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Un visiteur
2,0
Publiée le 20 mars 2024
Calquer les angoisses de Tristan (Niels Schneider) sur l’avenir sombre de notre planète Terre ne m’a pas du tout convaincu. Si on va par là, toute mauvaise nouvelle qui remet en cause un mode de vie comme un chantage, un décès d’un proche ou d’un membre d’une famille, le chômage, une maladie incurable, une faillite financière, une fausse couche, une arrestation etc, est un effondrement personnel, lequel peut impacter un entourage. Mais à l’échelle de notre planète, cet effondrement personnel n’est-il pas insignifiant ?
L’entame du film m’a scotché avec cet ours polaire qui voit ses pas se dérober sur la glace pour plonger soudainement dans l’eau. Le voir s’employer à revenir sur la glace m’a indigné et soulagé. A travers cette scène, l’urgence climatique se concrétise froidement sous mes yeux. C’est comme sur une autoroute, je ralentis à la vue d’un accident en pensant que cela aurait pu me concerner, puis, peu à peu, je ne me sens plus concerné car persuadé que je ne suis pas l’autre. Ce que je veux dire, de l’urgence j’en suis complètement conscient en agissant modestement dans ma sphère privée mais j’ai tendance à ne pas tout voir, à ne pas penser 24h/24h à cette souffrance animale qui ne se réduit pas à de la maltraitance physique, mais au rétrécissement de son espace qui conduit certaines espèces à leur disparition totale sans penser que cela finira par impacter l’homme. Exemple de la biodiversité : tous ces insectes que l’on balaie d’un revers de main, qui pour certains nous répugnent ou nous effraient, nous ne pensons pas aux conséquences de nos gestes. Pas de pollinisation, pas de fruits, pas de légumes, donc mort des espèces dont l’homme. La sixième extinction va bien finir par voir le jour.
Bref, du film signé par Alice Zeniter et Benoît Volnais, voilà ce que j’ai retenu, et voilà ce que cela m’inspire ; ce n’est déjà pas mal. Je ne pensais pas m’exprimer autant sur ce film au titre trompeur. Je suis déçu de la trajectoire prise pas les réalisateurs. La chasse au trésor des conquêtes féminines de Tristan m’a plongé dans l’ennui. Son effondrement personnel m’a laissé froid. La joute verbale entre Pablo (Souheila Yacoub) et Fanny (Ariane Labed) est le second moment (après l’ours polaire !) où je suis sorti de ma léthargie. Je suis désolé pour Fanny et pour les réalisateurs qui me paraissent orientés, mais repenser l’agriculture est aussi un acte politique.
Prétendu intello, d'un ennui consternant , rempli de discours politiques ronflant, avec aucun dans le casting qui ressort dans son jeu. Abandon de visionnage.
Un film qui ne fait que relater les états d âmes d ecolos-bobos-socialistes qui semblent être tous assez paumes dans leurs vies. La joute oratoire du dîner veut nous faire passer un message qui apparaît complètement tomber à plat. Le fil conducteur sur la pseudo paternité est assez mince pour supporter ce film qui reste d une vacuité consternante. Ça peut passer pour des intellos déconnectés de la réalité ... peut-être ? Un film que l on peut oublier, son titre galvaude une thématique abordée de manière pifometrique
Pour son premier long métrage, l'écrivaine Alice Zeniter enfonce des portes ouvertes et accumule des clichés qui desservent un propos grossièrement partisan qui ne convainc pas. La forme est à l'image du fond: grossier et laid, avec cette luminosité artificiellement saturée censée évoquer la chaleur étouffante.
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2,5
Publiée le 23 août 2023
Dans "Avant l'effondrement", Alice Zeniter et Benoît Zeniter évoquent autant Tristan que le monde qui l'entoure. Ce dernier, directeur de campagne, reçoit un test de grossesse positif qui le fait flancher complètement. Qui ? Pourquoi ? De nombreuses questions lui traversent la tête alors qu'il est à un moment charnière de sa vie privée et professionnelle. Il y a deux choses dans ce film qui valent autant pour Tristan que pour le monde et ce sont la transmission et cette épée de Damoclès. Tout d'abord, la transmission d'un monde meilleur à la nouvelle génération, ce qui motive son combat politique, mais aussi la crainte de la transmission de ce gène par sa mère. On en vient donc à cette épée de Damoclès qu'il a au-dessus de la tête, car il vit sans savoir s'il est malade, mais celle-ci menace aussi notre Terre avec notre mode de vie qui nous mène droit à notre perte. Il s'agit donc d'une histoire sur une crise existentielle et environnementale et sur ses conséquences et ses questions. Un film engagé et politique construit comme une fable et qui est donc un peu naïf. Il y a de l'idée, mais c'est également confus et inégal à force de vouloir raconter trop de choses en même temps. Bref, ça se laisse voir, mais sans plus.
Avant la fin, continuons le combat. Tel pourrait être le mot d'ordre de ce film. Il lui manque un peu de colonne vertébrale. On ne peut pas dire qu'on s'y ennuie mais on ne pas dire qu'on s'y régale. On parcourt avec le principal acteur le cheminement d'un militant qui en revient à sa propre condition et ses vicissitudes relationnelles. Il ne peut envisager de devenir père sans que cela lui pose un vrai problème. Comment faire pour dire à l'amie ce qui découle de cette éventualité. Retour sur ce qui était trop longtemps resté sous cloche...
