Le Consentement
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 octobre 2023
Six ans après le coup de force que fus "Gueule d'Ange", la réalisatrice Vanessa Filho transforme l'essai avec cette transposition cinématographique du "Consentement" de l'écrivaine Vanessa Springora, best-seller de l'année 2020. Dans ce film qui aborde les dessous de l'Affaire Matzneff, la cinéaste dévoile au grand jour les mécanismes troubles de l'écrivain pédophile sans concession.

N'ayant pas lu l'ouvrage initial, je ne saurais dire si c'est une adaptation fidèle ou pas. Ce que l'on peut dire en revanche, c'est que Vanessa Filho signe à nouveau un film ultra-dérangeant. On est souvent profondément dégoûté, mal à l'aise mais il faut reconnaître qu’il faut saluer un film courageux tout autant que le livre. Parfois, pas toujours très subtil (mais ce n’est pas forcément le but), le film décortique avec une précision quasi-scientifique chaque étape de la manipulation puis de la prédation de Matzneff à l’encontre de Vanessa Springora. C’est choquant, déroutant mais salutaire. Le film n’est jamais manichéen et essaye d’être le plus nuancé possible. Il faut reconnaître le travail d’adaptation. Concernant la mise en scène, c’est beaucoup plus poser et moins rechercher que «Gueule d’Ange», ce qui est peut-être dommage. Il faut saluer également les excellents acteurs. Ce film m’a fait redécouvrir Jean-Paul Rouve, qui, quand il est bien diriger peut offrir des interprètations excellente. Ici, l’acteur est paradoxalement au sommet de son art. Il campe un Gabriel Matzneff troublant de réalisme aussi bien charismatique, malsain qu’écoeurant – et cela est peut dire. L’acteur s’est confier sur la difficulté à jouer le rôle et on peut le croire aisément. Toutefois, il s’en sort admirablement. Certainement que sa prestation fera date dans les annales. Ce film le classe en tout cas comme favori pour le titre face à Benjamin Lavherne pour "L'Abbé Pierre". Avec ce film, il pourrait briguer sa 3e nomination aux Césars et peut-être sa première comme «meilleur acteur». Kim Higelin est plutôt en demi-teinte durant le film et c’est dommage. C'est un comble pour une actrice dont le rôle est le protagoniste. Pour compléter ce trio, Laetitia Casta est à la fois absolument atroce, bouleversante et incroyable en mère à la fois victime et en gourou. Elle démontre elle aussi qu’elle est une actrice de grande valeurs, bien souvent mésestime et elle mériterait elle aussi une citation au César de la meilleure actrice dans un second rôle.

Globalement, «Le Consentement» est un film rempli de bonnes intentions, et un outil choc qui est aussi salutaire qu’important, mais qui parfois s’interdit à davantage creuser son sujet, peut-être de peur d’épuiser son sujet. Ce qui est sûr, c’est qu’on s’en souviendra quand même longtemps.
Alain75
Alain75

18 abonnés 34 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 octobre 2023
Admirable, bouleversant, glaçant bien que très très dur ! Jean-Paul Rouve délivre une prestation remarquable et parvient à incarner avec justesse un prédateur sexuel absolument ignoble ! On est scandalisé et encore le mot est faible par l'attitude totalement désinvolte de la mère de Vanessa spoiler: qui va finalement jusqu'à favoriser cette relation délétère et destructrice.
juLa
juLa

1 abonné 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 octobre 2023
Ce film essentiel ne laisse pas indemne. Un choc, après le livre. La mise en scène de Vanessa Filho est d’une précision et d’une finesse qui respecte à la fois l’histoire de Vanessa Springora et nous fait ressentir le mécanisme de l’emprise à chaque seconde de son évolution. Les acteurs sont exceptionnels.. Vraiment à couper le souffle.
Jade
Jade

1 abonné 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 octobre 2023
Une magnifique adaptation du récit de Vanessa Springora. Il est nécessaire de voir ce film résolument actuel.
DamienReloaded
DamienReloaded

35 abonnés 66 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 mars 2024
Un sujet sulfureux, casse-gueule pour un film maîtrisé qui ose l'immontrable.
Jean-Paul Rouve sort de ses rôles quelconques et livre une prestation "césarisable" (pourquoi aucune nomination?), au même titre que le reste du casting qui nivèle vers le haut. Traînant peut-être en longueur, le long-métrage n'en est pas moins un uppercut, violent et contrôlé.
dejihem
dejihem

