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Un visiteur
3,0
Publiée le 19 mars 2023
Deux heures vingt nécessaires pour prendre le temps d’installer une ambiance suffocante où tous les appareils de l’Etat polonais s’emploient durant une année, à manipuler des procédures, à déformer des enquêtes, à gangréner la vérité pour obtenir une justice à la botte de… l’Etat soviétique !
A voir en V.O pour la langue polonaise rarement entendue et pour apprécier acteurs et actrices qui interprètent dans ce récit dossier des personnages historiques d’une Pologne rouge sang soviétique…
Une injustice de plus parmi tant d’autres. Comme le film est d’après une histoire vraie, le cheminement de ce jeune, témoin du meurtre de son ami devant la justice mérite d’être regardé. La réalisation est basique. 3,3/5
Loupé lors de sa sortie au ciné alors que je l'avais pointé sur ma liste des films à voir, lorsqu'il est apparu en VOD je l'ai loué avec beaucoup d'enthousiasme.
Varsovie 1983, Grzegorz, 18 ans entrain de passer son bac, fils d'une poétesse militante Solidarnosc, et son pote Jurek, 23 ans partent retrouver des copains dans la Vieille Ville. Ils chahutent, tombent. 2 agents de la Milice citoyenne s'approche et procède à un contrôle d'identité. Jurek présente ses papiers mais pas Grzegorz qui invoque le fait que la loi martiale a été levée et donc pas d'obligation de les avoir sur lui et que de toute façon, la police lui a déchiré au dernier contrôle. Les 2 agents goutant peu l'attitude de Grzegorz embarquent les 2 jeunes au commissariat. Face aux réticences marquées des 2 jeunes, ils s'en prennent physiquement à Grzegorz en le tabassant, prenant soin sur conseil avisé d'un collègue, de le frapper dans le ventre car pas de marques. Grzegorz est salement amoché. Direction l'hôpital en ambulance avec 2 simples ambulanciers. Jurek ne peut pas monter dans l'ambulance et est donc obligé de se rendre à l'hôpital par ses propres moyens. Grzegorz sort finalement des urgences pour retourner chez lui. Le lendemain, malgré une tentative d'opération il décède des coups reçus. Sa mère , Barbara, soutenue par Jurek se lance dans une procédure judiciaire pour obtenir la condamnation des auteurs du crime.
Alors, alors, alors.....Bah....je n'ai pas adhéré au film. Nous sommes très loin d'un film comme L'interrogatoire avec Krystyna Janda , sorti en 1982 mais censuré jusqu'en 1989 en Pologne et qui a valu à K. Janda le prix d'interprétation à Cannes. Ou encore très loin d'un film sur un autre sujet politique comme Las largas vacaciones del 36 (sur la guerre civile en Espagne). Ou encore Une saison blanche et sèche d'E. Placy avec D. Sutherland et M. Brando (sur l'apartheid en Afrique du Sud). Et je ne parle pas de Wajda ou de Costas-Gavras (pour ne citer que ces 2 réalisateurs).
Varsovie 83 est déséquilibré et en grande partie très mal joué. Déséquilibré car la partie sur la famille de Jurek et de Grzegorz est mal fagotée. Cela manque de contexte historique : la loi martiale, le mouvement solidarnosc, l'adhésion d'une partie de la population au communisme, par obligation ou conscience (seul le père de Jurek pose une petite pierre sur ce contexte socio-politique). Les personnages sont caricaturaux. Et leur interprétation pas bonne surtout le personnage de Jurek et le top dans le pas bon la mère Barbara. Elle est souffreteuse, rebelle à deux balles, cool attitude mal jouée. Les dialogues, pas bons. On est presque à la limite du sitcom.La mère n'a suscité aucune empathie ou bienveillance. Alors que la partie qui s'attache aux autorités et du Parquet est beaucoup mieux réalisée, présentée et jouée sauf la Procureure qui est une grossière caricature. Là, les dialogues étaient bien tournés (le moment entre le directeur du Parquet et le Ministre de l'Intérieur sur les conclusions à donner notamment concernant les ambulanciers, très réalistes). Ou bien la façon par laquelle le pouvoir part se jeter dans la gueule d'une histoire politique alors que comme le dit un personnage c'est un crime de hasard.