L’ambition du film est certaine : remuer les inquiétudes contemporaines de la génération en devenir : sommes nous foutus ? Le désastre est-il évitable ? Avoir des enfants a-t-il encore un sens ? En faisant résonner ces enjeux avec l’histoire intime d’un trentenaire. Mais tout ça m’a laissé de marbre… L’histoire accumule les thèmes chers aux gens « de gauche » (dont je crois faire partie) : féminisme, écologie politique, lutte sociale, répression policière, duplicité macroniste, anticapitalisme, assignation raciale, décroissance et j’en passe… mais en une démonstration indigeste, d’autant plus criante que la forme lorgnerait vers la légèreté un peu théâtrale d’un Rohmer… Les enjeux intimes des personnages sont peu crédibles, tant les acteurs ont du mal à les incarner. Pas du tout convaincu par Niels Schneider… Le seul (et court) moment qui m’a réjoui est l’intervention d’Elsa Guedj, en jeune femme vacharde en mal d’amour, excellente.
Tristan (Niels Schneider), directeur de campagne d’une candidate de gauche aux élections législatives, reçoit un courrier anonyme contenant un test de grossesse positif. Alors que son père se meurt dans un EHPAD, Tristan va chercher à identifier l’auteur de ce courrier, aidé de Fanny (Ariane Labed), sa colocatrice. Elle va les mener sur les traces de Pablo (Souheila Yacoub), une amie perdue de vue qui vit désormais dans une communauté écologiste en Bretagne.
Alice Zeniter est une enfant terrible de la littérature française. Elle publie son premier roman à seize ans et atteint la notoriété avec "L’Art de perdre" en 2017 qui rata le Goncourt de peu. Elle avait déjà écrit le scénario d’un film en 2014 mais n’était jamais passée derrière la caméra, qu’elle partage ici avec Benoît Volnais qui signe, comme elle, son premier film.
"Avant l’effondrement" est un film déconcertant, pour ne pas dire raté, qui s’éparpille en poursuivant plusieurs objectifs à la fois sous une musique tonitruante. Son titre, un brin grandiloquent, renvoie à deux niveaux de lectures. Le premier, macro, est évoqué dans le préambule du film : la planète est au bord d’un effondrement écologique systémique – qui sera vite concrétisé par la canicule qui s’abat sur Paris et qui a obligé tous les personnages du film à copieusement mouiller leurs T-shirt avant chaque prise pour feindre une sudation abondante. Le second, micro, renvoie au vécu de Tristan, qui craint d’avoir hérité de sa mère une maladie génétique mortelle qui risque de le tuer à quarante ans.
Réflexion politique sur le monde tel qu’il va, drame intime sur un (jeune) homme confronté à l’hypothèse de sa mort, "Avant l’effondrement" accumule les clichés : Tristan est un bobo trentenaire, la candidate aux législatives pour laquelle il travaille est une infirmière éborgnée par les violences policières, Fanny est une traître à sa classe qui s’enivre de ses idéaux révolutionnaires, Pablo une écolo radicale partie cultiver son jardin….
Oh là là, ratage ! Le thème m'intéressait, mais dieu que c'est chiant, moche (au générique, on trouve 4 personnes pour les costumes, alors que jamais vu "costumes" plus moches !), prétentieux, bourré de clichés "allez, on va voir la mer" "lui il cultive ses champs à coup de pesticides". Je n'ai pas du tout aimé le jeu des acteurs, notamment le personnage principal : ce type est censé être directeur de campagne, donc un "pro" de la communication, il est incapable de parler... Côté jeu Ariane Labed s'en sort plutôt pas mal, c'est la seule dont le personnage est là peu près "vivant" (tous les autres sont tristes et déprimants à mourir). Tout n'est pas à jeter pour autant : Elsa Guedj a un tout petit rôle, elle est géniale et puis, Ariane Labed (Fanny) tient un discours "révolté" aux bobos touristes permaculteurs qui grattent les patates à la main, qui est extrêmement bien écrit et pertinent. On voudrait même en avoir la copie tellement c'est vif !
Faussement intellectuel. Vide. Raté. Quel dommage de devoir subir ces discours pompeux, fabriqués et pseudo-révolutionnaires portés par des acteurs rendus médiocres entre un scénario bancal et des répliques sans fond. La forme ne déroge pas à l’ensemble, à travers une esthétique dénuée de toute originalité - fonds verts, gros plans pathétiques et une qualité photographique qui laisse à désirer. L’effondrement, c’est celui du spectateur pendant 90 minutes (montre en main !).
Film inégal comme l'ont signalé beaucoup d'internautes. Pour: de bons acteurs, un certain humour car certaines répliques sont savoureuses. Mais bon, pour le reste, ce sont des poncifs usés et des clichés pour bobos idéalistes, une intrigue très bizarre et une mise en scène fatiguante...Tristan m'a vite saoulé tant il est auto-centré et finalement ce que je pensais être un film d'actualité brûlante devient un film sans saveur et sans consistance...
Petit bijou et ovni cinématographique, avec un style mi nouvelle vague contemporaine, mi théâtral. Ça dialogue beaucoup, comme j'aime, et c'est profond, intéressant, intense. Tout se bouscule comme dans la vie. C'est renversant et intelligent. Les acteurs et actrices sont formidables. Merci.