La grande proximité entre ce qu'on propose à l'écran et hors de la salle peut avoir un effet rédhibitoire. Qui a envie de payer non pour s'évader dans la salle mais pour rester connecté à ce qui se joue en dehors ? C'est compréhensible, ce qui pose un vrai défi : trouver le juste milieu, en zigzagant entre le réquisitoire barbant et la traversée inoffensive. Un problème de mise en scène que Éric Gravel résout avec flagrance. Le premier gros avantage d'À plein temps, c'est sa durée. 1h28, oui c'est court. Cependant, un montage aussi court tient de l'évidence. Une semaine sur le fil dans la vie d'une femme qui cherche à s'en sortir entre les responsabilités de mère divorcée, la recherche d'un emploi rêvé et le contexte éruptif (grèves, manifestations,...). Le meilleur moyen d'aborder de front un tel programme, c'est d'y aller à fond.
De fait, la course démarre pied au plancher, laissant juste assez de temps à son spectateur pour suivre Julie et glaner assez d'informations pour se faire une idée de la personne et de sa situation. C'est là qu'une interprète du calibre de Laure Calamy fait la différence. De chaque plan, bravant les galères avec la même énergie et spontanéité, l'actrice est le carburant inépuisable permettant au film de s'élancer jusqu'à la toute dernière image. On rentre en empathie directement malgré la course haletante (incarnée jusque dans son excellente bande originale signée Irène Drésel). Si l'arrivée n'a pas grand intérêt en soi, la traversée elle une décharge émotionnelle continue. À travers le personnage principal, chacun pourra projeter des expériences personnelles ou le visage de proches (famille ou amies). On admirera sa force, ses zones de fragilités. On comprendra ses motivations autant que ses décisions (bonnes ou mauvaises).
Intelligemment, Éric Gravel ne néglige pas sa toile de fond puisque le cheminement de son héroïne en zone d'implosion rend compte d'un train de vie que Julie subit au quotidien pour s'en sortir alors que d'autres ont choisi de s'en révolter. Il y a t-il une réponse là-dedans ? Difficile à dire, même si le virage décisif qui s'opère dans la dernière ligne droite semble tout dire en creux. Après l'explosion, le silence. Un calme qui impose la réalité au visage de Julie. Devant le miroir, au bord d'un quai, dans un jardin d'enfants. Après tant de ferveur, voir soudain tout cette folle ingénierie réglée à la minute s'arrêter est une vraie bouffée d'émotions. Comme Julie, on finit épuisés, émus et pas mal revigorés.
La charge mentale d'une mère célibataire et précaire, en periode de grève. Elle est toujours sur le fil, à se démener et est interprétée par la géniale Laure Calamy. Irène Dresel assure une bande son électro et anxiogène qui donne à ce drame social des airs de thriller. Saisissant.
De Eric Gravel (2022). Le film est porté de bout en bout par Laure Calamy que l'on avait pu apprécier déjà Antoinette dans les cévennes. Film à la fois social et sociétal , il est construit un peu comme un thriller haletant où comme julie, on court, on s'essouffle on lutte contre tout qui semble vraiment se liguer contre l'héroïne. Oui une héroïne des temps moderne. Julie campe une volonté une abnégation à vouloir s'en sortir et à élever du mieux possible ses enfants tout en les protégeant du chaos du monde (en l'occurence, le chaos social et financier) . Le film est très beau à la fois dans son propos narratif et le jeu juste et sensible de Laure Calamy. Les enfants sont eux aussi admirables et touchants et donnent au film quelques moments de légèreté bénéfiques à tous. Un film que l'on gardera longtemps en mémoire tant il y émane une force incroyable. Juste peut-être un bémol la musique électro intrusive, qui accentue l'angoisse permanente que l'on ressent dans le film. À moins que le but même de la musique électro était bien celui là !
La tŕes belle surprise de 2022 avec une Laura Calamy trés convaincante. Une fresque sociale bien ancrée dans la réalité de notre société à l opposée du hors sol de ceux qui nous gouvernent... Bravo!!!
Du quotidien sous tension grâce au rythme ténu, à la valeur des plans et à la caméra portée, au montage haletant et à la musique electro parfaite. Laure Calamy est prodigieuse (meilleure actrice à la Nostra de Venise), de tous les plans elle développe une empathie et une diversité d’émotions rare. Film court et nerveux, social sans pathos et ancré dans son époque comme on le voit assez peu. On ne s’ennuie pas une minute à suivre Julie (en moins de 12 chapitres ici) et à espérer pour elle une éclaircie dans son marasme (malheureusement sans doute bien ordinaire). Un beau film parfaitement servi par l’interprétation et la réalisation (meilleur réalisateur également à la Nostra).
Laure Calamy est parfaite. Superbe actrice. Elle court aussi très bien. A part ça il ne se passe rien. Comment ce film peut-il recevoir une note moyenne de 4/5? C'est un mystère.
Beaucoup de femmes se retrouveront dans le personnage joué par Laure Calamy, et quelques hommes aussi. L'essentiel du film repose sur sa performance "à plein temps" d'artiste et elle s'en sort très bien. Vouloir condenser tant de situations sur un seul personnage en si peu de temps pourrait paraître caricatural mais le film n'en rajoute pas, ce qui évite un effet pathos. En filmant au près des visages et des corps c'est plus une forme d'intelligence émotionnelle qui est mise en avant. Un joli film.
réussir à donner un rythme soutenu et répétitif d'une femme qui doit concilier vie privée et professionnelle, c'est ce que nous donne ce film si bien servi par Laure Calamy. je vous invite à voir son film précédent "une femme du monde " dans lequel elle joue remarquablement une autre héroïne décidée à se battre contre vents et marées.
