Le film nous offre 5 secondes de souffle durant toute l'œuvre : au tout début... En même temps que le personnage... Et ensuite tout s'enchaîne : les galères, les problèmes, la tension permanente durant tout le film, la musique qui est très prenante et qui prend une ampleur crescendo comme pour les problèmes de Julie. On se demande quand elle va s'en sortir, quand elle va exploser... Ok est pris du début jusqu'à la fin ! Laure Calamy nous offre une performance qui renforce cette sensation d'être tendu tout du long ! C'est fort !
Réussir à doser du suspense dans un drame social est une des prouesses réalisées par ce film, qui repose sur l'impeccable Laure Calamy pour dresser le portrait d'une femme au bord de l'implosion. Le quotidien générateur de stress est exposé sans trop de lourdeur, le scénario ayant aussi le bon goût de nous épargner des péripéties trop rocambolesques et de rester très terre à terre, ce qui parlera d'emblée à tous ceux qui vivent dans les mêmes conditions. Franchement réussi et interrogatif sur notre société et sa fuite en avant.
Laure Calamy, qui enfin enchaîne les premiers rôles au Cinéma, est de quasiment tous les plans de cette variation moderne de « Elle court, elle court la banlieue » (1973) : l’actrice, découverte dans la série « Dix pour cent » est parfaite, comme toujours. « A plein temps » traduit bien la difficulté de concilier travail et vie de mère, avec des allers-retours entre la capitale et la grande banlieue parisienne, encore plus quand la mère est séparée du père de ses enfants, que celui-ci ne paye pas sa pension alimentaire, que la mère a choisi d’offrir « un bon cadre de vie » à ses enfants au détriment de sa vie à elle et qu’elle fait un métier aux horaires non flexibles et sans télétravail et qu’une grève générale vient détruire son emploi du temps millimétré. Tout ça est remarquablement bien observé et retranscrit par le scénariste / réalisateur Eric Gravel. Une observation saisissante du train-boulot-dodo des années 2020.
Au bout de cinq minutes, on a compris l'intention du film mais on reste captivé par la prestation formidable de Laure Calamy ! En effet l'actrice, présente sur tous les plans est crédible de vérité. Quant au scénario, il parvient à rendre le spectateur aussi surmené que le personnage principal. Une heure et demie d'immersion dans cette vie parisienne trépidante et on est content d'habiter en province ! Malheureusement on n'a pas toujours le choix et le film décrit bien cette spirale infernale qui conduit au surmenage.
Laure Calamy est à 200% dans ce portrait de mère célibataire travaillant à plein temps, dépassée par un quotidien infernal. Dans sa poursuite du réel, le film est presque aussi impitoyable envers le spectateur qu'envers son personnage principal. L'empathie entraînant l'identification, autant dire qu'on morfle de concert, sans répit aucun. Un film social où la France et le Paris de carte postale en prennent méchamment pour leur grade dans ce constat terrible d'un pays miné où le quotidien n'est plus que survie.
Laure Calamy démontre une nouvelle fois son charisme dramatique et sa grande justesse dans cette course contre la montre tendue qui ne laisse aucun répit. L'exercice de style est réussi, même si le frénétisme de ce constat déprimant du quotidien est en bonne partie alimenté par une B.O. omniprésente.
Véritable thriller social, A plein temps est un film à suspense dans lequel le spectateur retient son souffle durant 1h20. Un film où le stresse monte crescendo au fil des minutes, amplifié par la musique electro minimaliste d’Irène Dresel. Un film où la plupart des personnages sont sous tension, stressés, pressés par le temps ou par la hiérarchie.
Dans une mise en scène remarquable, le réalisateur Eric Gravel signe un film extrêmement maîtrisé sans le moindre temps mort dans lequel notre héroïne, Laure Calamy - parfaite dans ce rôle extrêmement physique - , semble vivre une jour sans fin comme Bill Murray... Sauf qu’ici, tout est vrai, tout est réaliste, tout est à l’image de ce que vivent des milliers de Français chaque jour, pour certains à la limite du burn out, et tout ça rien que pour pouvoir juste travailler. Un film fort, magnifiquement filmé et interprété par Laure Calamy qui tient là son meilleur rôle à ce jour… un film qui s’s'inscrit dans le sillage de la trilogie sociale de Stéphane Brizé.
Un bon film français, comme je les aime. L'actrice Laure Calamy représente très bien le rôle de mère élevant seule ses enfants, qui galère à payer ses factures, est obligée d'habiter loin de Paris pour avoir un lieu d'habitation et un loyer décent. Une mère qui essaye comme elle peut de gérer son emploi du temps entre ses enfants, son boulot mais également ses trajets banlieue-paris face aux grèves de transport. Un film tristement vrai, qui décrit parfaitement ce que subissent les ménages de la classe moyenne. Je recommande, mais je préviens, ce n'est pas divertissant.
"A temps plein" décrit parfaitement l'horreur que peut-être les transports parisiens lorsqu'on travaille loin de son domicile. Un grain de sable et tout part a volo ! C'est ce qui arrive à cette jeune mère célibataire, tiraillée entre ses enfants, sa nounou, son inflexible employeur et son impérieuse nécessité d'en changer... On nage, on coule, on surnage avec elle, et on a envie de lui décerner une médaille.
