Ce n’est pas le premier film sur quelqu’un qui prend la place d’un autre mais c’est toujours un thème inquiétant. Et ici c’est assez bien réussi. L’ambiance, la famille deglinguée et LC avec un rôle de folle qui n’est pas sans rappeler la fameuse « main sur le berceau » même si le thème n’a rien à voir. Ici tout est malsain et violence psychologique. Pas mal.
Au bout de trois films très réussis, peut-on dire qu’un réalisateur est confirmé? On le pense oui, à la vision de ce troisième essai jubilatoire et virtuose signé Sébastien Marnier. Après le captivant et implacable thriller « Irréprochable » avec Marina Foïs et le suspense nihiliste et sacrément original « L’Heure de la sortie », le cinéaste nous revient avec une petite bombe, magistrale et vénéneuse, encore un cran au-dessus de ses deux précédents : « L’Origine du mal ». Une œuvre presque exclusivement remplie de femmes et qui change de la mode actuelle féministe et portant souvent sur la masculinité toxique (tant mieux, on a un peu fait le tour depuis quelques années...) où ici celles-ci sont toutes vénales, mauvaises et vicieuses. Mais attention, pas de polémique stérile : c’est un film, qu’on ne nous parle pas de misogynie ou autre. Il tisse un scénario machiavélique en forme de toile d’araignée, nous captivant de la première à la dernière minute et qui ne nous lâche pas plus de deux heures durant.
On est face à un jeu de massacre jubilatoire entre thriller retors que ne renierait pas Claude Chabrol et comédie (très noire voire acide) où le rire est parfois outré par la méchanceté de ces protagonistes, tous irrécupérables. Sa vision de l’humanité est plutôt encore une fois nihiliste et dépressive. Il s’amuse de ces protagonistes comme dans un jeu d’échec et de manipulation où chaque pièce peut tomber à chaque instant. Sa finesse d’écriture et l’excellence des dialogues et des situations est tout à fait jouissive et on se plaît à détester les personnages. Et quel casting! Homogène et flamboyant, où chacune a l’occasion de briller dans des rôles qu’elles ont dû prendre un sacré plaisir à incarner. N’oublions pas la seule représentation masculine en la personne du trop rare Jacques Weber qui incarne un ogre réjouissant et terrifiant. Simple petit bémol, le personnage de la jeune Jeanne est parfaitement inutile et mal exploité.
Dans « L’Origine du mal » on apprécie également la science du rebondissement du cinéaste. Subrepticement, il distille non pas seulement un joyeux malaise, venimeux et palpable, mais aussi des retournements de situation parfaitement agencés et négociés qui rebattent constamment les cartes d’un jeu dont il tire adroitement les ficelles. Crédibles et palpitants, ces twists nous réjouissent en tant que spectateur et on en redemanderait presque. Mais ce n’est pas tout, le cinéaste a encore plus perfectionné sa mise en scène que dans ses précédents opus : il filme cette immense demeure sur l’île de Porquerolles comme si c’était son terrain de jeu. Les prises de vues sont tourbillonnantes pour figurer le vertige de cette mascarade, l’utilisation inattendue du split-screen est parfaitement justifiée et la mise en scène est ample et belle. Il n’y a pas à dire, « L’Origine du mal » est un sacré film, aussi délicieux que maléfique et en tant que spectateur on s’y amuse autant qu’on est happé par le suspense. Un nid de vipères totalement jouissif!
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
Effet "Cosy Murder" avec cet "Origine du mal" signé Sébastien Marnier. Ça devient presque une monde comme le montre le succès d' "A couteaux tirés" ou les retours d'Hercule Poirot au cinéma.
C'est une bonne production française. La réalisation y est soignée, le casting est bon et le scénario bien écrit. Pourtant, les principaux rebondissements y sont prévisibles. Un manque de surprise qui est contrebalancé par une ambiance adéquate à ce genre cinématographique. Manque peut-être d'un brin de folie et/ou d'humour noir pour parfaire le tout.
Prenez une famille bourgeoise toxique et introduisez une intrus dans la demeure. Un thriller familial fascinant et captivant en forme de sublime jeu de dupe, porté par un casting impeccable, Dominique Blanc et Laure Calamy en tête. 4,25
Un film à ambiance, mais une ambiance finalement plus curieuse voire saugrenue qu'inquiétante... Bizarreries et non-dits s'enchaînent au rythme d'une musique un peu trop présente et, si Laure Calamy et Doria Tillier s'en sortent à merveille, la prestation de Dominique Blanc est dérangeante tant elle est affreuse. Est-il possible de jouer aussi mal ? Heureusement, Jacques Weber est excellent en patriarche autoritaire sur le déclin.
