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Arthur Brondy
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3,5
Publiée le 30 novembre 2024
Jessica et Laila quittent la France pour la Syrie et rejoignent Daesh, dans l’espoir d’une vie meilleure. Elles vont vite déchanter et se retrouver prises au piège d’un régime meurtrier et éloigné de ce qu’elles imaginaient. C’est très fort, et très bien incarné.
Le film évoque ce qu’on ne peut ignorer de la barbarie du groupe islamiste dénommé Daesh avec en particulier la cruauté, l’humiliation constante des femmes et le jusqu’au-boutisme effarant de ce groupe de fanatiques dans leurs actions innommables. Ainsi la réalisatrice rappelle que depuis 2013 ce sont plus de 42 000 jeunes adultes, à peine sortis de l’adolescence, très souvent en échec au début de leur vie estudiantine ou professionnelle, effroyablement manipulés, qui ont lâchés alors brutalement leur vie en occident pour faire le voyage en Syrie et rejoindre les groupes les plus violents de cette terrible mouvance dégénérée de l’islam. On observe dés lors deux jeunes filles bien françaises qui vont fuir leur beau pays pour rapidement se rendre compte du chaos sur place et de l’enfer que représente ce groupe islamiste terroriste basé en Syrie. Les actrices sont remarquables tout comme la mise en scène, même si je pense que la situation là-bas était encore plus violente et pénible à supporter que ce qu’a bien voulu montrer à l’écran la réalisatrice. Mais cela reste extrêmement saisissant et instructif.
L'histoire personnelle de la cinéaste allemande, explique sans doute l'intérêt qu'elle a éprouvé à s'intéresser à l'endoctrinement et au fanatisme
Si la réalisation est uniquement illustrative, on ici affaire à un film qui a quelque chose à montrer et à dire.
Sa limite, c'est qu'il se contente de montrer sans expliquer. Il aurait sans doute fallu remonter à l'enfance des protagonistes pour en savoir un peu plus sur la construction de leur personnalité déséquilibrée.
La leçon de " Rabia" ( nom de la protagoniste principale qui signifie" rage" en espagnol ) c'est que l'instruction et la connaissance ne sont pas des moyens totalement étanches pour se protéger du mal.
Il montre aussi la volonté de destruction qui animent certains ou certaines et rendent la vigilance indispensable pour s'en prémunir et s'en protéger.
Ai vu « Rabia » le premier film de la réalisatrice allemande Mareike Engelhart qui a mené une longue enquête minutieuse afin d’écrire son scénario auprès de jeunes filles françaises qui ont tout quitté pour partir en Syrie intégrer Daech. Nous suivons deux amies Jessica (Megan Northam) et Laïla la meneuse (Natacha Krief) qui arrivent à Raqqa avec des dizaines d’autres comme elles, emplies d’espoir et de promesses d’une vie où elles seront enfin estimées et reconnues sans savoir qu’elles vont être vite emprisonnées et dressées dans une maison pour futures épouses de combattants. Cette maison est dirigée par une main de fer par Madame (excellente comme toujours Lubna Azabal). Le film est très intéressant pour son côté documentaire, la reconstitution minutieuse de ce lieu totalement cloitré est tout à fait crédible. Mais le factuel prend le dessus sur la psychologie et cela donne une certaine froideur, une distance qui est un peu préjudiciables au projet. Il nous manque des informations sur les motivations des personnages, on n’a du mal a estimer le laps de temps qui se déroule entre les scènes (quelques jours ? plusieurs mois ?), à nous fixer sur un personnage principal qui oscille en permanence entre Jessica et Madame. Les trajectoires entre les deux amies qui ne cessent de se croiser sont un peu trop didactiques et manquent de subtilité. C’est dommage car le sujet est passionnant, terrorisant et toujours d’actualité. La mise en scène est efficace et maitrisée. Le sujet est difficile et garder la bonne distance sans tomber dans le mélo est un équilibre périlleux à trouver. La réalisatrice a pris trop de recul que la grande qualité de jeu de ses actrices ne parvient pas à compenser.
Vu en avant première l'histoire n'est pas nouvelles on n'a déjà eu un film qui parlait de la même histoire qui se nommé Rebel, personnellement j'ai préféré largement le film Rebel je m'etais beaucoup attaché aux personnages contrairement à celui-ci, même histoire sauf que c'était un garçon et la c'est une fille.
À voir pour son intensité, sa maîtrise et surtout la très belle interprétation de Lubna Azabal, une nouvelle fois sidérante, et de la jeune révélation Megan Northam. A bientôt aux Césars ? Si les votants sortent un peu des sentiers battus ( c’est pas gagné) ….