Un thriller du quotidien, exceptionnel. Une vraie immersion dans la vie d'une femme ordinaire entre guillemets, qui se bat et fait face à un emploi du temps plus que chargé - de ministre, presque ! Un vrai et grand film politique, social, contemporain, âpre, haletant, très émouvant. La musique électro d'Irène Dresel, justement récompensée aux Césars, ne fait qu'exacerber la tension. Le montage s'avère également très réussi. Enfin que dire de la formidable Laure Calamy qui est en train de se construire une filmographie en béton, et devenir une de nos meilleures actrices toutes catégories. Bravoà Eric Gravel pour cette vraie claque.
Ce film est une belle réussite. C'est condensé, et ça va vite. C'est la vie active d'une commuteuse Banlieue-Paris qui doit aussi gérer ses deux enfants. Pas le temps de s'arrêter. Les transports sont stressants et le job est stressant. Et le spectateur stresse aussi. Tout ça est amplifié par la musique qui rajoute une dose de tension à l'ensemble. Et tout empire lorsque les grèves des transports arrivent. Bref un bon film, dans l'air du temps, où il faut jongler avec tout. Charge mentale maximale.
C'est pour le réal et toute l'équipe bien sûr que sont ces 4 étoiles, mais quand on ressort, groggy, on pense surtout à Julie et on vibre. Oui, elle est impressionnante, Laure Calamy ! Et oui, la bande-son a fait mouche, tellement !
Tenir, tenir seule à tout prix, jongler avec le temps... Aiguillonnée par l'espoir d'un mieux, tenir ! Dans le palace où elle taffe, sans mot dire aux patrons orchestrer le ballet des soubrettes, nettoyer la merde des nantis avec le sourire et puis calmer la nourrice qui s'épuise, trouver de l'amour à donner pour ses mômes qui n'en peuvent mais et passer au travers du découvert bancaire encore un moment et se lancer en auto-stop quand la grève empêche, c'est vraiment un marathon et chaque fois qu'elle monte dans un train ou un bus, Irene Drésel nous balance son électrobsédante musique speedée, un stress qui relance la mécanique... Pour nous spectateurs, calés dans nos fauteuils dans la salle obscure, pour nous c'est vraiment une épreuve alors oui, chapeau les femmes !
Le final, au bout de cette course désespérée, pose question : dans quoi elle va s'embarquer Julie ? Dans plus de stress encore ? C'est quoi ce monde qui tue sans pitié la paix intérieure ? A quoi bon tout ça ? Ah oui, "A plein temps" c'est quelque chose !" ...
Très réaliste, trop réaliste ! maintenant à la retraite, partie de la région parisienne j'ai cru revivre tant de moments horribles, toujours sur le fil du rasoir de ma vie professionnelle et avec le recul je me demande comment j'y ai survécu, tant c'est inhumain et vide de sens, si ce film pouvait faire en sorte que cela change ! Laure Calamy est une actrice épatante et parfaite dans ce rôle
Pas un feel good movie. Un film d'horreur fait du quotidien d'une femme déclassée élevant seule ses deux enfants dans une précarité de transport qui devient insupportable en temps de grève SNCF. Et c'est une excellent idée de faire un film social qui ne soit pas misérabiliste dans sa forme ou attendu dans son fond. Le spectateur est immergé dans la spirale infernale que vit cette femme. Ce vis ma vie efficace en fait un grand film social et féministe.
Le quotidien d'une banlieusarde élevant seule ses deux enfants et travaillant à Paris est filmé sur un rythme de thriller, avec une tension narrative basée sur les enjeux quotidiens : déposer à temps les enfants chez leur gardienne, courir pour attraper le bon TER, se métamorphoser en cheffe-femme de ménage d'un grand hôtel parisien, relancer son ex pour le versement de la pension alimentaire qu'il lui doit, courir les magasins pour trouver le cadeau d'anniversaire du fiston, recourir pour récupérer les enfants chez la gardienne, négocier avec elle pour qu'elle continue à la garder malgré son âge et sa fatigue, faire manger les enfants, les coucher... Ça fonctionne bien, et on regrette même que Éric Gravel ait choisi de placer son récit au moment d'une grève des transports parisiens : il aurait été intéressant de montrer que, même en période "normale", le quotidien de beaucoup de banlieusards est une course éreintante. Au-delà des problèmes de transports propres aux "navetteurs"1 le film est un pamphlet féministe faisant la part belle à la charge mentale des femmes. C'est aussi une critique sociale, avec l'aliénation du boulot. Deux scènes pour l'illustrer : • alors qu'elle sort à peine de se débattre dans ses problèmes, Julie doit se concentrer sur la tâche de cheffe-femme de ménage ; elle surveille méticuleusement qu'un lit est bien fait et qu'un napperon est pile-poil à sa place, et, pour ce faire, elle est obligée de chasser ses propres préoccupation en arrière-plan que le spectateur continue de percevoir (jeu parfait de l'actrice Laure Calamy), • lors d'un "entretien" avec sa supérieure hiérarchique -avec laquelle elle entretient des relations presque amicales- on sent la pression exercée par la direction de l'hôtel, qui contraint les deux camarades à se menacer l'une l'autre de dénonciation...