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Tumtumtree
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4,0
Publiée le 22 février 2024
Comme le laisse parfaitement entrevoir la bande-annonce, Universal theory est délibérément un film vintage nous replongeant dans le cinéma des années 1940 et 1950. De sombres mystères entourent un colloque scientifique qui se tient dans un hôtel au fin fond des Alpes Suisses. Un vrai plaisir de cinéma se dégage de ce récit que le scénario, la mise en scène et surtout la musique rapprochent de certains vieux Hitchcock en noir et blanc. La mélodie symphonique qu'on entend continuellement dans chaque plan est sans doute le trait le plus explicite de ce retour aux sources hollywoodien. Il m'a cependant semblé que le film commençait à patiner au bout d'un certain temps. Le rythme se casse, le fil se perd, malgré quelques rebondissements assez bien sentis. spoiler: Puis arrive la séquence finale, fondée sur un dispositif qu'on ne verrait jamais au milieu du XXe siècle.
Une voix off se met en effet à commenter les agissements du personnage sur le temps long. Le tout se termine sur un habile plan où son et image se rencontrent en une subtile évocation de la femme disparue.
Bref, Universal theory est un bel essai, agréable à regarder et qui mérite peut-être une seconde vision pour être apprécié pleinement.
Je me réjouissais beaucoup de découvrir ce film mais force est de constater que je suis plutôt déçu. Si l’aspect cinématographique reste très intéressant et renvoie aux films des années 50-60, le scénario reste pour moi totalement incompréhensible.
N’est pas Lynch qui veut et ici, l’étrangeté m’a malheureusement laissé largué sur le quai de gare à regarder les personnages disparaître et réapparaître sans me transmettre ni message, ni sensation.
Ce n'est pas si fréquent qu'un film en langue allemande arrive en compétition à la Mostra de Venise. Le réalisateur allemand Timm KRÖGER, né en 1985 à Itzehoe, y est parvenu cette année. Son film LA THÉORIE DE TOUT est un choc, illustré en cinémascope noir et blanc, extrêmement insolite et qui marque par son intensité.
Dans un cadre, nous voyons une apparition apparemment typique d'un talk-show de 1974 : l'auteur Johannes Leinert (Jan BÜLOW) présente son premier roman LA THÉORIE DE TOUT. Il s’agit apparemment de sa propre histoire, qui se serait produite douze ans plus tôt. Johannes de l'année 1962 est en route pour un congrès de physique dans les Alpes suisses avec son directeur de doctorat (Hanns ZISCHLER). Une fois sur place, tout a été retardé car le célèbre physicien de Téhéran n’était pas encore autorisé à partir. Les scientifiques passent le plus souvent leur temps dans la neige. Johannes rencontre une mystérieuse pianiste (Olivia ROSS) qui en sait beaucoup sur lui et sa jeunesse. Lorsqu'un des professeurs (Gottfried BREITFUSS) est retrouvé mort et horriblement mutilé, les événements prennent des traits de plus en plus mystérieux...
Dans de belles images, Timm KRÖGER rend un hommage élégant à l'histoire du cinéma et livre en même temps un puzzle impressionnant sur le passage du temps au XXe siècle. La façon dont tout cela est connecté est laissée à l’interprétation de chaque spectateur. La forme et la conception de l'image s'inspirent de l'histoire du cinéma allemand du début des années 1960, sans pour autant négliger les influences internationales. Outre les modèles cinématographiques tels que HITCHCOCK et RESNAIS, il faut également penser aux modèles littéraires de KAFKA à Thomas MANN (LA MONTAGNE MAGIQUE) en passant par Friedrich DÜRRENMATT (LA PHYSIQUE). Mais on peut également voir les influences des films de genre des films d'Edgar Wallace qui étaient si populaires à l'époque. La connaissance approfondie de l'histoire du cinéma du réalisateur KRÖGER se reflète également dans le fait que le roman de Johannes est tourné sous le titre LA TEORIA DEL TUTTO par la Cinecitta romaine, qui était à l'époque le plus grand challenger d'Hollywood. Il est également merveilleux que l'exceptionnel réalisateur allemand Dominik GRAF (LE CHAT / LES GAGNANTS / FABIAN : ALLER AUX CHIENS) ait pu être conquis en tant que narrateur.
Ce film est extrêmement agréable, mais peut être trop dispersé et sans but pour certains cinéphiles. Mais Timm KRÖGER a définitivement remporté un grand succès, qui montre une fois de plus aux cinéphiles d'aujourd'hui la fragmentation presque inexplicable des événements mondiaux du XXe siècle. Un film comme celui-ci arrive vraiment à point nommé !
Un film inclassable, quelque part entre Lynch et Hitchcock. L'intrigue fascine par ses zones d'ombre et bénéficie de qualités artistiques et techniques dont un somptueux noir et blanc.
"Tout est dans tout et réciproquement" rigolait Pierre Dac et cette maxime s'applique parfaitement à ce film, mais sans la dimension comique, tant le réalisateur se prend ici au sérieux. C'est pompeux et prétentieux, fumeux et filandreux. Ah ça les référence abondent, comme s'il en pleuvait, du Murnau (les ombres qui se détachent d'un coup), du Welles (la lumière qui surgit sur un visage), de l'Hitchcock pour l'intrigue incompréhensible, du Fritz Lang spoiler: pour les complots torves , du Lynch pour l'histoire d'amour évanescente... C'est ultra-référencé, mais pour quel résultat ? A défaut de congrès scientifique, un pensum à la bande son, certes belle, mais envahissante, au jeu outré des comédiens dans le plus pur style expressionniste (les policiers, le concierge, la comtesse russe...) et à l'inspiration défaillante. On y comprend que pouic, ce qui peut s'accepter (d'excellents films se passent de scénarios qui tiennent), mais c'est parce que le spectateur se sent moins intelligent que le réalisateur qui le regarde en surplomb. Regardez comme je suis doué, comme je suis fort, comme je maîtrise la physique quantique ! Une longue esbrouffe, où se détache la figure de Johannes (spoiler: très beau plan où il écoute la montagne ), les paysages enneigés en noir et blanc, les tunnels effrayants des cauchemars... Il y avait de quoi faire, avec moins de vanité : cela pète plus haut... et ça fait pschit.