A cela vous ajoutez les frilosités (?) du réalisateur. Genre "nan j'fais pas un film politique que les faits mais bon...c'était pas bien la loi martiale". Le régime communiste n'est pas une ballade de santé ni une gloire. Mais le réalisateur est quand même bien enquiquiné avec les positions religieuses de la mère, Barbara. Car elles sont peu évoquées ou à travers, forcément, du Père Popieluzsko, proche de la mère. Certes l'Eglise catholique a énormément oeuvré pour la Pologne. Impossible de le nier mais aujourd'hui elle soutient quand même des prises de position rétrogrades (l'avortement par exemple). Et on sent dans le déroulé de l'histoire cette gêne par moments. Donc pas beaucoup de scènes sur le sujet et les liens Solidarnosc et Eglise catholique, qui ne sont pas, je le répète, critiquables. Bien au contraire....dans le contexte de l'Histoire ils sont un éléments de l'histoire de Barbara et son fils et de l'Histoire de la chute du régime.
Non franchement je ne l'ai pas trouvé réussi et long. Dommage ! je m'en retourne à L'interrogatoire.
Voilà un film très dense qu'il faut prendre le temps d'apprécier malgré sa longueur. Comme son nom l'indique, celui-ci se déroule à Varsovie en 1983 où une interpellation de deux copains turbulents va donner lieu à la mort du plus jeune. Toute l'oeuvre va rereposer sur cette "bavure" des miliciens du Général Jaruzelski. Jurek, rescapé, va subir la pression d'un tas de personnes pour le faire craquer, y compris la trahison de son propre père. Tiré d'une histoire vraie, ce film montre bien le caractère répressif de l'époque mais aurait gagné à être raccourci d'une bonne demi-heure tant le spectateur est exténué après près de trois heures de film.
Il ne faut pas, pour une fois, s’arrêter sur la durée d’un film qui ne demande qu’à s’éterniser jusqu’au jour où les dictateurs et leurs affidés n’auront plus droit de cité. On peut rêver. On revient ici à la période polonaise de Jaruzelski et à ce fait divers aussi tragique et malheureusement assez commun de la mort d’un jeune garçon dans un commissariat. Comme l’affaire ne peut être étouffée et que la planète colporte la nouvelle, le pouvoir en place décide d’appliquer un processus systématique afin de détourner l’attention. Menaces, tortures, disparitions, emprisonnement , cette mise en œuvre d’un processus abject, le réalisateur Jan P. Matuszynski reprend dans une configuration scénique proche du travail d’ Agnieszka Holland. Il ne laisse aucune zone d’ombre, de part et d’autre, afin de bien remonter à la surface toutes les pièces d’un dossier cousu d’invraisemblances. Au sein même de l’administration certains fonctionnaire tente de remettre la vérité en ordre de marche. Ils seront sanctionnés. Ce travail de sape, ce climat de peur et de terreur, chaque protagoniste le rapporte avec une extrême sensibilité, une conscience totale de reprendre l’Histoire là où les autorités ont voulu l’abandonner. La réalisation de Jan P. Matuszynski remplit ces vides et ces absences, sans forcer un quelconque ressort, une possible altération des faits. Il va à l’essentiel, et c’est urgent ! Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Rapidement, le propos saute à la figure. On ne peut rien faire contre la violence policière institutionnalisée . Bien couverte par l'état qui maltraite son peuple. Un beau film, implacable.
Film presque sous forme de reportage historique Varsovie 83 raconte la Pologne de Jaruzelski au moment où elle s'accroche à n'importe quel prix au pouvoir absolu, malgré la révolution Solidarnosc. Tout est décrit en détail et constitue un véritable témoignage de l'époque. Détaillé mais pas oublieux du caractère humain et sensible que contient chaque personnage. Pour cette raison le film est aussi un peu trop long, et reste très contenu dans les limites descriptives qu'il s'est fixé. Un film pour réveiller les mémoires et donner de quoi ferailler avec les amoureux de régimes autoritaires qui réapparaissent un peu partout.
