Chers camarades !
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Jean-Pierre Jumez
Jean-Pierre Jumez

116 abonnés 222 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 septembre 2021
En 1972, j'ai parcouru l'URSS pendant deux mois dans mon camping-car.
Ce film, situé en 1962, est comme une réminiscence : la situation que j'ai connue était tout à fait identique.
J'atteste donc que tout est plausible !
Et j'en profite pour saluer la performance de Julia Vitsoskaia
norman06

425 abonnés 1 821 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 septembre 2021
Un film d'un intérêt historique certain mais aussi et surtout un poignant portrait de femme. La sobriété du noir et blanc et les plans fixes maîtrisés contribuent au pouvoir de fascination d'une œuvre qui n'oublie pas pour autant l'efficacité narrative.
traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 février 2021
Andreï Kontchalovski (adoptez l'orthographe que vous voudrez), 87 ans, toutes ses dents, et un talent intact. Après le somptueux Michel-Ange, le cinéaste russe a enchaîné avec Chers camarades !, qui revient (une vraie découverte pour beaucoup) sur un événement sanglant de l'histoire de l'URSS, datant de 1962, mis sous le boisseau jusqu'en 1992 et pour lequel personne n'a été jugé. Noir et blanc impeccable pour ce film on ne peut plus éclairant qui introduit un personnage de fiction, une officielle soviétique bon teint, pour mieux appréhender les tenants et aboutissants d'une répression menée après une grève et une manifestation d'ouvriers. Kontchalovski est à son affaire pour nous mettre dans l'ambiance de la période (Khrouchtchev est au pouvoir et certains regrettent Staline), y compris les antagonismes entre l'armée et le KGB. Le film est un poil moins convaincant dans le récit intime d'une femme dont la foi communiste est ébranlée par sa réalité coercitive et déçoit franchement dans sa conclusion aussi brutale que plate. Mais peu importe, la reconstitution est épatante et Kontchalovski fait preuve de brio dans les scènes d'action autant que dans les réunions où s'expriment propagande, servilité et convictions. Le cinéaste, qui a réalisé en 1966 l'excellent Le bonheur d'Assia, connait la Russie des années 60 comme personne et gratter la peau de l'URSS a dû le rajeunir, pour de bons et mauvais souvenirs, sans doute. Chers camarades ! est sa façon à lui de se rappeler et la démonstration vaut pour tous ceux qui ont oublié (ou qui ne l'ont pas connu) comment l'on vivait à cette époque derrière le rideau de fer.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 septembre 2021
Je crois bien que Chers camarades est le premier film que je vois de Andrey Konchalovsky et c'était vraiment un beau film. Déjà plastiquement le noir et blanc est vraiment réussi, c'est soigné au possible et on a quelques plans, notamment sur la fin, en extérieur qui sont juste à tomber... mais surtout il arrive à rendre touchante l'histoire de cette femme, membre du parti et du comité municipal de sa ville (?).

J'aime sa façon de dépeindre la société soviétique, comment même les plus convaincus doutent du pouvoir en place, doutent de sa capacité à rattraper le niveau de vie de la classe moyenne américaine. Cette histoire est la fin pour son héroïne et ses concitoyens du rêve soviétique.

Cette femme, stalinienne pratiquante (comme toute femme qui se respecte) va donc vivre de l'intérieur une grève qui va tourner en bain de sang et qui va être étouffée par le pouvoir. La construction de sa personnalité est intéressante puisqu'elle est partagée entre sa foi dans le soviétisme, bien qu'elle n'approuve pas nécessairement certaines décisions, notamment la hausse des prix, et le fait de retrouver sa fille portée disparue après que l'armée (d'après la version officielle) ait ouvert le feu sur les grévistes.

Un vrai beau personnage féminin, tiraillé entre son rôle de mère et ses convictions politiques.

Mais surtout, à ce drame familial Konchalovsky montre les rouages politiques qui amènent à des prises de décision, comment sont manipulés les faits, les personnes pour réussir se couvrir, dissimuler la vérité, etc. C'est une entreprise glaçante qui est à l’œuvre, mais pas totalement déshumanisée, puisque l'héroïne trouvera l'aide d'un agent du KGB. Et réussir à montrer les gens qui obéissent par peur d'être fusillés, tout en gardant une part d'humanité face à une mère désemparée, c'est assez touchant.

