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3,0
Publiée le 16 mars 2026
Prix spècial du jury à la Mostra de Venise", "Chers camarades !" (2020) mèrite amplement ce prix.! Le coup de chapeau est pour la prècision et la justesse de la mise en scène d'Andreï Kontchalovski, mais aussi pour Ioulia Vyssotskaïa, tèmèraire et èmouvante, dans le rôle d'une communiste inflexible de l'Union Soviètique, qui met autant de conviction à rechercher sa fille en pleine rèpression sanglante qu'à convaincre un agent du KGB de l'aider! On y suit minute par minute les èvènements sauvages d'une grève d'ouvriers tristement tragique! C'est dur, intèressant pour cette rèflexion dans le pouvoir, et prenant grâce au jeu de son actrice principale malgrè quelques longueurs dans la première partie! A l'arrivèe, une vision du communisme rèussie tant pour son aspect historique que pour son intensitè dramatique! Le tout est capturè dans un noir et blanc saisissant, et qu'affectionne Kontchalovski depuis son premier long-mètrage...
Une pépite! Elena Kiseleva crève l’écran : elle possède une intensité de présence qui nous garde en haleine du début jusque la fin du film. On est saisi par la complexité et l’ambivalence des sentiments des personnages, qui oscillent sans cesse, parfois dans la même phrase, entre leur fidélité au soviétisme et les émotions profondes suscitées par les événements. Le recours au noir et blanc et certains cadrages étonnants servent admirablement l’intensité de l’histoire.
L'histoire dramatique d'une femme prise en tenaille entre ses convictions staliniennes et la peur de perdre sa fille à la suite de la répression d'une grève. On est plongé dans l'URSS de 1962 dans une mise en scène sobre. Le système soviétique y est parfaitement décrit et la dimension humaine du film est émouvante. On pourrait penser que l'URSS de 1962 était plus souple que celle de 1952 mais on découvre que les ressorts de ce régime dépassent le seul Staline
Pour Kontchalovski, tourner ‘Cher Camarades’ devait avoir comme un petit goût de revanche…et paradoxalement d’histoire qui se répète. En 1966, son deuxième film, ‘Le bonheur d’Assia’ est censuré par les autorités soviétiques, qui n’apprécient pas sa description trop réaliste du monde agricole. Il ne sera reconnu en tant que chef d’oeuvre classique qu’en pleine Perestroïka vingt ans plus tard. Quatre ans plus tôt, les ouvriers de Novotcherkassk protestaient contre les hausses de prix et le durcissement de leurs conditions de travail en occupant leur usine : en raison de communications déplorables, du manque de volonté de prendre la responsabilité de la crise et de l’éternelle rivalité entre l’armée et le services secrets, ce qui aurait pu être résolu très pacifiquement par le dialogue fera finalement une trentaine de morts. ‘Cher camarades’ relate le déroulement des événements ainsi que les efforts désordonnées des autorités pour dissimuler la bavure et faire taire les témoins : l’incident sera vite connu en Occident mais rendu public sur place seulement 30 ans plus tard, à la chute de l’U.R.S.S. Tourné en Noir et Blanc, le massacre est majoritairement perçu à travers les yeux d’une apparatchik stalienienne intransigeante, inconsciente de ses privilèges comme des réelles conditions de travail du peuple, et qui va découvrir que l’idéologie pèse peu quand c’est la vie de ses proches qui est en jeu. Ca, c’est pour la revanche d’un réalisateur à l’encontre d’un système qui a toujours refusé de regarder la réalité en face. Le paradoxe, c’est que même en ayant attendu près de 60 ans pour évoquer à l’écran une fameuse tache sur le rêve socialiste et malgré sa stature de cinéaste prestigieux, Kontchalovski reçut de solides critiques pour avoir cherché à noircir l’histoire soviétique : preuve qu’en Russie, les régimes ont beau passer, la crainte de la vérité reste la même depuis les origines.
On se demande pourquoi un réalisateur qui a des kilomètres au compteur nous raconte une histoire dramatique certe, mais qui date quand même. Alors que depuis que Poutine est au pouvoir, les histoires monstrueuses ne manquent pas. Pourquoi par exemple, ne pas faire un film sur la très grande et courageuse journaliste Anna Politkovskaïa qui a lachement été assassiné devant chez elle.
Un film qui m’a vraiment attrapé dès le départ avec l’évocation de cette révolte ouvrière dans un village de l’union soviétique sous Khrouchtchev. La reconstitution est froide et prenante, et veut montrer la machine du parti qui se met en marche et qui en oublie le peuple qu’il était censé représenté. Le film est surtout une réflexion intéressante sur les convictions sur lesquels on peut d’arc bouter par peur de l’avenir et de l’inconnu, mais aussi sur le trouble que peut engendrer la remise en cause de ces convictions par une réalité concrète qui les font craqueler. La mise en tension est progressive jusqu’à un dernier tiers qui retombe en intensité. Au niveau visuel si son noir et blanc s’avère très joli j’ai trouvé qu’il figeait un peu son récit dans un moment donné de l’histoire alors que son propos sur les convictions peut être très actuel. Un film au discours nuancé qui rend sa démonstration encore plus impeccable.
