Trumbull Land
Note moyenne
3,3
9 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

3 critiques spectateurs

5
0 critique
4
1 critique
3
2 critiques
2
0 critique
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 173 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 juillet 2020
Grégory Wallet dresse le portrait d’un visionnaire, d’un pionnier, voir même d’un génie incompris. Douglas Trumbull est l’un des précurseurs des effets spéciaux modernes. On lui doit (entre-autres) la séquence psychédélique dite du voyage "vers Jupiter et au-delà" dans 2001 : L'odyssée de l'espace (1968) de Stanley Kubrick, les effets visuels de Rencontres du troisième type (1977) de Steven Spielberg suivis de ceux de Blade Runner (1982) de Ridley Scott avec ses reconstitutions en maquettes.

Après sa rencontre avec Stanley Kubrick, Douglas Trumbull s’essaya à la réalisation avec un space-opera : Silent Running (1972) au budget infinitésimal de 1 million de $.

Artiste visionnaire, il invente le procédé du "Showscan", qu’il devait utiliser sur son film suivant, mais la Paramount abandonna le projet. Repris par la suite par la MGM, mais frileuse à l’idée d’utiliser un tout nouveau procédé, ils préférèrent ne pas l’utiliser, obligeant Douglas Trumbull à revenir en arrière et utiliser le bon vieux 35mm avec des objectifs dit "fisheye" pour réaliser le brillant Brainstorm (1983). Un film visionnaire qui ne rencontrera pas le public espéré. Un film qui d’ailleurs, faillit ne jamais voir le jour avec le décès brutal de Natalie Wood pendant le tournage. Lassé de ses mauvaises expériences avec le 7ème Art, Trumbull abandonnera définitivement la réalisation pour se consacrer à d’autres projets.

Il mettra en scène notamment, l’attraction "Back to the Future : The Ride" pour le parc d’attraction Universal Studios et diffusé dans un cinéma dynamique (l’équivalent du 4DX).

Pionnier dans les effets spéciaux, il travaillera pendant de longues années sur le développement des effets organiques (plutôt que de faire appel aux effets informatiques, comme le fait l’industrie Hollywoodienne). Précurseur et inventeur, il déposera même au cours de sa carrière une trentaine de brevet !

Actuellement, il travaille sur un tout nouveau procédé qui, selon-lui, devrait révolutionner le cinéma. Il s’agit du "Magi Pod", dont la diffusion (en salle sphérique) se ferait à 120 images par seconde (contre 24 actuellement), en 4K et sur un écran bien plus grand que ceux utilisés actuellement.

Reste à savoir si l’industrie du cinéma le suivra… où le boudera une fois de plus…

Trumbull Land (2018) est un documentaire passionnant, où durant près de 60min, Douglas Trumbull revient pour nous sur ses plus belles rencontres et succès. Un passionné et un amoureux du 7ème Art qui semble ne pas vouloir s’arrêter (à 75ans, au moment du tournage). Un docu enrichissant bien que trop court (!), le tout accompagné par une très belle B.O. signée Rurik Sallé.

► http://bit.ly/CinephileNostalGeek ★ http://twitter.com/B_Renger ◄
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 juillet 2021
Le 7ème Art est une grande énigme, qui fragmente ses pistes de réflexions au fur et à mesure qu’il se renouvelle et se réinvente. Ce que le réalisateur français, Grégory Wallet, souhaite donc poser, c’est une grille de lecture, vue par la famille Trumbull, pionnière dans l’industrie des effets spéciaux. Ces « magiciens », comme on aime les décrire, se dévoilent, notamment à travers Douglas qui nous transporte jusqu’aux étoiles, en passant par la capture de la contemplation abstraite. Ce documentaire, rempli de bonnes intentions et de grandes ambitions, aborde méthodiquement en quoi cette personnalité a révolutionné tout un univers et tout un panel de films, idolâtrés et qui trônent encore comme des références capitales, que ce soit auprès du public ou des artistes du motion design.