Je note juste que si la scène où on se met à tirer sur la foule a marqué pas mal de spectateurs, ce passage m'a moins marqué que la même scène dans un Bloody Sunday par exemple. Peut-être que la mise en scène est trop propre, trop soignée, pour réellement retranscrire l'horreur d'une tuerie (bien que la fille qui se prend une balle dans la gorge secoue pas mal) et je la trouve bien plus adapté pour décrire les rouages du parti ou le drame familial...

Sinon, le film m'a rappelé ma vocation : devenir commissaire politique.
velocio

1 538 abonnés 3 497 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 septembre 2021
Comme c'est de plus en plus souvent le cas, "Chers camarades !" se confronte à une histoire qui s'est réellement déroulée. C'était au début du mois de juin 1962, à Novocherkassk, l'ancienne capitale des cosaques du Don, à 1000 kilomètres au sud de Moscou. Une histoire qui a été gardée secrète jusque dans les années 90 ! L'histoire d'une grève dans une usine de construction de locomotives, une grève contre l'augmentation des prix combinée à la baisse des salaires et qui a vu des membres du KGB ou des membres de l'armée tirer sur les manifestants faisant 26 morts et 87 blessés. Le film se focalise sur Liouda, membre du comité communal du Parti communiste, une femme qui regrette le temps de Staline avec qui, pour elle, un véritable communisme aurait vraiment pu voir le jour s'il était toujours à la tête du pays et qui serait favorable à des peines très sévères contre celles et ceux qui refusent de suivre la ligne du Parti. Toutefois, cette femme est aussi mère de famille et sa fille Svetka était parmi les manifestants. Sa fille n'étant pas rentrée à la maison à la suite des évènements, Liouda part à sa recherche, que Svetka soit morte ou toujours vivante, aidée par un membre du KGB.
Kontchalovski a tenu à réaliser un film qui se rapproche dans son esthétique au cinéma soviétique de l'époque des évènements : noir et blanc, format 4/3. "Chers camarades !" montre une société très hiérarchisée, ainsi que les luttes internes qui existaient au sein de l'URSS, l'exemple le plus frappant étant les rapports entre le KGB et l'armée. Remarquablement interprété, en particulier par Yuliya Vysotskaya qui joue Liouda, "Chers camarades !" a remporté le prix spécial du jury à la Mostra de Venise 2020. Toutefois, on peut regretter une petite baisse de régime lorsque le film quitte l'histoire de la grève et de ses suites pour se focaliser sur la recherche de Svetka par sa mère.
Charles R
Charles R