Ce film vaut tous les documentaires. L’envie et la vie de ces pauvres filles et aussi de leurs enfants est difficile à appréhender. La dureté de ce qui les attend est très bien décrite dans cette histoire. Sans doute à montrer dans toutes les écoles…
Elle est allemande et c’est son 1er film en tant que réalisatrice. Elle s’appelle Mareike Engelhardt. Poussée par les promesses d’une nouvelle vie, Jessica, une Française de 19 ans, part pour la Syrie rejoindre Daech. Arrivée à Raqqa, elle intègre une maison de futures épouses de combattants et se retrouve vite prisonnière de Madame, la charismatique directrice qui tient les lieux d’une main de fer. Inspiré de faits réels. 94 minutes d’un huis clos étouffant, oppressant et d’une rare intensité. Une jeune réalisatrice qui ose s’attaquer au djihadisme au féminin est forcément à suivre de près. Ce que nous feront. Ce sont deux expertes françaises du djihadisme féminin, qui ont fait rencontré à notre cinéaste plusieurs filles ayant vécu dans les madafas d’Oum Adam. Elle a toutefois édulcoré certains témoignages, jugés trop "durs" pour son film. Ce que la réalisatrice a voulu surtout montrer, c’est l’ambiguïté de ces femmes et surtout combien elles pouvaient être aussi coupables que les hommes en partance pour le Djihad. Souvenons-nous que Mareike Engelhardt est allemande et que ce dispositif effroyable rappelle les Lebensborn, ces pouponnières nazies de sinistre mémoire, qui servaient à la survie de la race aryenne. Elle a su créé un contraste entre le confort des étages supérieurs qui abritent les appartements de « Madame » et les sous-sols angoissants, remplis d’esclaves yézidies. Sachez, qu’à part les ultimes plans tournés dans le désert jordanien, tout a été reconstitué avec soin dans les studios aménagés à Bergerac. Le film dur, frontal, d’un réalisme brutal est un véritable coup de poing. La jeune Megan Northam incarne parfaitement l'enfermement de son personnage dans un schéma de fonctionnement mortifère. Depuis 2010 et Incendies de Denis Villeneuve, Lubna Azabal n’en finit pas de nous épater comme dans Le bleu du caftan, Pour la France ou Amal – un esprit libre une fois encore, elle est impériale dans le rôle de « Madame ». A leurs côtés, citons encore Natacha Krief et Klara Woëdermann. Une fiction proche du documentaire édifiante sur le fanatisme et l’endoctrinement, mais qui sait mettre de la complexité là ou le simplisme pourrait être comme une évidence. Eprouvant mais utile.
Voir une réalité des départs pour rejoindre la Syrie , des déterminations douteuses à la surprise de voir ce qui les attends sur place ! Surprise , c’est loin d’être le pur bonheur promis avant de partir ! Très bien interprété…
Ayant effectué deux voyages en Syrie (2002 et 2007), j'étais impatient de voir ce film. La jeune actrice Megan Northam est vraiment impressionnante dans ce rôle complexe où elle évolue dans un système extrêmement répressif en devenant complice de la mère maquerelle "Madame" incarnée par Lubna Azabal, qui une fois de plus nous surprend, quelques mois après l'excellent "Amal : Un esprit libre" ! Ce film fort et aussi déstabilisant est en pleine corrélation avec la chute du régime dictatorial syrien il y a peu.
bien que ça soit triste de voir ses jeunes filles de croire au miroir aux alouettes en allant sur en syrie ce film ne traite pas de la véritable réalité des calvaires que ces jeunes femmes vivent et supportent.
Une grande claque, je suis sortie de la salle subjuguée, bouleversée. Un point de vue rare au cinéma, celui de la place des "méchants", qui nous aide à se souvenir de la complexité des rouages qui peuvent mener à l'impensable. Les 2 actrices principales sont époustouflantes. A ne pas manquer !
c'est bienvenue en absurdité et dans l'obscurantisme. La spiritualité est absente d'un film ou l'aspect économique est lui, bien concret. Les organisations humaines sont souvent des moyens pour asseoir le pouvoir, et Dieu un alibi pour leurs fins. Le film se révèle plutôt mince dans sa démonstration prévisible et trop programatique, le personnage de la geôliere était le plus intéressant, au lieu de ça le film montre l'innocence des jeunes femmes pris dans les filets d'une utopie mortifere.
Le sujet était séduisant, la photo est belle, c'est bien joué, c'est intéressant de voir l'organisation d'une maison de femmes. Mais le scénario laisse à désirer et la psychologie des personnages est surprenante d'absurdité. L'héroïne est une jeune femme aide soignante qui n'a pas l'air d'aimer beaucoup les hommes, n'a pas l'air très portée sur le mariage, se plaint d'exercer un métier dévalorisé (aide soignante en maison de retraite) et d'être là boniche de la maison. Sauf que quand elle rentre chez elle, elle se pose devant la télé avec son père qui ne lui demande rien du tout, quand elle est au travail elle est le sujet d'une affection débordante d'une patiente et qu'étant donné son aversion des hommes et de la servitude, son départ en Syrie pour être mariée est complètement incohérent. Donc évidemment, ça se passe mal. Mais son choix est tellement incohérent qu'on n'a aucune empathie pour elle et une certaine lassitude s'installe, voire de l'agacement et de l'ennui. On sort du film en ayant aucune réponse quant au cheminement de ces femmes et leur choix. C'est dommage, le film est passé à côté de son sujet et s'apparente davantage à un mauvais téléfilm vu la faiblesse de son propos.