Dumb Money
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Cadreum
Cadreum

62 abonnés 804 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 juin 2026
Craig Gillespie n'est pas un inconnu du biopic populaire à twist sociologique : I, Tonya avait déjà prouvé sa capacité à transformer un fait divers médiatisé en comédie de mœurs mordante, capable de faire rire tout en désignant les mécanismes de classe qui broient ses personnages. Dumb Money reprend cette martingale et l'applique à un objet plus récent, plus viral, et paradoxalement plus difficile à raconter : la flambée du cours de GameStop en janvier 2021, lorsqu'une communauté d'investisseurs amateurs réunis sur le forum Reddit wallstreetbets, galvanisés par les vidéos d'un analyste financier surnommé Roaring Kitty, a fait s'effondrer plusieurs fonds spéculatifs qui avaient massivement misé sur la chute de l'action. Le film adapte le livre de Ben Mezrich, déjà à l'origine de The Social Network, et déploie son intrigue sur un canevas volontairement large : Keith Gill et sa famille à Boston, une infirmière endettée, un employé de GameStop encore fidèle à son magasin, deux étudiantes criblées de dettes et en miroir, les financiers que cette ascension prend de court, depuis le gérant de fonds qui perd des milliards jusqu'au patron de la plateforme de trading.

La promesse du film est annoncée dès son titre : raconter comment l'argent jugé "stupide" par l'establishment financier (celui des petits épargnants, des étudiants, des infirmières de nuit) a fini par humilier l'argent soi-disant intelligent. C'est une promesse de revanche, mais aussi une promesse de lisibilité : faire comprendre, par le récit, un mécanisme boursier réputé abscons. Mais dès lors, comment filmer un soulèvement qui n'a pas de visage unique, qui ne se joue dans aucun lieu physique identifiable, et dont l'arme principale est un geste aussi terne qu'appuyer sur un bouton d'achat ?

En réponse, Gillespie refuse de centrer le récit sur un protagoniste unique et lui préfère un montage choral. Ce choix est la traduction formelle du phénomène lui-même. Le short squeeze de GameStop n'a pas de chef, pas de stratège unique, pas de figure de proue qui donnerait des ordres — il est une addition de décisions individuelles, prises isolément devant un écran, qui se rejoignent statistiquement en un mouvement de masse. Le montage parallèle, en multipliant les points de vue sans en privilégier aucun de façon écrasante, mime cette horizontalité. Mais cette dispersion a un coût que le film paie sans toujours s'en relever : à l'exception de Gill et de son frère, dont la relation conflictuelle et affectueuse fournit l'un des seuls véritables arcs psychologiques, les autres personnages restent prisonniers d'une fonction plutôt que d'une épaisseur — ils incarnent une catégorie sociale (l'infirmière précaire, l'étudiante endettée, l'employé loyal) plus qu'ils ne deviennent des individus.

Qui plus est, il n'y a tout simplement rien de cinématographiquement excitant à filmer quelqu'un fixer un écran de téléphone en jurant. C'est le nœud que tout film financier doit dénouer, et que The Big Short avait résolu par la rupture frontale du quatrième mur — des personnages s'adressant directement à la caméra pour désamorcer la complexité technique par l'humour et la complicité. Gillespie choisit une autre voie, il sature le plan d'informations visuelles parallèles, des graphiques superposés à l'image indiquant en temps réel la fortune de chaque personnage, et il greffe sur sa fiction un tissu d'images d'archives authentiques, extraits de journaux télévisés, visages réels de commentateurs financiers, et jusqu'aux véritables élues siégeant aux auditions du Congrès, montées en alternance avec les acteurs qui jouent les protagonistes du dossier.

Le motif qui condense le mieux cette esthétique de la viralité est un montage où chacun des personnages, dans son espace respectif, fixe son écran et hurle au même instant une exclamation grossière devant la flambée du cours. C'est un choix de montage qui matérialise la simultanéité elle-même comme principe dramatique — le marché boursier comme expérience collective vécue dans l'isolement, des milliers de solitudes connectées par un même chiffre qui grimpe. Le procédé fonctionne une fois, deux fois, par sa franchise comique et son énergie de montage nerveux ; répété, il s'épuise et finit par tourner à vide, le rythme rapide ne suffisant plus à masquer que la figure, elle, n'évolue pas. Le film sait filmer l'instant de l'emballement collectif, beaucoup moins bien sa durée, sa lassitude, son après.

