L'Établi
Note moyenne
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89 critiques spectateurs

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Joce2012
Joce2012

262 abonnés 750 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 avril 2023
Très bon film qui démontre l'engagement très fort de ceux qui croient que l'on peut améliorer la situation des métiers très mal reconnus et comment il est difficile de faire bouger les gens alors que seule la solidarité est convinquante
Eric BLANCHET
Eric BLANCHET

1 abonné 30 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 avril 2023
Un film qui réveille nos mémoires et notre conscience.
Porté par de bons acteurs, on découvre le début de ce qui deviendra les relations sociales aujourd'hui ré interrogée dans la société actuelle.
Film engagé pour provoquer une réflexion sur notre devenir commun.
Une pléiade d'acteurs engagés avec des nouveaux arrivants.
lionelb30

535 abonnés 2 905 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 avril 2023
Intéressant de se replonger une cinquantaine d’année en arrière et de voir les conditions de travail qui ont heureusement bien progressé. Et dire que certains se plaignent aujourd’hui... Le film lui suit une trame assez classique , beaucoup d'acteurs , certains bien , d'autres en dessous.
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 avril 2023
Le film de Mathias Gokalp reprend le livre éponyme de Robert Linhart, jeune intellectuel, ancien élève du lycée Louis-le-Grand et de l'École normale supérieure, mais aussi militant d’extrême gauche, l’un des fondateurs du mouvement maoïste en France et qui quelques mois après mai 68, décide de se faire embaucher chez Citroën en tant que travailleur à la chaîne… Ces « établis », environ 2 à 3000, étaient des militants d’extrême gauche qui s’immisçaient durant les années 70 dans des entreprises comme Renault, Citroën, Chausson etc… pour témoigner de la réalité ouvrière et faire monter les luttes.
spoiler: Je tenais à voir ce film, étant du même âge que Robert Linhart, et ayant connu l’éclatement de l’Union des Etudiants communistes, la chute des « Italiens », l’émergence des trotskistes de la JCR, puis des maoïstes du Parti Communiste marxiste-léniniste, puis de la Gauche Prolétarienne…ayant aussi connu quelques militants bretons qui à l’été 1968, voulait aller aider les paysans dans leurs travaux saisonniers, petit livre rouge dans leur bagage


