Mufasa, roi du fan-service, avec une certaine malhonnêteté sur son côté "original" (énormément de resucée du schéma narratif du Roi Lion :
le ravin avec le lionceau coincé, le père qui meurt en le sauvant, le lionceau recueilli par une famille adoptive, "Pars, Mufasa, pars...", il tombe sur la lionne de sa tribu qui le ramène à la maison pour sauver le peuple, "L'amour brille sous les étoiles", Scar est méchant, Mufasa réunit le peuple, rugit, il est roi, retrouve sa mère,
et voilà... C'est Le Roi Lion, quoi), avec des intermissions infernales de Timon et Pumbaa (qui coupent le récit dix fois plus longtemps que dans Le Roi Lion 3, pour faire des commentaires sans intérêt, deux gags de prouts et une parodie de Hakuna Matata, avec les voix d'Alban Ivanov et Jamel Debbouze : vos cauchemars ont pris vie), des "en fait ça vient de là" assez lunaires (le bâton de Rafiki, le Rocher des Lions, la cicatrice de Scar... Ce prequel s'oblige à tout expliquer, avec des surlignages ridicules - des fois qu'on n'aurait pas la réf - alors qu'on ne lui demande qu'un bon scénario), des chansons aussitôt finies aussitôt oubliées (à la grande limite, le "Bye-Bye" est peut-être ce qui ressemble le plus à du Lin-Manuel Miranda, ce génie dont on découvre avec effroi au générique de fin qu'on lui doit cette BO si insipide), des scènes "coups de coude dans les côtes" pour les fans (la scène "
Scar plante ses griffes dans Mufasa pour le rattraper"
, vous l'aurez deux fois, dans ce film... Soupir), et une fin cucul abrutissante. Taka
demande lui-même à être appelé Scar
(élu personnage-girouette : une seconde il est gentil, celle d'après il est méchant, on ne comprend jamais ce qu'il a sous la crinière, et son explication "mais c'est la faute de Mufasa" quand il décide de
se rallier à celui qui a tué sa mère et son père,
c'est un peu fort de café), et Mufasa retrouve
sa mère
(ça tombe bien, ça alors). On aura donc la belle surprise (c'est faux) de découvrir que l'origine de la discorde terrible qui a séparé Mufasa et Taka (Scar)...
c'est une fille. C'est toujours la même rengaine, c'est la faute à la fille (elle aurait mieux fait d'épouser Zazou), d'ailleurs étrangement dépeinte : elle agit comme une lionne sage, sauf que lorsqu'elle pense avoir été sauvée par le lion à la crinière noire (Taka), elle repart conter fleurette avec le lion de son espèce (faut pas déc', on mélange pas les crinières).
Quelle déception que ce Mufasa, infernal de fan-service, souvent ridicule, niaiseux, qui enchaîne les chansons sans aucune envie ("la chanson qui répète mille fois qu'ils veulent un frère", "le pseudo Hakuna Matata", "le pseudo L'Amour brille sous les étoiles", et le pauvre "Bye-Bye" qui est le moins pire du lot), dont le personnage de Taka est incompréhensible (un tourne-casaque impossible à suivre), celui de Sarabi n'est que le cliché de "la fille qui arrive juste pour que les deux gars se disputent pour l'avoir" (c'est moderne, vraiment), et dont les interruptions "commentateurs de foot" de Timon et Pumbaa sont ce qu'il y a de pire. A ce film, on lui dit...Bye-Bye.