Un film fantastique et poétique Ce pas de côté d’un scientifique qui décide de tout plaquer pour La montagne est magnifique J’avais adoré Vincent n’a pas d’écailles La montagne est tout aussi réussi Bravo
Résumé à la con : Pierre décide de tout plaquer pour aller tâter du caillou enneigé jusqu’à ce qu’il découvre bien plus que ce qu’il était venu chercher.
L’avis cool : Alors que Thomas Salvador avait déjà fait sensation avec son « Vincent n'a pas d'écailles », il revient avec un film moins confidentiel qui a par ailleurs déjà reçu 2 prix au PIFFF comme à Gérardmer et laissez-moi vous dire qu’il s’est surpassé. Fixez bien vos crampons, vous allez partir pour un formidable voyage à la frontière du mystique où vous n’aurez pas besoin de lampe frontale pour vous rendre compte de la splendeur des images. L’écriture des personnages est aussi bienveillante que profonde et formidablement bien incarnée par Louise Bourgoin comme par son réalisateur dans le rôle principal.
L’avis cool x2 : Le risque avec ce film? Sortir de la salle avec l’envie de tout plaquer et d’aller voir si la montagne est plus verte ailleurs. Le petit plus réside dans le fait que la dimension fantastique est accessible à tous, même aux plus jeunes. L’immersion sonore vous transporte elle aussi dans des sentiers grandioses. Un véritable travail d’artisan du cinéma où l’on est fasciné de constater que cette magie ne tient quasi en rien à l’intervention d’effets spéciaux numériques. Foncez prendre un vrai bol d’air frais, optez pour La Montagne !
Si tu veux voir d’autres films avec des mecs qui aiment l’aventure en solo : - 127 HEURES, 2011 - Danny Boyle - INTO THE WILD, 2008 - Sean Penn
Au bout d'une heure, le réalisateur se croit obligé de tomber dans cette tendance qu’on retrouve de plus en plus dans un certain cinéma français : passer en cours de film du réalisme au fantastique. Qui plus est, un fantastique de pacotille avec, ici, la mise en contact du personnage principal avec des « lueurs », des objets gluants et rougeoyants, qui le rendent fluorescent et capable de s’introduire dans les rochers, au sein de la montagne. On ne peut que s’interroger : pourquoi, au bout d’une heure, cet abandon d’un réalisme à la fois plein d’intérêt et esthétiquement réussi pour s’abandonner à ce fantastique sans grande envergure ? Sentiment, pour le réalisateur, d’avoir épuisé la matière scénaristique ? critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-la-montagne/
Paysages époustouflants, onirique et métaphysiquespoiler: . Les personnages échangent peu de mots mais justement les mots sont parfois inutiles car il se crée un autre langage entre eux. Pour le côté fantastique de ces créatures, j y vois une allégorie dans ce besoin qu à Pierre d échapper à sa dimension pour en découvrir une autre , un lieu où tout est un , un lieu en dehors de nos lois physiques , comme un retour à la source originelle.
À côté des « Huit Montagnes » en compétition se tient celle de Thomas Salvador (Vincent n'a pas d'écailles), qui n’a pas à rougir du fait que tous deux cherchent à atteindre le sommet. À la quinzaine, rien ne se gagne avec facilité et ce second long-métrage du réalisateur témoigne de toute l’aura singulière qui emmène le spectateur à tutoyer le vertige. Et quand bien même, il ne cache pas son sous-texte écologique, c’est pour mieux renforcer la foi du héros, qui grimpe pour se connaître, mais également pour appréhender la nature, qui pourrait lui offrir une ultime ascension spirituelle. La sublime photographie capitalise ainsi sur l’immensité des lieux, cristallisant la crise d’un personnage qui est loin d’avoir prouvé son existence.
Le cinéaste incarne d’ailleurs l’ingénieur parisien du récit, venu présenter le dernier projet robotique de son entreprise. Et dans une interminable présentation et démonstration, il se sent happé par un colosse au loin, qui semble l’observer. Mais qui a réellement appelé l’autre en premier pour se donner rendez-vous au cœur de ce paysage unique ? On ne le saura pas vraiment, car ce dernier semble prédestiné à la fuite, depuis son appartement et son confort de vie, qui ne lui manquent en rien. Il délaisse famille et boulot pour se consacrer à l’alpinisme sur un glacier, où il enchaîne les bivouacs et les allers-retours à une station, à proximité de sa zone d’exploration. Léa (Louise Bourgoin) l’y attend constamment, entre deux cafés et des promesses de retour. Ce n’est pas l’aspect le plus alléchant du programme, qui préfère se revitaliser au plus proche des cieux. Il est d’ailleurs possible d’évaluer à quelle altitude Pierre évolue, dans une autonomie silencieuse, en laissant donc de la place pour le spectateur, qui régule peu à peu son oxygène.
« La Montagne » est pourtant fragile et en perpétuelle mutation. Elle recherche une forme stable, qui se fond dans la matière. Quelque part, Pierre représente cette même structure, qui s’effrite avec le temps. Le liant qu’il sonde et qu’il trouve enfin est loin de satisfaire sa condition, mais lui donne une étincelle, qu’il lui a échappé depuis un moment. Il ne semble faire qu’un avec la nature, impassible, mais la vérité se situe à mi-parcours de cette lente ascension, où ce dernier renaît de ses cendres pour briller de mille feux. Une soif de désir l’anime ainsi, jusqu’à ce qu’il puisse revenir sur ses pas, en les affirmant comme un homme de glace, revenu d’un voyage à la fois introspectif et métaphysique.
Les 20 premières minutes de La Montagne ressemblent assez à un film commandité par les offices de tourisme des régions alpines, avec en sus l'histoire si souvent ressassée du retour à la nature pour un citadin fatigué de la vie moderne. Mais c'est mal connaître Thomas Salvador, le réalisateur de Vincent n'a pas d'écailles, pour croire que l'on va en rester là. Le vertige des cimes et l'ivresse des sommets n'arrivent qu'ensuite, alors que les silences vont peu à peu s'imposer aux paroles humaines. Il s'agit de suivre les aventures inattendues d'un impénétrable homme des neiges, joué par Thomas Salvador lui-même, très Buster Keatonien. Contemplatif, le film ne l'est plus seulement, même si les images restent somptueuses à haute altitude, car il devient poétique, fantastique, tendre et drôle, également, par petites touches discrètes. C'est un beau trip que s'est offert le cinéaste, avec évidemment un message écologique sous-jacent et intelligemment non asséné, et le spectateur, qui pourra être médusé par cette lumineuse fusion de l'homme et de la montagne, a le choix de le suivre ou non dans cette très originale épopée personnelle. Il est conseillé de se laisser doucement faire car l'expérience n'est pas loin de toucher à l'extase. Mais pas d'hypothermie à craindre, le voyage se fait par paliers et il est même frustrant de redescendre sur le plancher des vaches. Heureusement que la rayonnante Louise Bourgoin est là pour rassurer et apaiser après un tel dérèglement des sens.
Je ne m'attendais pas à une telle poésie. Film immersif où l'on sent la roche et la glace (j'ai eu froid dans la salle) et qui part en gros délire. J'ai aimé me laisser transporter par la pudeur / douceur et l'imagination du réalisateur / acteur.
Un appel puissant mystérieux puis une rencontre avec Elle (la montagne) et après une chute au entrailles de la terre, au propre comme au figuré une rencontre avec soi profond puissant. Un film à la fois sobre et surnaturel, qui part de notre réalité pour nous émerveillé par sa poésie.