Chers camarades !
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Ninideslaux
Ninideslaux

106 abonnés 285 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 septembre 2021
Un film enthousiasmant (primé à la Mostra de Venise) dans un noir et blanc d'époque.... qui nous donne souvent l'impression d'être dans un documentaire. Un film sur les horreurs du communisme soviétique -le massacre de Novotcherkassk, en 1962- , et en même temps.... un film actuel autour d'un personnage fascinant, un film qui nous fait rentrer au plus profond de la foi.... ou du fanatisme. Car Liouda (Ioulia Vyssotskaïa) croit au communisme comme Thérèse de Lisieux à la sainte Vierge. Membre du comité municipal, (et maitresse occasionnelle du président de ce comité) elle n'a qu'un regret: que Krouchtchev ait critiqué Staline. Et qu'il ait fait libérer quelques koulaks et autres prisonniers politiques! Etre un dirigeant du parti a, entre parenthèses, certains avantages. Pendant que le peuple se bat pour obtenir un oeuf, Liouda est servie largement à l'arrière de l'épicerie, et elle dispose d'un appartement apparemment assez spacieux.
Ca se passe dans le Caucase, le pays des cosaques du Don, une région où les habitants seraient peut être moins dociles que dans la Russie profonde? Le gouvernement ne cesse de faire augmenter le prix des denrées de base, le lait, le kéfir.... et quand le directeur de l'usine de construction ferroviaire, une usine d'intérêt national, décide de baisser le salaire des ouvriers, ils se mettent en grève, marchent sur le comité, balancent quelques pierres dans les vitres, terrorisant le président du comité régional venu rétablir l'ordre (i.e, créer le désordre par ses vociférations déplacées)
Tout le monde débarque dans la petite ville, représentants du Comité Central, du KGB, de l'armée. La ville est bouclée. Chacun doit signer une promesse de confidentialité. Personne à l'extérieur ne doit savoir! Il ne manquerait plus que la rébellion se propage à d'autres usines, à d'autres villes. Les réunions s'enchainent. Les hauts gradés, au milieu de l'estrade, pratiquent la langue de bois. On sent, cependant, un certain flottement. Certains veulent une répression dure mais d'autres, moins écoutés, suggèrent de temporiser. Le général qui dirige les opérations est pour charger les armes... avec des munitions à blanc mais il se faire sèchement remettre à sa place. On s'y croit! On est dedans! C'est parfois confus mais jamais rasoir.
Et Liouda? Elle bout. Elle n'y tient plus, elle prend la parole: ce ne sont pas des ouvriers. Les ouvriers russes croient à l'avenir du communisme, au travail bien fait; les meneurs sont des repris de justice; de ces opposants malencontreusement libérés. Pour ceux là, il faut la peine de mort, sans hésitation.
Finalement c'est bien la méthode dure qui est employée, sans qu'on sache très bien qui a donné l'ordre de tirer, il y a plusieurs dizaines de morts, dont certains sont évacués discrètement hors de la ville. Quand Liouda rentre chez elle (persuadée que ce n'est pas l'armée qui a tiré, mais des snipers anti-communistes.... et que si Staline était encore vivant, rien ne se serait passé comme ça) elle retrouve son vieux père (Sergeï Erlish), qui a ressorti sa tenue (interdite) de cosaque et une icone ancienne de Notre Dame de Kazan... mais pas sa jeune fille Svetka (Yulia Burova), qui était à la manifestation. Liouda est maintenant une mère folle d'inquiétude, qui court partout, y compris à la morgue, pour retrouver -sans succès- sa fille (peut être morte, mais peut être aussi arrêtée), avec l'aide inattendue d'un responsable du KGB -c'est encore une jolie femme.... Moment de vérité, quand au point d'aller débiter son discours de répression devant les différents dignitaires, elle s'enfuit pour se réfugier aux toilettes, prier un Dieu auquel elle est censée ne pas croire.
Liouda est une personnage fascinant, qui porte en elle tous les sectarismes, elle est scientologue, elle est islamiste.... elle est tous ceux là, qu'une idéologie porte et fait vivre.
Le passionnant film d'Andrei Konchalovski, un jeunot de 84 printemps, est tout simplement indispensable. A voir absolument
Pascal
Pascal