Publié en 1978, dix ans après les événements de mai, « L’établi » demeure un des témoignages majeurs sur la situation ouvrière en France pendant les Trente Glorieuses.
Le long-métrage est tout entier porté par Swann Arlaud qui habite son personnage avec beaucoup de respect et d’empathie (mais peut-être trop tendre voire juvénile). Il incarne un homme soucieux du bien-être de la condition ouvrière, engagé dans une lutte où il donne de sa personne d’un point de vue psychologique et somatique. …Derrière lui, des femmes et des hommes exercent dans des conditions de travail absolument terribles où la maltraitance, la pression demeurent des outils de management au service d’un capitalisme puissant et sans limite. Les ouvrières sont déniées dans leur identité féminine ; le racisme et la discrimination deviennent la norme dans l’organisation du travail. L’usine va jusqu’à organiser sa propre milice, son propre syndicat, à l’époque le Syndicat indépendant des salariés de Citroën, dans le déni total des lois et du droit des travailleurs à la protection et à la santé.
Quand Citroën décide de se rembourser des accords de Grenelle en exigeant des ouvriers qu’ils travaillent trois heures supplémentaires par semaine à titre gracieux, Robert et quelques autres entrevoient alors la possibilité d’un mouvement social, mais ses collègues ne veulent plus entendre parler de politique après l’échec relatif de mai 68
Les travailleurs italiens, maghrébins, yougoslaves, africains, français, méprisés par une direction nostalgique du beau temps des colonies, hésitent entre révolte et résignation. Certains paieront très cher leur engagement, d’autres puiseront dans le collectif une énergie nouvelle. C’est le mérite du film que de croiser ces trajectoires et de confronter les positions sans jamais condamner les choix des protagonistes, fussent-ils ceux de l’obéissance, voire de la collaboration avec la direction. Et quand Robert se dévoile, malgré le relatif sacrifice de son confort et de sa santé, il se voit reprocher d’avoir le choix d’une autre vie par ceux qu’ils entendent défendre.
Le film nous plonge dans les combats d’une époque dont nous n’avons souvent qu’une idée trop abstraite, voire caricaturale.
Mais ce qui m’a gêné dans ce film, c’est la chaîne… Pour reconstituer la chaîne de fabrication de 2CV, Mathias Gokalp et son équipe se sont installés dans les friches Michelin, à Clermont-Ferrand : « On a rempli des grands hangars avec les outillages d’usine en cessation d’activité de la région. Concernant les 2cv, nous avons travaillé avec des véhicules de collection qui ont été entièrement démontés pour être réassemblés sur la chaîne dans le film. Et des fabricants nous ont aussi fourni des pièces neuves, les carrosseries brutes et les portières. On ne fabrique plus de 2cv complètes mais on fabrique encore des pièces détachées pour réparer celles qui sont encore en circulation » précise le réalisateur… Cela se voit…cela fait plus gros atelier de mécanique, on ne retrouve pas la tension et la pression de ce qu’était une chaine de fabrication automobile. comme celle que j’ai pu visiter à Billancourt…
Par ailleurs, il aurait peut-être fallu s’en tenir au monde de l’usine. C’est dans l’articulation entre la vie bourgeoise de Robert (bien plus qu’elle ne l’était réellement si l’on en croit le récit autobiographique de sa fille) et sa vie d’ouvrier, que le film se montre le moins réussi. L’opposition entre les deux univers est un peu trop explicitement soulignée par le contraste des couleurs (bleu gris à l’usine ; rouge et orange à la maison).
Quant à l’épilogue, il nous semble maladroit. Après un séjour en hôpital psychiatrique, Robert retourne au travail. Il livre son cours tel un zombie devant des étudiants atterrés. …
Il n’en reste pas moins que le film constitue un hommage vibrant aux luttes d’une génération dont il est beau et utile de rappeler l’engagement
André L.
André L.

18 abonnés 10 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 avril 2023
Excellente surprise. Sans pathos, le film montre la réalité ouvrière du temps où la France avait encore des ouvriers d'usine (on disait OS pour désigner les ouvriers spécialisés, qui par antinomie n'étaient spécialisés en rien du tout). Il montre aussi l'abîme qui séparait ce monde ouvrier des jeunes intellectuels issus de la bourgeoisie et sevrés de théories livresques sur la révolution. Le film reste d'une grande actualité même si la question ouvrière s'est déplacée vers les usines du Bangladesh et les sociétés de services (ménage, entretien, etc.)... Sans doute l'abîme entre intellectuels et ouvriers s'est-il seulement élargi, les premiers méprisant les seconds, coupables de voter RN,fumer des clopes et rouler en diesel.
tupper
tupper

190 abonnés 1 570 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 avril 2023
L’établi témoigne de la lutte pour le progrès social dans les années 60 mais bien que les enjeux soient différents ils éclairent aussi des problématiques bien actuelles. Il évite les clichés et le spectaculaire au profit du réalisme historique et psychologique. Bien aidé par une interprétation sobre et juste.
Laulite
Laulite

16 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 septembre 2023
J'ai beaucoup aimé l'établi, c'est un très bon film. L'espace de l'usine est théâtralisé car le réalisme n'est pas le but. La grève est un espace de lutte et de reconquête des corps, des esprits martialisés par le travail à la chaine. Et s'il faut un moment retourner au travail et à l'ordre de l'usine, c'est avec un nouvel espoir au coeur, regonflé par un moment de lutte et d'humanité.
C'est aussi la naissance d'un homme, l'histoire d'un jeune intellectuel courageux qui refuse tout cynisme, il réalise son engagement et en accepte pleinement les contradictions. Et la vie le remercie, il y découvre la fraternité et la reconnaissance des siens, ceux qu'il a choisi.
Yahya D.
Yahya D.