59 abonnés 424 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 septembre 2021
Vous cherchez un film qui sorte de l’ordinaire : assurément vous ne trouverez pas mieux que le dernier film d’Andreï Konchalovsky. Mais attention ! Si vous désirez vivre un bon moment, loin de toutes les angoisses du monde contemporain, ce film est à déconseiller. Rien de plus austère et de plus déprimant (en apparence, du moins) que ce retour sur une page de l’Union Soviétique des années 60, dominée alors par la personnalité de Khrouchtchev.
Nous sommes en juin 1962. Une grève éclate à Novotcherkassk, dans le Nord-Caucase. Elle émane de l’usine de locomotives locale : les ouvriers protestent contre les conditions de travail qui leur sont imposées ainsi que contre l’augmentation incessante des denrées alimentaires. La riposte du pouvoir ne se fait pas attendre : l’armée est envoyée sur les lieux et des chars sont déployés dans la ville. Le film donne à voir l’événement par le prisme d’une femme, Liouda, fonctionnaire zélée au service du Parti Communiste, dont la fille va prendre fait et cause pour les ouvriers en révolte. Au terme d’une répression sanglante, la jeune fille s’avère introuvable : a-t-elle été tuée ? Enterrée à la hâte dans une fosse commune ? Le film va suivre l’itinéraire de Liouda qui se présente alors sous la forme d’une enquête au service de la vérité sur les massacres. En même temps, il traite d’un événement qui a réellement eu lieu et qui a été occulté pendant trente ans par les autorités soviétiques.
Résumée ainsi, on comprend que l’intrigue n’incite guère à quelque bon délassement estival. D’autant que le noir et blanc est de rigueur et que le format adopté est un format étroit (1.33), soit celui qu’adopta le cinéma muet, mais aussi la télévision des années 50. Le réalisateur, Andreï Konchalovsky, l’a expliqué : il lui était impossible d’évoquer les massacres de Novotcherkassk en ayant recours à la couleur, pas plus qu’il ne souhaitait utiliser le format standard des films actuels. C’est donc avec les moyens dont disposaient les médias soviétiques dans les années 60 que le film a été réalisé.
Et là, coup de génie, il faut le reconnaître. Car rien de plus émouvant que ce travail sur la matière qui nous donne à voir un film complètement atypique, ingrat dans la première demi-heure, mais qui finit par imposer une esthétique admirablement travaillée, nous faisant penser à certains films de l’Europe de l’Est des années 50 et 60 sobrement réalisés mais d’une qualité artistique indéniable.
Il n’est du reste pas interdit de songer par moments (en particulier dans les mouvements de foule) à des cinéastes soviétiques qui ont marqué l’Histoire du cinéma, en tête desquels on citera tout naturellement Eisenstein. Une chose est certaine : Konchalovsky est un cinéaste qui compte et qui ne cesse de surprendre par ses partis pris tant politiques qu’artistiques.
Alors, un conseil : si vous n’avez pas peur de vous ennuyer au fil des discussions du Comité local du Parti et si vous souhaitez découvrir un film bougrement intelligent et non dénué d’humour (mais il faut bien chercher…), courez voir le dernier film d’un cinéaste qui aime à la folie le 7ème art : son dernier film le prouve amplement.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 septembre 2021
Ce film tourné en 2020, parait l’avoir été dans les années soixante-dix , quasi contemporain de « Quand passent les cigognes » de Mikhail Kalatozov. Le contexte ( une grève dans une usine d’Etat ) cadré dans un noir et blanc formel, très académique, nous renvoie immédiatement à cette époque. L’émeute ouvrière sera terriblement réprimée dans un accent de furie de la part des autorités complètement dépassées par les événements. Ce à quoi assiste médusée une fonctionnaire du comité central pour qui l’avenir du pays réside dans un communisme absolu, celui que défend Khrouchtchev, et sa politique très répressive. La fin des illusions de cette jeune femme couronnée par la disparition de sa fille, solidaire des grévistes. Dans ses erreurs et son aveuglement, Loudmila (Yuliya Vysotskaya) incarne pleinement cette terrible histoire aux accents toujours présents.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Caton le Censeur
Caton le Censeur

1 abonné 14 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 septembre 2021
Belle évocation en noir et blanc de l'Union Soviétique des années 60.
Certains y verront un académisme suranné, qui me plaît pour son charme désuet.
L'héroïne, partagée entre son attachement au socialisme et la brutalité du régime, apporte un intéressant conflit psychologique.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 894 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 septembre 2021
Konchalovsky est complètement à l'aise - sauf peut-être au moment de conclure- dans cette reconstitution d'une révolte réelle des ouvriers dans une commune russe en 62. Un noir et blanc parfaitement approprié pour le contexte est au service de scènes mélangeant les mouvements de foule, et celles plus intimistes des héros principaux. K ne juge, expose comment certains cadres ont pu croire sincèrement que c'était mieux sous Lénine, ou sous Staline, ou sous Kroutchev! Avec des partisans de tous les camps au sein de la même famille. Cette vision est l'un des aspects les plus originaux du scénario, en comparaison avec les scènes de "tirages de tapis" collectives lorsque le système a déraillé et qu'il faut trouver des coupables. Bien que parfaitement filmées, elles moins novatrices dans la dénonciation de la hiérarchie communiste. Y. Vitoskaya est absolument confondante pour exprimer ses propres contradictions entre convictions politiques et amour de ses proches. La volonté du pouvoir d'effacer le passé et de réécrire l'histoire vire à l'universel et est d'une modernité effrayante. Cinéma septembre 21
JRP
JRP

4 abonnés 21 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 septembre 2021
Très beau film qui parvient à analyser l'époque communiste et ses divers intervenants très finement, à l'occasion d'une tragédie. Tout est parfaitement abouti quant à la réalisation, au jeu des acteurs, à la tension dramatique. Tout est poignant, et la beauté formelle, notamment des cadrages, admirable.

Pas de vrais héros ni de vrais salauds. Juste des hommes et des femmes confrontés au tragique de l'histoire et qui y tiennent le rôle qu'ils peuvent, en étant le moins pire possible. Il ne restera rien de leurs illusions au terme de l'action : ils ont tiré sur leurs illusions ou se sont faits tirer dessus pour elles. Mais tout n'est pas noir. Le réalisateur s'y est explicitement refusé.