256 abonnés 2 476 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juillet 2021
Vu en avant première ce magnifique film de Kontchalovsky, lion d'argent au dernier festival de Venise. Au passage, le film me paraît très superieur à l'ennuyeux "nomadland " auréolé du lion d'or et oscarisé. A 80 ans Kontchalovsky réalise un film qui fera date et après son "michel ange " on peut dire qu'il est en forme. Il pourrait sans nul doute, donner une leçon de cinéma à beaucoup de réalisateurs contemporains. Il s'agit ici de décrire le massacre d'ouvriers grévistes dans l union soviétique de Kroutchev. Événement soigneusement caché pendant des décennies par le pouvoir. Il n'y a aucun manichéisme dans ce film et le metteur en scène décrit les faits et le comportement de certains acteurs du drame de façon chirurgicale. On comprend aussi comme fonctionnait la société soviétique dans sa quotidienneté. Portrait d'une société totalitariste après le premier volet abordé en 2016 avec "Paradis" qui montrait alors celui de la société Nazie. "Chers camarades " sera sans aucun doute un des meilleurs films de l'année 2021. A voir sans hésiter.
Christian L.
Christian L.

9 abonnés 64 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 septembre 2021
Captivant! L'actrice principale est magnifiquement convaincante ! L'histoire est prenante, l'ambiance de l'époque nous enserre. Excellent film!
Yves G.

1 856 abonnés 4 063 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 septembre 2021
Le 1er juin 1962, suite à la brutale augmentation des prix de la viande et du beurre, les ouvriers de l'usine ferroviaire de Novotcherkassk, dans le sud de la Russie, se mettent en grève. Ils marchent sur la mairie. Une fusillade éclate tuant vingt-six manifestants, en blessant des dizaines d'autres. Les autorités déclarent immédiatement l'embargo sur cet événement qui ne sera révélé que trente ans plus tard après la chute de l'URSS.

Le vétéran Andreï Konchalovsky, quatre-vingts ans bien sonnés, qui faisait ses débuts derrière la caméra à cette époque là, s'est directement inspiré des faits pour en faire son dernier film. Il arrive sur les écrans quelques mois à peine après "Michel-Ange", d'une toute autre facture.

Konchalovsky aurait pu tourner un documentaire ; mais il préfère réaliser une fiction centrée sur le personnage de Lioudmila, magistralement interprétée par Ioulia Vyssotskaïa, une des grandes dames du théâtre contemporain russe. Ancienne infirmière durant la Grande Guerre patriotique, staliniste chevronnée qui regrette la mort du Petit père des peuples et la prudente libéralisation initiée par Nikita Khrouchtchev, Lioudmila est membre du conseil municipal. Elle est partisane de la ligne dure face aux manifestants et exige qu'ils soient sévèrement punis. Mais elle ignore que sa propre fille, encore étudiante, âgée de dix-huit ans à peine, qu'elle élève seule, est dans leur rang. De l'hôpital, à la morgue, à la fosse commune où les corps des tués ont été enterrés en catimini, elle cherche sa trace.

L'originalité du film est de nous présenter les événements, non pas du point de vue des manifestants (les héros sont d'habitude deux jeunes gens pris sous le feu des balles qui réussissent miraculeusement à survivre et y gagnent la sympathie des spectateurs), mais de celui des autorités, d'abord débordées par l'ampleur de l'hésitation et hésitant à la réaction à lui opposer.

"Chers camarades !" a remporté le prix spécial du jury à Venise en 2020. Ce genre de prix honore autant sinon plus le réalisateur auquel il est décerné, souvent en fin de carrière, dont on veut une dernière fois saluer l'oeuvre, que son film lui-même. C'est peut-être le cas de ce "Chers camarades !" qui ne brille pas par ses qualités cinématographiques.