Il faut alors remonter en amont de l'image pour saisir ce que le film ne filme jamais frontalement mais qui conditionne pourtant tout : la pandémie. Les auditions devant le Congrès se tiennent à distance, par écrans interposés, et les personnages sont constamment montrés confinés chez eux, scrutant les vidéos de Roaring Kitty comme on cherche, en plein chaos, un îlot de maîtrise. Le confinement n'est presque jamais thématisé comme sujet, il reste la condition matérielle structurante de tout ce que le film montre. Cette absence est elle-même un geste de mise en scène, et le révélateur d'un manque : le film capte l'explosion sans interroger le terreau d'ennui, d'angoisse et d'enfermement domestique qui l'a rendue possible.

Du côté des puissants, enfin, la mise en scène opère un geste de séparation aussi simple que signifiant : les financiers, qu'ils soient gérants de fonds spéculatifs ou patrons de plateforme de trading, sont filmés presque exclusivement dans des bureaux clos, des conversations privées, des apartés — jamais en confrontation directe avec les petits investisseurs qu'ils méprisent ou craignent. Aucun champ-contrechamp ne vient jamais réunir physiquement les deux mondes ; ils ne se croisent que par l'écran — celui du cours de bourse, celui des réseaux sociaux, celui, enfin, des auditions virtuelles. Cette absence de rencontre directe montre que la verticalité du pouvoir financier se traduit littéralement par l'impossibilité du regard partagé, par la disjonction spatiale entre ceux qui décident et ceux qui subissent.

En choisissant la dispersion chorale plutôt que le héros unique, la texture documentaire plutôt que l'explication pédagogique, la simultanéité répétée plutôt que la progression dramatique classique, et la séparation spatiale plutôt que la confrontation, Gillespie filme un soulèvement qui ressemble effectivement à ce qu'il a été : diffus, simultané, médiatisé, et au fond, presque impossible à incarner dans un seul corps ou un seul lieu. Mais à force de privilégier la fable sur l'explication, Dumb Money simplifie au point de l'effleurer à peine des mécanismes pourtant cruciaux à la compréhension réelle de l'événement — le paiement pour flux d'ordres, les exigences de dépôt de la chambre de compensation, l'hypothèse d'une collusion entre plateforme et fonds spéculatif. Le film choisit le cœur plutôt que la tête, l'émotion de la revanche. C'est un choix défendable au regard de son sujet de fond mais il laisse le spectateur avec la sensation d'avoir vu les peuples gagner sans tout à fait comprendre comment, ni surtout pourquoi cette victoire, finalement, n'a presque rien changé à l'équilibre du pouvoir qu'elle prétendait renverser. Gillespie filme un soulèvement qui ressemble effectivement à ce qu'il a été : diffus, simultané, médiatisé, et au fond, presque impossible à incarner dans un seul corps ou un seul lieu.
Tragmuab E
Tragmuab E

19 abonnés 590 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 février 2026
spoiler: Synopsis : C’est l’histoire de Keith Gill, un petit YouTuber qui décide d’investir dans une action qui ne vaut presque rien. Avec lui, il va fédérer énormément de personnes pour investir dans cette action afin de faire trembler les « gros poissons » de Wall Street… et ça marche. Histoire / scénario : Ce film est inspiré d’une histoire vraie et, apparemment, c’est un événement qui a fait beaucoup de bruit en Amérique. En ce qui me concerne, je n’en avais pas entendu parler.


Casting :
Il y a quelques acteurs que j’ai déjà aperçus dans d’autres films, comme Paul Dano ou Anthony Ramos. Ce n’est pas forcément un casting spectaculaire, mais ils sont très bons dans leurs rôles. Rien à redire de ce côté-là.

