Une excellente surprise que cette histoire spirituelle, espiègle, mélancolique et douce-amère. On oscille entre le rire et la nostalgie. Les facéties de Laffite sont excellentes. La petite voix intérieure d'une grande finesse et la fin doucereuse mais charmante. Très bien
En commençant par des courts-métrages d’animation (Vie et mort de l'Illustre Grigori Efimovitch Raspoutine, Le repas dominical), Céline Devaux s'est rapidement fait remarquer pour que son « Gros Chagrin » puisse triompher à Venise. La cinéaste prolonge ainsi cette exploration du jeu d’acteurs, en le mêlant aux techniques d’animation artisanales, dont elle sait varier les formes, afin d’appuyer son discours. Elle nous emporte alors avec un récit d'une justesse mélodieuse, où l'héroïne se bat constamment avec sa conscience ou son for intérieur. « Tempura » l'avait récemment caractérisé dans une ivresse plus inclusive, dans le sens où elle se superpose directement au champ de vision de son personnage amoureux. Ici, la narration emprunte les mêmes procédés que ses courts, en laissant tout le cadre à une manifestation à la chevelure lisse.
Découvrons-en un peu plus sur Jeanne (Blanche Gardin), idéalisée par sa silhouette et un taux de réussite qu'on lui attribue un peu trop tôt. Son plongeon ne sera que plus long. Le projet Nausicaa qu'elle porte pour l'environnement aquatique finit par sombrer au fond de la mer, ne laissant à la surface que des dettes à en perdre la raison. Mais il ne s'agit pas là d'une moralité, décortiquée dans un exercice stylistique aléatoire. Bien au contraire, la mise en forme des pensées vient embrasser un état de dépression, qui revient à chaque houle qui peut l'empêcher de trouver une issue. La femme modèle de l'année n'est pourtant pas si intouchable que cela et c'est dans un inconfort permanent qu'elle résiste à des pulsions similaires que Maupassant pu traverser dans ses dernières années. Le décès de sa mère ramène donc Jeanne à redécouvrir le quartier de Lisbonne qui l'a vu naître et s'enfuir avec son frère Simon (Maxence Tual), laissant ainsi leur unique parent dans l'attente d'un contact et d'un amour qui n'a sans doute pas été réciproque.
Ce que Devaux touche avec son animation acrylique et au feutre, c'est bien une sensibilité comme on en voit peu dans le paysage qui a tendance à choisir le pessimisme comme facilité. Un peu d'espoir et de déboires peut également conclure sur cette phase rocambolesque, où la confusion règne et où les émotions deviennent hors de contrôle. La cinéaste maintient toujours cette lueur au fond de Jeanne, qui bouillonne derrière son avatar fantomatique et c'est ce qui réussit à la compréhension de l'œuvre, qui ne manque ni d'humour, ni d'humanité. En scanner les individus qu’elle rencontre, elle finit par tomber sur Jean (Laurent Lafitte), Kleptomane à midi et baragouineur la seconde qui suit. Il dégage une liberté sans complexe, chose que l’ancien amant Victor (Nuno Lopes) n’est pas disposé à épouser. Le dédale mental n’en est que plus saturé par des invitations à boire ou à se revoir, entre les traumatismes des enjeux climatiques et la nécessité de correspondre à un modèle taillé pour briller en société.
La femme moderne s’illustre donc ainsi, parfois dépressive et souvent enfermée dans une carapace d’une neutralité attristante. Mais comme on aime le rappeler, « Tout le monde aime Jeanne » et tout le monde défile dans un rythme soutenu, mais efficace, brisant peu à peu cette dépendance au recul et à la fantaisie. L’héroïne file lentement vers la réalité qui l’effraie tant. Si elle n’y arrive pas seule, elle pourra toujours trouver une personne pour l’accompagner, jusqu'à ce qu'elle puisse enfin déambuler paisiblement.
Un synopsis motivant et un duo d'acteurs que j'adorent et puis.... Rien.... On s'ennuie à mourir dans cette suite de scénettes ponctuée d'intermèdes animés avec une voix off totalement insupportable qui nous raconte ce qui se passe, inutile et pénible.
C'est un film burlesque qui s'inscrit dans le filon qu'a trouvé il y a 11 ans la réalisatrice avec sa vidéo d'animation de sortie de l'ENSAD : "How to make a hysterically funny video on a very sad music" (= comment faire un vidéo désopilante sur une musique très triste"). Cela marche !