Laure Calamy est impeccable dans son rôle, c'est d'ailleurs la seule actrice féminine valable ici selon moi, elle excelle aux côtés de Jacques Weber. J'ai adoré l'atmosphère oppressante de ce film. On reste un peu sur notre faim quand arrive le générique de fin mais c'est un petit thriller français qui mérite une bonne note.
Un jeu de dupes, de manipulations par des personnages névrosés. Ce drame psychologique décrit toute la noirceur des classes sociales et, ici des femmes, dans un climat relativement lourd. la mise en scène est longtemps anesthésiée mais la dernière demi-heure emporte le tout. On peut à juste titre retrouver des inspirations, de notamment C. Chabrol.
Les personnages et leurs péripéties sont savoureux. Le traitement visuel et sonore lui confère un caractère fort. Malheureusement le scénario n’est pas au niveau. Trop prévisible.
Malgré une fin qui s’emballe un peu trop, comme si le réalisateur était dépassé par son récit, « L’origine du mal « est un film assez fascinant, dans lequel tous ses personnages parviennent à exister avec force et ambiguïté. Dans le rôle principal, Laure Calamy est magnifique, tissant sa toile avec une opiniâtreté inquiétante. L’audience est un grand moment de cinéma où l’alliée supposée passe chez l’ennemi avec une détermination machiavélique. On pense à un Chabrol sous amphétamine.
On est vite pris dans cette intrigue où l'arrivée d'un nouveau personnage va faire éclater quelques vérités enfouies au sein d'une famille aisée dont tous les protagonistes semblent avoir un secret. Le film est assez malin pour nous emmener sur de fausses pistes mais plus le film avance, plus les révélations éclatent, plus le spectateur peut décrocher devant trop de révélations et de rebondissements. Coté interprétation, rien à redire, Laure Calamy évolue dans un rôle un peu différent de ces rôles précédents, Jacques Weber est suffisamment équivoque pour laisser planer des doutes sur son personnage, Dominique Blanc compose avec justesse un personnage un rien cocasse. Le metteur en scène filme tout cela professionnellement et efficacement sans grande originalité tout de même.
Film de genre, façon thriller, totalement irréaliste mais plaisamment tordu. Un élément mystérieux (Laure Calamy, toujours aussi excellente) vient perturber une famille de riches dingues entièrement centrée sur ses névroses et pleine de secrets et de mensonges. On se laisse promener entre comédie caricaturale, drame psychologique sur le patriarcat et thriller bourgeois bien propre sur soi… mais pas à l’intérieur. La réalisation est habile, sans trop de baisses de régime, et l’interprétation de toutes (il n’y a qu’un seul homme dans l’herpétarium) est sans faute. Tout le monde s’amuse mais fait bien le travail. Bon film qui a sa propre personnalité, déroutante, et qui fait beaucoup penser par ses clins d’œil à Chabrol, Hitchcock ou de Palma.
J’avais bien aprécié Irréprochable , et j’ai pris à nouveau du plaisir avec ce film de Sébastien Marnier. D’abord le scénario, qui, à défaut d’être très réaliste (mais ça passe !) est particulièrement malin et original. Ensuite les acteurs, tous de haut niveau, avec une Laure Calamy décidément maintenant incontournable. Parmi les défauts, on notera une première moitié moins prenante, mais qui explique bien la deuxième moitié de cette histoire vénéneuse à souhait. Beaucoup parlent de Chabrol, et il y a sans doute un peu de ça, mais c’est surtout l’histoire qui porte ce film. D’ailleurs, Gabin ne disait-il pas (ça nous rajeunit !), « Pour faire un bon film il faut 3 choses : 1) Une bonne histoire 2) Une bonne histoire 3) Une bonne histoire ». Bien vrai.
Sorte de Cluedo baroque sous fond de drame familial qui multiplie les fausses pistes et les retournements de situation, c’est forcément pas sans rappeler le grand Claude Chabrol. Chaque personnage agace autant qu’il fascine, une interprétation impeccable. Mention spéciale comme souvent à L.Calamy terriblement efficace.