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Darius91
60 abonnés
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3,5
Publiée le 9 juin 2023
Vu en avant première. Excellent. Divertissant. Du grand Dupontel et des acteurs excellents. L'histoire interpelle car représente une bonne satyre du système actuel
Dupontel est un magicien. Encore une fois il nous emmène dans son imaginaire sans limite. On se demande parfois d’où lui viennent toutes ses idées, toute cette créativité. Ici il propose une fable très bien écrite et construite, comme certains films de Woody Allen. Dans son univers singulier on retrouve avec plaisir ses personnages préférés (Cécile de France et Nicolas Marié, parfaits) qui sont en décalage par rapport à leur employeur, une chaîne d’information ttpe BFM, mainstream et complaisante vis-à-vis du pouvoir et du milieu financier. Le film égratigne autant ce milieu médiatique que le monde politique. Dupontel dénonce un système politique proche des milieux d’affaire et qui est prêt à tout pour garder son pouvoir. Mais a t’il pour autant voulu faire un film politique, un pamphlet à la cause de la liberté de l’action politique face aux lobbies? En fait Dupontel ne peut se défaire de sa part de fantaisie, et c’est ce qui emporte le film. Il maîtrise tous les codes du cinéma, la lumière, les plans rapprochés, la qualité de l’image, les mouvements de caméra audacieux (la scène où il filme le champ de ruches est magnifique, ainsi que la scène de l’aigle), et il se sert de tout cet arsenal maîtrisé pour faire un joyeux divertissement, un pur objet de plaisir.
Un scientifique, néophyte en politique, se trouve propulsé au second de l’élection présidentielle française par des forces financières dominantes relayées par leurs chaînes d’informations continues. En réalité, il joue un double jeu comme la plupart des protagonistes de ce film. Traiter de la duplicité et de tout ce que cela implique de subtilité est une gageure pour Albert Dupontel, dont la finesse n’est pas le point fort. Le scénario est tracé à la serpe, sur un fond écolo-populiste assez convenu mais les péripéties de l’intrigue tiennent le spectateur en éveil et Cécile de France est très en forme. Comme toujours chez Dupontel, les seconds rôles sont très bons. Un film qui n’est pas indispensable mais qui se laisse voir sans déplaisir.
Dupontel, mon réalisateur français favori, revient avec une fable corrosive et burlesque assez jouissive. Superbement réalisé (comme toujours), son « Second Tour », s’il n’est pas aussi pleinement réussi que certains autres de ses films (« Le Créateur », « Adieu les cons », « 9 mois ferme » ou « Au revoir là haut ») reste un bon moment de cinéma où Dupontel ressasse ses obsessions (mystère et tourments de la filiation, faux semblant et absurdité de l’organisation de la société) dans un écrin doux amer traversé de fulgurances comiques irrésistibles. Pas la meilleure cuvée de la décennie mais un plaisir de dégustation.
Un film pur jus Dupontel, on retrouve tous les marqueurs de son univers : le militantisme contre tout ce qui va de travers, la poésie, la dérision des élites, l'humour corrosif. Les actrices passent (Kiberlain, Efira, de France), le ton et les seconds rôles restent. Un bon moment.
Encore mieux qu' "Adieu les cons". Dupontel se bonifie sans cesse avec l'âge. Excellent tant sur le fond que sur la forme dans un format raisonnable d'une heure trente cinq.
Une vision toujours aussi juste de la société, des enjeux du monde et du sionisme, avec une touche de légèreté apportée par ses personnages attachants. Un bon moment empreint de poésie visuel à voir dès que possible.
Qu’un artiste engagé comme Albert Dupontel s’attaque frontalement au monde de la politique n’est pas surprenant et rappelle en cela la démarche de ses pairs, Gustave Kervern et Benoît Delépine, dans le récent En même temps (2022), satire de la course aux élections municipales. Pourtant, il surprend par la douceur avec laquelle est son récit, douceur qui témoigne tout à la fois d’un assagissement certain et d’une fidélité à la thématique qui soutient l’entièreté de son cinéma : la quête de filiation dans un monde chaotique ; aussi l’approche, certes incisive, reste avant tout sensible puisqu’elle relate la perte de repères d’un candidat à la présidentielle raccordé malgré lui à ses origines et à un jumeau qu’il n’a jamais connu. La gémellité, omniprésente depuis le générique d’ouverture, qui prend soin de dédoubler le candidat par un autre orateur censé chauffer la salle, jusqu’au dernier plan en miroir, dit à la fois la condition de l’homme politique en général, être caméléon dont l’apparence change en fonction de l’environnement extérieur, et celle de Pierre-Henry Mercier en particulier, être incomplet, tour à tour brillant esprit et étranger à lui-même et aux autres, qu’incarne un Albert Dupontel surprenant de calme et de retenue. Incomplet parce qu’incapable de porter haut et fort ses véritables valeurs et croyances politiques, contraint de jouer un rôle pour remporter l’élection ; le frère apiculteur intervient alors telle une métaphore de ce dédoublement, projection d’une intériorité tourmentée qui recouvre à terme une unité par la disparition et la fusion de la nature (les idées) et de la culture (le costume). Le long métrage cultive ainsi l’idée d’une sagesse populaire, chante le savoir dépourvu de connaissances conceptuelles et théoriques, prône la simplicité, redistribue les pouvoirs en une assemblée populaire qui advient, une heure et demi durant, grâce à l’action d’une journaliste de sport et de son caméraman lancés dans une course à la vérité – contre le verbiage mielleux des journalistes corrompus, l’agressivité et la franchise de ceux qui se consacrent au sport populaire par excellence, le football. Autant dire que l’idéologie défendue par Dupontel s’infuse dans la mise en scène, en particulier lors d’une scène de transfert sanguin où les deux frères sont allongés côte à côté, l’un étendu sur un lit médicalisé, l’autre sur une table en bois, traduction de deux milieux sociaux et de la vitalité de leurs échanges. De très belles idées au sein d’une œuvre plaisante mais foutraque, qui souffre de longueurs et se disperse trop, peinant à assurer une focalisation et une tonalité cohérentes – le duo de journalistes finit par être sacrifié au profit de celui formé par les jumeaux.
