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Bertie Quincampoix
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4,0
Publiée le 2 juillet 2025
Sorti en 2002, Marie-Jo et ses deux amours est un film en état de grâce signé Robert Guédiguian. Porté par des comédiens magnifiques – Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan, le cœur de la troupe du cinéaste marseillais – le film nous plonge dans le quotidien de Marie-Jo, très amoureuse de son mari avec qui elle a construit sa vie, conçu une fille et acheté une maison. Mais depuis un an, elle est également amoureuse du charmant Marco, un pilote de navire qui a roulé sa bosse dans le monde entier. Œuvre sur le temps qui passe et le passage de la cinquantaine, Marie-Jo et ses deux amours illustre le déchirement de tous les êtres humains, écartelés entre l’envie de fonder un foyer et celui de vivre l’ailleurs, l’aventure. spoiler: Dans le film, l’héroïne n’arrivera pas à choisir entre ces deux options, profondément amoureuse de ses deux hommes. Mais dans quelle mesure cette situation sera-t-elle tenable ? Un petit bijou de romantisme, à la sensualité évidente, magnifié par les décors d’une cité phocéenne éclatante de soleil et du bleu de la mer.
A la lecture d'un synopsis classique comme celui-ci, un triangle amoureux insoluble autour d'une femme tiraillée entre son mari et son amant, on est en droit de craindre une avalanche de clichés, d'effets de style pompeux et de larmes de crocodiles pour habiller un traitement superficiel du sujet. Mais la première chose qui frappe ici c'est bien l'aspect minimaliste et effroyablement réaliste de cette réalisation de Guediguian; pas d'effets d'annonces ou d'artifices de mise en scène, la vie avec un grand V s'y déploie complètement et largement dans toute sa douceur et sa violence. La réalisation parvient à capter des moments d'intimité et de grâce avec une maestria rare que ce soit à travers une danse de soirée, des regards où le rire dissimule la plus grande détresse et surtout par des silences aussi pesants que lourds de sens. Ceci est permis avant tout par la symbiose et l'alchimie entre les acteurs ainsi que par une écriture extrêmement fine des dialogues et des scènes qui nous amène à ressentir viscéralement cette prison amoureuse mortifère dans laquelle Ariane Ascaride s'enferme au fil du métrage. Le montage est également brillantissime en jouant constamment sur le parallélisme pour faire dialoguer ces 2 existences menées par Marie-Jo avant leur irréversible entrechoquement qu'elle provoque elle-même au milieu du métrage. Une puissance émotionnelle rare se dégage de ce film avec une empathie complète qui se crée autour d'une Ascaride qui contourne allégrement le poncif de la femme infidèle lassée de son mari et dépourvue de passion pour lui. On ressent comme rarement l'écartèlement permanent de ce personnage entre deux idéaux qu'elle aime éperdument (à son plus grand désarroi) et qui n'arrive plus à être heureuse que dans cette passion charnelle qui soulage temporairement les idées noires qui l'habitent constamment. Le seul bémol du film reste le final qui, bien que symboliquement très pertinent, ressemble surtout à un Deus Ex machina, au point de questionner l'aspect ultra-réaliste voire quasi-documentaire du reste du métrage. Ainsi, cette première excursion pour moi en terres Guediguiannes aura été bien plus remuante qu'attendu avec une virée rythmée, pragmatique et implacable dans la psychée de ces 3 personnages magnifiquement interprétés.
C’est une situation amoureuse qui interroge surement beaucoup de nos semblables : peut-on aimer, vraiment, deux personnes en même temps ? Dans son habituel univers Marseillais, avec une progression habile de l’intrigue, beaucoup de tact et de sensibilité, le cinéaste (et aussi sa magnifique actrice Ariane Ascaride) exprime le dilemme et la souffrance qu’elle peut engendrer. Il y de très beaux moments tout au long du film, grâce à d’excellents dialogues et à des silences pesants, pleins de non-dits émouvants. Le dénouement, certes de belle valeur symbolique, n’est pas tout à fait à la hauteur de tout ce qui précède. Mais ce film attachant reste une des plus belles réussites de l’œuvre inégale de Robert Guédiguian.
J'ai préféré ce film à "Marius et Jeannette". Il s'agit en fait ici d'un triangle amoureux sur Marseille. Marie Jo est mariée mais trompe son mari avec un autre. Elle est sincère et ne peut choisir, car elle aime les deux. Évidemment, cela va engendrer des tensions car il n'y a pas d'issue à cette situation. La fin sera même tragique. Alors non, ce n'est pas un film avec beaucoup de moyens financiers, mais dans son genre il s'en sort très bien. On ne voit pas le temps passer. Les acteurs sont bons et les musiques judicieusement choisies. En plus, on se replonge dans le Marseille du début des années 2000. Attention les yeux, il y a beaucoup de scènes de nudité, mais sans vulgarité.
Ce film de Guédiguian est presque un petit bijou. Il me rappelle certains films de Sautet. Bien qu'ici on change de climat pour celui de la Provence et plus précisément celui de Marseille. C'est la beauté au naturel qui nous est montrée ici, celle du bonheur simple aussi. Mais qui est toujours teinté d'un petit quelque chose car rien ne peut rester identique pour l'éternité et ici dans cette histoire d'amour, c'est une seconde histoire d'amour qui va être le couac dans le rouage. On retrouve le trio Darroussin, Ascaride et Meylan. Complété par J. Boudet. Seule la fin m'a déçue je dois dire. Mais c'est une affaire de goût. A voir et à revoir surtout.
