Durant la dictature stalinienne, un soldat décide de faire son mea culpa en avertissant les familles qu'on a fabriqué de faux motifs pour mettre à mort un de leurs proches. Ainsi on assiste à une course-poursuite à la fois saine et glauque, où le meilleur de l'humain affronte le pire. L'ambiance est assez séduisante, avec des Russes qui préfèrent tantôt le croire, tantôt le dénoncer, dans des décors toujours assez sombres et morbides. Les exécutions sommaires ajoutent un certain sentiment de malaise. Pour l'athmosphère et le message, ce film est intéressant. Néanmoins il manque parfois de réalisme, en particulier je n'ai pas compris pourquoi l'homme en question est parfois éventré et retrouve juste après un ventre normal sans la moindre plaie (entre autres). Ces bizarreries assez récurrentes ajoutent de la confusion et discréditent quelque peu la véracité historique.
Regard acerbe sur les purges staliniennes. Violent, sarcastique et graphique (magnifiques éclats de ce rouge rose des tenues de cette milice. Proche de la colorimétrie de la casa de Apple, mais au service d'une œuvre plus forte).Allez voir cette échappée dans une Russie (déjà) malade
Un film quel qu'il soit véhicule les valeurs qui le pétrissent, soit pour les défendre soit pour les dénoncer. les options prises tant artistiques que scénaristiques se font propagandes sociétale et idéologique don ce film est une illustration parfaite. Au delà des motivations obscures du héros renégat à l'appareil de répression dont il est pourtant membre, ce film nous montre que la Russie est effectivement éternelle en ce sens qu'elle n'a pas évolué et qu'à l'époque de Staline à laquelle l'unité de temps de l'action se réfère, le logiciel de contrôle du pouvoir et de la population est le même qu'à celle de Poutine, avec des méthodes puisées de l'Inquisition et de la lutte contre toute hérésie. Le film est sinistre, réaliste et se laisse regarder, malgré le fait de bizarreries comme des personnages qui disparaissent puis réapparaissent sans trop qu'on comprenne le pourquoi du comment, ni même leur rôle exact dans l'histoire. Notamment l'ami du héros qui, enterré vivant avec des "ennemis de la nation" tous exécutés par contre, sort de la fosse commune juste au moment ou son ami se tenait debout seul là, pour finir par l'éviscérer sans que la victime ne s'en trouve très altérée puisqu'elle va continuer ses pérégrinations jusqu'au dénouement. Le but de l'action, la relation entre les deux personnages, le fait que l'enterré retrouve son rang après avoir été inhumé par les siens, voilà trois point qui après une première lecture restent bien nébuleux. Ce qui est clair par contre, c'est que c'est exclusivement sur une approche politique que le film s'adresse au spectateur. Et compte tenu d'une sempiternelle rhétorique monolithique met en exergue le fait que l'âme russe, lassée d'une énième mystification, admet qu'elle n'existe pas Et à l'instar du final du héros, semble dire au Monde "nous n'arrivons pas à nous éradiquer seuls, aidez-nous à nous débarrasser de nous-mêmes dans un monde que nous ne savons que pourrir."
Il existe des films comme celui-ci (« Le fils de Saul » par exemple) qui abordent des sujets historiques extrêmement pénibles à travers une intrigue mystique inattendue. Sorti en 2021, ce long-métrage des réalisateurs russes Natalya Merkulova et Aleksey Chupov revient sur la période sombre des Grandes Purges menées par Staline dès la fin des années 1930. Cette trame de fond sert de support à la quête de rédemption d’un soldat soviétique devenu déserteur. Certaines scènes sont particulièrement éprouvantes avec des interrogatoires ou des exécutions qui glacent le sang. Seul l’aspect fantasmagorique de ce rachat moral vient contrebalancer la violence du propos. Bref, contraints à l’exil, les deux cinéastes font preuve d’un engagement politique audacieux en proposant une vive critique du totalitarisme ayant (eu) cours dans leur pays.
Un film très noir, très glauque sur les purges staliniennes. Le scénario est assez peu crédible et le rythme plutôt lent n’est pas sans distiller un certain ennui. Malgré les bonnes critiques, cela n’a pas trop fonctionné pour moi.
