un bête tutoriel sur le fonctionnement de l'euthanasie en France et explore des questions très intéressantes : pour les deux sœurs, la question n'est pas tant "pourquoi tu veux mourir ?" mais "pourquoi ne veux tu plus vivre ?". Est ce que André souffre au point de se dire que sa vie est finie, qu'il n'a plus rien à vivre avec ses enfants ou ses petits-enfants ? Est-ce que quelque chose pourrait le faire changer d'avis ? Est ce égoïste de se demander "est ce que tu ne veux pas continuer de vivre pour nous" au lieu de se dire "tu souffres tellement, c'est normal que tu veuilles que tout s'arrête ?", le simple fait que ces questions existent au sein du film montre qu'on n'est pas face à un bête pamphlet visant à dénoncer la catastrophe de l'euthanasie en France, même si le film ne se prive pas de charger violemment sur ce point-là.

En terme d'acting, on est face à quelque chose de très solide, c'est compliqué de dire le contraire. Si la sobriété de Sophie Marceau peut par moments en faire l'élément le plus distant du film, elle obtient ici un de ses meilleurs rôles. Geraldine Pailhas qui a montré de nombreuse fois son talent d'actrice (Notamment dans "l'adversaire" de Nicole Garcia, un de mes films français préférés de tous les temps. Oui, cet aparté ne servait à rien, mais je voulais le placer) est ici tout en justesse quelle que soit la scène. Je vous laisse la surprise de voir débarquer un acteur que j'adore et dont je n'étais pas au courant de sa présence dans le film, pour me concentrer sur le roc de "tout s'est bien passé", à savoir bien évidemment André Dussolier. Dussolier a rarement été dans le faux, et ici, il prouve encore une fois tout son talent. Ne tombant jamais dans la facilité goût guimauve, on ressent toute la complexité de son personnage de père qui n'a pas été parfait, d'homme qui souffre au point de vouloir que tout s'arrête, malgré le kilos de prothèse qu'il porte au visage et qui limite donc son jeu. On n'en parle trop peu, mais les prothèses au cinéma, c'est un véritable enfer : 2 à 4h de maquillage par jours afin de placer des accessoires qui limitent grandement n'importe quel acteur, et ce n'est pas Rami Malek dans l'affreux "Bohemian Rapshody" qui dira le contraire. Dussolier affronte cette contrainte pour en tirer une performance forte, peu de doute d'ailleurs qu'il va être un des adversaires les plus solides à affronter aux prochaines cérémonies de récompenses.

Enfin, et ça en surprendra certains, mais si on parle d'un film de François Ozon, il faut parler visuel. C'est justement un point que j'ai toujours apprécié chez le bonhomme : si par moment, il se lance dans des projets hautement stylisés, comme "8 Femmes" où "Potiche", il privilégie souvent un naturalisme académique où il va cependant effectuer un travail exemplaire pour insuffler une véritable personnalité au film, sans jamais que cela ne devienne criard : le travail du découpage et du cadre dans "Dans la Maison", le travail du mouvement de la caméra dans "été 85" pour ne citer qu'eux. Ici, c'est notamment sur le code couleur que j'ai noté quelque chose, bien que ce soit très discret. Trois couleurs reviennent régulièrement, et je leur ai trouvé un sens : le Jaune, pour la vie, le bleu pour la fin, et le rouge pour ceux qui nous poussent à vivre. C'est vraiment discret, mais on peut noter dans une scène de dialogue entre Sophie Marceau et André Dussolier, qu'une lumière d'hôpital inonde de jaune le visage de Marceau, elle qui doit porter la responsabilité de son père, car elle est vivante, et que cette même lumière jaune tape l'arrière du crâne de Dussolier, comme si la vie était déjà derrière lui, alors que ce qui évoque son incapacité est un bavoir qui porte, bleu. Je pourrais aussi relever la salle de bain de Sophie Marceau, où elle se confronte généralement à la réalité de la situation à laquelle elle doit faire face, l'inondant de jaune, où à salle de bain de l'hôpital où Dussolier est si diminué qu'on doit le laver alors qu'il est dans un fauteuil roulant : encadrée par les murs bleus de la chambre de l'hôpital, la salle de bain offre une lumière jaune terne qui inonde sa peau dépéri, devenant plus verte que jaune, et donnant un aspect cadavérique. Côté rouge, je ne vais pas m'étendre pour vous laisser la surprise, mais vous aurez vu dans la bande-annonce que lorsque Sophie Marceau sort d'une eau froide où elle s'est baignée en disant "je me sens vivante", elle fait dos à l'océan bleu, et son corps est entourée par une serviette rouge. Je pourrais continuer comme ça pendant des heures, mais je vous invite à chercher dans le film chaque moment où chacune de ces trois couleurs intervient, et si elles ne sont toutes pas porteuses de sens, vous risqueriez quand même d'être surpris.

