Derniers Avis : Tout le monde aime Jeanne - Page 15
Tout le monde aime Jeanne
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4,5
Publiée le 8 septembre 2022
Merci du fond du cœur pour ce film qui parlera à quiconque est passé par la dépression, ou même par une "bouffée délirante". Merci pour parler de nous, des gens normaux et anormaux. Merci pour la beauté reconnue, pour Lisbonne et pour les chants d'enfant. Merci aux acteurs, qui furent si convaincants (mon adoration pour Blanche Gardin va s'accroissant, et Laurent Lafitte commence vraiment à me plaire énormément - quel talent! l'acteur qui joue le frère de Jeanne est aussi parfait dans son rôle). Et merci à Marthe Keller et spoiler: ses apparitions, douces et éblouissantes, comme un rai de lumière bien placé .
J'ai bien failli quitter la salle avant la fin du film , n'ayant pas trop compris son sens ....une succession de dialogues , certains comiques je le conçois, mais cela ne suffisait pas à le rendre interessant . Ennuyeux . A fuir
En commençant par des courts-métrages d’animation (Vie et mort de l'Illustre Grigori Efimovitch Raspoutine, Le repas dominical), Céline Devaux s'est rapidement fait remarquer pour que son « Gros Chagrin » puisse triompher à Venise. La cinéaste prolonge ainsi cette exploration du jeu d’acteurs, en le mêlant aux techniques d’animation artisanales, dont elle sait varier les formes, afin d’appuyer son discours. Elle nous emporte alors avec un récit d'une justesse mélodieuse, où l'héroïne se bat constamment avec sa conscience ou son for intérieur. « Tempura » l'avait récemment caractérisé dans une ivresse plus inclusive, dans le sens où elle se superpose directement au champ de vision de son personnage amoureux. Ici, la narration emprunte les mêmes procédés que ses courts, en laissant tout le cadre à une manifestation à la chevelure lisse.
Découvrons-en un peu plus sur Jeanne (Blanche Gardin), idéalisée par sa silhouette et un taux de réussite qu'on lui attribue un peu trop tôt. Son plongeon ne sera que plus long. Le projet Nausicaa qu'elle porte pour l'environnement aquatique finit par sombrer au fond de la mer, ne laissant à la surface que des dettes à en perdre la raison. Mais il ne s'agit pas là d'une moralité, décortiquée dans un exercice stylistique aléatoire. Bien au contraire, la mise en forme des pensées vient embrasser un état de dépression, qui revient à chaque houle qui peut l'empêcher de trouver une issue. La femme modèle de l'année n'est pourtant pas si intouchable que cela et c'est dans un inconfort permanent qu'elle résiste à des pulsions similaires que Maupassant pu traverser dans ses dernières années. Le décès de sa mère ramène donc Jeanne à redécouvrir le quartier de Lisbonne qui l'a vu naître et s'enfuir avec son frère Simon (Maxence Tual), laissant ainsi leur unique parent dans l'attente d'un contact et d'un amour qui n'a sans doute pas été réciproque.
Ce que Devaux touche avec son animation acrylique et au feutre, c'est bien une sensibilité comme on en voit peu dans le paysage qui a tendance à choisir le pessimisme comme facilité. Un peu d'espoir et de déboires peut également conclure sur cette phase rocambolesque, où la confusion règne et où les émotions deviennent hors de contrôle. La cinéaste maintient toujours cette lueur au fond de Jeanne, qui bouillonne derrière son avatar fantomatique et c'est ce qui réussit à la compréhension de l'œuvre, qui ne manque ni d'humour, ni d'humanité. En scanner les individus qu’elle rencontre, elle finit par tomber sur Jean (Laurent Lafitte), Kleptomane à midi et baragouineur la seconde qui suit. Il dégage une liberté sans complexe, chose que l’ancien amant Victor (Nuno Lopes) n’est pas disposé à épouser. Le dédale mental n’en est que plus saturé par des invitations à boire ou à se revoir, entre les traumatismes des enjeux climatiques et la nécessité de correspondre à un modèle taillé pour briller en société.
La femme moderne s’illustre donc ainsi, parfois dépressive et souvent enfermée dans une carapace d’une neutralité attristante. Mais comme on aime le rappeler, « Tout le monde aime Jeanne » et tout le monde défile dans un rythme soutenu, mais efficace, brisant peu à peu cette dépendance au recul et à la fantaisie. L’héroïne file lentement vers la réalité qui l’effraie tant. Si elle n’y arrive pas seule, elle pourra toujours trouver une personne pour l’accompagner, jusqu'à ce qu'elle puisse enfin déambuler paisiblement.
Je me faisais une joie de voir ce film avec d’excellents acteurs, mais quelle déception ! Les animations sont moches, la petite voix intérieure est très énervante, au début on supporte on se dit que le film va enfin commencer, mais non c’est comme ça jusqu'à la fin !