Ce film russe assez décevant dans sa forme nous raconte pourtant un thème fort, en effet il se déroule en pleine purge stalinienne un capitaine de milice rouge va voir ses collègues se faire arrêter, lui aura de la chance de s echapper, une chasse à l l'homme va intervenir dont le malheureux capitaine va essayer tant bien que mal s en extirper,et surtout va en profiter et tenter auprès des familles des personnes qu il a emprisonné d accepter son pardon. Je ne suis pas impressionné par sa mise en scène et surtout c est mal joué ce qui affadit pour ma part le film. Je préfère et de loin les films de kyril sebrennikov dont la mise en scène notamment son film la fievre de petrov est largement supérieure
URSS en 1938, un homme des services secrets cherche la redomption, au travers de ce parcours un peu adapté de la réalité historique on recompose les destins des victimes des purges staliniennes. Suffisamment bien réalisé pour nous maintenir en haleine et bien joué, pour être prenant c est aussi une forme de témoignage de cette période sombre par un réalisateur russe.
Rare sont les films dépeignant cette période aussi tue que cruelle de l'histoire de l'URSS, mais encore plus rare sont les films le faisant avec cette précision, avec cette violence peu pudique tout en ne devenant pas gratuite et avec cette patte d'originalité qui rend "Le capitaine Volkogonov s'est échappé" non pas un film rare, mais un film unique.
1938, URSS, Staline est à l'initiative d'une purge et le corps d'armée du capitaine Volkonogov est touché. Ce dernier parvient in-extremis à fuir dans la ville mais tous ses compagnons sont exécutés par le parti. Une vision s'impose à lui : pour tous les méfaits accomplis, c'est l'enfer qui s'ouvrira sous ses pieds sauf s'il parvient à se faire pardonner. En salle le 29 mars. spoiler:
Le Capitaine Volkonogov s'est échappé m'est apparu comme un ovni, basé sur un évènement historique réel mais introduisant une fiction séduisante au fur et à mesure du récit. La description des actes commis par le parti communiste est glaçante, l'anti-héros est tout de suite perçu comme mériter ce qui lui arrive. Et pourtant, on se prend d'affection pour ce condamné qui dans un Élan mystique cherche la rédemption pour ses fautes. La scène de sa mort m'a heurté : pas de fioriture, pas de spectacle, juste la sombre réalité. Dommage que l'ensemble soit un peu long.
mais qu'elle idée de diffuser un film sur un pays en guerre sur le thème de la guerre, ça peut pas s'annuler l'effet, gare a vos fesses si ça la prolonge, je ne cautionne pas du tout
Film avec une colonne vertébrale très forte : la reconstitution d'époque -remarquable travail sur les couleurs choisies-, l'opiniâtreté avec laquelle le protagoniste défie la police politique stalinienne dont il est issu, les choix musicaux qui soulignent le climat général anxiogène (adjectif faible ici). On ne peut s'empêcher de penser à la chasse actuelle aux opposants russes menée dans la Russie d'aujourd'hui à travers le spectre de cette année 1938. Film utile et artistiquement incontestable.
Alors que la Russie avait été féodalisée par le régime de tsars, l'Union Soviétique a pris le relais pour construire une société moderne et égalitaire. Certes il y a eu des erreurs, mais globalement le bilan est largement positif si on prend en compte le blocus institué durant tout le mandat de Staline par les Etats Unis et l'Occident. Et durant tout ce temps les actions contrerévolutionnaires fomentées par les impérialistes se succédaient. Non il n'y a pas à rougir de l'ère stalinienne qui a permis la victoire sur l'envahisseur hitlérien durant la grande guerre patriotique. Alors maintenant rechercher le sensationnel par une critique sans appel, ignorante de la situation de l'époque, c'est un peu facile.
Il n'y aura guère que les nostalgiques de Staline (il y en a) pour critiquer négativement ce film. Quelqu'un, ici même, évoque l'éternel "bilan globalement positif" de l'ère stalinienne. Quoi qu'il en soit, le film, qui navigue entre réalité historique et ombre de fantastique, est tout à fait remarquable : l'acteur principal est à couper le souffle, et rend crédible l'émergence d'une individualité en quête de rédemption, dans un univers où ces deux concepts sont bannis, l'individu devant abolir son moi au service de la seule mère patrie. Et cette quête est bien évidemment suspecte à tous ceux qui vivent la terreur du régime : sa petite amie, le vieux père dont le fils a été tué, sont bien les représentants de cette lâcheté provoquée par la peur et que dénonce l'homme qui, à la fin, le conduit vers la femme mourante. La violence, extrême, n'est jamais gratuite et si l'on éprouve parfois un sentiment de malaise, ces moments sont compensés par la belle humanité de Fédia et par les quelques instants de beauté que recèle le film, en particulier quand les hommes chantent et dansent.
Grand film au rythme soutenu. Bien que tourné en 2021 il est d'une actualité incroyable au regard du conflit Ukrainien. L'histoire est un éternel recommencement et on devrait plus souvent s'en référer. Acteur lumineux.