"Tout s'est bien passé" a été une expérience personnelle, très dure à vivre, dont je suis sorti avec les yeux embués et le corps cassé, mais il s'agit sans souci pour moi d'un des meilleurs films français de l'année. Incroyablement juste, solide en tout point, cela fait déjà quelques jours que je l'ai vu et pourtant, il obsède encore mes pensées. "Tout s'est bien passé" est encore une fois le travail exemplaire d'un réalisateur qui a prouvé plus d'une fois qu'il pouvait nous proposer des grands films, des grands chefs-d'oeuvres, et qui continue de nous faire de merveilleux cadeaux de cinéma.
Simon Bernard
Simon Bernard

208 abonnés 689 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 juin 2022
Un peu déçu par ce film, dont le développement est attendu et ne sort pas des clous. C'est ce qu'on appelle une histoire vraie, un peu trop vraie.
CINÉ FEEL
CINÉ FEEL

83 abonnés 292 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 novembre 2021
Pas évident de parler d’un film aussi lisse. D’autant que son sujet ne l’est pas. A force de vouloir éviter le pathos, Ozon passe à côté de toute émotion et on se demande quelle a été son envie de raconter cette histoire là, hormis le plaisir de filmer Sophie Marceau. Pourquoi avoir le personnage de la mère ( absente du livre) pour n’en rien faire malgré sa magnifique interprète Rampling?
Reste le très beau travail de Dussolier, hyper crédible dans la moindre mimique, dont le personnage reste humain jusqu’au bout sans jamais chercher à plaire. La relation avec son amant gigolo est très finement observée.
Bref, comme souvent chez Ozon on sort de là en saluant la précision de la mise en scène mais en se demandant à quoi bon …
AdriBrody
AdriBrody

19 abonnés 798 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 novembre 2025
Parfois, rien de mieux que la simplicité. Malgré un sujet profondément humain et triste, on ne tombe jamais dans l'émotion facile ni dans le tire-larme. André Dussollier est incroyable de justesse dans son rôle, bien accompagné par Sophie Marceau. On y suit l'histoire difficile d'un homme qui veut mettre fin à ses jours dans un pays où c'est toujours interdit. C'est simple, mais très efficace et un film qui sait de quoi il parle et qui sait ce qu'il veut faire, ça fait du bien.
natou01
natou01

11 abonnés 31 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 novembre 2021
excellente interprétation
sujet traité sans larmoiement, finesse et sensibilité. c'est un peu le guide du mourir dignement pour personnes argentés mais ça ouvre le dialogue, le questionnement du droit à mourir dignement.
Marc Haushalter
Marc Haushalter

8 abonnés 15 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 septembre 2021
Sublime, bien joué. La transformation de André Dusselier est géniale.J'ai adoré. A ne pas manquer...
laurent r.
laurent r.

8 abonnés 87 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 10 septembre 2022
Ridicule, prodigieusement ridicule. Deja faire un film sur un heros antipathique c est risque et remplir ce film de flashbacks mediocres sans parler du rêve, oh mon dieu. Ce film est nul a peine un degre au-dessus de la palme d or du plus mauvais films 2022 Le mediocrisime Benedetta. Ne perdez pas votre temps.
Capcorbirdy
Capcorbirdy

12 abonnés 66 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 septembre 2021
Vu au ciné "TOUT S'EST BIEN PASSÉ" le nouvel opus du prolifique François Ozon, comme dans "Grâce à Dieu" le réalisateur traite ici d'un thème de société fort, à savoir pour ce film le droit à chacun de mourir dans la dignité à travers le suicide assisté (en expliquant bien que l'argent est important dans ce genre de choix, Ozon a le mérite de le préciser) ici il adapte le livre autobiographique d’Emmanuelle Bernheim sur son propre père.Cet homme diminué par un Avc annonce à sa fille sa décision de mourir et lui demande donc de "l'aider à en finir", que va devoir-elle faire avec ça et sa conscience: l'en dissuader ou respecter ses volontés, dilemme existentiel pour elle et sa soeur, ce père avec qui elle a toujours eu des rapports difficiles et qui a désormais sa vie inextricablement reliée à la sienne. Un sujet extrêmement douloureux et difficile que Ozon réussit à rendre presque doux et serein, apaisant et même drôle par moments, avec ce personnage de vieux fantasque, têtu et un peu méprisable et méprisant, mais aussi touchant, les têtes à tête à l'hôpital sont les scènes les plus réussies, grâce surtout au talent de magnifiques comédiens, on savait Ozon superbe directeur d'acteurs, il le confirme ici, en plus de bons seconds rôles (Caravaca, Schygulla, Rampling, Gadebois...) et de Géraldine Pailhas qu'on a plaisir à retrouver, André Dussollier et Sophie Marceau sont magnifiques de justesse: Dussollier dans un rôle difficile confirme son talent à tout jouer, physiquement diminué il est à la fois déchirant et a cette étincelle qui donne au personnage une certaine folie, Ozon ose le montrer déterminé à mourir mais sans pathos, presque comme une nouvelle aventure, et Sophie Marceau a enfin un vrai rôle: dénuée de tous artifices, sobre et émouvante, naturellement bouleversante, la comédienne trouve enfin un réalisateur qui la mette en valeur...Il était temps! (On devrait les retrouver tous les deux aux Cesar).Un beau film, simple mais fort et pudique et qui vers la fin, après un épisode presque feuilletonesque, nous émeut doucement aux larmes, un très bon Ozon.
Christophe. G
Christophe. G

