Ayant fait des débuts modestes dans le péplum comme doublure de Steve Reeves, Sergio Ciani, rebaptisé Alan Steel, s’est progressivement fait une place dans le cercle somme toute assez fermé des culturistes phares peuplant un genre qui faisait fureur dans production cinématographique italienne des années 1958 à 1965. D’apparence plus massive qu’un Gordon Scott ou qu’un Steve Reeves, Alan Steel tout comme Mark Forrest ou Reg Park misa avant tout sur une forme d’humour bon teint tout-à-fait réjouissant et de bon aloi. En 1964, il retrouve Piero Pierotti sous la direction duquel il avait déjà travaillé sur « Goliath contre le corsaire noir » (1963) . « Ercole contro Roma » ou encore « Samson contre tous » est un péplum tout-à-fait digeste, pour les amateurs du genre s’entend, qui voit Samson (Alan Steel) descendant improbable d’Hercule être interrompu dans ses paisibles travaux de bûcheron pour venir en aide à l’empereur romain Giordano (Carlo Tamberlani) devenu la proie de mutins issus de sa garde prétorienne à la solde de leur chef Filippo Afro (Daniele Vargas) qui convoite Ulpia (Wandisa Guida) la fille de Giordano pour son fils Resio (Walter Licastro) qu’il veut installer sur le trône. Samson qui ne rêve que de retourner à sa forge et d’abattre des arbres fait de son mieux pour résoudre au plus vite le conflit mais les embûches sont nombreuses qui l’obligent à soulever en nombre rochers en carton et à briser à tour de bras chaînes en plastique et murailles en contre-plaqué. Le tout sans jamais se départir de sa bonne humeur. Les dialogues sont comme toujours succulents qui voient les grandes voix du doublage de l’époque (René Arrieu, Jean-Pierre Duclos, Jean-Henri Chambois,…) débiter avec le plus grand sérieux des dialogues sentencieux en décalage complet avec la tonalité plutôt guillerette du film et le jeu parfois approximatif de certains acteurs. Un régal pour ceux qui se rappelleront leurs jeunes années ou les jeudis après-midi étaient consacrés aux cinémas de quartier alors au zénith de leur popularité et qui ne se doutaient sans doute pas que leurs jours étaient comptés.
Le dernier né des aventures « mythologique » du demi-dieu, le dernier du genre des années 60 avant de basculer dans une décennie avec pour particularité, moins de productions à la chaine pour je l’espère plus de qualité. spoiler: Ici notre beau brun secours (encore) un village en proie aux briguant, à croire qu’il n’avait pas d’affaires plus divine à régler en son temp. C’est bien le problème de tous les « Hercule » en fait, comment peut-on croire un instant qu’il s’agisse là du fils de Zeus sans jamais voir un dieu, un pouvoir cosmique se déchainer ou même une seule réf à tous cela ? Alan Steel aura une fois encore montrer ses biceps, rendu les romains ringards quoique ces derniers n’aient pas franchement été penser pour combattre correctement face à lui. Les combats auront été une farce entre le héros grec et ces derniers, la musique cartoonesque voir enfantine plus la gesticule des soldats face à ce dernier n’ont pas été penser mettre en valeur l’Empire mais bien pour les ironiser. Par contre lorsque l’on passe sur les scènes 100% romaine, dans les tentes et villas, le sérieux est clairement présent, les décors nettement plus soignés et le jeu moins amical. C’est la transition intéressante avec ce film, 2 salles 2 ambiances ou la comédie populaire d’époque côtoie avec plus ou d’originalité la férocité impériale. Il aura surtout fallu du temp pour que le titre soit pleinement respecté et c’est là encore une légère différence avec ses prédécesseurs, « Contre Rome » aura commencer avec de simples petits groupes avant de réellement montrer une légion, mais jamais la cité. Là est par contre le défaut majeur, pourquoi associer Rome si elle n’est jamais montrée, ça aurait été une apothéose. L’affrontement final montrant Hercule prisonnier de l’aigle, s’échappant sans jamais revenir, cette légion en affrontant une autre (assez confus comme passage d’ailleurs) et le retour express de notre compère avant un violent clap de fin auront été aussi prenant pour l’une que médiocre pour l’autre . Du sauvetage d’un village à l’alliance brigands / romain face à Hercule, une certaine confusion à régner mais un léger effort fut fait pour une fois. Le dernier ou un des derniers péplum spaguetti masculo-romantique de l’histoire ou la rencontre insolite n’à eu pour but de montrer la « toute puissance force » d’un seul homme face à tout un empire. Résultat peu brillant (sans étonnement).
Un honnête péplum qui se regarde avec plaisir notamment grâce à un scénario plutôt cohérent. Alan Steel, ancienne doublure de Steve Reeves fait le boulot sans plus.