155 abonnés 709 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 octobre 2023
Pour quelqu'un qui n'a jamais lu un livre de Matzneff ni de Springora, l'impression donnée est étrange : cette adaptation écrite par une des très nombreuses victimes de l'écrivain p**ophile, ne juge pas l'époque (on est dans les années 70, celle de la libération sexuelle) et c'est heureux.
Cette adaptation juge à mots couverts, c'est vraiment très léger, à part l'extrait d'Apostrophe de 1990, les agissements criminels de Gabriel Matzneff. À décharge, la législation à l'époque n'était pas claire.
C'est en lisant la très très longue page Wikipédia dédié à cet écrivain que j'ai vraiment réalisé la pression des critiques littéraires des grands journaux de l'époque.
La tentative littéraire, en 2004, de Vanessa Gee, une autre victime, de dénoncer les agissements de Gabriel Matzneff, qui fut empêchée par ces critiques littéraires tout-puissants dans les comités de remise de tous les grands prix est vraiment effrayante.
En 2019, paru donc le consentement de Vanessa Springora, et enfin les choses bougèrent.
Sur le plan cinématographique, je rejoins la critique d'autres avis que le film ne montre que la relation de Vanessa à Gabriel, alors qu'il aurait été vraiment nécessaire de démonter tout le système de séduction et d'emprise de l'écrivain.
Le film étant quelque peu difficile à regarder, quelques spectatrices sont parties en cours de route, il aurait été vraiment nécessaire de mettre au jour tous les mécanismes de domination.
Quant à l'interprétation de Gabriel Matznef, je savais que Jean-Paul Rouve serait parfait pour le rôle, suffisamment onctueux et maléfique (les comiques en vieillissant faisant d'excellents comédiens de personnages horribles).
Quant à Kim Higelin, dont ce n'est qu'un deuxième film, difficile de juger de sa performance de jeune comédienne de 24 ans.
Juan 75
Juan 75

78 abonnés 488 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 octobre 2023
Très fidèle au livre, le film est absolument saisissant et décrit avec force le phénomène de l'emprise sur une mineure par un écrivain célèbre qui bénéficie de la complicité de presque toute la société française de l'époque. Il y a des rôles qui révèlent le génie d'un acteur. C'est le cas de Jean Paul Rouve ici, absolument glaçant, qui livre une performance édifiante. Tout le casting est magistral. La réalisation est grandiose qui suit l'héroïne au plus près dans son parcours qui la mène à l'enfer puis à son sauvetage par l'écriture. Un véritable chef d'œuvre inspiré et maîtrisé sur un sujet dont on doit encore parler tant il est grave.
Sully
Sully

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 octobre 2023
Comment réussir à raconter en images l'horreur d'une enfance violée...La réalisatrice y parvient brillamment et nous livre un film tout en tension, au plus près du calvaire de la jeune victime, de sa lente et totale destruction, de sa difficile et courageuse reconstruction. Laetitia Casta formidable dans cette composition de mère toxique venant finir "d'assassiner" sa propre fille.
Le défi est formidablement relevé, le film est une réussite et d'une grande nécessité pour toutes les victimes et la libération de leurs paroles.
Je salue également ici le grand courage de Denise Bombardier, décédée cette année, pour avoir oser affronter seule sur un plateau de télévision, le Gotha littéraire de l'époque riant avec la meute...
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 octobre 2023
L'autrice et victime Vanessa Springora a été particulièrement judicieuse et d'une maturité tout à son honneur en choisissant ce titre, en effet, il semble que le film délaisse justement le sujet du roman, à savoir la place du consentement dans une relation "contre nature" ou immorale dans notre société, en effet le réalisateur se focalise sur la dimension de psychopathe calculateur de Matzeff plaçant par là même la jeune ado comme simple victime bloquant d'autant le débat et l'idée même de consentement qui est pourtant au centre de la réflexion introspective de Vanessa Springora. Cette sensation est d'autant plus dommageable qu'elle est appuyé par le surjeu, certe impressionnant et imposant, de Jean-Paul Rouve qui pastiche un personnage digne d'un serial killer, logique puisque l'acteur avoue s'être inspiré de Hannibal Lecter dans "Le Silence des Agneaux" (1991). Certains passages comme quand il arrive à la sortie du collège, fixant comme un robot sa proie et qu'il retire ses lunettes noires sont aussi ridicules que caricaturaux. Par contre quelle performance de Kim Higelin, sublime révélation qui offre toute sa fragilité et toute sa douceur à cette adolescente intelligente mais sous emprise, mais une emprise dont elle est complice car lucide sur sa situation et c'est sur ce point que le film et son sujet reste passionnant.
Site : Selenie.fr
Francis Garret
Francis Garret

25 abonnés 46 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 octobre 2023
Je suis sorti après environ 20 minutes de film. Je n'avais pas osé l'écrire, mais je lis aujourd'hui dans la presse que je ne suis pas le seul à l'avoir remarqué : le film prend le point de vue du prédateur. C'est un film qui montre le plaisir à s'emparer d'une proie sans défense car livrée à elle même. Flippant. Malheureusement, très vite, l'idée vient que c'est un film qui devrait plaire à ceux qu' on continue d'appeler complaisamment "pédophiles" quand ils devraient être qualifiés pour ce qu'ils sont, des pédocriminels.
Leloo
Leloo

