Les Filles d’Olfa
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pst113
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39 abonnés 102 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 20 juillet 2023
Impossible sans avoir rien lu de comprendre s'il s'agit d'un documentaire d'une fiction ou d'un mélange des deux ou ?
Totalement perdue je ne savais plus si j'assistais à une reconstitution ou non et si c'était le cas sa violence me mettait très mal à l'aise (et sinon aussi d'ailleurs..)
Dora M.
Dora M.

78 abonnés 543 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mai 2023
Ce film décrit de manière originale la vie d’Olfa, tunisienne, mère de 4 filles dont les deux aînées ont disparu. On apprend au fur et à mesure du film ce qui leur est arrivé.
Le procédé est original car la réalisatrice laisse la parole aux vrais protagonistes (Olfa et ses deux filles cadettes), tout en utilisant une actrice pour jouer les scènes difficiles qui sont réellement arrivées à Olfa, mais aussi deux actrices pour prendre les rôles des deux aînées et ainsi raconter ce qui leur est arrivé. C’est donc un mélange entre un documentaire et un film racontant une histoire vraie. C’est très intéressant, les personnes sont rigolotes et attachantes malgré le sujet très glaçant. J’ai malgré tout trouvé quelques longueurs.
Adeline C
Adeline C

60 abonnés 31 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mai 2023
Franchement le sujet est très bien traité. On y voit tout le paradoxe de la mère qui a vouloir surprotéger ses filles a laissé la place au "loup noir". Et cela pose la question de qu'est ce qu'on fait de ces gens là une fois embrigadés, et de leurs enfants ! Bref j'ai beaucoup aimé, les deux soeurs qui ont participé au film sont extrêmement fortes et émouvantes. Petit moment émotion pendant ce festival !
Petitgraindesable
Petitgraindesable