Vue sur Arte Femme tourmentée entre ses deux "amours". Les personnages limitent leurs communications de couples à la seule fornication et n'ont aucun projet ni complicité. Ils n'ont qu'un seul enfant et rien construit C'est pas ça l'amour
Encore un très joli film de Guediguian (c'est un pleonasme) où l'on voit Ariane Ascaride incarner la poignante Marie Jo déchirée entre le sincère amour qu'elle porte à son mari et sa passion naissante pour le charismatique Marco sans pouvoir résoudre cette équation impossible. Loin des clichés des vaudevilles, des drames ou des thrillers sur le triangle amoureux, le réalisateur marseillais humaniste dépeint les sentiments dans toute leur complexité et leur diversité. Si la fin m'a moins convaincu, l'ensemble est une vraie réussite.
La mort résolutive est souvent au RDV de ces histoires humaines. Très beau film à voir absolument car il aide à réfléchir avant de s'aventurer dans la forêt obscure des sentiments. La musique est bien choisie. Les acteurs authentiques.
C'est une chronique sentimentale qui prend un tour romanesque et pour laquelle Robert Guédiguian met de côté ses habituelles préoccupations sociales. Réunissant son trio fétiche (Ascaride, Meylan, Darroussin) dans sa ville d'élection (Marseille), le cinéaste met en scène une histoire d'amour singulière sous la forme d'un classique adultère, une histoire d'amour double d'une certain façon car Marie-Jo aime tout autant sincèrement son mari Daniel que son amant Marco dans une situation d'ensemble tout ce qu'il a de moins de vaudevillesque et où aucun n'est heureux. Disons-le, malgré l'estimable modestie et sincérité des personnages, leur caractère ordinaire et l'indolence du récit, avant que ne pointe le dénouement, ne sont pas fait pour nous toucher tout au long du film. La simplicité assumée de l'intrigue amoureuse et surtout de la psychologie des trois protagonistes en limite quelque part l'intérêt. Leur souffrance et leur passion m'ont laissé plutôt indifférent, comme relevant d'un cas de figure théorique manquant de sensibilité.
Porté par un trio d'acteurs attachants, un mélodrame poignant qui traite, sans jugement, de la confusion des sentiments d’une femme tiraillée entre l’amour indéfectible qu’elle porte à son mari et la relation passionnelle qu’elle entretient avec son amant.
Dommage que ce film soit trop long à démarrer et que le rythme soit parfois trop lent, car tout le reste est parfait: de très belles images, les acteurs sont parfaits, des sentiments parfaitement décrits, notamment au niveau des ressentis de chacun.
L'histoire est toute simple : une femme, deux hommes et un choix à faire. Le problème est qu'elle n'arrive pas à choisir et qu'elle aimerait continuer ainsi sans avoir à faire de choix car quand elle est avec l'un de ses deux amours, l'autre lui manque et vice-versa. Comme la polygamie est interdite en France, l'héroïne est bien embêtée ! Personnellement, j'ai du mal à adhérer à ce concept de plusieurs amours simultanés mais cela n'engage que moi. L'interprétation (du trio principal aux seconds rôles) est remarquable et l'histoire pleine d'émotions ... la fin m'a d'ailleurs particulièrement ému. J'ai aussi beaucoup aimé le fait que les personnages soient d'âge mur : cela change des comédies pour ado ! Par ailleurs, les relations mère/fille rajoutent de la profondeur à l'histoire. En résumé, une très belle histoire, bien qu'un peu lente par moments, filmée dans de magnifiques paysages, qui se laisse regarder avec plaisir.
Moins bien que Marius et Jeannette. Pas de réelle histoire ou plutôt 2 histoires : d'amour entre marie-jo et son mari et celle avec son amant. Le film alterne entre l'un et l'autre; scènes de nu et quelques dialogues avec Marseille en décor. Le film à un rythme lent et (trop) régulier. Toujours du Guédiguian. Je vais dire pour les fans.
Guédiguian met à nouveau en scène son épouse dans un drame de l‘amour avec les mêmes partenaires que dans "Marius et Jeannette". Ca marche encore une fois et l'on suit avec intérêt le cheminement sentimental de cette femme qui ne sait pas choisir entre deux hommes. Ses hésitations rythment le film jusqu'au point où l'on est parfois agacé par ses revirements alors qu’elle nous laisse à croire qu’elle a enfin décidé de son destin. Tout ceci se terminera tragiquement mais aussi poétiquement. On a du mal à comprendre ces deux hommes qui sont prêts à tout accepter pour garder intact leur amour. L’interprétation est magistrale, condition première à la réussite de ce type de film basé sur les sentiments humains. Guédiguian fidèle à son trio d'acteurs n’a pas son pareil pour mettre en scène le quotidien et le transcender dans son Marseille natal. Il est en revanche beaucoup moins captivant quand il veut mélanger drame amoureux et message sociopolitique.