Chien blanc
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Paul Roux
Paul Roux

17 abonnés 32 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 novembre 2022
Je suis allé voir « Chien blanc », le nouveau film d’Anaïs Barbeau-Lavalette. Ouf ! Après les dernières images, j'ai laissé défiler tout le long générique. Même après, je ne me suis pas tout de suite relevé, encore sonné par ce que je venais de voir. Le scénario est une adaptation du roman éponyme de Romain Gary, un livre fort mais méconnu.
En 1968, le double lauréat du Goncourt vivait à Los Angeles en compagnie de sa femme, l’actrice Jean Seberg. L’écrivain recueille un chien, qui se révèle adorable avec tout le monde. Sauf avec les personnes noires. C’est que Batka est un de ces « toutous spécialement dressés pour aider la police contre les Noirs ». Un « chien blanc » ! Cette découverte plonge Gary dans un profond désarroi. Tout le monde, y compris Seberg, le pousse à faire tuer son clébard. Mais il refuse, s’obstinant à le faire rééduquer. Tout cela se déroule sur fond de luttes pour les droits civiques aux États-Unis.
Barbeau-Lavalette a tiré de ce récit autobiographique un film déchirant, troublant et bouleversant sur le racisme.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 novembre 2022
En adaptant un roman en partie autobiographique de l’écrivain Romain Gary, la cinéaste québécoise Anaïs Barbeau-Lavalette se lançait dans un projet que l’on peut aisément qualifier de casse-gueule. Après son puissant et incandescent « La déesse des mouches à feu » et le succès critique et public qu’on lui connait, elle s’est donc attaquée à quelque chose de bien plus complexe et ambitieux. On ne pourra pas lui en vouloir mais si les thématiques abordées ici sont passionnantes et que l’envie de bien faire se ressent à chaque instant, il faut avouer que « Chien blanc » ploie sous le poids desdites ambitions et s’avère plutôt raté dans ce qu’il entreprend. Trop riche de ses sujets, assez maladroit et bien trop court et elliptique pour pouvoir s’acquitter convenablement à ces desseins artistiques et thématiques, c’est ce qui s’appelle une occasion manquée.

Pourtant, tout cela démarre plutôt bien, sous les meilleurs auspices serait-on même tenté de dire. Un acteur convaincu et convaincant en la personne de Denis Ménochet, même si on le sent un peu perdu aussi dans cet océan des possibles narratifs. Kacey Rohl dans la peau de l’actrice Jean Seberg est un peu moins pertinente. D’ailleurs, leur relation de couple semble être la partie la moins utile, réussie et en accord avec le reste du scénario. Un script qui veut trop en mettre sur une durée d’à peine quatre-vingt-dix minutes laissant la très désagréable impression d’une œuvre fouillis et un peu boiteuse. Et pour le spectateur, un sentiment tout aussi déplaisant d’inachevé. La seconde partie de « Chien blanc » est d’ailleurs symptomatique de ce constat et nous désintéresse petit à petit. 

C’est typiquement le genre d’œuvre qu’on se désole de voir livrée de la sorte, comme un brouillon qui laisse entrevoir ce qu’aurait pu être « Chien blanc » avec une écriture plus resserrée ou plus ample et pas cet entre-deux dommageable. Il y a de superbes plans sporadiquement (la chasse d’une jeune femme dans les champs ou encore ce chien qui court au ralenti sur des rails) et des séquences importantes nous rappelant à des événements ayant encore cours aujourd’hui. Mais Anaïs Barbeau-Lavalette ne lésine pas sur un côté manichéen un peu lourd et un pathos quelque peu préjudiciable. L’ajout avant le générique d’images récentes des manifestations de Black Lives Matter nous apparaissent d’ailleurs au mieux maladroites, au pire gênantes. En somme, c’est un long-métrage qui loupe le coche du grand pamphlet anti-raciste en plus d’être une adaptation non pas mauvaise mais frustrante et peu satisfaisante. 

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