Le film s’inspire du roman de Constance Debré, Love Me Tender, paru en 2020. Anna Cazenave Cambet raconte avoir eu un "électrochoc" à sa lecture, qui s’est produite pendant une période où elle venait elle-même de devenir maman. Cette connexion personnelle forte a stimulé son engagement dans le projet, les thèmes du roman résonnant puissamment avec ses propres expériences et questionnements.
La collaboration avec Debré a été organique, l'auteure ayant vu et apprécié les précédentes œuvres de Cambet, ce qui a scellé leur partenariat pour porter cette histoire à l'écran.
Le choix de Vicky Krieps pour incarner Clémence a été motivé par sa "vraie présence physique". Anna Cazenave Cambet cherchait une actrice qui pourrait dégager une forte autorité naturelle, allant jusqu'à envisager de lui demander de se raser le crâne. L’objectif était de souligner la stature et la force du personnage, non seulement à travers sa capacité émotionnelle mais aussi physique, ajoutant une dimension intense au rôle.
La conception des costumes de Clémence s'est faite dans une approche minimaliste, révélant son évolution à travers des tenues rigoureusement choisies. "Au final, Clémence n'a droit à rien de plus que deux jeans, trois débardeurs, quatre t-shirts", explique Anna Cazenave Cambet.
Cette garde-robe épurée a permis à Vicky Krieps d'incarner un personnage dont la transformation intérieure se reflète subtilement par ses vêtements, enrichissant ainsi sa profondeur psychologique à l'écran.
Le casting de l'enfant était crucial, et c'est au terme d'une recherche méticuleuse que Viggo Ferreira-Redier a été choisi. Anna Cazenave Cambet confie : "Je cherchais un enfant qui n’était pas poussé par ses parents, placé dans tous les castings, et qui avait envie de jouer, au sens premier. C’était le cas pour Viggo Ferreira-Redier. Il est musicien et fait de la guitare basse dans un collège aménagé."
"Il fait plus jeune qu’il ne l’est, ce qui était important pour la scène où il se met en colère, n’ayant pas envie de pousser un enfant vers un sentiment qu’il ne connaissait pas. Je voulais qu’il puisse s’appuyer sur sa matière à lui. Sur le plateau, nous avons travaillé avec une coach pour enfants, Violette Gitton."
Pour accompagner les enfants durant le tournage, une personne dédiée, Violette Gilatton, a été engagée. Son rôle était de créer un environnement propice pour Viggo Ferreira-Redier. Cette attention particulière a permis au jeune acteur de s'investir pleinement, chaque regard capturant la complexité de l'histoire qu'il traverse.
Féodor Atkine a été choisi pour incarner le père de Clémence, apportant une charge émotionnelle grâce à son élégance naturelle. Le choix de cet acteur expérimenté par le directeur de casting a contribué à renforcer les liens familiaux de l’intrigue. Sa "manière d’être" a su conter une histoire simplement par sa présence, ajoutant une couche narrative essentielle sans besoin d'artifice.
L'intégration du film L'Homme qui rétrécit dans une scène où les personnages sont alignés sur un canapé, témoigne d'un choix symbolique profond. Le monteur Joris Laquittant a eu cette idée pour renforcer le sentiment de perte et de distanciation dans le film. "Nous avions essayé pleins d'autres films avant, mais celui-ci s'est imposé comme une évidence", explique-t-il.
La métaphore visuelle illustre la peur de Clémence de voir son fils s'éloigner au point de devenir invisible dans sa vie. Ce choix cinématographique a non seulement approfondi le thème central, mais a aussi enrichi la dimension émotionnelle de l'œuvre.