Effets spéciaux / décors :
Il n’y a pas vraiment d’effets spéciaux dans ce film, mais ce n’est pas le genre qui en nécessite. Quant aux décors, ils sont urbains et se situent dans une grande ville des États-Unis.

Mon avis :
J’ai aimé ce film que je ne connaissais pas du tout. L’histoire est vraiment prenante, mais il faut quand même suivre et connaître un minimum le fonctionnement de la bourse pour tout comprendre.
Évidemment, ce genre de film ne peut pas vraiment être revisionné plusieurs fois, car il n’y a rien de spectaculaire au niveau des effets spéciaux.
Michel Vandormael
Michel Vandormael

6 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 février 2026
En soi, l’histoire est assez simple mais, même simple lorsqu’il s’agit d’opérations boursières, une telle histoire est fatalement émaillée de termes techniques et c’est là où le scénario est inadapté : trop d’agitation, trop de dialogues qui se chevauchent, trop de tonitruance qui couvre des dialogues pourtant importants du fait de leur technicité. Bref, un sujet très intéressant, raison pour laquelle j’ai visionné jusqu’à la fin, mais assez mal servi.
LeBon
LeBon

24 abonnés 528 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 octobre 2025
Un film rythmé qui reprend une histoire vraie, la vulgarisation de la finance fonctionne bien, et l'on se surprend à finalement être embarqué dans ce bras de fer.
Fabien Sorrant
Fabien Sorrant

83 abonnés 2 070 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 janvier 2025
Un brillant film réalisé par Craig Gillespie inspiré d'une histoire vraie sur le trading et la bourse .
Hotinhere

794 abonnés 5 495 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 décembre 2024
Reconstitution trépidante et réjouissante de l’affaire GameStop qui nous plonge dans le bras de fer entre les petits porteurs et puissants de la finance qui a révolutionné Wall Street. 3,75
Thibaud Il Capitano
Thibaud Il Capitano

11 abonnés 232 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 décembre 2024
film intéressant, j'aime bien ce genre de films qui reviennent sur les scandales financiers (type "the big short" ou "margin call" pour ce qui si fait de mieux) et qui permettent de mieux comprendre tous leurs rouages... ici la didactique est bien expliquée, pas besoin d'être un boursicoteur pour comprendre ces rouages et écueils, en plus le film est plutôt court et donc évite les longueurs...
mais le problème, c'est qu'il le fait de façon vulgaire et bien dans l'air du temps (cf certains personnages, parfois plus que secondaires, mais je ne vais pas m'appesantir là-dessus), avec du mauvais rap, et le summum étant d'avoir fait appel aux insupportables addicts rogen et davidson (qui, les bras m'en tombent, sont une nouvelle fois montrés en train de prendre de la drogue)... heureusement que d'autres acteurs plus sympathiques comme dano, woodley et de haan sont présents
Audrey L