Une partie de la salle riait de bon coeur ! De quoi et de qui riait-on ? De nous bien sûr ! Qui n'a pas eu (ou n'a pas) une petite voix intérieure qui commente de façon critique ce qu'on fait ou veut faire ou ce que fait ou ne fait pas autrui ? C'est par ailleurs très bien joué. On est emporté par le jeu des acteurs.
La réalisatrice ne se cache pas (selon moi), elle montre sa vulnérabilité et cela peut avoir une vertu presque thérapeutique sur le spectateur. Ce film est à saluer pour son humanité.
Tres bon film tout en pudeur et sentiments exprimés à travers les dessins animés. Original. Laurent Lafitte toujours aussi bon acteur. Belle surprise pour Blanche Gardin « pince sans rire » . Bravo à eux.
Ai vu "Tout le monde aime Jeanne" film de Céline Devaux. Film et scénario foutraque, une succession de petites scènettes qui ont du mal à s'enchainer et qui sont constamment interrompues par des commentaires puérils sous forme de dessin-animé. La forme est laborieuse, répétitive, systématique et le fond anodin. Jeanne est en pleine dépression, échec professionnel, célibataire et sa mère vient de mourir. Jeanne va à Lisbonne vendre l'appartement de cette dernière pour espérer éponger ses dettes et y retrouve par hasard un ami d'enfance (dont elle n'a aucun souvenir) pot de colle et pénible. Cinématographiquement c'est très très rudimentaire, un enchainement de plans fixes au cadrage non soigné, 3 travellings qui se battent en duel et qui ne racontent rien. Photographie proche du téléfilm. Dialogues qui se veulent drôles mais trop potaches donc souvent consternants. Blanche Gardin joue Jeanne avec conviction mais l'apparition en permanence de sa mauvaise conscience, personnage d'animation à la voix off irritante est vite insupportable, et empêche l'actrice de se prêter à un jeu tout en nuance. Laurent Lafitte meilleur acteur au théâtre qu'au cinéma où souvent il se contente d'un service minimum, est ici une fois de plus transparent et l'alchimie entre les deux comédiens évidente sur le papier ne prend pas sur l'écran. Il est honteux de faire venir l'immense Marthe Keller pour 3 apparitions muettes dont une de dos où on la voit faire cuire des spaghetti. Un film de cinéma raté, un roman graphique avorté, un roman radiophonique qui s'ignore. Un vrai mauvais moment de non cinéma.
Merci du fond du cœur pour ce film qui parlera à quiconque est passé par la dépression, ou même par une "bouffée délirante". Merci pour parler de nous, des gens normaux et anormaux. Merci pour la beauté reconnue, pour Lisbonne et pour les chants d'enfant. Merci aux acteurs, qui furent si convaincants (mon adoration pour Blanche Gardin va s'accroissant, et Laurent Lafitte commence vraiment à me plaire énormément - quel talent! l'acteur qui joue le frère de Jeanne est aussi parfait dans son rôle). Et merci à Marthe Keller et spoiler: ses apparitions, douces et éblouissantes, comme un rai de lumière bien placé .
Film doux amer taillé pour Blanche Gardin en dépressive rigolote. Après avoir tutoyé la notoriété pour un appareillage destiné à récupérer des déchets plastique dans les océans qui n’a pas fonctionné, elle doit aller vider l’appartement lisboète de sa mère qui vient de se suicider. Le tragique léger vire au comique loufoque. Le ton est original et le schéma narratif dynamisé par des animations qui mettent à distance les dilemmes de la quadragénaire. L’humour peut aider dans une nécessaire thérapie, même si le choix de Laurent Lafitte, cleptomane fantasque, ne promet pas des lendemains forcément enchanteurs.
Le problème c'est que Jeanne n'est pas très aimable... mais pas détestable non plus. Un film qui avance lentement pour finalement ne pas raconter grand chose. L'idée forte du film (voix Off illustration) s'épuise un peu vite et l'histoire tourne un peu en rond. Un court métrage poétique et inventif mais trop long.