Le portrait de l’artiste ne naît qu’à l’essai et il s’agit d’une base que Douglas Trumbull annonce comme une opportunité. Il existe toujours une étape déterminante afin de construire ou déconstruire un projet. Lui, il l’a saisi, en s’inspirant de Kubrick comme mentor, puis en développant de lui-même une vision contemplative du cinéma. L’écran est une passerelle qui se doit d’être nourri, suffisamment assez pour que l’immersion prenne le pas sur le spectateur. C’est en engageant toutes ses forces dans cette motivation qu’il parvient à rendre « 2001 : l’Odyssée de l’Espace » aussi merveilleux. De ce succès a découlé plus de surprises. Robert Wise (Le Mystère Andromède, Star Trek), Steven Spielberg (Rencontres du Troisième Type), George Lucas (Star Wars), Ridley Scott (Blade Runner) et Terrence Malick (The Tree of Life) ont collaboré avec ce génie du spectacle, qui a permis de rendre certaines scènes visibles et palpables émotionnellement. Mais il est loin de se terrer dans l’ombre de ces metteurs en scène, car lui aussi possède bien de l’énergie à revendre.

En décortiquant ses propres réalisations, des modèles précurseurs nous apparaissent comme une évidence, mais la mécanique est bien plus complexe. Grâce à cette multiple casquette, il est en mesure de transposer des émotions de liberté et de légèreté sur l’écran et les personnages sont eux-mêmes soumis aux mêmes règles que nous autres, dans des sièges plus confortables et propices à l’envol mental souhaité. Son « Silent Running » s’illustre comme un prolongement de son expérience et « Brainstorm » résonne comme l’aboutissement de tout ce qui le rend si singulier, une fois à la barre d’un projet à la fois ambitieux et ambigu. Et c’est dans la dualité qu’il avance, qu’il crée et qu’il tire son public vers l’extase. Il y parvient, malgré la difficulté et d’autres épreuves qui fragilisent son équipe, car il reste humain avant tout et il tente toujours de repousser les limites. Ses cicatrices sont nombreuses et douloureuses, ce qui lui redonne plus d’enjeux pour finir sa carrière en beauté.

Ainsi, sur les traces de son père Donald (Le Magicien d’Oz, Spaceballs), qui le soutient grandement, le fils se créer une identité et une âme passionnée. Le savoir comme un des acteurs majeurs dans une transition technologique révolutionnaire a de quoi susciter de l’intérêt ou au moins de la curiosité. Il suffit de l’écouter un instant pour se rendre compte de cette autre dimension dont on ne souligne pas assez l’importance. Dommage que l’on ne confronte pas davantage son art aux autres afin de rendre son discours plus pertinent, mais l’œuvre a préféré se destiner à l’homme derrière l’icône. Pousser son art vers l’expérimental fascinera donc toujours autant, à l’image du documentaire « Jodorowsky's Dune », qui accentue la richesse apportée par le designer Hans Ruedi Giger. Toutes les pièces de l’industrie cinématographique finissent par se croiser et c’est un plaisir de découvrir un « Trumbull Land » encore d’actualité. Espérons que le fameux projet « Lightship » puisse voir le jour dans les meilleures conditions possibles et toujours dans une optique d’exploration infinie.
bobbyfun
bobbyfun

55 abonnés 1 313 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 juillet 2020
En retraçant sommairement la carrière de ce magicien des effets spéciaux au profit de son témoignage, Wallet met plus en exergue l'aspect confession de l'homme plus que son travail en lui même.

A travers ce document et des intervenants qui le composent, on remarque avant tout l'avant-gardisme du personnage, à la fois en avance sur son temps mais aussi à contre-courant des standards Hollywoodiens, ce qui lui portera notamment préjudice dans sa carrière de réalisateur qui l'aurait tant aimé continuer. (bien qu’idolâtré dans son milieu)

A travers la vision de son principal protagoniste, Trumbull Land peut s'apparenter à la vision d'un cinéma pas si lointain où les effets visuels étaient construits par la main de l'Homme et non par celle l’ordinateur. Il n'en reste pas moins intemporalité incroyable qu'il en résulte, même des décennies plus tard.
Les meilleurs films de tous les temps