Barberie Bichette (Agnès Jaoui), la cinquantaine bien (ou plutôt) mal entamée. Elle est poète, mais gâche son talent dans une agence de communication. Elle a connu de grandes histoires d’amour mais vit désormais séparée. Elle a eu deux enfants, Rose et Junior, mais ils ont quitté le nid et l’ont laissée seule.
"Ma vie ma gueule" est l’ultime film de Sophie Fillières qui est morte l’été dernier avant d’en achever le montage. Ses deux enfants, Agathe et Adam Bonitzer, s’en sont chargés pour elle. Aussi revêt-il une dimension testamentaire qui en complique l’évaluation. D’ailleurs les critiques qu’on en lit sont souvent autant d’éloges funéraires à sa réalisatrice et à son oeuvre. Et s’il a été projeté à Cannes en mai dernier, c’est surtout pour rendre à sa réalisatrice un dernier hommage.
Diplômée en 1990 de la toute première promotion de la Fémis, Sophie Fillières utilise l’humour comme antidote à la dépression qui menace ("Aïe", "Gentille", "Arrête ou je continue", "La Belle et la Belle"). Elle porte sur sa vie et sur celle de ses contemporains un regard désabusé et tendre.
Agnès Jaoui était le choix de casting parfait pour son dernier film, obsédé par la mort qui vient. L’actrice est immense, adulée à bon droit ; mais, avec d’autres de sa génération, Karin Viard ou Emmanuelle Devos par exemple, l’huppertisation la menace, le risque de s’enfermer dans les mêmes rôles répétitifs et interchangeables. Au risque de l’huppertisation s’ajoute pour Agnès Jaoui celui de la bacrisation : s’enfermer dans le même rôle de scrogneugneu cynique et dépressive.
Autre défaut qui caractérisait déjà les précédents films de Sophie Fillières : autant elle excelle à camper des personnages, à les rendre vivants, authentiques, à faire naître chez le spectateur une empathie avec eux, autant elle peine à les mettre en scène, à les faire évoluer dans une histoire. Si bien que passée la première moitié du film qui les introduit, la seconde semble interminable. C’est le cas ici lorsque Barbie – le surnom donnée à l’héroïne qu’elle déteste – prend la poudre d’escampette de l’autre côté de la Manche, en Angleterre puis en Ecosse.
On aurait aimé rendre un hommage plus touchant à Sophie Fillières ; mais les longueurs de son dernier film y font obstacle.
Affreux. Le synopsis ne correspond pas à l’histoire. C’est l’histoire d’une femme atteinte de problemes psy pas du tout d’une crise de quinqua. On se retrouve d’ailleurs dans un hôpital psychiatrique. Film déprimant, sans rythme. Je suis sortie avant la fin, et je n’ai pas été la seule.
Sophie Fillières est morte en 2023 à l'âge de 58 ans. "Ma vie ma gueule" est son dernier film dont elle n'a d'ailleurs pas achevé le montage. La tristesse de sa disparition ne doit pas empêcher d'en faire la critique. Mais la chose est délicate car, sans vouloir ternir sa mémoire ni lui manquer de respect, il faut bien avouer une grande déception. "Ma vie ma gueule" est profondément ennuyeux et sans charme. Agnès Jaoui a beau être une excellente actrice, sa prestation ne parvient pas à sauver ce film mal écrit. Où sont l'humour et la poésie ? Les scènes sont souvent lourdes et attendues. La seule beauté du film (quoi que glauque) se trouve dans la dernière scène et les derniers mots prononcés, si l'on imagine Sophie Fillières y achever son oeuvre et sa vie, comme un dernier leg et un dernier message aux vivants.
J'ai bcp aimé ce film tendre, touchant, poétique et drôle à la fois. Ce portrait de femme dans ses fragilités, ses interrogations, sa grâce, merveilleusement interprété par une Agnès Jaoui rayonnante est un grand et beau moment de cinéma. Il y a sans doute 2 ou 3 longueurs qui aurait pu être évitées, mais franchement je ne me suis pas ennuyée. Petit plus : attendre la fin du générique pour la dernière image si belle.
Histoire attendrissante de Barberie, incarnée par Agnès Jaoui. Son personnage, malade, poète, un peu fou est follement attachant. Elle se démène avec ses souvenirs pour retrouver une vie normale. C’est drôle et mignon.