Très bonne surprise, Scénario costaud, montant une histoire sortant des clous, bien fiscellée, riche en énigmes et rebondissements, le tout avec une note d'humour satirique. Immersion totale.
Vu en avant-première "Second tour" est un film divertissant. Un long-métrage avec une bonne histoire, les personnages sont attachants et le côté comédie est bien présent. Par contre j'ai trouvé que la mise en scène pouvait être mieux tournée.
Oh la la la la ! Qu’est-il advenu à Albert Dupontel ? Le réalisateur semblait déjà sur la pente descendante depuis quelques temps, mais là il tombe vraiment bien bas. Dans cette satire politique, jamais acerbe ni complètement burlesque, il perd son sens aiguisé de l’écriture pour proposer un gloubi-boulga fade et indigeste. Même sa mise en scène généralement créative et lumineuse manque d’originalité. Enfin, la lecture critique du pouvoir et du monde journalistique tombe à plat en raison d’un humour assez bas du front (mention spéciale à Cécile de France dans une prestation peu convaincante). Bref, une comédie laborieuse et sans poésie qui ne marquera pas l’année 2023.
Vu en avant première pour une soirée spéciales abonnées et comme je disais à ma partenaire du soir, les films de Dupontel tu adhères ou pas...et dans notre duo ce fut 50/50. J'ai bien aimé même si moins touchant et moins marrant que le dernier "Adieu les cons". L'histoire de ce génie qui tente de devenir président en ce servant de ceux qui pensent le manipuler et pas mal je trouve. Son passé qui lui revient en pleine tronche aurait pu donner un côté plus comique au vu des évènements mais ils ont pas poussé plus cela et j'ai trouvé cela dommage. Dupontel et De France font bien le taf mais je donne un petit plus Marié en assistant un peu con-con et qui donne le ton léger du film (comme dans son rôle dans le précédent de Dupontel d'ailleurs). Un film sympa dans son ensemble et qui donne une fin qu'on aimerait avoir dans notre monde politique actuel... NOTE : 6/10
On a toujours autant de plaisir à voir un film d'Albert Dupontel, même quand il est vraiment tiré par les cheveux (c'est bien le cas aujourd'hui), même (et surtout!) quand il flirte avec l'absurde. Le comique nait beaucoup de la faculté de Dupontel de garder toujours son masque tragique d'empereur romain dans les circonstances les plus burlesques. C'est César-Auguste chez la dame de chez Maxim's... Grâce à dieu, il ne ressemble à aucun des rigolos français qui polluent nos écrans. S'il faut lui chercher une parenté, c'est avec les anglais des temps héroïques: Noblesse oblige, Tueurs de dames.... Ici, il se dédouble, incarnant à la fois le candidat à la Présidentielle de la droite d'affaire, de la droite libérale et bien pensante, et son jumeau (ils ne se connaissent pas, l'un ayant été adopté et pas l'autre), un neuneu qui vit au fin fond de la campagne en élevant des abeilles... Ses péripéties seront orchestrées par une journaliste qui joue son retour en grâce après avoir été envoyée aux Sports, la délicieuse Cécile de France, assistée par son caméraman, l'excellent Nicolas Marié qu'on aimerait beaucoup voir plus souvent, et qui, lui, à part le foot dont il a une connaissance encyclopédique, ne connait absolument rien à rien.... Allez y sans hésiter vous passerez de toutes façon un bon moment...
Second Dupontel président… une nouvelle fois mais dans un registre différent, bien moins cynique que « Président », on est plus dans le comique et quelques scènes et dialogues sont particulièrement bien senties. Une bonne surprise bien moins conventionnelle dans son scénario, qui vire à la fable.
Pour ce Second Tour, mieux vaut s'abstenir. Le scénario ne tient pas la route et l'ennui se fait bien vite sentir. On sent d'ailleurs que les acteurs "rament". En revanche, la facture est excellente, tant pour la photographie que pour le son.