C'est un film burlesque qui s'inscrit dans le filon qu'a trouvé il y a 11 ans la réalisatrice avec sa vidéo d'animation de sortie de l'ENSAD : "How to make a hysterically funny video on a very sad music" (= comment faire un vidéo désopilante sur une musique très triste"). Cela marche !
Une partie de la salle riait de bon coeur ! De quoi et de qui riait-on ? De nous bien sûr ! Qui n'a pas eu (ou n'a pas) une petite voix intérieure qui commente de façon critique ce qu'on fait ou veut faire ou ce que fait ou ne fait pas autrui ? C'est par ailleurs très bien joué. On est emporté par le jeu des acteurs.
La réalisatrice ne se cache pas (selon moi), elle montre sa vulnérabilité et cela peut avoir une vertu presque thérapeutique sur le spectateur. Ce film est à saluer pour son humanité.
Gentil et tendre film, sur un scénario sans grande subtilité, sans aucune vulgarité. On se demande toutefois pourquoi il faut être cleptomane (voler un scooter, apprendre à sa nièce à piquer dans les supérettes) pour se rendre sympathique au spectateur puisque seul le spectateur est le témoin privilégié de cette déviance plutôt que celle qu'il veut conquérir. Blanche Gardin est convaincante dans son errance dépressive à Lisbonne et Jean Laffite est un gros nounours attachant quand il manie honnêtement l'humour. Belle idée des petits dessins animés traduisant les pensées de Jeanne. On se demande pourquoi ce film dont l'héroïne se revendique en défenseuse de l'environnement fait fumer sans cesse ses acteurs....
Que c'est long.... L'histoire est bien mince, et les séquences animées qui commentent la vie intérieure de Jeanne sont exaspérantes. Quant à Lisbonne, ville pittoresque s'il en est, ne pas réussir un seul beau plan sur cette ville relève de la prouesse inversée. Déception.
J'y suis allé car j'aime bien Blanche Gardin mais qu'elle déception. Le film est nul , inconsistant , aucune scène comique , aucune scène d'action ou de sexe et des nombreux passages d'animation insipides.
Le problème c'est que Jeanne n'est pas très aimable... mais pas détestable non plus. Un film qui avance lentement pour finalement ne pas raconter grand chose. L'idée forte du film (voix Off illustration) s'épuise un peu vite et l'histoire tourne un peu en rond. Un court métrage poétique et inventif mais trop long.
Le film devient plaisant et touchant dans son dernier tiers, ode décalée aux échanges affectifs et amicaux. Mais l’ensemble se noie dans les conventions du syndrome « Bridget Jones » en mode cinéma d’auteur politiquement correct (héroïne travaillant dans l’environnemental, cherchant à assumer son indépendance) et délocalisé (action inutilement située à Lisbonne). Les incrustations d’animation, qui surlignent l’inconscient de la protagoniste, sont lourdes et renforcent le sentiment de superficialité. On aime bien Blanche Gardin et Laurent Lafitte, mais on regrette le sous-emploi de Marthe Keller, dans un rôle indigne de son talent. Au final, cette œuvrette se laisse voir sans déplaisir mais laisse au spectateur un goût de déjà-vu.
Un bon film, qui décrit le cheminement d'une femme passant par une phase dépressive pour des raisons professionnelles et familiales. L'ensemble tient sur les qualités de jeu de Blanche Gardin et de Laurent Lafitte. Ce dernier dispose d'un métier théâtral efficace et convaincant, Et Blanche Gardin, justement rigidifiée, et soutenue par sa voix off et des dessins d'animation, s'en tire très bien. Quelques détails de Lisbonne en prime, c'est tout à fait agréable.
Film doux amer taillé pour Blanche Gardin en dépressive rigolote. Après avoir tutoyé la notoriété pour un appareillage destiné à récupérer des déchets plastique dans les océans qui n’a pas fonctionné, elle doit aller vider l’appartement lisboète de sa mère qui vient de se suicider. Le tragique léger vire au comique loufoque. Le ton est original et le schéma narratif dynamisé par des animations qui mettent à distance les dilemmes de la quadragénaire. L’humour peut aider dans une nécessaire thérapie, même si le choix de Laurent Lafitte, cleptomane fantasque, ne promet pas des lendemains forcément enchanteurs.
UN FILM FRANÇAIS QUI FAIT DU BIEN ! Franchement merci Céline Devaux, qui est talentueuse mais aussi une immense travailleuse, elle réalise, écrit, et dessine son film... Une comédie romantique, touchante, très drôle et intelligente. Un sujet intemporel : la dépression - le deuil - mais aussi très actuel, le film met en effet en lumière la prise de conscience écologique que notre future génération doit avoir.
Brillant, frais et féministe je vous encourage à aller voir mon coup de coeur de la rentrée <3 <3
Une comédie intelligente servie par un duo Gardin-Laffite irrésistible et une mise en scène originale (animation aussi inventive qu'hilarante et BO géniale de Flavien Berger) ! Tout ce dont on a besoin en ce moment !!