23 abonnés 72 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 juillet 2023
C'est un film nécessaire, tant pour son thème, traité avec une lucidité et une honnêteté impressionnantes, que pour son dispositif de documentaire du documentaire. Du grand art.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 juillet 2023
Olfa est la mère tunisienne de quatre filles, elles les a élevées seule. Deux d'entre elles sont parties sur les traces de Daesh faire le djihad dans la Libye voisine. Que s'est il passé alors que quelques mois auparavant elles s'habillaient en gothique et portaient des t-shirts "satanistes". La révolution est passée par là, le vent du Printemps arabe a soufflé Ben Ali mais a allumé les braises de l'Islam radical. Sans répondre à toutes les questions ce film interroge, scrute, donne à voir et à penser sur la place de la femme dans les sociétés arabes, sur le rôle de l'homme, sur une sororité, sur la transmission (du bien et quelquefois du mal). Le dispositif de Kaouther Ben Hania est aussi inédit que spectaculaire, faire joueur à des actrices les sœurs disparues, avoir une doublure comédienne pour que Olfa n'ai pas à subir le traumatisme de revivre les moments difficiles de son histoire. Une œuvre hybride entre fiction et documentaire dont la puissance sourde s'en retrouve démultipliée. Un grand film.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 juillet 2023
Ai vu le chef d'oeuvre "Les filles d'Olfa" de Kaouther Ben Hania. La metteur en scène réalise là un immense film tant par sa forme originale que par son fond tragique et captivant où les deux sont intrinsèquement liés et se nourrissent l'un l'autre tout au long de 110 minutes passionnantes. Olfa est une mère de famille qui vit seule avec ses 4 filles. Les deux ainées se sont spoiler: engagées auprès de Daech.
La réalisatrice décide de raconter ce qui a amené progressivement les deux jeunes filles à cette décision extrémiste, pour cela elle fait appel à Olfa et à ses deux filles cadettes pour la partie documentaire et à End Sabri, actrice très connue en Tunisie, (double d'Olfa dans les scènes les plus douloureuses) et à Nour Karoaoui et Ichraq Matar pour jouer les deux filles dont l'absence hante le film. Les deux dernières filles d'Olfa interprèteront leur propre rôle quelque soit leur âge, idée lumineuse qui amène beaucoup de poésie. Un seul homme Madj Mastoura incarnera tous les rôles masculins (autre idée géniale). Un décor presque unique, l'intérieur d'une maison. Kaouther Ben Hania mélange les formes avec maestria, du documentaire à la fiction, de la confession intimiste à la répétition d'une scène cinématographique en passant par la psychothérapie de groupe, l'improvisation, l'image d'archive et le rush. Un suspens de plus en plus palpable s'installe au fur et à mesure où nous comprenons les motivations des jeunes filles et le rôle déterminant d'Olfa. spoiler: Olfa qui reproduit ce qu'elle a subit
, Olfa qui donne des conseils aux actrices professionnelles qui ont du mal à la comprendre. Olfa qui voyant certaines scènes rejouées sous ses yeux comprend l'importance de ses actes et de ses choix. Olfa devant qui la parole se libère, submergée par les vérités. Outre le propos principal du film, Kaouther Ben Hamid après les échecs (à mon sens) de Spielberg, Chazelle et Tarantino à rendre hommage au cinéma dans leur dernier long métrage, atteint ici le summum de ce que peut être l'essence du cinéma... la trancendance de la réalité simplement par un cadre, un éclairage, un silence, un regard, un montage, tout simplement ! Réunir avec modestie dans le même plan le documentaire et la fiction, l'amateur et le professionnel, le passé et le présent, l'absence et l'incarnation. Cinématographiquement c'est du grand art. Olfa vampirise tout sur son passage ses filles, ses partenaires, le projet et la caméra. Où comment une femme qui joue son propre rôle sous l'oeil d'une caméra se révèle, se métamorphose en une actrice et comment l'actrice professionnelle devant une Olfa digne d'être un personnage des Atrides ne peut que s'effacer. Un film très ambitieux, unique dans son dispositif. Essentiel. spoiler:
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 juillet 2023
Olfa, une mère tunisienne, a quatre filles. Les deux aînées, Ghofrane et Rahma, « ont été dévorées par le loup » annonce-t-elle mystérieusement. Les deux cadettes, Eya et Tayssir, belles comme le jour, vivent encore avec elles.
Pour raconter le fait divers qui, en 2016, en Tunisie, a conféré à Olfa une bien triste célébrité, Kaouther Ben Hamia adopte un parti pris original, à mi-chemin entre la réalité et la fiction. Sur le plateau du tournage où elle demande à Olfa et à ses deux cadettes de témoigner, elle convoque trois autres actrices : la star Hend Sabri ("Noura rêve") suppléera Olfa dans les scènes les plus difficiles et deux jeunes comédiennes interprèteront les rôles de Ghofrane et de Rahma.

J’ai découvert Kaouther Ben Hania en 2014 avec "Le Challat de Tunis", un étonnant « documenteur » prenant pour point de départ un mythique motocycliste qui terrorisait Tunis en balafrant de sa lame (« challat ») les fesses des femmes qu’il jugeait impudiques. Son deuxième film, "La Belle et la Meute", m’avait autant enthousiasmé que le premier. Il s’inspirait lui aussi de faits réels pour raconter une fiction traumatisante : le chemin de croix d’une jeune femme victime d’un viol qui devait, pendant toute une nuit filmée quasiment en temps réel, devant les autorités chargées de la protéger, se défendre de l’accusation de l’avoir provoqué. Avec son troisième, elle devient santo subito l’une de mes réalisatrices préférées.

Car "Les Filles d’Olfa" raconte un sujet poignant dans une forme jamais vue.

Du sujet, il ne faudrait pas trop en dire. Je reproche au Monde et à Télérama de dévoiler dans leurs critiques les motifs de la disparition de Ghofrane et de Rahma. Je vous recommande de n’en rien savoir pour le découvrir seulement à la fin du film.

