Dalva a 12ans et vit recluse au domicile paternel. Elle se maquille, s’habille et se comporte comme une femme et non comme une enfant de son âge. Un soir, elle se retrouve dans un foyer pour adolescents, révoltée et dans l’incompréhension totale…
Premier long-métrage pour Emmanuelle Nicot, après s’être intéressée à un foyer d’accueil pour ados avec son court-métrage À l'arraché (2016), la réalisatrice poursuit dans cette voie avec l’histoire touchante de cette jeune fille à la lisière de l’adolescence. Cette dernière se retrouve malgré-elle placée dans un foyer de l’ASE (l’Aide Sociale à l’Enfance) suite à une dénonciation du voisinage. On ne tarde pas à découvrir que son père est accusé d’inceste et que ce dernier l’avait littéralement coupé du monde extérieur pour en faire sa "chose".
Dalva (2023) est un très beau drame, touchant et lumineux à la fois, traitant aussi bien du sujet de l’inceste, de l’emprise que des adolescents qui se retrouvent malgré-eux coupés de leurs familles en étant confiés à l’ASE. La force du film réside dans le réalisme qui s’en dégage et pour cause, le frère de la réalisatrice est lui-même éducateur dans un foyer, ajouté à cela, le casting sauvage qui aura permis de trouver (notamment) deux brillantes adolescentes pour camper Dalva & Samia, d’un naturel saisissant.
Bien évidemment, on retiendra surtout l’impressionnante prestation de la jeune Zelda Samson, elle porte le film sur ses frêles épaules en incarnant Dalva, cette jeune fille sous l’emprise de son père, en plein déni d’inceste en confondant amour physique et amour filial, avec à ses côtés, l’excellent Alexis Manenti (Les Misérables - 2019). Le sujet peu paraître plombant mais la réalisation et l’interprétation qui s’en dégagent viennent parfaitement contrebalancer l’ensemble.
Abordant le sujet difficile de l'inceste, la réalisatrice Emmanuelle Nicot traite avec pudeur de l'enfance, de l'emprise et de l'émancipation, tout ça à travers la reconstruction de la jeune Dalva (interprétée par la prometteuse Zelda Samson).
Malgré quelques facilités, un premier long réussi et une jeune actrice à suivre.
Sur un sujet extrêmement casse-gueule, Emmanuelle Nicot réussit un premier film puissant et lumineux.
Dalva, jouée par l'incroyable Zelda Samson, est une jeune fille de 12 ans qui vit complètement isolée, et que son père grime en femme pour abuser d'elle. Lorsqu'elle est arrachée à son géniteur, Dalva est dans le déni : elle ne voit pas où est le problème (elle déclare "aimer" son père incestueux), et surtout, elle est complètement déphasée par rapport aux autre jeunes filles du centre d'accueil où elle est placée.
Filmer une telle histoire nécessite un parti-pris radical et une sensibilité exacerbée : la réalisatrice met les deux en oeuvre en filmant toute l'histoire du point de vue de Dalva. La caméra, mobile, souvent portée à l'épaule, suit Dalva dans les méandres de son émancipation, respectueuse et discrète.
Dalva est court (1h30), précis et redoutable. Il explore la monstruosité de cette relation perverse avec lucidité et une grande empathie. Le travail de la justice et des éducateurs est très bien montré.
Un formidable premier film, que je vous recommande chaudement.
Le film Dalva commence avec la bande-son alors que le déroulement du générique introductif n'est pas terminé. Dans des cris et une grande violence, Dalva, 12 ans, est arrachée à son père qui la tenait enfermée à ses côtés depuis plusieurs années. Le premier long-métrage d'Emmanuelle Nicot n'est pas centré sur l'inceste. Il nous montre la reconstruction d'une préadolescente après des années terribles qui ont rendu impossibles l'insouciance et la confiance en soi. La caméra, tendre et pudique en permanence, nous embarque aux côtés de Dalva, dans son foyer d'accueil où elle fait connaissance de Jayden, son éducateur, et de Samia qui deviendra sa meilleure amie. Le chemin de Dalva pour se libérer de l'emprise très forte de son père, découvrir le monde, jouer, retisser le lien avec sa mère, sera chaotique et violent, mais la dernière image du film annonce des jours enfin meilleurs. Le ton est juste tout au long du film et des échanges. Le casting est convaincant de bout en bout, à commencer par Zelda Samson, stupéfiante et bouleversante Dalva. Un film puissant et renversant.