Retour sur son passé après une grosse déprime pour cette femme désespérément seule qui ne cherche plus le contact et mène une sorte de tournée d adieu; une interprétation très juste de Jaoui qui sauve le film
Pas facile de se lancer dans la critique d’un film que l’on ne peut sortir d’un contexte dramatique…Sophie Fillières , réalisatrice, actrice, scénariste, qui a fait partie de la première promotion de la FEMIS, est décédée alors que le film venait d’être tourné mais n’avait pas encore été monté…Lorsqu’elle avait appris qu’elle était atteinte d’une grave maladie, elle confie alors les clés du montage à ses deux enfants, Agathe (plusieurs fois actrice des films de sa mère) et Adam Bonitzer, ainsi qu’au monteur François Quiqueré, avec qui elle travaille pour la première fois…Je ne connais ni le cinéma de Sophie Fillières, ni la réalisatrice… « Ma vie ma gueule » est présenté comme un autoportrait testamentaire et relate la vie quotidienne de Barberie Bichette dite Barbie, femme de 55 ans, qui tente d’écrire, doute, fait des courses, va voir son psy, pense à ses enfants avant d’être hospitalisée puis de prendre le large...Le film est segmenté en trois actes : une comédie, une tragédie, une épiphanie qui relate la vie quotidienne de Barberie Bichette, dite "Barbie" . Cette présentation en chapitres, quelque peu artificielle, devient tendance chez les réalisateurs actuels…Là, il y en a trois, curieusement appelés « Pif », « Paf » et « Youkou ! ». spoiler: Des trois, le premier, « Pif », est le plus drôle. On y retrouve en particulier des séances absolument désopilantes avec un psy. Le psy en question étant par ailleurs celui de la réalisatrice !! Le registre de « Paf », le deuxième chapitre, est plus sombre, plus déchirant, une forme de pathos se substituant à l’humour, même si pointent encore, de temps en temps, des moments qui font rire. Quant au troisième, « Youkou ! », il voit Barberie se diriger vers l‘Ecosse, avec de nouveau pas mal d’humour et d’autodérision mais aussi beaucoup de poésie, à la rencontre d’une vieille connaissance et des paysages somptueux de ce pays.spoiler: Reste un film tendre, fragile, fantasque à l’image prêtée à sa réalisatrice…une manière d’art de vivre ou de survivre…qui recourt à l’absurde, la galéjade et le jeu des mots pour éviter la confrontation à la dure réalité d’un cerveau qui s’efface…Cette histoire est portée par une actrice remarquable, Agnès Jaoui , absolument géniale, qui a investi ce rôle d’une femme dépressive se raccrochant coûte que coûte à la vie avec une telle aisance qu’on a souvent l’impression qu’il y a beaucoup d’improvisation de sa part. Tout faux : tout était écrit, à la virgule près ! Reste un film quand même assez difficile, à ce jour, mieux reçu par la critique que par les spectateurs…
Cinéphile et plutôt bon public, cela faisait longtemps que je n'ai pas apprécié un film a minima. Dès le début, quelle longueur ennuyeuse que cette polarization ... sur des polices de caractères ! ? Difficile de suivre et comprendre le fil conducteur .... dialogues peu intéressants, voire parfois caricaturaux ... Étonnant et dommage que cette grande actrice (et réalisatrice, et metteuse en scène, donc aguerrie) qu'c'est Agnès Jaoui, se soit laissée piégée dans un tel film, qui ne peut même pas être considéré comme un hommage a son grand talent ...