Tout ce qu’on peut en dire est que, comme dans "Le Challat de Tunis" et "La Belle et la Meute", Kaouther Ben Hania prend à bras-le-corps des questions qui déchirent la Tunisie. Un pays qui, depuis la chute de Ben Ali en 2011, n’en finit pas de se débattre dans une succession de crises politiques (la démocratie encore fragile peine à s’affirmer face aux deux écueils de la montée de l’islamisme politique et du retour à une laïcité autoritaire), sociales (la pauvreté demeure lancinante et la jeunesse est privée de perspectives) et géopolitiques (la Libye s’est effondrée à ses portes) que le jeune cinéma tunisien documente avec une incroyable acuité : "Ashkal" de Youssef Chebbi, "Sous les figues" de Erige Sehiri, "Harka" de Lofty Nathan…

Kaouther Ben Hania nous montre que les femmes tunisiennes sont à la fois les actrices et les victimes de cette douloureuse évolution. Elle peint dans "Les Filles d’Olfa" un gynécée de cinq femmes dont la chaleureuse complicité ne doit pas nous abuser. On découvre bien vite qu’Olfa, sous ses dehors si avenants, n’est pas la victime impuissante du martyre de ses filles mais bien, en partie au moins, la responsable. On apprend progressivement – mais la formule est trop synthétique et trop caricaturalement clinique pour synthétiser une situation qu’il faut prendre le temps d’assimiler – qu’elle a exercé sur ses filles la violence qu’elle a elle-même subie, qu’elle reporte sur elles les traumatismes qu’elle a vécus, qu’à force de vouloir leur éviter de commettre les erreurs qui ont gâché sa vie, elle va leur en faire commettre de bien pires…

L’idée de génie est d’avoir fait jouer par un seul et unique acteur tous les personnages masculins qui auront croisé le chemin d’Olfa : le père de ses filles, un homme violent et alcoolique, l’amoureux qu’elle a après son divorce, dont elle ne prendra pas conscience qu’il profitera de sa crédulité pour abuser ses filles, le policier vers lequel Olfa se tourne quand elle n’a plus d’autres solutions… L’excellent Majd Mastoura renvoie d’ailleurs moins l’image d’une masculinité toxique que celle d’un patriarcat obtus.

Ces sujets, à eux seuls sont déjà passionnants. Mais c’est la façon dont les traite Kaouther Ben Hamia qui selon moi donne aux "Filles d’Olfa" un intérêt rarement vu. Kaouther Ben Hamia aurait pu tourner un documentaire classique, en intercalant parmi les témoignages d’Olfa et de ses deux cadettes, face caméra, des images d’archives et des photos tirées des albums de famille. On ne compte plus le nombre de documentaires qui utilisent ce procédé paresseux. À l’inverse, elle aurait pu prendre le parti de tout fictionnaliser en recrutant des actrices pour chacun des cinq rôles et en leur demandant de rejouer les épisodes de leurs vies. On sent d’ailleurs qu’elle a hésité entre ces deux options. Mais elle en choisit une troisième, intermédiaire et bigrement culottée, dont j’ai exposé l’économie au début de ce texte. Et elle décide non pas d’en montrer le résultat, mais une version là encore intermédiaire, qui tient autant du « making-off » que du film : on voit les scènes que les actrices professionnelles tournent avec les trois « vrais » personnages mais on voit aussi, on voit surtout, ces femmes préparer ces scènes en s’interrogeant sur les motivations et les ressorts profonds des personnages qu’elles jouent ou qu’elles sont.

