Comédie dramatique, écrite et réalisée par Albert Dupontel, Second Tour est un film convenable mais décevant. L'histoire nous fait suivre Nathalie Pove, une journaliste politique tombée en disgrâce auprès de sa chaîne officiant désormais à la rubrique football avec son caméraman Gustave Clément, qui, à la suite de l'explosion d'une conduite de gaz au passage de la voiture d'un candidat à la présidentielle, se retrouve la seule journaliste à pouvoir suivre ce dernier, un certain Pierre-Henry Mercier, favori de l'élection. La jeune femme se souvient par ailleurs l'avoir connu pendant ses études et va faire une découverte concernant l'homme qui va bouleverser une campagne jusque-là insipide. Ce scénario s'avère agréable à visionner pendant toute sa durée d'une heure et demie, même s'il comporte de nombreuses carences. On assiste pendant tout ce temps à une enquête assez limitée et peu palpitante même si le récit sous forme de fable et à l'aspect de conte reste plaisant. Le problème majeur de celui-ci provient de sa thématique traitée de façon beaucoup trop consensuelle. Venant de Dupontel, on aurait pu s'attendre à une intrigue beaucoup plus corrosive et satirique vis à vis du système politique et de ses marionnettes. En l'état, c'est beaucoup trop gentillet et loin de la réalité pour en faire une critique acèrbe du milieu. Mais même l'aspect humoristique ne parvient pas à se faire sentir. En effet, les scènes sont assez répétitives et ne parviennent pas à faire rire, ni même sourire. La faute en partie à des personnages beaucoup trop lisses, même s'ils sont sympathiques. Ces derniers sont interprétés par une distribution appréciable comportant Albert Dupontel, Cécile de France et Nicolas Marié dans les rôles principaux. Les secondaires sont tout aussi appréciables que ce soit Philippe Uchan, Uri Gavriel, Scali Delpeyrat, Catherine Schaub-Abkarian, Bouli Lanners ou encore Philippe Dusquesne. Hélas, tous ces individus entretiennent des rapports se voulant plutôt dramatiques qu'amusants. Résultat, on est touché mais on aurait d'avantage aimer rire. Leurs échanges sont soutenus par des dialogues manquant de profondeur. Mais surtout, ils sont quasiment toujours déclamés de façon douce en susurrant ce qui est assez déroutant et peu audible. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère qualitative. Sa mise en scène deploit de beaux mouvements de caméras et comporte des idées. Cependant, on ressent trop les incrustations et les effets spéciaux, et les lieux sont vraiment sans charme. La faute également à une colorimétrie beaucoup trop prononcée donnant un aspect fortement artificiel au visuel. Ce dernier est accompagné par une b.o. signée Christophe Julien, dont les agréables compositions aux notes délicates et féériques sont en accord avec l'atmosphère de conte. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à Second Tour, qui, en conclusion, est un long-métrage de bonne facture mais une des œuvres les moins inspirées de la filmographie de l'artiste dont le potentiel n'est plus à démontrer.