5 abonnés 18 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 janvier 2022
Ce film me touche particulièrement car je le vis depuis quelques temps , mon papa a été victime d'un AVC qui l'a conduit à être hospitalisé pendant 2 semaines et par la suite à été admis dans une clinique de readaption.
Au contraire du personnage joué par André Dussollier qui demande à l'une de ses filles interprété par Sophie M arceau d'en finir avec la vie, , il s'est battu d'une poing e de fer pour pouvoir retrouvé une vie normal. En plus le rôle de Charlotte Rampling me fait pensé à ma mère qui n'est plus de ce monde et qui était atteinte de la maladie de Parkinson.
Un film poignant qui nous fait se poser ds questions sur la mort assisté et sur nos choix face à ça surtout quand un proche nous le demande.
André Dussollier est excellent dans ce rôle de père qui ne ménage pas sa famille mais attachant.
C Balleyguier
C Balleyguier

1 critique Suivre son activité

1,0
Publiée le 17 octobre 2022
Le personnage d’André est odieux, mais tellement représentatif de notre époque hédoniste, individualiste, consumériste. Ce vieux monsieur égoïste ne veut plus vivre bien que sachant toujours voir, lire, entendre, apprécier un repas au restaurant, etc… parce que l’image qu’il a de lui-même, personne physique, est plus importante que ses interactions avec les autres, le spectacle de la vie, du bonheur de sa famille. André n’est pas Vincent Lambert, et de loin, il serait plutôt Tatie Danielle. Pour le reste, ce film, à cause de la personnalité d’André, ne dégage aucune émotion, c’est une sorte de mode d’emploi pour suicide assisté. Les digressions (les flashbacks sur sa jeunesse et celle de ses filles, son homosexualité improbable sur le tard, la rigidité cadavérique de sa femme) sont aussi nombreuses qu’inutiles. Dussolier et Marceau sont cependant excellents dans un film qui passe, de mon point de vue, complètement à côté du sujet.
shuffleup
shuffleup

9 abonnés 366 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 juillet 2023
Film juste de bout en bout. Tiré du livre d'Emmanuelle Bernheim, les situations familiales, médicales, juridiques, humaines, sont authentiques. Tous les acteurs sont excellents, surtout Dussolier, magistral.
MURMET37
MURMET37

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 septembre 2021
Le thème de ce film m'intéresse beaucoup. J'ai aimé le jeu des acteurs. évidemment, le sujet est "lourd" mais traité sans parti pris
maguaguas
maguaguas

9 abonnés 192 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 octobre 2021
Vraiment pas terrible ! On devrait ressortir bouleversé de ce film dont l'histoire est vraiment dure et tout à fait d'actualité. Et pourtant, on n'est pas touché, on ne ressent pas d'émotion. Un film bien franchouillard, bobo et sans saveur. Dommage car tous les ingrédients étaient là.
Audace26
Audace26

7 abonnés 103 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 septembre 2021
Alors effectivement Sophie Marceau livre une prestation juste et émouvante, mais sinon Ozon rate son sujet dans son adaptation de cette histoire vraie. Bourré de clichés, parti pris parisianisme, le film émeut rarement et Dussolier agacé. Ozon passe à côté de sa maîtrise habituelle des récits et des souffrances individuelles. Ici, on ne saura rien de la mère de Marceau-une mutique Charlotte Rampling- ni de sa boulimie adolescente-deux flash back et puis c est tout, le frère disparu trop tôt,.... On s'ennuie ferme et le pitch "avec de l argent on peux tout acheter même sa mort" , c'est pas top !
Lestoupiesdefred
Lestoupiesdefred

6 abonnés 46 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 septembre 2021
très joli film sur un sujet délicat... la mort volontaire
une dose d'humour et de sourire malgré les circonstances...
a voir et a discuter avec ses enfants et parents....
le sujet de notre mort et celle de nos proches doit être parlé
comment voit ont les choses? Quelles sont nos choix?
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse