Lorsqu'on atteint un tel degré de médiocrité dans la traduction d'un titre, on peut s'attendre au même degré de qualité du film en général. Le titre originel "Legacy Of Lies" était en conformité avec le concept de la transmission du mensonge, qui semble être le fil conducteur du scénario. Le titre français, "Jeu d'Espions", n'a premièrement aucun rapport sémantique avec ce concept. Deuxièmement, un tel titre semble être un contre sens par rapport au scénario. Car, certes, il y a bien des espions, mais ces derniers ne jouent pas. En fait, ils ne se font aucun cadeau. En réalité, si l'équipe de traduction n'a pas jugé utile de respecter le sens du titre lors de la distribution du film en France, c'est qu'elle ne jugeait sans doute pas le film important. Si telle était leur motivation (ou leur manque de motivation), on ne peut que leur donner raison. L'intrigue est une succession de clichés, les dialogues sont d'une platitude désespérante, quant aux personnages, ils ont des contours psychologiques dessinés à la truelle. Pour ce qui est des performances d'acteurs, Adrian Bol n'a pas tiré le gros lot. Scott Atkins, qui à la base, est plutôt bon acteur, joue ici sans enthousiasme. Est-ce parce qu'il est entouré de bras cassés ? Sans doute. À l'image de la jeune Honor Kneafsey, qui se montre, ici, très inégale dans ses scènes. En outre, elle a 16 ans au moment du tournage, alors qu'elle joue le rôle d'une fillette de 12 ans. Ce n'est pas un cadeau. Bref, toute l'opération est très laborieuse, et ne fournit pas grand-chose de qualité à se mettre sous la dent. Le cinéaste Néerlandais ne nous a guère plus impressionné avec ses deux réalisations qui ont suivi.