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In Ciné Veritas
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4,0
Publiée le 23 février 2023
Dans La syndicaliste, Jean-Paul Salomé retrace le parcours de Maureen Kearney, syndicaliste CFDT chez Areva et incarnée à l’écran par Isabelle Huppert. Entre pressions politiques et lobbying dans le secteur nucléaire, l’histoire racontée paraît à peine imaginable. Elle est pourtant réelle et récente puisqu’elle se déroule sur près de la totalité de la décennie passée. Salomé livre un véritable pamphlet sur la sphère politico-industrielle. Derrière, en sous texte, c’est la condition féminine dans la France d’aujourd’hui qui est interrogée. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/c/fifp2023/#LC
L'histoire incroyable et pourtant vraie d'une femme puissante et touchante merveilleusement interprétée par Isabelle Huppert. Un film juste, moderne, féministe, qui fonctionne comme un thriller qui nous tient en haleine jusqu'au bout. Une fenêtre sur le monde des puissants dans lequel le personnage principal est une héroïne tantot glaçante, tantot touchante, et surtout admirable. Bravo à JP Salomé.
Isabelle Huppert est magistrale, les autres acteurs sont dans la lignée. Un film coup de poing qui vous fait parfois vous tortiller sur votre siège de malaisance. Une histoire incroyable et captivante du début jusqu'à la fin. Le rebond du cinéma français passe par ce genre de production.
Pour succéder à La Daronne, Jean-Paul Salomé a trouvé son sujet dans le livre-enquête de la journaliste Caroline Michel-Aguirre, autour de l'histoire de la syndicaliste et lanceuse d'alerte Maureen Kearney. En sus des faits avérés, le cinéaste a injecté une petite dose de fiction mais néanmoins conservé, avec un certain courage, les noms véritables des différents protagonistes de ce récit à la fois politique, policier et judiciaire. Après un démarrage plutôt convaincant qui explicite la manière dont l'industrie française du nucléaire a été bradée dans un esprit néolibéral dévastateur pour l'emploi, le film prend ensuite un tour beaucoup plus intime autour d'une femme victime, noyau actif de la résistance aux compromissions de l'élite économico-politique du pays, érigée en héroïne et quasi martyre. La Syndicaliste, de par une certaine fadeur de sa mise en scène, y perd largement en puissance de frappe et même Isabelle Huppert (choisie pour sa ressemblance physique presque parfaite) semble loin de son niveau d'excellence habituel. Le casting est d'ailleurs un peu trop flamboyant pour des rôles qui sont d'appoint pour la plupart (Foïs, Attal, Demaison, Deladonchamps), à l'exception de celui tenu par Gadebois, comme toujours impeccable. Malgré son écriture inconstante et un montage peu fluide, sans omettre des pointes démagogiques, La Syndicaliste a au moins le mérite de mettre en lumière une affaire qui documente, entre autres, comment la France a perdu une grande partie de son indépendance énergétique.