Palpitant, dérangeant, oppressant, écœurant, beaucoup d’adjectifs peuvent s’appliquer à « Varsovie 83 », film qui nous emmène dans la Pologne des années Jaruzelski et de sa dictature militaire, et véritable autopsie d’une effroyable machine à broyer la vérité. Pendant 2h40, les rouages de ce système totalitaire vont être minutieusement détaillés et grâce à une mise en scène précise, inventive et à un montage rapide et ciselé, d’une part tout sera facile à suivre et à comprendre (ce qui n’est pas toujours le cas dans ce type de film dossier, de par la multitude de personnages, de pistes, etc…), et d’autre part, il n’y aura aucun temps mort et la durée du film ne se ressentira aucunement. Les acteurs, la reconstitution d’époque sont impeccables. Conçu comme un thriller, « Varsovie 1983 « est impressionnant de maitrise d’un bout à l’autre, et toutes ses qualités en font sûrement un des grands films de cette année. Et font de son réalisateur, Jan P Matuszynski, un réalisateur à suivre. A conseiller, et à voir absolument !
C'est sublime. Reconstitution d'une époque qui paraît lointaine mais pas du tout pour ceux qui avaient 20 dans ces années-là. On se souvient alors de Jaruselski et ses grosses lunettes, Solidarnosc, le père Popielusko qui fut torturé par la police politique. Le film repose sur un jeune mec qui porte un ponds énorme sans lâcher et c'est mieux sur convaincant. Encore un superbe polonais dans la mouvance de l'Homme de fer et de l'Homme de marbre.
Très bon film. Récit saisissant sur la réalité de la vie sous un régime totalitaire. Acteurs crédibles et scénario sans fioritures ni excès. Juste la sobre réalité.
Un film au gout étrange. Un double retour en arrière dans le temps d'abord puisque le film se passe en 1983 et dans l'histoire du cinéma, l'impression de voir un film de Costa-Gavras. Et ce retour en arrière est impressionnant la reconstitution historique est parfaite, l'image, la manière de tourner elle même renvoie au année 80.
Mais qu'un peu plus de trois étoiles car le film s’essouffle quand on approche du procès et l'ennuie gagne le spectateur. C'est d'autant plus surprenant que compte tenue de sa durée plus de 2h30 il y avait matière a éviter les longueurs.
A voir par touts et particulièrement par ceux dont pour qui la Pologne de Jaruzelski fit partie de l'actualité.
Encore un film passionnant, qui nous plonge dans l'histoire -mais une histoire plus récente, et donc d'une certaine façon, qui nous touche plus que l'Affaire Collini. Ce sont les dernières années du féroce régime communiste en Pologne, quand on traquait sauvagement les militants de Solidarnosc, alors interdit, mais toujours debout, quand les "milices citoyennes", supplétifs du pouvoir, étaient partout, susceptibles de frapper à chaque porte. Bien sûr, le film n'est pas sans défauts. Très long (plus de deux heures et demi!), avec d'innombrables personnages entre lesquels on se perd un peu, peut être aurait il été encore plus démonstratif s'il avait été un peu plus resserré. Parmi les personnages secondaires, on voit passer le père Jerzy Popieluszko, l'aumonier du syndicat, qui devait lui même être torturé et assassiné un an plus tard. Si vous lisez les actes de ce procès, vous trouverez pas mal de points communs avec celui qui fait l'objet du film. Le film est donc tiré d'une histoire vraie, qui a fait l'objet d'un livre. Grzegorz, un lycéen fête son bac. Il a un peu bu, il chahute dans la rue avec son pote Jurek, refuse de montrer ses papiers d'identité aux milices qui, aussitôt, lui tombent dessus...et est conduit au poste avec Jurek, tabassé à mort -l'intestin en bouillie à force de coups de pied. Sa mère, la poétesse Barbara Sadowska, est une proche de Solidarnosc. Elle a déjà été arrêtée et, selon la coutume, on l'a menacée de s'en prendre à son fils. L'arrestation de Grzegorz, est ce un hasard ou un coup monté? Là dessus, le film ne se prononce pas. En tous cas, les autorités ont peur d'un procès qui mettrait en cause la mort d'un adolescent sous les coups dans un commissariat de police, et un incroyable dispositif mettant en oeuvre plusieurs ministères au plus haut niveau se met en marche. Chantage, intimidation, tout est bon dans ce processus terrifiant. La vie privée de Barbara, celle de Jurek qui a fait quelques bêtises dans sa jeunesse sont évidemment étalées, mais on s'acharne aussi sur les parents de Jurek qui ont de petites entreprises -une ferme, un salon de coiffure- dans lesquelles de petites irrégularités réelles ou inventées pourraient entrainer la fermeture.... Intimidation, puis subversion.... Des dizaines de moutons sont enroulés, des dizaines de suiveurs, de faux amis.... Tiens, et si c'étaient les ambulanciers (qui, c'est bien connu, ont l'habitude de massacrer leurs passagers)? Tout est bon. C'est asphyxiant. On voit comment la peur et surtout cette menace qui pèse sur la famille, les enfants peut conduire n'importe qui à avouer n'importe quoi. Film indispensable pour se souvenir que le totalitarisme est toujours prêt à frapper. Merci les Polacks!!!