83 abonnés 91 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 avril 2023
Une belle surprise. Un sujet très atypique que sont les noyautage d'entreprises par la gauche bourgeoise post-68. Une très belle photographie et de super décors. Un film très actuel sur son propos de fond. Je le recommande fortement!
Enjolras
Enjolras

5 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 10 avril 2023
Inspiré du récit autobiographique de Robert Linhart, en septembre 1968, un jeune bourgeois maoïste parvient à se faire embaucher comme OS à l'usine Citroën de la Porte de Choisy afin d'y fomenter une révolte.
Il trouve une belle occasion d'oeuvrer à cet objectif lorsque la direction de Citroën décide que leurs ouvriers devront dorénavant effectuer 3 heures supplémentaires non-payées par semaine, afin que le patron puisse rattraper ce qu'il aurait perdu durant les accords de Grenelle.

Pures foutaises. La direction de Citroën n'a évidement jamais pris une telle directive totalement illégale, absurde et suicidaire. Dans la réalité, Robert Linhart a effectivement bossé quelques mois en usine alors qu'il n'en avait pas la nécessité compte tenu de sa condition sociale. Il en a tiré un récit d'où il y décrit ses conditions de travail, mais il n'a jamais rien fomenté du tout.

Le problème c'est que ce film est présenté comme étant une histoire vraie, alors que tout y est inventé, à l'exception des nom et prénom du protagoniste et le fait qu'il se soit fait embaucher comme OS. La grande aventure de sa vie est en réalité aussi captivante que celle d'un quidam qui mange une pomme.
Jean-Pierre Jumez
Jean-Pierre Jumez

116 abonnés 222 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 avril 2023
Film poignant. Reconstitution très crédible du travail en usine (mise en situation des "Temps Modernes "de Charlie Chaplin).
La politisation des luttes syndicales est décrite par le menu, avec ses intrigues, ses engagements vains, ses trahisons...
On s'interroge de savoir si le scénario est plus caricatural qu'authentique. Tous les patrons sont-ils des voyous ?
Le fin est un peu énigmatique : ayant repris son poste d'enseignant universitaire (à l'université libre de Vincennes, quand même), l'ex transfuge annonce d'une voix monocorde à ses étudiants :"Je trouve légitime de rêver d'un monde meilleur. Et peut-être aussi de le faire "...

PS: je ne vois plus ma 2CV de la même manière De même pour les travailleurs des centres d'appels, tout autant exploités
lugini
lugini

22 abonnés 249 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 avril 2023
J'ai vraiment beaucoup aimé ce film qui reflète tellement la réalité du monde salarial et en particulier ouvrier. Toujours les mêmes méthodes scélérates des dominants sur les dominés (au point d'arriver à leur enlever l'estime de soi et leur dignité) concurrence, division, pression... et qui font tant de dégâts humains pour en retirer un maximum de profit. Les acteurs sont justes et Swan Erlaud est excellent.
Alain Martin
Alain Martin

4 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 avril 2023
Film décevant , mise en scène banale , idéologiquement post-maomacronniste , on est loin de " La Chinoise " de JLG , film vite oublié
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 avril 2023
Ancien élève de Louis-le-Grand et de l’Ecole normale supérieure, membre de la Gauche prolétarienne qu’il avait rejointe après avoir quitté le PCF auquel il reprochait son révisionnisme, le jeune Robert Linhart décide, en septembre 1968, de se faire embaucher incognito à l’usine Citroën de la porte de Choisy à Paris pour y faire l’expérience de la vie ouvrière et pour y conscientiser ses camarades. Il raconte son expérience dans un livre autobiographique publié en 1978 : "L’Établi", qui fut adapté à La Cartoucherie en 2018 et qui est aujourd’hui porté à l’écran

En entendant le titre de ce film, j’ai cru qu’il désignait une table de travail dans une usine. Je ne sais pas si l’ambiguïté du titre est voulue ; mais le mot, labellisé, désigne en fait les intellectuels maoïstes qui après mai-68 se sont immergés – on dirait aujourd’hui embedded – dans les usines ou sur les docks. La pratique n’était pas nouvelle : Simone Weil l’avait déjà expérimentée en 1934. Elle semble avoir disparu de nos jours – sinon chez un Joseph Ponthus, l’auteur trop tôt disparu de À la ligne, à des fins d’ailleurs moins politiques que littéraires. On n’ouvrira pas ici le débat de savoir si les militants d’extrême-gauche auraient pu utilement, avant de manifester le dimanche à Sainte-Soline, partager la vie et les contraintes d’un agriculteur deux-sévrien.