Je m'attendais à mieux. Le film manque, de mon point de vu, de profondeur. Sympathique moment, ou j'ai pu sourire mais jamais rire... Blanche Gardin super
Tout le monde a toujours aimé Jeanne (Blanche Gardin). Aujourd'hui, elle se déteste. Surendettée, elle doit se rendre à Lisbonne et mettre en vente l'appartement de sa mère (Marthe Keller) disparue un an auparavant. A l'aéroport elle tombe sur Jean (Laurent Lafitte), un ancien camarade de lycée fantasque et quelque peu envahissant.
Il y a des films où, lorsque vous sortez de la projection, leur utilité vous semble évidente, tant ils portent un message ou ont une forme qui vous touche. Et puis, il y a des films où vous vous demandez, en sortant, ce que l'auteur a bien pu vouloir raconter et, au fond, pourquoi ce film a été réalisé. Celui-ci fait clairement partie de cette deuxième catégorie. Sur la forme, ce n'est ni une comédie, ni un drame, ni même une véritable comédie dramatique, c'est du genre "inutile, ennuyeux et incolore". De plus, ces incursions de dessins à tout bout de champ finissent par lasser, d'autant qu'on comprend suffisamment le film sans avoir besoin de ces sous-titres sous forme de dessins. Sur le fond, que raconte le film ? Et bien, c'est une bonne question ! C'est l'histoire du deuil d'une femme qui a perdu sa mère et qui doit vendre son appartement pour renflouer ses dettes et finit par tomber amoureuse d'un mec dont elle ne voulait pas, tout en couchant avec son ex ? OK, mais faire plus d'une heure et demie là-dessus... En fait, on a l'impression qu'on a décidé de réaliser un film pour surfer sur la popularité de Blanche Gardin. Seulement, pour faire un film, encore faut-il un scénario qui tient la route et on n'écrit pas un film comme on écrit un spectacle à sketches. Et puis, les personnages sont assez caricaturaux, sans compter qu'il y a des invraisemblables (ça devient une véritable mode au cinéma, à croire que les scénaristes ne se relisent pas). A titre d'exemple, est-il crédible qu'une femme criblée de dettes ne soit nullement harcelée par ses créanciers et qu'elle prenne tranquillement son temps pour vendre l'appartement maternel qui lui permettrait de renflouer ses finances ? Bref, un film dont on peut tout à fait se dispenser.
Pour ceux qui aurez envie d’aller voir le premier long métrage de Céline Devaux, vous devez savoir que son sujet central est la dépression. Ni comédie, ni drame (je n’ai jamais ri, ni souris et le contraire non plus et un silence de plomb régnait dans la salle remplie à 15%), « Tout le monde aime Jeanne » sans être un mauvais film semble trouver sa justification si : - Vous appréciez Blanche Gardin ou Laurent Lafitte (ils ne déméritent pas à défendre un scénario mince comme du papier à cigarette) - Vous avez ou êtes en dépression - Vous avez ou vivez une succession compliquée - Vous avez une relation compliquée avec un ou une parente psychorigide En dehors de ces cas (mais j’ai peut-être oublié d’autres raisons) vous allez vous ennuyer ferme à suivre les non-péripéties de cette bobo parisienne et start-uppeuse (tout un programme) qui plante sa boîte de greenwashing et retourne à Lisbonne vendre l’appartement de sa mère suicidée peu avant en se jetant d’un pont. Le film accomplit tout de même quelques prodiges. - Blanche Gardin est inintéressante (et même antipathique, normal puisque dépressive) mais très très crédible - Laurent Lafitte joue un personnage intéressant mais absolument pas crédible. - Marthe Keller est encore une fois employée à faire la mère indigne (quand elle n’est pas cantonnée à jouer une fofolle) - Des animations et une voix TRES insupportable en rajoutent une couche complètement inutile - Super mal filmer Lisbonne MAIS ( roulement de tambours) j’ai eu SEPT minutes de bonheur absolu Nuno Lopes avec qui j’entretient une relation cinéphile enflammée (mais que j’ai vu dans un autre nanar, « Azzuro ») m’a fait la journée avec son visage antique et son sex appeal assez déstabilisant.
PS : pour un comparaison cruelle entre ce film et un autre qui traite un peu du même thème revoyez "Sue Lost in Manhattan" de Amos Kolek.
Céline Devaux hésite constamment entre le portrait d'une quadra en crise et une comédie décalée, ayant recours à la représentation des voix intérieures de Jeanne par l'animation. Souvent drôle, le procédé est suremployé dans une intrigue poussive. Ce premier long-métrage révèle pourtant une réalisatrice singulière, à suivre.