Je ne sais pas dans quelle mesure cet artifice a été pensé. Pour le dire autrement, je ne sais pas si la réalisatrice avait tourné les scènes de « making-off » en sachant par avance qu’elles feraient partie du film. J’ai tendance à penser que oui. Pour autant, je ne lui reproche aucun machiavélisme. Je trouve au contraire le résultat stupéfiant qui nous montre une sorte de procédé cathartique où la mère et ses deux cadettes, en rejouant les passages les plus traumatisants de leurs vies, en se confrontant aux doubles de Ghofrane et de Rahma, exorcisent leur passé devant nos yeux ébahis.
Ufuk K

617 abonnés 1 721 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 juillet 2023
"Les Filles d'Olfa" en compétition cette année au festival de Cannes est un docu-fiction pertinent. En effet la réalisatrice Kaouther Ben Hania invite des actrices professionnelles dans ce qui devait être initialement un documentaire et fait découvrir au spectateur l'histoire de la vie d'Olfa et de ses filles pour mieux comprendre comment ses deux filles ainées se sont radicalisé et servir Daech dans un documentaire qui est un plaidoyer pour la liberté des femmes et contre le radicalisme religieux qui s'avère au final utile et qui touche au cœur par moments.
Neila Driss
Neila Driss

86 abonnés 17 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 juillet 2023
"Les Filles d'Olfa" : Une thérapie cinématographique pour guérir les blessures profondes?

Depuis qu’il a été annoncé en sélection officielle long métrage à la 76ème édition du festival de Cannes, Les filles d’Olfa, réalisé par Kaouther Ben Hania est attendu avec impatience et fierté par tous les tunisiens. D’abord parce qu’il s’agit de la première sélection d’un film tunisien en compétition officielle depuis 1970, ensuite parce que cette jeune réalisatrice a le don d’étonner à chaque fois. D’ailleurs, quelle sera sa proposition cette fois-ci?

En réalité, Les Filles d'Olfa est une œuvre difficile à définir catégoriquement. Est-ce un documentaire ? Est-ce de la fiction ? Est-ce un making-of ? Le film est une fusion réussie de tous ces éléments, un véritable hybride qui mélange les genres avec brio.

Avec Les Filles d'Olfa, Kaouther Ben Hania continue d'explorer de nouvelles formes cinématographiques, faisant preuve d'une audace et d'une originalité sans pareil. Son travail d'architecture dans la construction de ses films lui confère une place de choix tant au niveau national qu'international. Une fois de plus, elle nous prouve qu'elle est une réalisatrice talentueuse, capable de repousser les limites du cinéma et de créer des œuvres captivantes et uniques.

Depuis ses débuts, Kaouther Ben Hania n'a cessé d'expérimenter de nouvelles structures dans ses films. Du faux documentaire avec Le Challat de Tunis (Sélection ACID 2013), à la fausse fiction avec Zeineb n’aime pas la neige (Tanit d'Or aux JCC 2016), en passant par les neufs chapitres en plans séquences de La Belle et la Meute (Un certain regard 2017), elle a toujours cherché à repousser les limites du cinéma. Son esthétique singulière dans L'Homme qui a vendu sa peau, rappelant des tableaux de peinture, a certainement contribué à lui valoir une nomination à l'Oscar du Meilleur film international en 2021.

Avec une filmographie aussi remarquable, les attentes autour de ses nouveaux projets sont élevées, les défis à relever toujours plus grands. Pourtant, une fois de plus, Kaouther Ben Hania réussit à surprendre avec Les Filles d'Olfa. Comme mentionné précédemment, ce film nous plonge dans une histoire difficile à définir, mêlant documentaire, fiction et making-of. Il offre à la fois un récit authentique de la vie d'Olfa et de ses quatre filles et une thérapie pour elles, ainsi qu'une expérience cinématographique intense pour tous les spectateurs et même pour des acteurs confirmés tels que Hend Sabry et Majd Mastoura, qui ont eu le courage d'y participer.

