En nous
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Yves G.

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2,0
Publiée le 27 mars 2022
Dix ans après "Nous, Princesses de Clèves", le documentariste Régis Sauder ("Retour à Forbach", "J'ai aimé vivre là"...) retrouve les bacheliers qu'il avait filmés. Que sont-ils devenus ? Comment sont-ils sortis de l'adolescence ? Comment sont-ils entrés dans l'âge adulte ? Leurs rêves se sont-ils réalisés ou se sont-ils fracassés contre le mur de la réalité ?

Sur le papier, le projet de Régis Sauder était séduisant. "Nous, princesse de Clèves", filmé en réaction aux propos à l'emporte-pièce du candidat Sarkozy - qui s'était interrogé sur l'opportunité d'interroger des candidats à un concours administratif sur le roman de Mme de Lafayette - nous introduisait à des personnages si attachants que nous brûlions d'envie de connaître leurs destins. Et ces devenirs entremêlés pouvaient potentiellement nous renseigner sur la capacité - ou l'incapacité - de la jeunesse à se faire une place dans notre société, mais aussi de la capacité - ou de l'incapacité - de notre société à leur en faire une.

Las ! le résultat s'avère décevant.
"Nous, princesse de Clèves" rassemblait plusieurs lycéens dans un même lieu, unis par un même objectif - le baccalauréat à décrocher à la fin de l'année - et se lisait comme une ode républicaine à l'école gratuite et laïque, symbolisée par le noble personnage de cette enseignante de français dont tous les élèves du documentaire suivaient les cours alors que "En nous" n'a plus cette belle unité. spoiler: Les dix élèves d'Emmanuelle ont pris leur envol dans dix directions différentes. Plus rien ne les unit. D'ailleurs on partage leur léger malaise aux retrouvailles obligées auxquelles le réalisateur les a contraints : ils échangent certes quelques souvenirs nostalgiques mais n'ont au fond plus grand chose à se dire.


Que sont devenus Anaïs, Virginie, Armelle, Cadiatou, Laura et Morgane (les deux jumelles), Albert, Abou, Aurore et Sarah ? La plupart ont cherché à quitter ces quartiers nord de Marseille où ils ont grandi ; mais tous n'y sont pas parvenus (Albert y est moniteur d'auto-école, Anaïs coud à domicile) ; et la plupart y reviennent volontiers, pour y revoir leurs parents ou pour y faire une pause entre deux jobs (comme Sarah qui a travaillé en Irlande, au Portugal, à Malte). Plusieurs ont eu des enfants qu'elles élèvent seules après des ruptures plus ou moins violentes (Virginie raconte son passé de femme battue). Une seule est mariée, Morgane qui a épousé une femme, qu'elle fréquentait déjà dix ans plus tôt sans avoir fait son coming-out.

Les jeunes trentenaires de "En nous" sont-ils représentatifs de la France d'aujourd'hui ? Pas sûr. Pas sûr d'ailleurs que dresser la topographie de l'entrée dans l'âge adulte de la jeunesse française des années 2010 fut l'objectif de Régis Sauder. L'échantillon de base n'était guère représentatif : un lycée en zone d'éducation prioritaire des quartiers nord, tristement fameux, de la cité phocéenne. Ses lycéens n'étaient pas les plus défavorisés de leurs quartiers. Au contraire ils en formaient l'élite la plus aisée et la plus éduquée.
Ce qui m'a frappé - si on m'autorise l'espace d'un instant à faire ma Tatie Danielle - est combien ces jeunes sont autocentrés. Sans doute l'exercice les incitait-il à l'introversion ; mais je trouve qu'ils se regardent beaucoup le nombril, accusent une société qu'il dénigre de ne pas reconnaître les droits qu'ils revendiquent et oublient un peu vite qu'ils en font partie et que son bon fonctionnement dépend aussi de leur engagement au service des autres.
Patricia Franchini
Patricia Franchini

60 abonnés 37 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 avril 2022
Ce film est un film de lutte et de douceur, ça parait paradoxal ? Pas quand on connaît les films de ce réalisateur, quelle tendresse ! Un film politique qui donne envie d'aimer son prochain, à voir de toute urgence.
Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 mars 2022
C’est une réalisation de J'ai aimé vivre là a qui ont doit récemment le documentaire J'ai aimé vivre là. Celle-ci est la suite de du documentaire Nous, princesses de Clèves qu’il avait aussi fait.

