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3,5
Publiée le 25 septembre 2012
C'est un peu paradoxale, car je suis partagé sur le ressenti en finissant de regarder le film de Moretti. Traitant d'un sujet dramatique (la perte d'un fils), le réalisateur évite tout les défauts qui permet à son film du sortir du lot : pas de pathos, pas d'effets en trop, pas de musiques lourdingues, juste la captation d'émotion des parents et proches. Pourtant malgré ça, j'ai vu quelques films traitants de la mort des enfants, que j'ai trouvé bien meilleur (dans un registre différent, Nobody Knows par exemple). Je n'ai pas trouvé La Chambre du Fils dure voir particulièrement triste, la forme jouant la dessus, volontairement retenue et sans effets. Le film est même assez lent, assez classique, sans style particulier (Moretti n'en a pas forcement), mais maitrisé, complet, sans erreurs. Pourtant il donne l'impression qu'il aurait pu être tourné par un autre. Le point plus du film reste la présence du réalisateur en acteur, convaincant et charismatique, et le parallèle installé avec la psychanalyse, qui donne quelques situations intéressantes et drôle, et qui sert également de bon tremplin pour montrer le changement opéré dans les émotions. Bon film, classique, mais la palme d'or, qui souligne généralement des films "surprenants" est ici intrigante.
Un film très fort émotionnellement mais aussi dans la forme chose de plus en plus rare de nos jours où il faut parfois se taper des films filmés avec les pieds pour voir des histoires de ce genre. L'interprétation est indéniablement le point fort mais aussi l'écriture intelligente qui joue sur la frustration du spectateur comme celle du père qui ne comprend pas ce qui s'est passé mais doit l'accepter. Le réalisateur donne volontairement des pistes pour nous faire penser que l'accident du jeune homme est étrange mais ne fait rien avancer pour nous laisser dans le même état d'impuissance et d'incompréhension de la famille. L'écriture alternée entre le quotidien familial du père et son quotidien professionnel de psychiatre est une forme d'expression exceptionnelle du trouble qui peut l'envahir. Une palme d'or largement méritée même si je dis ça sans savoir qui était en compétition.
Critiques dithyrambiques, palme d'or. Film épuré et sujet grave pouvant faire sombrer dans le pathos mais le réalisateur maîtrise parfaitement sa réalisation (acteurs justes, musique fine). Le film laissera néanmoins beaucoup de spectateur de côté.
"La chambre du fils" marque en premier lieu par son humanité débordante, profonde, chaleureuse et réconfortante. Nanni Moretti signe ici un film doux-amer extrêmement touchant avec une sobriété magistrale. Une réussite !
La Chambre du Fils fait parti de ces drames ne pouvant émaner que de France ou de pays d'Europe du sud de par son aspect très sobre mais non moins profond. On nous présente une histoire qui semblerait pouvoir être a notre tant il paraît réaliste et sans concessions. Nanni Moretti préfère nous montrer des sentiments que des images et c'est parfaitement illustré dans ce film.
Oui c'est émouvant, oui c'est sensible, oui c'est pudique, oui c'est universel... Mais ici, ça ne suffit pas. Pourquoi? Parce que les personnages ne sont pas tellement attachants ni touchants, que la mise en scène est un peu plate, que l'esthètique n'est pas très agréable à regarder, que le propos n'est pas nouveau... Bref, rien de bouleversant. Franchement j'ai l'impression qu'on a filé la palme d'or à un téléfilm de m6 (ils sont parfois tout aussi émouvants).
Film au sujet difficile qui se révèle être émouvant. Mais que dire d'autre... Déjà la mise en scène de Nanni Moretti est globalement peu inspirée. Les acteurs ont beau être convaincant, le tout ne tire pas son épingle du jeu. Bien sûr que c'est triste et émouvant, mais déjà ce n'est pas un film facile à regarder - sujet pas facile -, mais en plus de ça Nanni Moretti ne semble pas trop savoir quoi en faire. Il tourne un peu en rond, etc. Bref, ce n'est pas ma palme d'or préférée (ni celle que j'aime le moins).