817 abonnés 2 864 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 décembre 2024
Dumb Money retrace l'étonnante histoire vraie de milliers de prolos américains qui ont investis dans les actions d'une petite boutique GameStop (qui vendait des consoles et jeux vidéos) en faillite, simplement pour renverser le cours des actions à son sujet, leur faisant gagner beaucoup (beaucoup beaucoup) d'argent tout en appauvrissant les Grands de Wall Street qui spéculaient sur cette faillite. Une étonnante histoire, donc, mais à prendre avec les pincettes du manichéisme américain : concrètement, on ne va vous parler que des prolos qui ont réussi (à part une infirmière, mais "elle continue de spéculer"... Alors quoi : elle le veut bien ? Ce sous-titre est tendancieux), tandis qu'une bonne partie s'est retrouvée ruinée dans l'affaire "GameStop", mais c'est Hollywood, il faut faire rêver le spectateur (attention donc avec le concept de "l'histoire vraie" ici). Il n'empêche que Paul Dano en Youtubeur pas fini est brillant, que le film fait d'énormes efforts pour expliquer très simplement les mécanismes de la Bourse qu'il met en cause (pas besoin d'être un crack de la finance pour suivre, ce qui est très appréciable quand on voit les twists "spéculatifs" s'enchaîner, c'est heureusement bien expliqué), que le rythme est sur-dynamique pour éviter qu'on s'ennuie. Peut-être un peu trop, on dirait que le réalisateur a écrit son film depuis la plage du Springbreak, car à titre totalement subjectif (cela sera peut-être votre coup de cœur, à l'inverse) on a détesté la forme "MTV sous ecsta" du film, enchaînant les écrans partagés, les posts vidéos de quelques secondes, la BO autotune à fond (vraiment pas nos goûts), et des GIF's en plein écran. Ca nous a soûlé, mais à contrario cela trouvera son public, pour l'intéresser au sujet des spéculations qui, dit comme cela, n'est pas franchement sexy. Dumb Money vaut donc pour sa petite joie de voir des "petites gens" devenir riches et des riches bien-nés se faire remettre à leur place, un jeu de dupes renversé qui fait du bien. Quant à nous, on n'est pas non plus dupe de l'histoire vraie (qui a mis du monde sur la paille) qui choisit de regarder uniquement le verre à moitié plein (de champagne), avec une mise en scène MTV (qui trouvera son public) et surtout un Paul Dano excellent pour faire le neuneu (après les drames, on sent que cela lui fait du bien un peu de légèreté à coups de chats volants ou Gandalf-le-chat-gris). Et si vous vous le demandiez, aujourd'hui, le neuneu est devenu une fortune à "neuneu...f chiffres".
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 180 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 19 novembre 2024
Il faut sans doute avoir moins de 30 ans, être amateur de jeux vidéos, de réseaux sociaux saturés d'influenceurs, de rap et de logiciels boursiers pour apprécier et comprendre quelque chose à ce film mal sceénarisé et mal monté. Cela a beau être basé sur une histoire vraie, c'est proprement indigeste et foutraque.
Wire Allende
Wire Allende

39 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 novembre 2024
En matière de finance, il y a deux "gold standard" : Margin Call et le Big short. Dumb Money tente de recréer la magie de big short mais les acteurs ne sont clairement pas au niveau. La barre était placé trop haute. De plus les différentes histoires sont assez répétitives et la fin tombe assez à plat. Lorsque viendra le biopic sur le Dogecoin, espérons de meilleurs prestation.....DOGECOIN to the MOON
moket

663 abonnés 4 716 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 novembre 2024
Un peu trop de jargon du monde de la finance qui cache une sympathique histoire de David contre Goliath avec un excellent Paul Dano et des personnages touchants.
CH1218
CH1218

282 abonnés 3 270 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 avril 2025
Fort de son casting emmené par l’excellent Paul Dano, le film de Graig Gillepsie revient avec punch et humour sur l’affaire GameStop qui fît avant tout du bruit aux USA. Une connaissance du jargon boursier est certes un atout mais « Dumb Money » offre un éclairage assez clair pour permettre à tout en chacun de s’intéresser et/ou de s’informer sur la guéguerre que se sont livrés, au moment du Covid, petits investisseurs et fonds spéculatifs professionnels autour de cette enseigne de magasins.
christophe D10
christophe D10

33 abonnés 998 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 novembre 2024
Un film tiré d’une histoire vraie assez étonnante sur la bourse Américaine, qui est assez plaisant a suivre, mais dont le traitement est assez inégal.
C’est en effet, un peu fouilli par moment et on a parfois un peu de mal a suivre toutes les subtilités techniques mentionnées tout au long du récit.
Pas mal mais pas exceptionnel
bobbyfun
bobbyfun

55 abonnés 1 313 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 août 2024
Trop calqué sous certains aspects à la "The Social Network", il arrive à de rares moments à tirer son épingle du jeu.
Vital_gdb
Vital_gdb

8 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 août 2024
Je viens de finir le films "Dumb Money". Et ce films m'a plutôt ému. Très bon films qui retrace l'histoire d'un leader d'une communauté de petits investisseurs en bourse qui veulent faire renverser la tendance.

Ce que j'ai le plus apprécié dans ce films c'est la façon dont il plonge le spectateur dans le mouvement de la communauté des petits investisseurs.
Le scénario est très bon les jeu d'acteurs parfait. Et le message plus que cohérent
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