Pour bien comprendre ce documentaire, il n’est pas obligé d’avoir vu Nous, princesses de Clèves. Une volonté de continuer cette histoire qui est une idée géniale. Trop souvent, on suit des jeunes sans se soucier d’eux après. Pour une fois, on aura un véritable suivi. Des images seront mises pour nous rappeler ce qui s'était passé il y a dix ans.

Ce documentaire va donc mettre en avant les problématiques touchant les jeunes. Tout va commencer par ceux étant au lycée de nos jours. En voyant les vidéos de leurs aînés, ils vont comprendre que finalement les préoccupations restent les mêmes malgré le temps qui passe. C’est intéressant de voir qu’un lycéen de 2012 pensait pareil que celui de 2022. Que ce soit la volonté de liberté, l’amour ou l’avenir, les thèmes sont récurrents. Le temps passe, mais les envies restent les mêmes. Cela va créer un lien et pousser les jeunes à se confier en voyant ça.

Le fait d’avoir mixé des images du passé et du présent est génial. Cela va nous permettre de nous rendre compte de l’évolution de chacun. En plus de cela, ça donne un certain dynamisme. Cette interactivité temporelle nous donne l’impression d’être en immersion avec eux. En plus de cela, le switch avec la salle d’étudiants est très bien fait. Tout est fluide pour notre plus grand plaisir. Leur donne la parole sur la fin est une excellente idée.

En Nous sonne donc comme un bilan. Celui d’une génération pivot, d’une jeunesse des quartiers nord ayant eu l’opportunité de s’en sortir. Chaque personne va prendre le recul sur les dix ans passés. Entre réussite et échec, le constat est toujours bien posé. Ce bilan résonne aussi comme une victoire, celle d’une professeure ayant cru en ses élèves. Nous sommes heureux de voir comment ceux-ci ont grandi et se sont épanouis. Espérons que dans 10 ans sa nouvelle classe ait pu suivre le même chemin.
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 avril 2022
Au lycée Diderot, dans les quartiers Nord de Marseille, une professeure de français montre à ses élèves le film tourné dix ans plus tôt dans leur lycée où les élèves d’alors parlent de leur avenir et de leur quartier. Ce film part à la rencontre de ces élèves qui dix ans plus tard se sont construits, forgés, une vie, une famille, une carrière, des opinions. Ils ont toutes et tous réussis à devenir ce qui les épanouit, et c’est parfois loin de ce qu’ils pouvaient imaginer ou espérer. Un très beau film plein d’espoir qui nous offre à voir un monde tolérant et où les inégalités sociales, sexuelles et raciales sont combattues.
Coric Bernard

455 abonnés 851 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 février 2022
Après son film « NOUS, PRINCESSES DE CLEVES » en 2011, le réalisateur refait un nouveau documentaire avec les mêmes personnes issues des quartiers Nord de Marseille qui se retrouvent 10 ans plus tard. Dans ce nouveau film, elles font le point de leur évolution dans leur parcours personnel et rendent hommage à leurs parents et leurs professeurs qui les ont guidées dans leur vie.

Bernard CORIC
Pierre P.
Pierre P.

23 abonnés 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 mars 2022
Un documentaire, vrai, réel et sincère signé Régis Sauder. Une belle suite de Princesse de Cleves. Un film comme on aimerait en voir plus sur grand écran. Un film qui devrait être montré à tous et toutes. Je recommande !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 mars 2022
En nous conserve cette légèreté qui faisait le charme du premier opus, tout en faisant apparaître les nouvelles morsures et entorses au pacte républicain, auxquelles les lycéens ont dû faire face. Tout ne s’est pas bien passé pour eux. Comme un clin d’œil, le film s’ouvre sur la professeure de français sortant du métro Malpassé, à Marseille, pour se rendre au lycée Diderot. Nous sommes en 2021, elle retrouve ses élèves (masqués) et leur projette le film tourné dix ans auparavant. Nous voici dans le dispositif du documentaire, qui mêle habilement des extraits du précédent long-métrage, permettant au spectateur de resituer les visages et le fil de l’histoire. Le monde
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