Certes l'interprétation de Ioulia Vyssotskaïa est impressionnante qui habite son rôle et qui, dans le feu de la manifestation et en réaction au drame intime qui la frappe, est obligée de reconsidérer toutes ses valeurs. Mais le reste de l'interprétation est guindée. Et le film est bien académique. Konchalovksy l'a tourné en noir et blanc parce que, dit-il, le souvenir que nous avons de cette époque est définitivement constitué d'images en noir et blanc. Le problème est que son noir et blanc est trop élégant, trop velouté, pour être crédible et retrouver la patine des images de l'époque.
chrischambers86

16 188 abonnés 13 142 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 mars 2026
Prix spècial du jury à la Mostra de Venise", "Chers camarades !" (2020) mèrite amplement ce prix.! Le coup de chapeau est pour la prècision et la justesse de la mise en scène d'Andreï Kontchalovski, mais aussi pour Ioulia Vyssotskaïa, tèmèraire et èmouvante, dans le rôle d'une communiste inflexible de l'Union Soviètique, qui met autant de conviction à rechercher sa fille en pleine rèpression sanglante qu'à convaincre un agent du KGB de l'aider! On y suit minute par minute les èvènements sauvages d'une grève d'ouvriers tristement tragique! C'est dur, intèressant pour cette rèflexion dans le pouvoir, et prenant grâce au jeu de son actrice principale malgrè quelques longueurs dans la première partie! A l'arrivèe, une vision du communisme rèussie tant pour son aspect historique que pour son intensitè dramatique! Le tout est capturè dans un noir et blanc saisissant, et qu'affectionne Kontchalovski depuis son premier long-mètrage...
Hotinhere

794 abonnés 5 495 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 octobre 2022
Konchalovsky dissèque la mécanique implacable de la dictature soviétique avec le récit percutant de la répression meurtrière d'une révolte d'ouvriers en 1962, à travers le portrait tendu et bouleversant d’une nostalgique stalinienne déchirée entre son esprit de parti et la disparition de sa fille. 3,75
Roub E.

1 314 abonnés 5 393 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 octobre 2022
Un film qui m’a vraiment attrapé dès le départ avec l’évocation de cette révolte ouvrière dans un village de l’union soviétique sous Khrouchtchev. La reconstitution est froide et prenante, et veut montrer la machine du parti qui se met en marche et qui en oublie le peuple qu’il était censé représenté. Le film est surtout une réflexion intéressante sur les convictions sur lesquels on peut d’arc bouter par peur de l’avenir et de l’inconnu, mais aussi sur le trouble que peut engendrer la remise en cause de ces convictions par une réalité concrète qui les font craqueler. La mise en tension est progressive jusqu’à un dernier tiers qui retombe en intensité. Au niveau visuel si son noir et blanc s’avère très joli j’ai trouvé qu’il figeait un peu son récit dans un moment donné de l’histoire alors que son propos sur les convictions peut être très actuel. Un film au discours nuancé qui rend sa démonstration encore plus impeccable.
Marc L.
Marc L.