Le film démarre de façon brutale, dans le chaos, laissant le spectateur donner un sens à cette scène d’ouverture mettant en scène la Police embarquant de force une jeune fille de 12 ans, enlevée par son père quelques années plus tôt, lorsqu’elle avait cinq ans, et vivant dans une relation incestueuse. Un démarrage choc pour un film qui va quelque peu s’adoucir au fil des minutes pour raconter, avec pudeur et une certaine forme de retenue, le récit d’une vie compliquée, le parcours d’un enfant pour qui les notions d’amour et de sexe ont été biaisés dès sa petite enfance. D’ailleurs, la jeune Dalva formidablement incarnée par Zelda Samson, dira à son éducateur, lors de leurs premiers échanges, qu’elle « n’est pas une ado, mais une femme »… évidemment conditionnée par un père incestueux, et à qui il va falloir apprendre à oublier cette relation toxique.
De cette histoire complexe, Emmanuelle Nicot en fait un film au cordeau, toujours sur le fil, mais ne tombant jamais dans la facilité ni dans le sensationnalisme pour raconter le parcours de cette adolescente, pour évoquer la vie dans les foyers, le rapport avec les éducateurs, mais aussi le monde de la justice.
Il ressort de ce film une forme d’urgence et de réalisme, incarnée par l’utilisation de la caméra à l’épaule, comme chez les Dardenne. Dalva est un film fort, par moment assez dur, qui ne porte pas de jugement sur ses personnages, mais qui se contentent (si l’on peut dire), à travers le portrait d’une jeune fille, d’évoquer comme d’autres films avant celui-ci (le très émouvant les chatouilles, d’Andréa Bescond et Eric Métayer, notamment), la question de l’inceste et de la domination psychologique au sein de la famille.
C'est un sujet traité avec de la sensibilité, de la pudeur et de la profondeur. Beau jeu d'actrice de Zelda Samson malgré son jeune age ainsi que de son éducateur référent tout en sobriété. Aucun temps mort dans ce film qui déroule qui passe de l'inconscience des faits à la reconstruction de la jeune fille avec un sourire retrouvé.
Ça commence par une scène que le spectateur peut considérer socialement violente et potentiellement injuste quand des forces de police viennent arracher une jeune adolescente du domicile de son paternel. La jeune fille ne comprend pas, proteste quand il lui est dit qu’il s’agit de la protéger du mal que son père lui fait. Elle nie cela. La défendre, mais de quoi ? A ce stade, le spectateur pourra se remémorer qu’il est de notoriété publique que les services sociaux et judiciaires ont parfois le jugement et la décision (dans le doute) trop rapides. Le public partagera donc dans un premier temps l’injustice qui semble être faite à cette ado. Puis découvrant plus avant cette jeune fille, les interrogations sur sa posture et sa tenue de femme mûre (fatale ?), limite aguicheuse, viendront. On se demandera donc rapidement à quel pré-ado toxique ou cas social on peut avoir affaire. Et peu à peu, les tenants et aboutissants de tout ça se dévoileront et se décanteront au gré de la prise en charge sociale, socio-éducative et du traitement judiciaire. Ce film a un certain côté documentaire sur des vies trop tôt fracassées et à réparer. Troublant, révoltant. Sujet difficile et délicat. Sensibilisant.
