Drame horrifique, à forte dimension sociale, écrit et réalisé par Guillaume Nicloux, La Tour n'est malheureusement pas une grande réussite. L'histoire se déroule dans une cité où, un matin, dans une des barres d'immeuble, les habitants se réveillent et découvrent qu'ils ne peuvent plus sortir de celle-ci à cause d'un inquiétant brouillard opaque qui bloque toutes leurs portes et fenêtres. Ce scénario, plutôt prometteur sur le papier, n'est hélas pas fameux dans les faits pendant toute sa durée d'un peu moins d'une heure et demie. Si l'intrigue commence de façon mystérieuse et donne envie de voir la suite, on se rend vite compte des limites de cette dernière. En effet, le concept, bien que peu original car vu dans d'autres œuvres, est très vite abandonné et relégué au second plan au profit de son aspect social. En conséquence, on apprend absolument rien sur cette matière noire obstruant toutes sorties. Le récit se focalise sur le communautarisme et développe certaines idéologies assez malhonnêtes sur la vie dans ce type d'endroit. De plus, les ellipses sont beaucoup trop espacées dans le temps et le film comporte des incohérences et des facilités scénaristiques. Cependant, son ambiance anxiogène et lugubre tout du long est sa plus grande force. L'ensemble est porté par des personnages trop peu intéressants pour s'y attacher et s'inquiéter de leur sort, malgré un petit effort de fait pour leur apporter des caractéristiques. Mais leurs personnalités ne sont effleurées qu'en surface et pas assez approfondis. De surcroît, ces protagonistes représentants différentes ethnies sont de véritables caricatures raciales. Tous ces rôles ne sont pas très bien interprétés par une distribution nombreuse, ne méritant pas vraiment d'être citée. Les relations entretenues par ces individus se veulent remplies de tension et de défiance, mais soutenus par des dialogues primaires assez insupportables. Résultat, on ne ressent aucune émotion. Sur la forme, la réalisation de Guillaume Nicloux s'avère correcte. Sa mise en scène évolue dans un environnement clos et est assez sommaire alors qu'il aurait été possible de faire preuve de d'avantage de créativité. Les quelques effets spéciaux aperçus sont eux peu convaincants. Ce visuel sombre est accompagné de bout en bout par une ambiance sonore de grande qualité, renforçant grandement l'atmosphère étouffante et oppressante de cette prison violente. Cette vie en groupe forcée s'achève sur une fin abrupte, laissant un fort arrière-goût d'inachevée, venant mettre un terme à La Tour, qui, en conclusion, est un long-métrage possédant trop de lacunes pour mériter le coup d'œil.