Un film certes long ( 2h30) mais jamais ennuyeux. Excellente reconstitution des décors d'époque, excellents acteurs avec une prime à l'horrible procureur. Les militaires communistes droits dans leurs bottes, Solidarnosc à l'oeuvre, les citoyens écrasés. Un gamin tabassé à mort par la milice, un témoin gênant, la milice dans ses basses oeuvres, tout ce qui peut servir la justice ( avocat, procureur) éliminés. Chantage, extorsion, menaces de mort, tout est bon pour corrompre les témoins et fabriquer des coupables. Excellente réalisation. A voir absolument.
Si le film-dossier n’a pas forcément toujours bonne presse, c’est souvent parce qu’il oublie qu’il peut fonctionner comme un vrai Thriller, même sans faire l’économie du sérieux et de la véracité des faits. Dans la Pologne du début des années 80, un étudiant un peu trop bruyant et un peu trop chevelu est tabassé à mort par des miliciens sous pression.. Pure coïncidence, le jeune homme était le fils d’une poétesse liée à Solidarnosc et la ratonnade s’est déroulée devant un témoin, dès lors déterminé à ce que les coupables soient punis. Craignant que les forces de sécurité perdent tout crédit dans un contexte social et politique très tendu, le pouvoir va multiplier les démarches de plus en plus menaçantes pour empêcher que justice soit faite. On a beau connaître par coeur les méthodes utilisées par les régimes communistes européens pour faire taire la contestation, on est toujours aussi stupéfait de se souvenir qu’il y a une quarantaine d’années à peine, en Europe, l’autorité n’hésitait pas à s’impliquer personnellement pour salir la mémoire d’une victime et de ses proches, intimider les témoins potentiels mais aussi les rares fonctionnaires qui s’efforçaient de maintenir un embryon d’état de droit en état de fonctionner et, quand rien ne marchait, à faire ce qu’il fallait pour que d’autres que les coupables endossent la responsabilité du délit. A l’écran, tout cela fonctionne parce que ‘Varsovie 83’ est monté comme un excellent Thriller, qui maintient le suspense ouvert jusqu’à sa conclusion pour autant qu’on n’ait pas fait de recherches préalables sur l’issue de cette affaire enterrée par le pouvoir communiste puis oubliée par ses successeurs. On y observe également la peur et l’épuisement des citoyens qui poussent à la compromission et à cesser le combat, l’indifférence, l’aveuglement et l’obéissance qui valent une progression de carrière rapide, le fatalisme qui incite à croire que l’Etat sortira inévitablement vainqueur d’un tel bras-de-fer…et on n’en a que plus de respect pour ceux qui n’ont jamais courbé l’échine alors que tout semblait jouer en leur défaveur. Avec ce film brillant, le cinéma polonais, même dans le cas d’une production pas forcément très vendeuse à l’étranger, continue de prouver qu’il est bien l’une des valeurs montantes parmi les cinématographies européennes.