Ai vu "Dalva" d'Emmanuelle Nicot dont c'est le premier film. Entre autre une des raisons capitales pour lesquelles j'adore le cinéma est d'avoir un coup de coeur pour une nouvelle actrice ou un nouvel acteur, dont je vais suivre la carrière et le travail pendant des années. Il y a Isabelle Huppert, Sandrine Bonnaire, Sandrine Kiberlain, Elodie Bouchez, Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Vincent Lacoste, Stéphane Bak, et bien d'autres... Dans ce film Zelda Samson vampirise totalement la caméra et l'oeil du spectateur. Il y a du Romy Schneider (pour la fragilité, le visage ultra expressif, la puissance de jeu) et du Simone Signoret (pour l'ancrage corporel, le mutisme, la maturité) chez cette jeune actrice extraordinaire. Dalva se maquille, est mature, s'habille comme une femme, parle comme une amante... mais Dalva n'a que 13 ans et est abusée par son père. Par de toutes petites touches et toujours avec une immense pudeur la réalisatrice raconte comment Dalva qui est totalement dans le déni va lentement, entourée de toute une équipe d'éducateurs, de juge... prendre conscience de son enfance volée. C'est admirablement mis en scène. Le casting d'adolescents est parfait. Le scénario est documenté, toujours dans la mesure, jamais ostentatoire. Emmanuelle Nicot filme avec passion son actrice principale. Tout comme Sandrine Bonnaire irradiait la pellicule de Pialat dans "A nos amours" en 1984, Zelda Samson est l'essence de ce long métrage qui commence la pédale au plancher et qui modulera ses tempi en fonction des états d'âmes de Zelda. Un très beau premier film qui permet à une nouvelle étoile de naitre.
Première réalisation et premier succès pour ce film. Le chois du sujet n'était pas facile mais Emmanuelle Nicot a su tourner ses caméras sur les aspects cachés de l' inceste et ses traumatismes. Tous les jeunes du centre jouent juste et vrai, on ressent presque un documentaire sur la vie de ces meurtris de la vie. J'ai beaucoup aimé ce film dur mais qui montre que la reconstruction est possible autour des liens sociaux.
Film magnifique. Jeune actrice époustouflante. Sujet magnifiquement traité. Film coup de poing à aller voir sans oublier Alexis Manenti jouant le rôle de l'éducateur très touchant.
Très beau film, tout en délicatesse, pas du tout misérabiliste ni sordide malgré le sujet. Cette petite fille que son père a rendue femme pour pouvoir en abuser.... retrouve sous nos yeux sa vie de petite fille. Révolte, amitiés, tentative de séduction de son éducateur... tout est traité avec finesse et la réalisation est somptueuse. Une magnifique découverte et un film à soutenir !
Film intéressant qui traite d'un sujet sensible : une jeune fille est placée en foyer car son père abusait d'elle. Pourtant pour la jeune femme, rien de mal n'a été commis, car il n'y a pas de différence entre "aimer" et "faire l'amour" et elle a toujours accepté les avances de son père qui l'habillait comme une femme alors qu'elle n'a même pas ses règles. On assiste à sa prise de conscience de la gravité de la situation, à son redressement petit à petit, cela passe d'abord par la manière de s'habiller puis par la coupe de cheveux. Toutefois Dalva est aussi instable, pouva aisser libre cours à des émotions assez virulentes de colère. Se pose la question de revenir un jour sur le droit chemin et de retrouver la paix. Un beau jeu d'acteur. Un sujet grave
"Dalva récompensé l'an dernier au festival de Cannes (semaine de la critique) est un drame social franco-belge pertinent. En effet la réussite du film doit beaucoup à la performance sublime de la toute jeune Zelda Samson (nomination au césar possible) dans une histoire qui évoque l'inceste, les maltraitances familiales et ses conséquences sur les enfants d'une manière réaliste, âpre, émouvante et lumineuse malgré tout.
La réalisatrice s'attaque à un sujet complexe et délicat. Elle le fait avec talent en se focalisant sur l'héroïne alors que les autres personnages, notamment les éducateurs auraient peut-être mérité un meilleur traitement.
Très bon film sur les conséquences dramatiques suite à des mauvais traitements sur des enfants par leur famille, très grande interprétation de Zelda Samson, à voir !