Il convient d’admettre que la première partie de ce film réalisé par Éric Gravel en 2021, donne envie de se ronger les ongles jusqu’au sang. Le climat anxiogène vécu par les banlieusards/provinciaux contraints chaque jour de courir pour attraper un train afin de rejoindre leur lieu de travail à Paris est parfaitement restitué. La mise en scène avec caméra serrée et toujours en mouvement, accompagnée d’une musique stressante, rend le récit éprouvant. Malheureusement, peu à peu le rythme s’essouffle sans offrir de renouvellement au scénario. Le caractère dramatique peine à s’étoffer malgré une lecture acerbe du monde du travail. Néanmoins, Laure Calamy, dans le rôle de cette maman dévouée mais débordée par les contraintes extérieures, assure une excellente prestation. Bref, un thriller urbain et social dont les bons ingrédients ne sont pas suffisamment assaisonnés.
Lors du visionnage de la bande annonce je me retournais vers mon compagnon et, persuadée que j'irai voir un thriller, je lui suggérais des scénarios rocambolesques issues de mon imagination fertile.... quelle sotte j'étais ! Car comment vous raconter cette histoire où il ne se passe quasi rien : c'est l'existence basique d'une femme élevant seule ses deux gamins en grande banlieue. Elle doit faire fasse à tous les alèas du chaque jour : mode de garde, problème financiers, fragilité de l'emploi, transports publics, grèves ... et j'en passe ! bref il ne se passe presque rien... Quoique ! vu ce tourbillon d'images survoltées il se passe beaucoup : journée de 48 heures en 24 heures. Il s'écoule toute la vie d'une femme combative. On court tout le temps. On n'arrête pas, on est épuisé. Thriller ménager haletant du quotidien. Sublime interprétation de Laure Calamy. On y croit, on l'accompagne, on compatit. On a aussi peur pour elle. Et si elle craque, si elle décide de lâcher, de tout abandonner. Julie toujours en équilibre si elle finissait par tomber, envie de lui tendre la main pour la retenir. Julie est une héroïne dans ces temps modernes où on vous parle de la charge mentale un peu vite sans trop savoir ce que ça signifie. Les femmes sont des héroïnes. Par manque de modestie quelque part je me sens héroïne.
Malgré un sujet peu jovial, Eric Gravel signe un joli film porté par Laure Calamy, juste impeccable. Superbe BO, véritable élément de mise en scène, signée Irène Dresel.
Un film poignant. Une actrice prodigieuse (y compris dans la dernière scène). L'œuvre est d'autant plus touchante qu'elle représente manifestement la vie des milliers de mères célibataires En l'occurrence, une vie déjà très compliquée est torpillée par les grèves des transports. À projeter de urgence dans les comités d'entreprise de la RATP ! Ils comprendront les dégâts qu'ils causent à l'abri de leur statut privilégié.
Excellent film. Une actrice exceptionnelle, Laure Calamy, une réalisation époustouflante, un rythme sans le moindre temps mort qui plonge le spectateur dans la même fébrilité et la même angoisse que celles de cette femme harcelée par une vie impossible qui chaque jour davantage est une vraie vie de m… L’héroïne est asphyxiée au quotidien par mille et une galères qui s’accumulent et ne lui laissent pas le moindre répit. Elle essaie de s’accrocher à faire vivre ses enfants, sans doute le dernier lien qui lui maintient la tête hors de l’eau. Métro, boulot, dodo certes, mais métro de m… quand survient la grève et que celle-ci dure, elle qui habite dans une très lointaine banlieue tout en travaillant à Paris. Boulot de m…, pis-aller en attendant de retrouver un emploi plus intéressant et en lien avec ses capacités et sa formation. Jusqu’à son dodo qui est un dodo de m…, seulement rythmé par ses cauchemars et l’angoisse de rater le réveil de ses enfants.
Tout au long du film les ennuis s’ajoutent aux ennuis, sans que le réalisateur tombe dans le pathos ou le mélo. Et puis il y a le dénouement… Un film à voir vraiment. Seule petite critique : une bande son trop souvent assourdissante autant qu’inutile. Le jeu et le talent de Laure Calamy se suffisent à eux-mêmes sans avoir besoin du moindre flon-flon supplémentaire.
Quel peut bien être l’intérêt d’un tel film, qui se borne à montrer les différents aspects de la personnalité d’une femme, mère de famille gravement perturbée, seule avec deux enfants ? Un documentaire sur un fait de société ? Sa vie est un échec sur tous les plans, c’est une enquiquineuse constamment agitée, manipulatrice, menteuse, et sans le moindre scrupule. Ses enfants sont manifestement déjà sérieusement marqués par le comportement hystérique de leur mère, et cela ne va certainement pas s’arranger. Professionnellement, elle n’est absolument pas fiable et n’a que le sort qu’elle mérite. Personne ne la plaindra (si ce n’est le réalisateur …). Il manque au film une fin crédible, après la dernière image (à laquelle d’ailleurs personne de sensé ne croira un instant) : l’annonce de l’interruption inévitable de la période d’essai de son nouveau contrat dans sa nouvelle entreprise.
La vraie vie sur un rythme trépidant des premiers de cordée indispensables à notre société. Laure Calamy, en mère courage avec une charge mentale énorme est très touchante dans son courage à affronter l'adversité : transport garde des enfants, maman aimante le travail...