C’est un thriller mais construit de telle façon que le spectateur qui a vu la scène autour de laquelle va s’articuler toute l’histoire sait ce qu’il en est. Une dispute dans un couple. La femme sort dans la nuit. Son mari la rejoint pour la faire revenir. Et puis, au détour du face à face conflictuel, un accident. Une chute dans un ravin au fond duquel coule un torrent de montagne. Dans les heures qui suivent, une crue emportera tout sur son passage notamment le corps sans vie. De là, l’homme construit un mensonge, craignant d’être inquiété. Il aurait pu frapper sa femme, la pousser, un féminicide quoi. Il étaye et conforte son mensonge avec sa fille qui n’a rien demandé mais qui par solidarité va collaborer dans ce sens (d'autant que la victime, s'agissant d'une famille recomposée, n'est pas sa mère et qu'elle a des relations très distantes avec elle). Et puis, peu à peu, au gré de l’enquête, spoiler: du corps retrouvé , des constatations matérielles, des attitudes, les soupçons vont émerger, le récit va se fissurer. C’est un film sur le mensonge et les postures. Anne Le Ny, scénariste et réalisatrice, a manifestement su créer une histoire sur ce thème. Elle s’est même réservé un rôle (la capitaine de gendarmerie en charge de l’enquête). Pratique à laquelle personnellement je ne goute pas trop considérant qu’il y a déjà suffisamment à faire à l’écriture et derrière la caméra. Mais, à décharge ici, ça a sans doute été un moyen pour elle de s’immerger totalement dans le scénario qu’elle a imaginé. Un bon film. De bons acteurs. Des développements et des rebondissements intéressants. Que demandez de plus ?
Alexandre (José Garcia), la petite cinquantaine, a deux enfants : Lison d’un premier lit, qui vient de réussir son permis de conduire et, avec Juliette (Ophelia Kolb), sa seconde épouse, Darius, un petit garçon âgé de dix ans à peine. Un week-end, que Lison est venu passer chez eux dans le beau chalet qu’Alexandre, Juliette et Darius occupent au-dessus de Gérardmer, Alexandre apprend que Juliette a eu une liaison. Une violente dispute éclate. Juliette claque la porte. Alexandre saute dans sa voiture, la rejoint, veut la forcer à le rejoindre. La jeune femme glisse, tombe et se tue. Écrasé par la stupeur et le chagrin, Alexandre craint d’être accusé d’un crime qu’il n’a pas commis. Il convainc Lison, qui avait été réveillée par la dispute, de le couvrir. Mais une enquête policière est diligentée lorsque le corps de Juliette est retrouvé. Alexandre saura-t-il écarter les soupçons que font peser sur lui à la fois l’officier de gendarmerie chargé de l’enquête (Anne Le Ny) et le père de Juliette (André Dussolier) venu avec son épouse pleurer sa fille et prendre soin de son petit-fils ?
"Le Torrent" est un film policier construit selon une mécanique inhabituelle. Aucun mystère n’entoure l’accident dont Juliette a été victime et la responsabilité d’Alexandre. Le suspense est ailleurs : dans le succès ou l’insuccès d’un homme à se blanchir d’un crime dont il risque d’être accusé. D’ailleurs une telle accusation n’est pas acquise par avance : la tempête qui s’est déclenchée la nuit des faits et qui a emporté le corps de Juliette dans un torrent en crue offre à Alexandre un solide alibi. On retrouve ici le même schéma que dans "Trois jours et une vie", le roman de Pierre Lemaitre porté à l’écran par Nicolas Boukhrief en 2019, qui brassait, comme ce "Torrent", les thèmes du mensonge et de la responsabilité en mettant en scène un enfant, auteur d’un homicide involontaire, qui échappe à toute inculpation mais doit porter sa vie durant le poids de cette culpabilité tue.
"Le Torrent" ne va pas si loin. Il ne dépasse pas le stade pépère du polar bien ficelé. Tout dans son scénario, dans sa mise en scène, dans son casting, qui convoque des têtes d’affiche passés d’âge et de mode, sent la naphtaline. Mais la naphtaline ne sent pas si mauvais et son odeur est une garantie : "Le Torrent", à défaut de nous emporter, ne nous fera pas passer un mauvais moment.
En se dévoilant dès le début et en semblant très prévisible « le Torrent » fait naître la promesse d’une intrigue à contrario complexe et imprévisible. Promesse bien entretenue par ses acteurs mais finalement non tenue. Ne reste alors qu’un film pas désagréable à suivre mais extrêmement banal et déceptif.
Le Torrent est pour moi plus un téléfilm qu'un film sans vouloir offenser l'équipe. Capucine Valramy est vraiment très bonne dans son rôle mais pour moi la révélation est Victor Pontecorvo. Grosse déception par contre du côté de José Garcia qui n'est pas au niveau tout comme André Dussollier qui reste trop dans son petit confort alors qu'il a une expérience hors du commun. Je trouve aussi dommage que la réalisatrice se donne quasiment le meilleur rôle du long-métrage, pour moi c'est beaucoup trop facile. Le rythme est plutôt lent et ennuyeux, c'est assez répétitif et surtout tout est cousu de fil blanc. Il n'y a pas réellement d'ingrédients qui font que la recette soit réussie. L'histoire est assez banale et ce genre de thrillers a été vu et revu. Ok, il y a certaines bonnes petites choses mais pour moi, c'est raté dans l'ensemble. J'avoue que je ne m'attendais pas à grand chose et du coup pas de surprise donc voilà. 9/20.