On n'a pas assez dit que cet emploi sublime du noir et blanc, du format presque carré de l'image, celui du cinéma de l'époque des faits relatés, a beaucoup à voir avec un travail du deuil lucide sur la période communiste. Poutine ne devrait pas désapprouver cette œuvre qui est dans sa ligne : recoudre l'histoire comme on recoud une plaie, sans nier que ce soit une plaie.
maugis
maugis

23 abonnés 72 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 septembre 2021
Excellent film qui montre le fonctionnement des rapports entre les responsables politiques sous Khrouchtchev ainsi que le contrôle monstrueux de l’information.Suite a une baisse des salaires couplée a une une hausse des prix une grève éclate dans une province ce qui entraîne une remontée de panique jusqu’àu Politbureau avec un blocus de la ville ,l intervention de l armée et l’intervention de snipers d un service secret qui tirent sur les grévistes dans le but de provoquer une émeute.
Il est remarquable de savoir que ce film ai été autorise sous Poutine, ancien du KGB, le réalisateur a du montrer un « gentil colonel » du KGB qui utilise ses passes droit pour rechercher la fille de l’heroine
jeanmarcd
jeanmarcd

14 abonnés 174 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 septembre 2021
Ce film retrace une grève en 1962 en URSS
pendant laquelle l'armée a tiré sur la foule.
Épisode tenu secret.
Dans un noir et blanc époustouflant , un portrait de responsable (femme) du Parti qui ouvre les yeux sur la réalité.

Konchalovski à 84 ans.

espérons que d'autres cinéastes prendront la relève, en France aussi.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 776 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 janvier 2022
En 1962, dans une ville ouvrière d’URSS des ouvriers dont les conditions de vie se dégradent se rebellent contre le pouvoir en place. Le pouvoir soviétique fera tirer sur les manifestants pour éteindre le feu, mettra la région sous cloche et fera taire pendant près de 30 ans tous ceux qui oseraient parler de cette « non affaire ».
Il aurait été facile de placer le spectateur du côté des grévistes, cependant Konchalovsky met au centre de son récit une fonctionnaire zélée qui profite pleinement de sa position dans le parti et des avantages que sa situation lui confère. Convaincue, sa vie c’est le parti, et elle croit en l’idéal communiste plus qu’en sa famille. Lorsque tout dérape, que l’on tire sur le peuple dont sa fille fait partie, elle se retrouve prise entre deux feux : son aveuglement politique et son instinct maternel. La posture de l’héroïne vient souligner le terrifiant pouvoir des idéologies. Ce film questionne donc bien sur l’endoctrinement des masses. Plus qu’il ne condamne frontalement le soviétisme, il montre bien comment un régime se disant gouverner pour le peuple gouverne contre le peuple.
Malgré un certain académisme, on est tenu en haleine par le climat anxiogène bien restitué de ce système. L’héroïne sait qu’elle ne peut faire confiance à personne car elle serait la première à trahir quiconque lui demanderait de l’aide dans les mêmes circonstances.
Mécanique des systèmes totalitaire qui ferait penser à « Z », « L’aveu », « Section spéciale »…. A Costa Gavras, en fait. Donc rien de neuf mais un bon film vu la référence de poids.
TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
ANDRÉ T.
ANDRÉ T.

94 abonnés 485 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 septembre 2021
Après Michel-Ange, Konchalovski frappe fort avec cet épisode réel de répression « brutale » d’une lutte sociale consécutive à une augmentation des prix alimentaires….

Les autorités n’ont pas envisagé, une seconde, une rébellion possible….
À travers cet épisode de la période Kroutchev, le réalisateur nous dresse un tableau « noir », tragique, resté secret !!!

Une recherche d’authenticité; le film en noir et blanc est sobre, dépouillé mais rythmé.
La mère, apparatchik zélée et admiratrice de la fermeté stalinienne se retrouve tout à coup confrontée « idéologiquement »
à sa fille « manifestante » ….
Mélo ? Pas du tout ! Simpliste ? Pas du tout !

Plutôt, une remise en cause progressive qu’elle n’aurait jamais entamée, sans sa fille…..
Boby 53
Boby 53

26 abonnés 249 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 septembre 2021
Fait politique completement occulté pdt 50 ans, le film raconte la revolte d'ouvriers contre la baisse des salaires, ss l'ere Kroutchev. Filmé en format carré et noir & blanc, il rend bien compte de l'etat de l'URRS en ces annees là. Bemol: un tantinet trop long, trop lent.
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