Cette aventure a commencé en 2016, lorsque Kaouther Ben Hania a été captivée par la façon dont Olfa racontait son histoire à la radio. Sa manière d'exprimer ses pensées et ses émotions a marqué la réalisatrice, qui a immédiatement perçu en elle un personnage cinématographique intéressant. Elle a décidé de la contacter avec l'intention de réaliser un documentaire sur son histoire. Cependant, une fois le tournage commencé, la réalisatrice a ressenti le besoin de repenser le format initial du film. C’est ainsi que le projet a évolué vers une forme hybride, où les frontières entre les genres ont commencé à s'estomper. «J'avais un personnage intéressant et je n'avais pas envie qu'Olfa raconte. Par ailleurs souvent mes acteurs, sur les tournages me demandent les motivations des personnages, là les acteurs pouvaient directement demander. J'avais aussi besoin des acteurs pour poser les questions et j'avais envie de revisiter la mémoire d’Olfa et ses filles et comprendre ce qu'il s'est passé » a déclaré la réalisatrice.

Dès les premières images du film, Kaouther Ben Hania explique sa démarche. Elle souhaite raconter une histoire vraie, celle d'Olfa et de ses deux filles disparues, « mangées par le loup », tout en comblant le vide laissé par leur absence. Deux actrices professionnelles se glissent ainsi dans leurs rôles, apportant une nouvelle dimension à l'histoire. Pour épauler Olfa et la remplacer occasionnellement, Hend Sabry, fait également partie du casting. En réalité, les trois actrices sont présentes non seulement pour incarner des rôles, mais aussi pour aider, être un miroir et même une conscience, pour Olfa et ses filles. Cette structure a surement contribué à rendre le film unique et intéressant. Non seulement il permet de rendre l’histoire de cette famille plus captivante, mais il permet également une réflexion et une remise en question, en permettant aux protagonistes de s’y voir de l’« extérieur ».

Tout au long du film, on fait la connaissance de cette famille et on pénètre son intimité à travers les anecdotes, les confidences et les reconstitutions. On découvre l'histoire tragique d'une femme forte, porteuse d'une certaine violence, mais aussi d'un amour profond pour ses filles. Elle aspire à les élever correctement, mais elle échoue. Elle incarne les contradictions de la société arabo-musulmane tunisienne, qui n'a pas réussi à se défaire de son conservatisme et de ses superstitions pour s'adapter pleinement au monde actuel. On découvre également une famille meurtrie par la disparition de deux de ses filles aînées, Rahma et Ghofrane.

Profondément tunisien, Les Filles d'Olfa est un film qui explore les réalités complexes de la société tunisienne, mettant en lumière les traumatismes individuels et collectifs, ainsi que les luttes personnelles et sociétales.

Par exemple, Olfa, le personnage central du film, qui a toujours été méfiante envers les hommes, essayant de protéger ses filles d’eux, reproduisant tous les interdits liés au corps et à la « pudeur » déclare, lorsqu’elle a été amoureuse et heureuse, avoir fait sa révolution en se débarrassant de certaines idées conservatrices. Paradoxalement à ces idées, elle ramène chez elle son amant Wissem, et le loge chez elle. Il profite de la situation et abuse des filles. Une scène particulièrement émouvante montre l'une des jeunes filles raconter comment l'amant de sa mère l'a abusée, mais elle lui pardonne car il a été une figure paternelle pour elle. Quelle souffrance est dégagée de cette scène !! Cette jeune fille pardonne à son violeur, juste parce qu’il a su remplacer pour elle le père absent. C’est incroyable !

Les filles d'Olfa aborde également la question de la jeunesse tunisienne en quête de repères et d'un avenir. On voit les jeunes suivre différents mouvements, sans savoir réellement ce que cela leur apportera. Le film permet de mieux comprendre la société tunisienne et les choix de certains individus. Il éclaire sur la façon dont certains peuvent être bernés ou embrigadés.

Le film tente de comprendre pourquoi ces deux jeunes filles ont pu se laisser endoctriner et partir ainsi. À travers leur histoire, il offre peut-être une explication pour tous ces jeunes hommes et jeunes filles qui partent soudainement sans prévenir. Il invite à une réflexion profonde sur les motivations et les influences qui conduisent à de telles décisions.







Écouter ces jeunes, leur donner la parole, est un élément central du film qui interroge le point de vue de tous les personnages, mettant en lumière leurs failles et leurs contradictions d'une manière magnifique.