Sincèrement, un film dont l'utilité reste à démontrer. Aucun suspense, aucune surprise quelle qu'elle soit. Pas mal joué, mais franchement pour quoi ? Le début est prenant, on est dans le présent, mais ensuite ça s'enlise peu à peu. Largement dispensable.
Le film vaut le ticket pour la prestation des pointures que sont Messieurs Garcia et Dussolier, avec une Capucine particulièrement convaincante dans son rôle tourmenté de pivot familial... L'intrigue en elle-même ne surprendra personne, soit, mais ce moment de cinéma reste agréable, l'atmosphère aidant... La sublime Ophélia Kolb, trop rare à mon goût, apporte ici sa touche unique, pétrie de talent : à quand un grand rôle pour Elle au cinéma ?!?!?
Le torrent n'est pas vraiment un polar : dès les premières séquences le spectateur sait comment les choses se sont réellement passées. Ce qui intéresse Anne Le Ny (la réalisatrice mais c'est aussi la flic en charge de l'enquête) ce sont les conséquences du drame, l'enchaînement fatidique des mensonges, les fils dramatiques qui se nouent peu à peu et de plus en plus serrés, le drame conjugal qui devient drame familial. André Dussolier et José Garcia sont bien employés et réussissent à rendre crédible toute l'intrigue. Un petit film français comme on les aime, classique et facile à apprécier.
10 595 abonnés
11 630 critiques
Suivre son activité
2,5
Publiée le 28 mars 2023
À la suite d'un accident, Alexandre Boiron se retrouve dos au mur, dans une situation délicate de laquelle il veut s'en sortir à tout prix. La première chose qui lui vient à l'esprit est de mentir pour sauver sa peau. Comme souvent, un mensonge en entraîne un autre et les conséquences sont plus lourdes que si le choix de la vérité avait été fait... "Le torrent" n'est pas un thriller qui s'appuie sur un mystère et réserve des surprises, car tout est dévoilé au début. Anne Le Ny montre surtout comment cet homme fait face à ses mensonges d'autant plus que sa fille ment également pour lui. Alors que l'enquête avance, la pression se fait de plus en plus sentir. Un drame psychologique donc, mais qui parait bien vide. L'absence de suspens est vraiment préjudiciable surtout que la réalisatrice n'est pas capable de compenser par quelque chose d'autre. Il manque vraiment un truc... On dirait finalement un simple téléfilm à la réalisation plate et au jeu d'acteurs peu inspiré. C'est moyen, mais ça se laisse regarder.
Un film très feutré sur un homme qui se perd dans son mensonge et sa douleur. La réalisation est soignée et des acteurs convaincants sur une tragédie accidentelle.
Homme d'affaire flamboyant vivant au fin fond des Vosges, Alexandre se dispute un soir avec sa femme. C'est alors que celle-ci fait une chute accidentelle mortelle. Craignant de ne pas être cru par la police, Alexandre va s'enfoncer dans une spirale du mensonge... Ne vous laissez pas abuser sur la marchandise, "Le Torrent" n'est pas un thriller mettant José Garcia en vedette. Passées quelques minutes où l'acteur livre une prestation habituelle de grande gueule, il se veut beaucoup plus sobre et dramatique. Puis va peu à peu s'effacer du récit au profit de sa fille à l'écran, jouée par une délicate Capucine Valmary. C'est alors que "Le Torrent" devient un drame. Comment cette famille recomposée va sombrer en déliquescence par des mensonges et de la culpabilité ? Y a-t-il une leur d'espoir ? Des thématiques qui lorgnent parfois vers le téléfilm du service public, il faut l'avouer. D'autant que l'enquête, volontairement au second (voire troisième) plan, n'a pas l'air des plus perspicaces (la raison de la dispute, pourtant excellent mobile, n'a pas l'air d'intéresser les gendarmes ?). Mais les acteurs sont bons, André Dussollier aidant en père dont les soupçons vont peu à peu s'éveiller. Enfin bons à part le jeune Zéphyr Elis, calamiteux en jeune enfant perturbé par la disparition de sa maman. Et la mise en scène est professionnelle, exploitant plutôt bien les décors vosgiens.
Pas vraiment un thriller ( erreur selon moi de dénomination), mais un polar, à la Simenon, servi par un casting efficace, on retrouve Jean Dussolier, José Garcia, Anne Le Ny (peut être est elle meilleure réalisatrice en comédies sociétales ?) dont le cinéma est gage de confiance.....La mise en scène manque un peu d'énergie et de surprises, et cela se sent à certains moments par des longueurs, et une surenchère des faits du drame, de l'action presque trop molle.....Il faut oser davantage quand on fait du cinéma pour le public....Malgré tout cela reste un cinéma honnête grâce aux acteurs surtout, à des paysages, qu'il aurait fallu dramatiser davantage...C'est ce drame que la réalisatrice ne rend pas toujours, dans sa mise en scène, sa direction d'acteur, son scénario un brin prévisible.....J'étais seul dans la salle, à 11H, un peu triste donc pour ce film qui ne le mérite pas vraiment, même si on a vu récemment, avec d'autres réalisateurs des films de neige, plus vigoureux, plus neigeux, plus "virils" au sens noble du terme.... A vous de voir, mais surtout pour Garcia , Dussolier et une petite nouvelle, Capucine Valmary....des acteurs somme toute sympa.
Un thriller psychologique prenant et déstabilisant (mais assez artificiel et s’enlisant dans la dernière partie) autour du poids du mensonge, porté par un casting convaincant. 2,75