On ne peut pas dire que les derniers Pixar m’aient vraiment enchanté. ‘Vice-versa 2’ souffrait terriblement de la comparaison avec son prédécesseur. ‘Elémentaire’ s'essoufflait bien trop vite tandis que ‘Alerte rouge’ et ‘Buzz l’éclair’ étaient si anecdotiques qu’ils ne m’ont pas laissé le moindre souvenir. Il faut remonter à ‘Luca’ en 2021 pour tomber sur quelque chose qui soit, non pas mémorable mais tout de même attachant. “Attachant�, c’est exactement comme ça qu’on peut définir ‘Elio’, petit orphelin persuadé que personne ne tient à lui sur Terre et qu’il serait mieux dans l’espace, avec les extraterrestres. Le scénario ressert sans se fatiguer le discours habituel sur la confiance en soi et la famille, de manière pas spécialement inspirée ou originale qui plus est mais il s’avère suffisamment généreux en péripéties pour qu’on ne s’y ennuie jamais. Le communiverse extraterrestre est plaisant à découvrir, les différentes races aliens aussi, encore qu’on aurait aimé voir ces éléments dépasser le simple stade d’exposition et Elio offre, ici et là, de petites touches personnelles qui suscitent une sympathie instinctive à son égard, la plupart étant dûs à Glordon, le copain hylurgien d’Elio. Pourtant, alors que je me souviens encore de moments iconiques, de trouvailles formidables, de gags hilarants ou de scènes mémorables en provenance des Pixar fondateurs des années 90 et 2000, le souvenir de ‘Elio’ est déjà en train de s’estomper de ma mémoire, alors que je l’ai regardé il y a à peine plus de trois semaines. Je sais qu’il présentait un nombre un peu plus important que la moyenne d’éléments et de personnages sympathiques…mais ce n’est déjà plus extrêmement clair dans ma tête. Pour qu’un souvenir s’implante durablement, il faut qu’il soit vibrant, pas juste “un souvenir�. Et puis, contre toute logique, je m’obstine à penser que de la part de Pixar, je suis en droit d’attendre autre chose que du “sympathique�. Je veux des éclats de rire, de l’idée de l’année en pagaille, de l’émotion inattendue, des images qui s’imposeront comme les trucs stockés pour l’éternité dans un coin de ma banque mémorielle : je veux du pur moment de grâce et ça, aujourd’hui, ‘Elio� pas plus qu’un autre Pixar, n’est désormais capable de me l’offrir.