C’était une grosse envie au départ. Un film abordant le concept de multiver. Pas simple et surtout pas fréquent. Au résultat, j’ai passé un bon moment mais le film ne tient pas sa durée. L’évocation du monde parallèle est bien pensée mais le scénario déraille par et envie de tout ou trop embrasser. La référence juive embarque la mauvaise conscience allemande. L’histoire d’amour et celle d’espionnage se surajoutent. Restent une bande son symphonique qui marche bien. Une photo d’un noir et blanc superbe avec - sur la fin - des références trop appuyées à l’expressionnisme allemand, à Hitchcock et à O. Wells. Cet afflux fatigue à la longue comme si on n’avait pas saisi.
La théorie du tout en allemand et non pas ce stupide titre anglais. Un film proprement ennuyeux et pompeux qui se laisse voir pour son atmosphère feutrée mais que l’on oubliera très vite si tant est qu’on arrive à le visionner jusqu’au bout.
J ai lancé ce film sans rien savoir à son sujet, la découverte n en a été que plus belle. C est un film proteiforme qui a pour thème central le Multiverse mais qui va réellement traiter et étendre ce sujet en oubliant pas de faire du vrai cinéma. J ai trouvé que le film avait une ambiance cotonneuse relevée par une musique fortement inspirée de Bernard Hermann ce qui donne un curieux mélange de film métaphysique, scientifique, de thriller paranoïaque et d une quête d amour touchante de simplicité. Bénéficiant d un magnifique noir et blanc c est un film qui fera le bonheur des amateurs de curiosité et qui révèle un auteur à suivre.
Un film noir rétro et séduisant, à l’ambiance mystérieuse et envoûtante qui revisite le thème du multiverse à l’aide d’un scénario trop nébuleux pour nous transporter complètement. 2,75
Très déçu, surtout après avoir lu d'excellentes critiques. Le thème des univers parallèles est fascinant, mais il est traité ici de façon particulièrement confuse. De plus, c'est lent et bavard. Reste des images en noir et blanc, belles sans être exceptionnelles, qui contribue à créer une atmosphère d'étrangeté. Mais ça ne suffit pas...
Le moi du futur a eu un mal fou à maintenir le moi du passé éveillé. Peut-être que dans un autre univers, c'est un film formidable, mais dans celui-ci, il n'a occasionné qu'une bonne sieste.
« Universal Theory » n’est pas un film facile d’accès, et il s’adresse à un public très familier du rôle qu’a joué le monde scientifique dans les drames survenus lors du vingtième siècle. Le récit se situe très logiquement en Suisse : « le pays neutre » de la seconde guerre mondiale est également celui qui a vu le fameux Schrödinger y imaginer son équation la plus célèbre.
Si ce film hanté peut, aux premiers abords, sembler impénétrable, il se révèle en fait parsemé d’indices qui le rendront limpide pour peu que l’on prête attention à ceux-ci ; et ils ne manquent pas !
Timm Kröger, parce qu’il est allemand, porte le poids de la culpabilisation collective inconsciente. L’Allemagne a élu Hitler, l’Allemagne a travaillé en premier sur la bombe atomique, l’Allemagne a commis un génocide d’une perversité qu’on n’imaginait pas encore possible à l’échelle d’un pays. Par des êtres humains qui pourraient être aussi nous (et c’est une clé pour tout comprendre de l’intention du réalisateur).
Alors, et si on décidait d’aller plus loin que ne le permet la physique quantique, et qu’on qu’on pouvait enfin agrandir le spectre de l’indétermination à échelle planétaire ?
Et si tout cela n’avait pas eu lieu ? Et si une autre réalité pouvait exister, un monde dans lequel le siècle dernier, ni l’humanité, ni la science n’avaient franchi toutes les limites ?
Et pourtant, si un tel monde existe et qu’on veut pouvoir l’imaginer, c’est parce que l’autre a forcément co existé. Que faire alors des fantômes de cet autre monde, insupportable ?
C’est de cela dont parle « Universal Theory ». Et de ce paradoxe dont il traite avec le seul moyen possible : un retour vers le format cinématographique utilisé quand l’humanité venait d’être traumatisée pour toujours à échelle planétaire (« universelle » ?)
Le pitch de départ est original, les références au cinéma des années 1960 nombreuses, mais le rythme est si mou que l'ennui s'y fait beaucoup trop ressentir. Dommage.
Une maîtrise évidente de grand cinéaste puisant dans les plus beaux répertoires du genre mais un décalage constant entre la force du réel si bien rendu et la science-fiction un peu trop ésotérique. Une impression de chef-d'oeuvre loupé et c'est dommage.
Un thriller de science-fiction allemand filmé en noir et blanc qui a pour thème l existence de dimensions,ce qui est un peu la limite du film en terme de compréhension car je suis pas sur d avoir tout saisi. Mais concernant la mise en scène le noir et blanc ayant pour décor les Alpes suisse est assez judicieux et nous offre des plans magnifiques. On sent quand même un film a la Hitchcock dont les enjeux sont assez compliqués en terme d intrigue.