Kaouther Ben Hania offre une œuvre puissante et captivante, où les frontières entre la réalité et la fiction s'estompent pour mieux plonger le spectateur dans une réflexion profonde sur les thèmes universels de la famille, de l'amour et de la résilience.

Mêlant documentaire, fiction et thérapie, il est légitime de se demander quelle part du film est réelle et quelle part est écrite. La différence par rapport à un docufiction classique réside dans la présence des véritables protagonistes qui racontent, dirigent et conseillent les acteurs. Sans oublier qu’il y a une réelle interaction entre eux, ajoutant une dimension d'authenticité et de vérité à l'ensemble. En plus, les actrices, surtout Hend Sabry posent souvent des questions, ou font des remarques, qui permettent à Olfa et ses filles de se remettre en question, de voir les choses sous un angle différent.

La décision de cette mère de livrer sa famille, parfois avec des détails intimes, au public soulève une autre question légitime : pourquoi le fait-elle ? Pourquoi se dévoile-t-elle ainsi ? Lors de la conférence de presse qui a succédé à la projection, elle répond en disant qu'elle le fait pour défendre une cause. En tant que grand-mère d'une petite fille de huit ans, emprisonnée dans un pays étranger, elle lance un appel à toutes les ONG de défense des droits de l'homme et à tous les militants engagés pour agir en faveur de ces enfants qui ne devraient pas payer pour les actes de leurs parents. Elle souhaite également que ses filles et tous ceux qui sont partis avec elles soient rapatriés en Tunisie et qu'ils puissent bénéficier de procès équitables.

Cette maman utilise le pouvoir du cinéma pour sensibiliser le public à une situation difficile et injuste, en dévoilant son histoire et celle de sa famille. Son objectif est d'attirer l'attention sur les enfants pris au piège de conflits qui les dépassent, plaidant pour leur droit à une justice équitable. Son acte de courage et de vulnérabilité devant la caméra vise à susciter une action concrète de la part des organisations de défense des droits de l'homme et des militants engagés. Elle espère que leur histoire touchera les cœurs et les consciences, incitant ainsi les spectateurs et les acteurs de la scène internationale à prendre des mesures pour protéger les droits de ces enfants et favoriser leur retour dans leur pays d'origine.

Les Filles d'Olfa transcende les limites d'un simple film pour devenir un cri du cœur, un appel à l'aide et un fervent désir de provoquer le changement. Cette œuvre puissante pousse à remettre en question la société tunisienne, les choix individuels et collectifs, tout en offrant une exploration émotionnelle et une compréhension plus profonde des réalités vécues par ces jeunes personnes.

Est-ce que Les filles d'Olfa saura conquérir le jury présidé par Ruben Östlund, réputé lui-même pour son audace et ses constructions cinématographiques originales ? L'espoir est de mise, non seulement pour ce film en particulier, mais aussi pour l'ensemble du cinéma tunisien.

Article publié ici:
https://www.webdo.tn/fr/actualite/culture/cannes-2023/206097?fbclid=IwAR0snnAbCjWJy34XRdrwjGDolZQrddweH8DKzMqj20rzAbK8RbpD0mZasVM
Ça tourne
Ça tourne

40 abonnés 55 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 juillet 2023
J'avoue que j'attendais plus de ce film. Même si le tout fonctionne bien, j'ai toujours beaucoup de mal avec les docufictions. L'entremêlement entre réalité et fiction demeure intéressant mais le film reste très verbeux, ce qui le dessert clairement. Bien que la première partie soit pertinente car variée, la seconde perd ce caractère en se concentrant quasi exclusivement sur les dérives religieuses des deux aînées. En découle une certaine platitude qui commence à tirer au bout de 1h50...
pat4poufzouz
pat4poufzouz

12 abonnés 85 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 juillet 2023
Une histoire bouleversante, dont la nature hybride, entre documentaire est fictions, est aussi originale que nécessaire et maîtrisée.
VILLE.G
VILLE.G