Pas facile de se lancer dans la critique d’un film que l’on ne peut sortir d’un contexte dramatique…Sophie Fillières , réalisatrice, actrice, scénariste, qui a fait partie de la première promotion de la FEMIS, est décédée alors que le film venait d’être tourné mais n’avait pas encore été monté…Lorsqu’elle avait appris qu’elle était atteinte d’une grave maladie, elle confie alors les clés du montage à ses deux enfants, Agathe (plusieurs fois actrice des films de sa mère) et Adam Bonitzer, ainsi qu’au monteur François Quiqueré, avec qui elle travaille pour la première fois…Je ne connais ni le cinéma de Sophie Fillières, ni la réalisatrice… « Ma vie ma gueule » est présenté comme un autoportrait testamentaire et relate la vie quotidienne de Barberie Bichette dite Barbie, femme de 55 ans, qui tente d’écrire, doute, fait des courses, va voir son psy, pense à ses enfants avant d’être hospitalisée puis de prendre le large...Le film est segmenté en trois actes : une comédie, une tragédie, une épiphanie qui relate la vie quotidienne de Barberie Bichette, dite "Barbie" . Cette présentation en chapitres, quelque peu artificielle, devient tendance chez les réalisateurs actuels…Là, il y en a trois, curieusement appelés « Pif », « Paf » et « Youkou ! ». Des trois, le premier, « Pif », est le plus drôle. On y retrouve en particulier des séances absolument désopilantes avec un psy. Le psy en question étant par ailleurs celui de la réalisatrice !! Le registre de « Paf », le deuxième chapitre, est plus sombre, plus déchirant, une forme de pathos se substituant à l’humour, même si pointent encore, de temps en temps, des moments qui font rire. Quant au troisième, « Youkou ! », il voit Barberie se diriger vers l‘Ecosse, avec de nouveau pas mal d’humour et d’autodérision mais aussi beaucoup de poésie, à la rencontre d’une vieille connaissance et des paysages somptueux de ce pays. Reste un film tendre, fragile, fantasque à l’image prêtée à sa réalisatrice…une manière d’art de vivre ou de survivre…qui recourt à l’absurde, la galéjade et le jeu des mots pour éviter la confrontation à la dure réalité d’un cerveau qui s’efface…Cette histoire est portée par une actrice remarquable, Agnès Jaoui , absolument géniale, qui a investi ce rôle d’une femme dépressive se raccrochant coûte que coûte à la vie avec une telle aisance qu’on a souvent l’impression qu’il y a beaucoup d’improvisation de sa part. Tout faux : tout était écrit, à la virgule près ! Reste un film quand même assez difficile, à ce jour, mieux reçu par la critique que par les spectateurs…
Le synopsis édulcoré ne prépare pas le spectateur à devoir suivre cette longue descente aux enfers d’une femme ordinaire. A part sa conclusion, plus optimiste mais invraisemblable et peut-être pas réelle d’ailleurs (?), tout est angoissant dans cette histoire et j’étais content de quitter mon fauteuil pour me retrouver à l’air libre lorsque ce fut fini. Cela dit, le film est captivant, en grande partie en raison de la performance exceptionnelle d’Agnès Jaoui. Elle est filmée la plupart du temps en plan serré et son visage, tout son corps même, sont bouleversants de vérité par la souffrance qui y transparait ! Son interprétation à vif, sans artifice, et la mise en scène très dépouillée pourraient presque laisser penser qu’il s’agit d’un documentaire, un reportage sur la dépression. Au passage, la profession de psychothérapeute en prend pour son grade ! C’est difficile d’attribuer une note à une telle œuvre, aussi déconcertante et éprouvante, mais la présence d’Agnès Jaoui mérite à elle seule les quatre étoiles, dont acte. Cependant, «si j’avais su, j’aurais pas venu !».
Superbe film, des dialogues subtils, des personnages fins et touchants, on suit tout du long cette errance drôle et bouleversante, merci à toute cette troupe, artistique et technique, qui illumine le ciel du cinéma français. On en ressort léger et prêt à sourire de nos déconvenues quotidiennes. Pourquoi faut-il que ce soit toujours la part la plus cachée, la plus sensible et la plus fragile en même temps, qui grandisse une femme, un homme à nos yeux, qui augmente leur présence à nos côtés et nous l'attache aussi profondément ? Mystère, mais courez-y.
Je suis un grand cinéphile, ouvert à tous genres de films et je suis très bon public. Je suis également fan d’Agnès Jaoui, mais là franchement ce film est vraiment nul ! Ca ne vaut pas une place de ciné et encore moins d’être vu sur grand écran ! N’importe qui aurait pu jouer le rôle d’Agnès Jaoui. Ce rôle est vraiment indigne de sa personne !
Prudent, voire un peu méfiant devant un "battage médiatique" qui conduit un peu trop souvent à la déception, j'ai été simplement bluffé par la qualité et l'équilibre de ce film... Des sourires oui mais aussi des rires et des moments de poésie, tout simples, comme suspendus. Rien n'est forcé, ça sonne juste malgré l'originalité du ton et des personnages délicatement "borderlines". Agnès Jaoui si libre et si gentiment déjantée... Ce film mérite un franc succès. Bref, un petit bijou.
Un film touchant, à l'humour loufoque ! On suit les pérégrinations déjantées de Barbie Bichette avec un grand plaisir et on en ressort touché par l'émotion de cette belle histoire !