4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 octobre 2023
Le film arrive à être super anxiogène, faire ressentir les émotions de Vanessa alors qu'on voit venir toutes les problématiques du point de vue extérieur. Le film ouvre les consciences sur les dangers et montre la facilité que des personnes aguerri ont ont pour pervertir notre jeunesse. Les prises de consciences sont essentielles toute au long du film pour montrer à quelle point l'homme est malsain.
ELLORA
ELLORA

2 abonnés 17 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 octobre 2023
Mieux vaut avoir lu le livre avant d'aller voir l'adaptation cinématographique, cela évitera à certains de quitter la salle pendant la diffusion sans avoir compris que c'était une histoire réelle mise en images, sans doute en dessous de la réalité. J'ai trouvé le film assez fidèle au livre, et l'interprétation de JP ROUVE impressionnante. Par contre je n'ai pas apprécié le jeu de Kim HIGELIN, trop âgée -23 ans- pour interpréter une pré-ado de 13-14 ans, et trop "ahurie" sur la plupart des plans. Bien sûr ça n'enlève rien à la qualité et à l'utilité de ce bon film qui dénonce la pédocriminalité.
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 octobre 2023
Adaptant l'ouvrage de Vanessa Springora paru en 2020, la réalisatrice Vanessa Filho (Gueule d'Ange) met en images une histoire vraie et glaçante : celle de l'emprise de l'écrivain Gabriel Matzneff sur une jeune collégienne, Vanessa.

Oeuvre utile et inconfortable, Filho y filme cette prison mentale et physique très souvent de manière frontale, ne nous épargnant rien des rapports entre cet homme et cette fille, ce prédateur et sa proie, comme cette image, récurrente, de cette main sûre d'elle qui s'empare de ce corps fragile.

Dans le rôle (à contre-emploi) de cet ogre lettré, Jean-Paul Rouve, crâne rasé, me laissait au tout début quelque peu dubitatif, mais s'avère de plus en plus convaincant et dérangeant au fil du film.
Maîtrisant aussi bien la langue française que l'art sournois de la manipulation, il créé chez sa jeune victime une forme de dépendance continue, poussant un peu plus sa nouvelle "muse" dans ses griffes («Non, je ne ferai jamais partie du passé de Vanessa, ni elle du mien.»), et la faisant durement culpabiliser si celle-ci venait à remettre en question leur "amour".
Face à lui, la jeune Kim Higelin n'a pas la tâche facile dans le rôle de sa victime, mais s'en sort plus que bien, entre fragilité et lucidité.

Et autour d'eux, cet entourage, cette sphère médiatique et mondaine qui est au courant des agissements de Matzneff (qui n'en a jamais rien caché dans ses écrits), mais fait mine de ne rien savoir, de ne rien voir, de lui trouver des excuses ou de trouver ça "normal", à l'image de la propre mère de Vanessa (incarnée avec justesse par Laetitia Casta).
Le portrait d'une omerta incompréhensible, déjà pour l'époque.

Une oeuvre troublante et déstabilisante, comportant certaines maladresses, notamment formelles (faisant se côtoyer des scènes d'une dérangeante simplicité avec d'autres scènes aux effets trop appuyés), mais qui ne peut en aucun cas laisser totalement indifférent.

Je serai curieux d'avoir un avis de celles et ceux qui ont lu le livre et vu le film.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 octobre 2023
L'adhérence au film est plutôt difficile après avoir lu le livre. Des scènes sont très perturbantes certes mais la mise en scène est plutôt froide et impersonnelle.
jackflash
jackflash

20 abonnés 89 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 octobre 2023
Consentir c'est accepter avec réticence et regret. Convenir, accepter, consentir, les limites entre le consentement arraché et l'acceptation franche sont vaporeuses, semblables à celles des nuages, Jamais d'enthousiasme ni de spontanéité dans l'élan, un profond malaise, un spleen qui avait besoin d'être restitué pour sertir un amour déçu. Emprise, possession, envoûtement, les mécanismes de la séduction cèdent ici à la jouissance du pouvoir de posséder. Et si la pédophilie n'était qu'une des manifestations de l'hybris ? D'un point de vue moral tout est dit dans les échanges de l'émission de Bernard Pivot. Tout est dit d'une époque permissive et révolue où l'on fumait en appartement, qui clôt la fenêtre de la libération sexuelle des années Foucault-Deleuze, de l'époque du désir, d'une jeunesse dorée du 6eme, du milieu littéraire germanopratin...
La réprobation de la pédophilie et l'opprobe des instincts prédateurs empêchent de juger au filtre des lunettes metoo un désir qui demeure une interrogation. En tout cas, même si c'est un peu long vers la fin, cette étude de mœurs adaptée d'un roman autobiographique est magnifiquement interprétée et réalisée.
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