"L’Établi" produit un écho bizarre, à la fois très daté et très contemporain. L’engagement politique des maoïstes de la Gauche prolétarienne à la fin des 60ies, il y a plus de cinquante ans, a été disqualifié par l’échec du communisme, en URSS et en Chine, par l’automatisation des usines et la disparition des bastions ouvriers et par l’élévation du niveau de vie qui a fait accéder les classes populaires au confort et au bien-être de la classe moyenne. En revanche, ses mots d’ordre et ses valeurs – la lutte contre le capitalisme prédateur, la défense des plus faibles, notamment des immigrés et des femmes – n’ont rien perdu de leur actualité. Comment ne pas applaudir aux derniers mots du film, qui résonnent aussi dans la bande-annonce : « Je trouve légitime de rêver un monde meilleur. Et peut-être aussi de le faire » ?

"L’Établi" a le mérite de décrire l’expérience de Robert Linhart avec une belle honnêteté. Il décrit la pénibilité de la vie en usine, le bruit, les cadences infernales, la fatigue et l’abrutissement des travailleurs lessivés physiquement et psychologiquement par leurs tâches. Il décrit également la cupidité des patrons et de leurs contremaîtres, leur brutalité, leur racisme et leur misogynie. Mais il décrit aussi les apories de la lutte sociale, les difficultés à mobiliser une majorité de travailleurs, effrayés à l’idée de perdre leur salaire voire leur emploi, les impasses de la grève.

"L’Établi" est d’une facture très classique – qui m’a rappelé les couleurs et le tempo de Annie colère. Les personnages secondaires qui entourent Swann Arlaud, lequel interprète Robert Linhart avec une belle austérité, frisent la caricature : le prêtre ouvrier délégué syndical de la CGT (Olivier Gourmet), l’épouse aimante et fidèle compagne de lutte (Mélanie Thierry), le patron roublard (Denis Podalydès), le jeune intello révolté (Lorenzo Lefebvre découvert dans "Bang Gang"), l’OS berbère analphabète (Malek Lamaraoui), etc. Mais ces caricatures revendiquées font partie de la reconstitution appliquée et réussie d’une époque qui continue à interpeler la nôtre.
Supfan
Supfan

51 abonnés 127 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 avril 2023
Swann Arlaud est une fois de + formidable dans ce role ! Film fort , theme universel et toujours d'actualite malgre tout. Bravo a toute l'equipe
Xavier BLANCHARD
Xavier BLANCHARD

29 abonnés 415 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 avril 2023
Tout est excellemment bien vu : les conditions de travail en usine à l'époque, les clivages raciaux entre ouvriers instrumentalisés par l'encadrement, l'agressivité des contre-maîtres en fait plus destinée à asseoir leur autorité et l'ordre qu'à améliorer le rendement, la prétention qu'ont eu à cette époque des intellectuels-activistes à vouloir susciter les luttes sociales dont les effets sont parfois, les sacrifices qu'a pu représenter pour eux ce quasi-sacerdoce, la culpabilité qu'ils ont pu ressentir au vu des dégâts humains de ces conflits, la façon dont les désaccords institutionnels entre syndicats ouvriers ont pu être oubliés par les bases...
C'est très bien joué, par quelques têtes d'affiche, mais aussi et surtout par une bonne dizaine de jeunes acteurs excellents.
Le décor de l'atelier de production des 2cv comble tous les amoureux des deux pattes !
Mathias Gokalp veut croire que l'entrisme de ces gauchistes intellos, souvent maoïstes, dans les entreprises, sur le long terme, des effets sur la mobilisation sociale. Si c'est vrai, ça a eu un effet sur les luttes réformistes alors que le but initial était, tout au contraire, la Révolution.
Il faut aussi, je pense, lire le livre de Robert Linhart

Tours, Ciné Studio - 7 avril 23
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