Alors que son nouveau film consacré à "L'affaire Bojarski" vient de sortir en salles, France 2 a diffusé dimanche, et propose donc encore en replay, le thriller "La syndicaliste" de Jean-Paul Salomé. L'occasion de rattraper ce film de définissant selon son affiche comme le thriller de l'année (2022). Qu'en est-il vraiment ?
En voyant sa bande-annonce, j'ai trouvé le sujet intéressant, celui d'une syndicaliste agressée chez elle, alors qu'elle se battait sur un gros dossier concernant Areva, et qu'on soupçonne pour finir d'avoir inventé les faits. L'idée d'un thriller mêlant pouvoir, politique et syndicalisme me paraissait plutôt bonne. Mais à mesure que j'ai avancé dans le film et que des noms réels connus ont été de plus en plus cités, j'ai été pris d'un doute.
Et après vérification, mes soupçons se sont avérés vrais. Ceci n'est pas une fiction mais une histoire vraie. D'un coup ce film prend donc une autre dimension. Car alors qu'il paraissait être un thriller réaliste sur ce que certains seraient capables de faire pour l'argent et le pouvoir, tout à coup il devient un thriller réaliste sur ce que certaines personnes ont réellement commis pour ça.
Malheureusement, le traitement de cette histoire est loin d'être à la hauteur de ce qu'elle méritait. Car malgré tout le talent d'Isabelle Huppert, encore une fois magistrale, et même du casting qui l'entoure (Gregory Gadebois, Yvan Attal, Marina Foïs,...), l'écriture des dialogues est assez moyenne, et surtout la mise en scène de Jean-Paul Salomé est d'une platitude confondante.
On croirait vraiment être devant je téléfilm, et encore pas mal de téléfilms aujourd'hui sont mieux travaillés que ça. C'est vraiment dommage car il y avait matière à faire quelque chose de bien meilleur.
Il n'en demeure pas moins que lorsque l'on découvre la conclusion de cette affaire, pour quelqu'un comme moi qui ne l'avait pas du tout suivie à l'époque, on ressort abasourdi par l'idée que ce genre de choses puisse se passer chez nous, de nos jours, dans des groupes tels qu'EDF ou Veolia.
Le film a donc au moins le mérite de mettre en lumière cette affaire, mais il est bien dommage qu'il n'ai pas pu bénéficier d'un meilleur traitement. Car en l'état, le résultat est plutôt moyen, et surtout sauvé par l'interprétation de son actrice principale.