Beau, émouvant, pudique et surtout vrai… C’est le premier film, à ma connaissance, où la psychanalyse n’est pas caricaturée mais montrée avec respect et intelligence. En parallèle, l’analyse psychologique des personnages est d’une finesse exquise. Côté cinéma, la façon de filmer la mort est incroyable, presque aussi forte que chez Pialat, le maître en la matière (La Gueule ouverte), sans esbroufe ni glauque ni pathos. La douleur aussi, cette expression si précieuse de l’humain, est très bien rendue, avec très peu de choses, par toutes petites touches, sans appuyer, sans presque rien montrer. On se prend à l’histoire et on prend acte de la fin qui vient comme un souffle d’avenir meilleur. C’est une fin construite, presque logique, en tout cas une fin qui permet de dénouer avec dignité l’assemblage de nœuds pathologiques créés par cette mort insupportable. Très beau film et très belle leçon de cinéma.
Une histoire poignante, touchante, triste, ... donc qui marche forcément auprès du grand public. Mais je dois vous confesser que ce n'est pas trop ma tasse de thé ce genre de mélo. Par ailleurs, j'ai du mal à percevoir le chef d'œuvre derrière ce film. C'est très simple et très linéaire. "La chambre du fils" n'a rien de spécial. Il n'a pas de cachet. Ce qui change tout, c'est qu'il est estampillé "Nanni Moretti", cinéaste reconnu. Aurait-il reçu les mêmes éloges si c'était Truc-bidule qui l'avait réalisé ? J'en doute fort.
Une oeuvre d'une implacable force emotionnelle admirablement conté par Nanni Moretti dont ressort assez épuisé psychologiquement par ce que l'on vient de voir... Une simplicité qui en fait un grand film dont la B.O nous emporte littéralement dans la misère interieure des personnages... Eprouvant...
J'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire en raison de la mise en scéne assez irrégulière dans la descente aux enfers du personnage mais une fois cela effectué, on adhére complétement et les 20 dernières minutes sont habillement orchestré. Bien sur il ne s'agit pas du film du siècle car assez conventionnel et la fin est très prévisible mais la tension est palpable et on passe un agréable moment avec quelques sursauts.
Moins original et incisif que les précédents films de Moretti (Bianca, La messe est finie, Journal intime, April), La Chambre de fils a décroché la Palme d'or à Cannes, preuve que dans ce genre de festival, on prime non l'originalité mais le conformisme.
Prétentieux, pontifiant sinon donneur de leçons; ce film faussement naturaliste est bien à l'image de son réalisateur (de toute façon visiblement pas loin du personnage principal): le pire du cinéma italien ! Cela dit, des goûts & des couleurs...
Loin de tout pathos, de toute emphase et de tout mélodrame, Nanni Moretti nous montre la douleur à l'état brut, qui survient brusquement par la mort du fils, au sein d'une famille harmonieuse et unie. Il nous montre aussi comment les membres de la famille réagissent chacun différemment face au drame, et comment cette douleur les divise. Nous voyons comment le père, personnage central du film, passe par différentes phases dans le processus de deuil : la recherche de sensations fortes, cette envie de chercher la petite bête qui revient à se faire du mal à lui-même, la culpabilité, l'obsession... et enfin l'impossibilité de soigner la souffrance des autres, alors qu'il ne peut lui-même accepter la mort de son fils. Le ton du film est très juste, tout y décrit de façon simple, et le film n'en est que plus émouvant. Laura Morante est magnifique. Tout au bout de ce tunnel, la vie reprendra ses droits, et nos héros se retrouveront enfin, hésitants et éblouis dans la lumière du jour. Une longue et émouvante traversée du désert.