Très beau film au sujet d'une grève ouvrière réprimée dans le sang en 1962, dans une ville du Caucase soviétique. L'héroïne est poignante, son revirement bouleverse. J'ai beaucoup aimé les deux heures passés en sa compagnie. Cette histoire fait réfléchir. Elle restera dans ma tête un petit temps...
Konchalovsky dissèque la mécanique implacable de la dictature soviétique avec le récit percutant de la répression meurtrière d'une révolte d'ouvriers en 1962, à travers le portrait tendu et bouleversant d’une nostalgique stalinienne déchirée entre son esprit de parti et la disparition de sa fille. 3,75
En 1962, dans une ville ouvrière d’URSS des ouvriers dont les conditions de vie se dégradent se rebellent contre le pouvoir en place. Le pouvoir soviétique fera tirer sur les manifestants pour éteindre le feu, mettra la région sous cloche et fera taire pendant près de 30 ans tous ceux qui oseraient parler de cette « non affaire ». Il aurait été facile de placer le spectateur du côté des grévistes, cependant Konchalovsky met au centre de son récit une fonctionnaire zélée qui profite pleinement de sa position dans le parti et des avantages que sa situation lui confère. Convaincue, sa vie c’est le parti, et elle croit en l’idéal communiste plus qu’en sa famille. Lorsque tout dérape, que l’on tire sur le peuple dont sa fille fait partie, elle se retrouve prise entre deux feux : son aveuglement politique et son instinct maternel. La posture de l’héroïne vient souligner le terrifiant pouvoir des idéologies. Ce film questionne donc bien sur l’endoctrinement des masses. Plus qu’il ne condamne frontalement le soviétisme, il montre bien comment un régime se disant gouverner pour le peuple gouverne contre le peuple. Malgré un certain académisme, on est tenu en haleine par le climat anxiogène bien restitué de ce système. L’héroïne sait qu’elle ne peut faire confiance à personne car elle serait la première à trahir quiconque lui demanderait de l’aide dans les mêmes circonstances. Mécanique des systèmes totalitaire qui ferait penser à « Z », « L’aveu », « Section spéciale »…. A Costa Gavras, en fait. Donc rien de neuf mais un bon film vu la référence de poids. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
En 1962 en pleine URSS, l'histoire du massacre de Novotcherkassk, une grève d'ouvriers matée dans la violence vue à travers les yeux de Lioudmila, fonctionnaire farouchement dévouée au Parti Communiste. Un épisode de terreur rouge en noir et blanc magistralement reconstitué, portrait de 3 générations qui ne se comprennent pas.
Encore un excellent film de Kontchalovsky "Chers camarades!" L'armée soviétique tire sur les ouvriers grévistes à Novotcherkassk, une ville de province au sud de la Russie. Et ceux qui ont assisté aux événements, sont convoqués par le KGB pour signer l'engagement de ne rien divulguer. Les tirs qu'on ne pouvait pas ne pas entendre. Les morts qu'on n'a pas vraiment comptés , tellement on était pressé de les faire disparaître. Le sang resté incrusté dans le bitume... Rien ne doit filtrer. N'oubliez pas, camarades... Il ne s'est rien passé ... Mais que faire de ces doutes, de son désenchantement, de sa souffrance ? Rien ne peut ébranler cet ordre de choses, semble-t-il... Le régime soviétique s'écroulera vingt-cinq ans plus tard. Ce film en noir et blanc académique et intemporel et un vibrant réquisitoire contre les empires de mensonges. Chers camarades, les empires finissent par tomber un jour, terrassés par les petits actes de résistance humaine..
Massacre des ouvriers grévistes en URSS raconté sans militantisme crasse. Donne à réfléchir. Moins aimé le format carré du film, et insensible au noir et blanc
Andrei Konchalovski signe là une oeuvre magistrale. Film politique d'abord qui propose une dénonciation implacable du système soviétique,une histoire profondément humaine en forme de thriller ensuite, le tout avec une interprétation superbe de Youlia Vissotskaia, et couronné par une maîtrise totale de l'image.... Après Quand passent les cigognes, mon meilleur moment de cinéma russe !
C'est le premier film de Konchalovsky que je suis allé voir au cinéma.
J'en ressors avec tout d'abord un certain apaisement devant l'homogénéité générale du film; un aspect documentaire (en format 1:35 je crois) en noir er blanc adapté, aucune musique et peu d'artifices à part une utilisation remarquable de la perspective et de la profondeur d'image. En ressort une sensation de réalité assez forte, collant avec l'impact voulu du film.
Ce cadre adapté délivre bien les thèmes principaux du film à travers les recherches d'une mère pour retrouver sa fille disparue après des grèves en Union Soviétique: la place de l'amour maternel et des convictions idéologiques, l'efficacité de la propagande soviétique, la croyance inébranlable en un système socialiste qui pourtant ne cesse d'exposer ses failles béantes...
"Chers camarades" permet de mieux comprendre la Russie d'hier et donc de mieux appréhender sa réalité actuelle.
J'ai beaucoup aimé, les films "historiques " sont passionnants, j'ai apprécié le noir et blanc, la façon de filmer .....Et je n'ai pas vu passer les 2 heures