69 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 juillet 2023
Pour Kontchalovski, tourner ‘Cher Camarades’ devait avoir comme un petit goût de revanche…et paradoxalement d’histoire qui se répète. En 1966, son deuxième film, ‘Le bonheur d’Assia’ est censuré par les autorités soviétiques, qui n’apprécient pas sa description trop réaliste du monde agricole. Il ne sera reconnu en tant que chef d’oeuvre classique qu’en pleine Perestroïka vingt ans plus tard. Quatre ans plus tôt, les ouvriers de Novotcherkassk protestaient contre les hausses de prix et le durcissement de leurs conditions de travail en occupant leur usine : en raison de communications déplorables, du manque de volonté de prendre la responsabilité de la crise et de l’éternelle rivalité entre l’armée et le services secrets, ce qui aurait pu être résolu très pacifiquement par le dialogue fera finalement une trentaine de morts. ‘Cher camarades’ relate le déroulement des événements ainsi que les efforts désordonnées des autorités pour dissimuler la bavure et faire taire les témoins : l’incident sera vite connu en Occident mais rendu public sur place seulement 30 ans plus tard, à la chute de l’U.R.S.S. Tourné en Noir et Blanc, le massacre est majoritairement perçu à travers les yeux d’une apparatchik stalienienne intransigeante, inconsciente de ses privilèges comme des réelles conditions de travail du peuple, et qui va découvrir que l’idéologie pèse peu quand c’est la vie de ses proches qui est en jeu. Ca, c’est pour la revanche d’un réalisateur à l’encontre d’un système qui a toujours refusé de regarder la réalité en face. Le paradoxe, c’est que même en ayant attendu près de 60 ans pour évoquer à l’écran une fameuse tache sur le rêve socialiste et malgré sa stature de cinéaste prestigieux, Kontchalovski reçut de solides critiques pour avoir cherché à noircir l’histoire soviétique : preuve qu’en Russie, les régimes ont beau passer, la crainte de la vérité reste la même depuis les origines.
Paul Gioan
Paul Gioan

7 abonnés 21 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 septembre 2021
Encore un OVNI à ne pas manquer ! Evidemment , il parlera davantage aux personnes un peu agées , mais bon..
Quant à l'extrème fin....On croyait que tout était dit , mais non, il y avait encore de quoi aller plus loin ...Formidable !
Philippe2312
Philippe2312

4 abonnés 24 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 septembre 2021
Bon film qui retrace l'histoire d'une grêve à l'époque de l'Union Soviétique et qui montre comment les dirigeants communistes d'une petite ville et les dirigeant du pays réprime celle-ci.
Mickkado
Mickkado

10 abonnés 44 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 décembre 2021
En 1962 en pleine URSS, l'histoire du massacre de Novotcherkassk, une grève d'ouvriers matée dans la violence vue à travers les yeux de Lioudmila, fonctionnaire farouchement dévouée au Parti Communiste. Un épisode de terreur rouge en noir et blanc magistralement reconstitué, portrait de 3 générations qui ne se comprennent pas.
gonin.robert
gonin.robert

5 abonnés 74 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 novembre 2021
Massacre des ouvriers grévistes en URSS raconté sans militantisme crasse.
Donne à réfléchir.
Moins aimé le format carré du film, et insensible au noir et blanc
William
William

4 abonnés 141 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2024
L'histoire dramatique d'une femme prise en tenaille entre ses convictions staliniennes et la peur de perdre sa fille à la suite de la répression d'une grève.
On est plongé dans l'URSS de 1962 dans une mise en scène sobre. Le système soviétique y est parfaitement décrit et la dimension humaine du film est émouvante.
On pourrait penser que l'URSS de 1962 était plus souple que celle de 1952 mais on découvre que les ressorts de ce régime dépassent le seul Staline
mariealbertfr
mariealbertfr

7 abonnés 58 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 octobre 2022
Très beau film au sujet d'une grève ouvrière réprimée dans le sang en 1962, dans une ville du Caucase soviétique. L'héroïne est poignante, son revirement bouleverse. J'ai beaucoup aimé les deux heures passés en sa compagnie. Cette histoire fait réfléchir. Elle restera dans ma tête un petit temps...
Megas hermes
Megas hermes

3 abonnés 27 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 23 mai 2023
On se demande pourquoi un réalisateur qui a des kilomètres au compteur nous raconte une histoire dramatique certe, mais qui date quand même. Alors que depuis que Poutine est au pouvoir, les histoires monstrueuses ne manquent pas. Pourquoi par exemple, ne pas faire un film sur la très grande et courageuse journaliste Anna Politkovskaïa qui a lachement été assassiné devant chez elle.
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