77 abonnés 805 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juillet 2023
Fascinant et terrifiant. Tout repose dans l'idée géniale de faire ce film et dans la manière de le réaliser. Ce qui est extraordinaire c'est ce sentiment de ces femmes d'être poursuivies par ce qui semble être la malédiction d'être une femme en Tunisie. Ne parlons pas de ce qu'elles racontent des hommes...
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 juillet 2023
Les Filles d’Olfa adopte un dispositif que n’aurait pas renié Nathalie Sarraute : faire advenir la parole au sein d’une famille meurtrie par la mise en scène de ses membres absents, suivant un brouillage des repères distinguant la fiction de la réalité, le documentaire du drame social. Les maîtres mots sont dialogue et communication : rejouer certes, mais rejouer ensemble de sorte à convertir la facticité en authenticité des tranches de vie reconstituées suivant un va-et-vient permanent entre la préparation en amont, l’interprétation et les commentaires méta.
La réalisatrice Kaouther Ben Hania compose ainsi un huis clos en perpétuelle réinvention tant scénaristique – les histoires s’enchaînent, apportant à tour de rôle une réponse à la formule énigmatique délivrée par la mère, selon laquelle ses filles furent « dévorées par les loups » – que formelle, l’espace surprenant par son hybridité et par la circulation des femmes à l’intérieur : sommes-nous dans un grand studio au sein duquel les décors changent entre les prises ? sommes-nous dans la véritable maison ? Le recours à des images d’archives, inscrivant l’œuvre dans une chronologie historique précise, complexifie un peu plus l’entreprise d’exhumation de la mémoire et de tentative de guérison par la catharsis. Le film partage la conviction défendue par Werner Herzog dans ses documentaires, notamment dans Little Dieter Needs to Fly (1997) puis Julianes Sturz in den Dschungel (2000), selon laquelle revivre un traumatisme permet, en posant des mots et une distance sur lui, de mieux l’appréhender voire de l’apprivoiser ; cela permet surtout de rendre sensible et universel un drame qui sinon demeurait événement médiatique.
L’interprétation magistrale des comédiennes et du comédien contribue à notre immersion dans ce foyer gorgé de vitalité et doté d’un fort caractère ; la tragédie qu’il subit nous foudroie en plein cœur, et c’est bouleversés, révoltés et désorientés que nous quittons la salle de cinéma, persuadés d’avoir vu là une belle leçon de courage et de vie.
HAMROUNI M
HAMROUNI M

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 juillet 2023
A voir absolument ! Entre processus de radicalisation et violences familiales, la réalisatrice de ce documentaire a trouvé l'équilibre entre protagonistes du drame et acteurs pour révéler le drame profond qu'a vécu cette famille...
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 juillet 2023
Annoncé comme un documentaire. En réalité, davantage un récit qui témoigne mais ne documente pas tellement, en ce sens qu’il n’explique pas trop les tenants et aboutissants de ce qui au final sera aussi un drame. Une sorte de thérapie familiale pour essayer de comprendre ce qui au premier abord est incompréhensible : une mère aimante, sans doute culturellement un peu rigide sur le plan de l’éducation de ses filles mais pas du tout religieusement fondamentaliste (la République Tunisienne de l’époque se revendiquant haut et fort laïque, très méfiante justement si ce n’est hostile envers les comportements trop inspirés de la religion). Quatre fille charmantes, d’apparence pratiquement occidentalisées, jusqu’à ce que deux d’entre-elles se trouvent attirées par « le loup » (lire les adeptes de l’Etat Islamique tissant sa toile). Tout ça quand un régime politique qui finira honni de la population s’ouvre à une certaine Révolution prometteuse mais qui n’a pas tenu ses promesses. Sur Wikipédia, il serait exigé davantage de sources pour étayer le propos. J’ai eu un peu de mal à saisir au début le sens de ce propos et de sa démonstration mais peu à peu je crois y être à peu-près arrivé. La religion comme une névrose pour l’une des filles.
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