Là ce fut pour moi une vraie déception, autant en raison de la hype cannoise que de l'espoir entretenu en Payal Kapadia depuis son premier et précédent long, le formidable et aventureux doc "Toute une nuit sans savoir". Ici il y a une sorte de faux rythme pas inintéressant, une musique parfois jazzy qui surprend, des portraits de femmes touchants, mais dans le fond de ce qui est raconté lors de ces 115 minutes on est finalement dans l'attendu, dans un récit qui manque de consistance. Une fois de plus la récompense cannoise (Un Grand Prix, rien que ça) me semble plus d'ordre "politique" que totalement cinématographique. (Vu dans le cadre d'un festival - FEMA 2024)
Ajout au 13/09/2025 : Comme je m'en doutais un peu "All We Imagine As Light" avait été victime en 2024 du "syndrome festival", c'est-à-dire que fatigué, victime d'une overdose de films, je n'avais pas été en mesure de l'accueillir comme il le méritait, et donc de le voir pour ce qu'il était : un portrait à la fois intime et politique de femmes, regardées avec tendresse mais aussi lucidité, qui forcément ne voient pas la vie et surtout le lendemain de la même manière, étant donné leur différence d'âge et de statut. Ça c'est pour le fond, mais il y a la forme, bien moins convenu qu'il m'avait semblé, l'utilisation de la musique, le travail sur la photographie et la lumière qui permettent à Mumbai de devenir un acteur du récit, jusqu'à ces derniers plans absolument magnifiques. Voilà je fais donc mon mea culpa, ce que j'avais vu comme quelque chose d'attendu ne l'était pas, Payal Kapadia n'a pas fait le film classiquement social que j'avais cru percevoir, elle a osé intégrer dans son récit sensible de la sensualité, un brin d'onirisme, et bravo à elle ! Et à toutes ses formidables actrices.