Film inspiré de moments vécus par le réalisateur ! C’est sûr, comparé à ma vie, celle de Nicolas Bedos est plus palpitante et mérite d’en faire un film.
Pour autant je ne l’envie pas.
Il a réuni une belle brochette d’acteurs (trices) pour mener à bien sa « Mascarade ».
Le procès semble être la colonne vertébrale de ce récit aux flash-back à tiroir.
Une colonne vertébrale discrète qui supporte un récit dense et fluide. Ce qui est une bonne note.
L’autre bonne note : la présence de Marine Vacth dont le jeu m’a paru mature et crédible.
Si la mise en scène n’a rien d’extraordinaire, il reste que « Mascarade » est un film de facture élégante.
Je n’ai pas trouvé le temps long car je me suis laissé emporté par cette intrigue qui … m’intriguait, même si je ne suis pas convaincu par la conclusion que j’ai trouvée limite confuse.
Cependant, ce ballet de dupes me laisse froid et me suis aperçu que ce petit monde entre-soi me laisse indifférent ; je me moque éperdument de leur vie.
Le monde que nous brosse Nicolas Bedos m’est antipathique. Il n’y a pas un seul personnage qui m’a séduit ou touché.
Encore moins, les scènes d’amour pratiquement habillées. Un détail me direz-vous.
Pas vraiment.
Nicolas Bedos n’est pas Paul Verhoeven et son actrice Marine Vacth n’est pas Sharon Stone. Par conséquent, « Mascarade » n’est pas « Basic instinct ».
Normal me direz-vous, Nicolas Bedos n’a jamais voulu faire du « Basic Instinct » et « Mascarade » ne veut en aucun cas faire référence à « Basic Instinct ».
Allez savoir pourquoi, moi, il me vient en tête « Basic Instinct » !
Pour la qualité des lieux, de la photo, d’une intrigue hitchcockienne, son glamour glacé ?
Il me semble que l’atmosphère du film aurait mérité des scènes plus crues pour se conjuguer aux dialogues féroces et cash du film. Selon moi, l’ambiance se prêtait à une dimension érotique. La nudité fulgurante ou suggestive de Marine Vacth dans « Mascarade » aurait été justifiée si les scènes de sexe étaient déshabillées. Or, les scènes de sexe étaient vêtues !
Mon cheval de bataille dans un film, c’est la direction d’acteurs.
Autre maniaquerie : les scènes d’amour.
Je n’ai jamais cru aux films (et aux séries) où les scènes de sexe sont habillées. Soit la caméra serre le plan, soit on ne montre rien du tout et ça ne me dérange pas dans les deux cas.
Mais la protagoniste qui sort du lit avec un drap autour du corps après une nuit d’amour, ou garde son soutien-gorge dans ses ébats sexuels, je n’y ai jamais cru.
Et là, Nicolas Bedos nous gratifie de quelques plans de peignoir où on devine la poitrine de Margot, nudité suggestive qui pour le coup me paraît gratuite comme la scène d’introduction où elle sort poitrine dénudée de la salle de bain.
Bref, cette pudeur des scènes d’amour contraste avec la férocité des dialogues.
Enfin, j’oserai écrire que le propos final de Nicolas Bedos serait un hommage à la femme, à toutes les femmes de tous âges qui veulent s’affranchir de la domination parfois violente des hommes.
Margot n’a qu’un désir : vivre seule avec ses enfants sans homme pour l’entourer.
« Mascarade » serait-il un film féministe ?
Porterait-il une revendication féministe ?
Une leçon ? Le pouvoir aux femmes de disposer de leur corps et par voie de conséquence de disposer de l’homme… à leur convenance…